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J’ai acheté un appart seule et ça n’était pas si compliqué

Charlotte a 27 ans et depuis quelques semaines, elle est l'heureuse propriétaire d'un appartement de 30 mètres carrés à Paris. Elle te raconte pourquoi elle a décidé de se lancer seule dans cette aventure.

Temps de lecture : 4 minutes

À la fin de l’été 2018, six mois après avoir démarré ma vie professionnelle et bien installée dans ma vie perso, j’ai commencé à réfléchir à acheter un appartement, guidée par l’envie d’un nouveau projet. J’avais un salaire assez confortable et quelques économies, mais un statut de profession libérale, qui pouvait inquiéter certaines banques.

Célibataire, en coloc, pas forcément attirée par le schéma classique « couple/appart/mariage/bébé », acheter mon premier appartement seule ne m’a pas semblé être un obstacle.

Acheter un appartement seule, mode d’emploi

J’avais envie d’avoir mon chez-moi, et je ne voyais pas pourquoi attendre d’être avec quelqu’un. Après avoir pesé les « pour » et les « contre », mener ce projet seule ne m’a pas semblé risqué. Je trouvais même cela moins effrayant que d’acheter un bien à deux, puisqu’il y a toujours le risque de se séparer (bonjour les galères juridiques et administratives après…).

Financièrement, et au regard de l’investissement demandé, j’étais également assez sereine : à Paris, la demande est forte et les biens se revendent facilement. Si dans quelques années mon mode de vie et/ou mes projets changent, je suis assez confiante pour trouver des solutions de secours (revente, location…).

Pour réaliser mon projet immobilier, j’ai d’abord dû convaincre mon banquier. Il était un peu frileux au début et me conseillait de patienter un peu pour continuer à épargner. Cela ne m’a pas découragée pour autant, et j’ai commencé en parallèle à regarder les petites annonces et à visiter des appartements.

Quand il a vu que j’étais vraiment décidée, il a tout de suite commencé à faire des simulations et à monter des dossiers pour voir quel montant je pouvais emprunter sur 20 ou 25 ans, sachant que les taux étaient (et sont toujours) très bas.

Nous avons alors noué une réelle relation de confiance, il a bien compris mon projet, mes attentes et mes contraintes financières (notamment comment combiner ces dépenses/investissements avec mon rythme de vie actuel que je n’étais pas prête à sacrifier…). En tant que « novice », cette confiance a été primordiale, d’autant plus qu’il ne s’agissait pas d’un projet à prendre à la légère. Il était important que mon banquier, qui n’avait pas pour habitude de traiter des dossiers parisiens, comprenne « l’urgence » de mes demandes vu la réactivité du marché parisien…

J’ai aussi contacté un courtier pour pouvoir comparer l’offre que me proposait mon banquier et faire jouer la concurrence. Finalement, l’offre de ma banque était un peu moins intéressante, mais cela se jouait vraiment à pas grand chose. Aussi, j’ai préféré choisir la facilité (pas envie de faire des démarches pour changer de banque, confiance déjà établie, etc).

Trois mois de visites pour trouver le bon appart à acheter seule

Mes premières démarches ont été d’installer toutes les applications de vente d’appartements et de commencer à faire une sélection. Localisation, budget, nombre de pièces… J’ai nécessairement dû faire quelques concessions (principalement sur la surface) pour rester dans mes prix. Un mail, deux mails, et me voilà partie pour commencer les visites.

Malheureusement, j’ai d’abord connu quelques déconvenues, comme par exemple des appartements pour lesquels j’avais fait des offres et qui me sont passés sous le nez, ou alors des appartements super bien mis en valeur sur les photos mais assez dégradés en réalité.

Au début, la déception était dure à gérer. Comme je ne suis pas parisienne à la base, je n’avais pas conscience d’à quel point le marché était tendu. Les appartements sont quasiment vendus le jour où l’annonce est mise en ligne. Les potentiels acquéreurs doivent faire une offre immédiatement et on subit donc un peu la pression des agents immobiliers…

Hors de question de baisser les bras, j’étais sûre de moi et de mon projet, j’étais certaine qu’à force de visites je dénicherai la perle rare !

Mes parents n’étant pas sur place, ils ne pouvaient pas m’accompagner pour les visites. Bien sûr, je leur envoyais des photos et des vidéos pour avoir leurs avis et conseils. Heureusement, des amis m’ont parfois accompagnée aux visites : un avis extérieur et critique est toujours bon à prendre, même si je restais la seule à prendre la décision finale.

À lire aussi : J’ai acheté un appart, voilà ce que ça a changé dans ma vie

Au total, trois mois se sont écoulés entre ma première visite, et la date à laquelle mon offre a été acceptée. Dans l’ensemble, j’ai visité 6 appartements et déposé 4 offres qui ont été refusées avant de trouver le bon.

Acheter un appartement seule… avec beaucoup de travaux

Le dernier appartement qui m’a tapé dans l’œil était pile dans le quartier qui m’intéressait, faisait la bonne surface… mais il y avait beaucoup de travaux : des murs à casser pour gagner de la place, toutes les fenêtres à changer, l’enduit, la peinture la cuisine et la salle de bains à refaire…

Mes parents qui avaient jusqu’ici été très encourageants vis-à-vis de mon projet, se sont montrés un peu inquiets. Est-ce que j’allais réussir à gérer les travaux en parallèle de mon métier très prenant ?

De mon côté, si la rénovation d’appartement peut sembler lourde et prenante (en termes de temps), cela me convenait et m’apparaissait même comme le meilleur moyen d’avoir un appartement à mon image et à mon goût. J’ai donc contacté plusieurs artisans « tout corps de métiers » pour obtenir des devis et je me suis lancée avec celui qui était le moins cher (et avec qui j’avais aussi le meilleur feeling, ouf !).

Ne pas hésiter à demander de l’aide quand on achète seule

Mon offre a été acceptée, le prêt validé, j’ai acheté l’appartement et les travaux ont démarré. Au début, tout s’est bien passé, jusqu’à ce que j’ai le sentiment que le chef de chantier essayait de profiter de mon inexpérience pour gonfler le devis, au fur et à mesure qu’il découvrait des nouveaux « problèmes » dans l’appartement.

Je devais avoir l’étiquette de la nana jeune qui achète seule un appartement et qui n’y connait rien. Alors j’ai demandé à un copain qui bosse dans le BTP de venir avec moi sur le chantier pour négocier. Et ça a été plutôt efficace. Je pense d’ailleurs que le chef de chantier a cru qu’on était ensemble puisque son attitude avec moi a changé par la suite et les travaux se sont bien terminés.

J’étais la première de mon groupe d’amis à acheter un appartement, et je pense que cela a donné envie à certains de se pencher sur la question. Cela fait maintenant quelques semaines que je vis dans mon appartement, fraîchement aménagé et décoré. Avec du recul, je suis extrêmement fière d’avoir mené mon premier projet « d’adulte » jusqu’au bout et de ne pas avoir baissé les bras ou choisi la facilité. J’encourage vraiment toutes celles (et ceux) qui le peuvent à se lancer.

Et toi, tu as acheté un appartement ? Tu aimerais te lancer ? Quels sont les freins ou les obstacles que tu rencontres ?

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Le dernier commentaire

20 Nov 2019, à 09:55
Nous on est passé par un courtier ! Je ne me voyais pas du tout me lancer dans les calculs, la négo dans les banques...
On en a trouvé un à Paris intra-muros pour un achat en proche banlieue... C'est en cours, on croise les doigts ! (y)
 
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