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3 histoires d’amitié à distance et des conseils pour les entretenir

Lorsqu'elles sont bien gérées, les amitiés à distance peuvent être source de beaucoup d'épanouissement. Marie, Clémence et une Rockie te racontent leurs belles histoires d'amitié et en tirent quelques conseils généraux.

Temps de lecture : 7 minutes

Dans 17 dodos, Janie, une de mes meilleures amies, rentre en France pour passer les fêtes en famille.

Voilà ce que je me répète chaque matin. Depuis qu’elle s’est envolée pour le Québec il y a deux ans, j’entretiens avec Janie une chouette amitié à distance.

Parce qu’entre mon boulot, mon asso et mes potes parisiens, mon quotidien est bien rempli, je ne pensais pas faire partie de ce genre de personnes capables de maintenir une relation malgré l’éloignement. Et pourtant, plus je grandis, plus mes amies me fuient… ont des envies nomades, ce qui m’a contrainte à ne pas prendre ce changement de relation à la légère !

Deux de mes potes les plus proches sont aussi les plus éloignés géographiquement : Arwa vit à Dakar et Janie à Montréal. Et assez naturellement, parce que ces amitiés sont importantes pour nous et pour ne pas perdre le fil, nous avons mis en place des « trucs » pour ne pas s’oublier.

Alors dans cet article qui paraît à la période de l’année où j’aime particulièrement être entourée des gens que j’aime, j’ai envie de te raconter 3 belles histoires d’amitié à distance et ce qui semble les avoir fait tenir sur le long terme.

Mon amitié à distance avec Janie et nos échanges de stickers féministes

Janie est rentrée dans mon existence en même temps que j’ai débuté ma vie active.

Quand elle est partie vivre un an de road trip au Québec, j’ai commencé à voir le vide que son absence marquait dans ma vie. Plus de pinte spontanée le vendredi, plus de soirée avec ses potes associatifs dans sa coloc… On a vite commencé à échanger à distance, en s’envoyant des messages écrits puis vocaux sur Whatsapp. Cette période a marqué un tournant dans notre relation : plus question de faire du chit chat superficiel, nous avons commencé à nous raconter la façon dont nous prenions conscience de certaines choses, chacune de notre côté.

Nous nous sommes retrouvées sur notre éveil féministe et la façon dont nous avions envie de militer, sur les projets que nous rêvions de monter, sur la façon dont nous avions envie de nous connecter aux autres. Janie a été là, à distance, lorsque mon projet de mariage est tombé à l’eau, lorsque j’ai découvert que l’image que je renvoyais de moi ne correspondait pas à mes aspirations et elle était aussi là pour partager mes victoires avec les Internettes.

Nous nous voyons une fois par an tout au plus, mais il y a une place toute particulière dans mon cœur qui la tient toujours à proximité, entre deux Facetime, entre les messages vocaux de dix minutes, entre les jolies cartes et petits cadeaux (comme des stickers avec des messages féministes) que nous nous envoyons à travers l’Atlantique. Je ne m’y attendais pas, mais cette amitié à distance m’a vraiment appris à mieux communiquer avec mon entourage proche.

L’amitié à distance d’une Rockie et son tatouage partagé

Ma meilleure amie s’appelle Amélie, et elle vit à Metz. Depuis un an et demi, je vis au Québec, et elle est toujours à Metz. J’ai 30 ans, elle va en avoir 32 bientôt et quand on s’est connues, j’avais 14 ans et elle allait sur les 16.

J’ai eu et perdu des amis en cours de route, certains à distance aussi, d’autres dans mon entourage. La seule personne qui est restée constante dans ma vie pendant ces 16 dernières années c’est elle, et une des premières choses que j’ai faites quand j’ai eu 18 ans et que j’ai été libre de mes mouvements, ça a été de planifier un city-trip avec elle où on s’est promis : plus jamais deux ans sans se voir. Et on a respecté ça, partant visiter une nouvelle ville tous les ans, au moins une fois par an.

On s’est fait faire notre premier tatouage ensemble, en Espagne, un tatoo commun, sur du gros métal espagnol puis L’Envie D’Aimer. On a pu, une fois le permis et la voiture en poche, passer des week-ends ou même de simples journées l’une chez l’autre, quitte à faire 5h de route pour se voir 3 heures. Quand mon papa est mort, elle n’a pas cherché, elle a démarré à la première heure pour m’accompagner tout le temps où j’aurais besoin d’elle.

Je pense que ce qui fait bien marcher notre relation à distance c’est qu’on sait au fond de nous qu’on est là l’une pour l’autre. Que même si ça fait plus de deux mois qu’on n’a pas eu une discussion profonde à part des petites flammes sur nos stories Insta ou des « espèce de bombasse » sous les photos de profil, au moment où elle aura besoin de me parler de quelque chose, elle pourra le faire, sans crainte que notre relation se soit effilochée au fil du temps.

Qui aurait cru qu’une adresse MSN introduite au hasard à 14 ans allait me pousser à la rencontre amicale la plus importante de ma vie ? Qu’on resterait aussi proches en vrai que par écrans interposés pendant les 15 années suivantes (et ça continue !) ? J’ai passé plus d’années avec elle dans ma vie, à distance, mais si près de moi quand même, que d’années sans elle. Notre relation est spéciale parce qu’elle a largement contribué à former la personne que je suis aujourd’hui et je la regarde vraiment comme un modèle et comme mon âme sœur.

L’amitié à distance de Clémence et ses week-ends entre amies

Depuis la fin de nos études, on est éparpillées avec mes amies en France et en Europe. Et même si on ne se voit que quelques jours par an, et qu’on est loin de se parler toutes les semaines, notre amitié est toujours là, si précieuse et importante pour moi. Et je sais que je peux compter sur elles (et elles sur moi).

Dans les premiers temps de notre amitié à distance, j’avais tendance à me dire que si mes amies ne répondaient pas à mon dernier message/appel, je ne devais pas compter tant que ça pour elles. Mais j’ai fini par réaliser qu’il m’arrivait de laisser « en vu » des personnes que j’aime du fond du cœur… Parce que j’avais lu leur message à un moment où je n’étais pas dispo pour répondre, ou que je m’étais dit que je réfléchirais à une réponse au calme, et qu’ensuite j’avais oublié. Alors j’ai capté que c’était probablement la même chose pour elles, et que ce n’était pas grave. Du coup, je ne me prive plus de renvoyer un message si j’en ai envie, et si j’ai un truc nouveau à raconter, sans me prendre la tête sur « qui a donné des nouvelles la dernière ».

J’ai aussi compris que les messages écrits, c’est bien, mais que les coups de téléphone c’est très chouette. Passer 30 minutes ou 1 heure au téléphone avec mes potes qui vivent loin pour se faire des updates sur nos vies, c’est vraiment le truc feel-good par excellence pour moi.

On essaye aussi de s’organiser tous les six mois un week-end à plusieurs, pour se créer de nouveaux souvenirs ensemble. Et j’adore quand au bout de quelques heures la conversation devient profonde et passionnante, et qu’on réussit petit à petit à se montrer vulnérables.

Quelques conseils pour kiffer une amitié à distance

J’ai grandi avec l’idée que les amitiés ne s’entretenaient pas et qu’elles étaient naturelles. Pourtant, la raison pour laquelle je m’épanouis dans ces relations ne relève en rien d’une forme de magie purement alchimique : je fais des efforts pour qu’elles durent et nous rendent heureuses. Au-delà de ces trois récits, je te propose quelques conseils généraux pour faire durer un lien amical à distance :

  • Le pouvoir des petites attentions

Une jolie carte, un pin’s ou une broche envoyée par la Poste, un texto encourageant avant une semaine compliquée, un cadeau lors des retrouvailles… En amour comme en amitié, les petites attentions comptent. Je me réjouis de recevoir une lettre de Janie, quoi qu’elle contienne, parce que ce simple geste me dit qu’elle a pensé à moi à un moment, et qu’elle a voulu me faire plaisir. Ces petites attentions renforcent les liens et n’ont pas besoin d’être des produits achetés !

  • Témoigner son admiration et sa gratitude

On peut passer sa vie à admirer quelqu’un sans jamais oser le lui dire. En matière de sentiments, je suis assez pudique et pourtant, quand je suis fière de voir les accomplissements de mes amies, je ne peux pas m’empêcher de le leur dire. Ces échanges de bons sentiments colorent nos relations d’une belle teinte de positivité qui ne fait pas de mal. Qui n’a pas envie d’être admirée et aimée ?

  • Abandonner la culpabilité et laisser de la place à la spontanéité 

Quand on est à distance, il peut se passer des jours, des semaines ou des mois sans qu’aucune nouvelle ne soit échangée. Difficile alors de faire taire la petite voix qui répète en boucle : « tu devrais lui envoyer un message, sinon, t’es pas une bonne amie ». Mais lorsqu’une longue période est passée, difficile de faire le tri dans tout ce qu’on voudrait raconter dans nos vies ! Résultat, le temps passe et envoyer un simple message « j’ai pensé à toi ce matin, parce qu’il m’est arrivé ça », peut sembler superflu.

La plus grosse partie de mon travail sur moi dans cette relation a été de lâcher prise et de me défaire de cette culpabilité. Avec Janie, nous nous l’exprimons mutuellement et nous nous rassurons régulièrement sur le fait que nos silences ne sont pas des mises à distance de l’autre. Et depuis qu’on se le dit… Ça va bien mieux ! Avec les nouvelles technologies, nous bénéficions d’un énorme avantage sur nos ancêtres : on peut envoyer un gif, un commentaire sous une photo Instagram ou un message vocal sur Whatsapp de 2 minutes sans qu’ils mettent des jours à arriver à leur destinataire !

  • Être vulnérables et exprimer nos sentiments

Comme l’exprime très justement Clémence dans ce témoignage, réussir à se montrer vulnérables alors que la société entière tend à nous enfermer dans des carapaces sociales est un sacré défi du quotidien. Encore plus dans le cas d’une amitié à distance. Lorsque l’éloignement est en jeu, comment provoquer des discussions profondes ? Ça demande un peu d’organisation. Prévoir un long week-end, réserver une soirée entière pour un échange Facetime autour d’un apéro individuel… Chacune a ses méthodes, il suffit d’en convenir avec ton amie. Pourquoi ne pas créer un rendez-vous tous les mois par exemple ?

  • Savoir laisser partir une amie

Et si cette amitié à distance finit par capoter… eh bien c’est ainsi ! Nos amitiés de jeunesse peuvent évoluer en même temps que nous avançons dans la vie, c’est parfaitement naturel. Si tu n’y trouves plus ton compte, tu peux envisager de provoquer une rupture amicale, pour éviter que la personne n’ait des attentes que tu ne souhaites plus combler.

Et toi, tu as une belle histoire d’amitié à distance ? Raconte-la en commentaire !

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Le dernier commentaire

15 Déc 2019, à 09:44
Je vis à l'étranger depuis 6 ans, et la plupart de mes amies vivent en France (aka on se voit une fois par an), et même si parfois c'est dur (surtout que je ne me suis pas fait autant d'amies dans mon pays d'accueil), nos amitiés survivent au fil des années, certaines depuis plus de 15 ans, et le plus imporant je pense pour ne pas s'éloigner c'est:
- s'envoyer des messages bateau "quoi de nouveau?" pour etre au courant des grandes lignes/derniere updates de la vie des une des autres + se mettre des rappels des dates importantes (quand elles reviennent de vacs, apres un exam/truc important au boulot etc) et envoyer un petit message/appel pour, en gros, n'importe quelle deadline dont vous avez parlé. Ca montre que vous avez écouté et ça vous permet de "restez dans le loop" de leur vie. Il n'y a rien de pire que de juste se faire une grande "life update" quand on se voit, chacune son tour, et c'est tout.
- Avoir des groupes whatsapp/facebook pour chaque cercle d'amies avec qui vous êtes toujours en contact (ex: amies de fac, amies d'enfance), ça aide à entretenir le lien, s'échanger des trucs futiles/marrant sans que vous ayez toujours à investir le "niveau d'effort" d'une conversation 1-1.
- Comme les autres ont dit plus haut, aussi accepter que des amitiés se perdent avec la distance, juste parce qu'on a plus le temps, la proximité géographique etc c'est un peu triste sur le coup, mais c'est la vie et ça n'empeche pas de cherir ces souvenirs. + en même temps, ne pas "archiver" trop vite des amitiés parce que vous ne vous êtes pas vues/parlées depuis super longtemps. J'ai une amie d'enfance qui n'est pas du tout whatsapp-réseaux sociaux et on a pas de cercle social commun, parfois on ne se voit pas pendant 2 ans en se parlant à peine et quand on se voit c'est comme si on s'étais quittées la veille (et à l'inverse, si avec le temps vous n'avez plus trop de choses en commun etc, c'est pas grave et ne vous forcez pas à maintenir le contact a tout prix juste parce que vous vous connaissez depuis longtemps).
 
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