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Adopter une alimentation plus écolo : où en est la population française ?

Les Françaises et les Français sont prêts à changer leurs habitudes alimentaires pour préserver l'environnement, selon une nouvelle enquête.

Temps de lecture : 4 minutes

A l’occasion du Salon de l’Agriculture, qui s’est ouvert ce samedi 22 février, le HuffPost a publié une enquête sur le rapport qu’entretiennent les Français avec leur alimentation, et son impact environnemental.

Ce qui ressort de l’enquête : les Françaises et les Français sont de plus en plus conscients de l’empreinte écologique de leurs habitudes alimentaires, et prêts à changer.

83% se disent en effet prêts à faire des efforts pour diminuer l’impact environnemental de leur assiette. Un tiers se dit « tout à fait prêt », et seulement 2% ne se disent pas prêts du tout. Un chiffre qui me redonne de l’espoir, et me questionne sur mes propres habitudes alimentaires.

Pourquoi une alimentation plus respectueuse de l’environnement est nécessaire

Dans la lutte pour répondre à la crise environnementale et climatique, impossible de ne pas repenser notre alimentation et notre agriculture.

En effet, l’alimentation est responsable de 26% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, dont 14,5% en provenance de l’élevage selon le FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

L’usage des terres agricoles est quant à lui l’un des principaux facteurs de la perte de biodiversité. La communauté scientifique s’accorde sur certains points, comme le fait que la surconsommation de viande est nocive pour l’environnement. Elle a effectivement un impact majeur sur le réchauffement, la déforestation et la consommation d’eau. Si tu veux en savoir plus, je te laisse lire cet article très complet du Monde.

La production de fromage et de produits laitiers industriels est aussi mise en cause pour sa dégradation de l’environnement. Greenpeace dénonce également les gaz à effet de serre issus de l’élevage, la pollution de l’eau, l’utilisation d’antibiotiques et les pesticides, utilisés pour l’alimentation des animaux.

Quels efforts la population française est-elle prête à faire pour modifier son alimentation ?

La principale habitude que les Françaises et les Français sont prêts à changer, c’est leur consommation de viande.

60% se déclarent prêts à manger moins de viande ! Mais avec une différence non négligeable entre les hommes et les femmes… Seuls 52% de ces messieurs souhaitent faire l’effort, contre 67% de ces dames. Il n’y a actuellement que 4% de végétariens en France, mais 68% de la population dit ne pas manger de la viande tous les jours.

Des résistances existent également autour de l’idée de réduire sa consommation de produits laitiers. Seules 4 personnes sur 10 sont prêtes à réduire leur consommation de produits laitiers. Pas vraiment étonnant pour un pays où le fromage, c’est presque une religion ! (pour moi, en tout cas…)

Pour ce qui est des produits présentés comme le futur de l’alimentation, comme les insectes ou la viande in vitro cultivée en laboratoire, les Françaises et les Français sont encore frileux. Seuls 19% sont prêts à manger des insectes, et 10% sont tentés par l’expérience de la viande in vitro.

L’article du HuffPost conclut que les changements seront plus faciles à accepter s’ils se font en phase avec la culture de notre pays. Demander à un personne Française d’arrêter le fromage, là, tout de suite, c’est de toute évidence encore trop violent !

Alimentation plus respectueuse de l’environnement : questionnement de mes propres schémas

L’enquête semble bien refléter mon cas personnel : prête à faire des efforts, mais en ayant l’honnêteté intellectuelle d’avouer que je ne le suis pas encore à 1000% ! En effet, en ce moment, cuisiner plus de 15 minutes s’apparente à une épreuve insurmontable pour moi.

Moi quand je pense qu’il va encore falloir que je fasse l’effort de me faire à manger en rentrant

Adopter une alimentation plus respectueuse de l’environnement me fait un peu flipper, surtout si ça veut dire que je dois passer plus de temps à me casser la tête pour trouver de quoi manger, plus de temps dans les rayons des magasins, et plus de temps dans ma cuisine.

À lire aussi : 50 aliments bons pour la planète à dévorer sans complexes

Je me reconnais dans la BD de la dessinatrice Emma, dont nous avions parlé sur Rockie. Emma a illustré la charge mentale des “petits gestes” du quotidien qui pèsent sur les épaules des femmes, “plus ouvertes à la remise en cause et au discours culpabilisateur”.

Cependant, Emma fait référence à toutes les tâches domestiques, incluant notamment la fabrication de ses produits d’entretien et de ses sacs en tissu toute seule, la recherche d’alternatives zéro déchets, etc.

Changer nos habitudes : ça n’est pas si compliqué

Je me suis rendu compte que cela ne me prendrait pas forcément plus d’énergie de changer certaines habitudes alimentaires, au contraire. Ma flemme est beaucoup trop grande pour que je me lance dans la réalisation de bœuf bourguignon et autres plats de viande en sauce !

Manger moins de viande ne me demande pas plus d’efforts de cuisine. Il y a plein de choses simples et rapides à cuisiner sans viande, et de toute façon, mon budget ne me permettrait pas de manger beaucoup de viande, le tout de bonne qualité.

Mais bon, pour le fromage, on repassera… Sur ce point, je rentre totalement dans le cliché de la Française pour qui le bonheur passe par la dégustation quotidienne de son camembert… sur son morceau de baguette.

Je ne suis pas parfaite mais faire les premiers pas vers une alimentation plus respectueuse de l’environnement, c’est atteignable sans efforts surhumains, et ça peut faire la différence.

Même si, comme le rappelle Emma dans sa BD, le poids du changement ne doit pas peser uniquement sur les épaules des individus, mais aussi aussi et surtout sur les gouvernements.

Et toi, quel est ton rapport avec l’alimentation et l’environnement ? As-tu modifié tes habitudes alimentaires à cause d’une prise de conscience écolo ? Viens nous parler de tout ça dans les commentaires !

À lire aussi : « J’en ai marre d’être écolo » : Coline questionne le lien entre féminisme et écologie sur YouTube

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Le dernier commentaire

1 Mar 2020, à 18:30
@Lyra, j'ajouterai, qu'au début, on va doucement, puis on aperçoit que ce n'est pas si compliqué, une fois qu'on a compris, les buts, et qu'on voit certains bénéfices. On accélère, on cherche des alternatives, pour chaque élément de la vie quotidienne.
Pour parler de moi, niveau alimentation, je suis assez calée (j'ai une ado, donc, on n'est pas top-top sur les desserts :cretin:, pas très bio, et avec emballages) , mais j'ai encore deux blocages, la voiture, et les cosmétiques (que j'achète bio et le plus possible équitable, mais ça fait des emballages, donc des déchets)
 
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