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J’ai arrêté de fumer pendant le confinement, voici mon bilan à 1 mois

Virginie a arrêté de fumer il y a plus d'un mois, l'occasion pour elle de faire un bilan de ces premières semaines sans tabac.

Temps de lecture : 4 minutes

-Article publié initialement le 26 mai 2020

Aujourd’hui, ça fait 30 jours que j’ai arrêté de fumer. 30 jours que je n’ai pas cherché mon paquet de cigarettes mentholées dans le fond de mon sac. 30 jours que je n’ai pas râlé parce que j’avais oublié mon feu et que j’allais encore devoir lâcher 2€ pour un briquet Bic jaune canari. 30 jours où la tentation a été plus ou moins vive.

Je t’avais promis de te donner des nouvelles de ma lutte contre le tabagisme, alors voici un petit bilan de ce premier mois dans la peau d’une non-fumeuse après plusieurs années d’addiction.

À lire aussi : C’est décidé, je profite du confinement pour arrêter de fumer !

Arrêter de fumer : des patchs à la cigarette électronique

Il y a une quinzaine de jours, je t’avais présenté mon arsenal de guerrière pour lutter contre le tabac : des patchs à la nicotine et des applications mobiles pour me motiver et suivre mes progrès.

Aujourd’hui, à J+30, cette organisation a quelque peu changé : j’utilise toujours les applis mais j’ai troqué les substituts nicotiniques intradermiques contre une cigarette électronique.

Eh oui, avec le retour des beaux jours et la reprise d’une vie presque « normale » (dans le respect des gestes barrières, of course), j’ai clairement revu mes ambitions à la baisse.

Je ne regrette pas d’avoir commencé avec les patchs et je suis sûre qu’ils m’ont aidé à surmonter le besoin physique de nicotine. Mais maintenant que la dépendance s’est bien atténuée, ce qui me manque, c’est le geste.

Sortir mon paquet, prendre une cigarette, la porter à ma bouche, l’allumer puis la tenir entre mon index et mon majeur, ça me manque.

Je pense que si j’étais restée loin de la tentation, c’est-à-dire confinée dans mon village angevin, j’aurais continué avec les patchs, mais le retour à Paris et à mon quotidien d’ancienne fumeuse a fait que ce n’était plus suffisant.

C’est bien simple, à chaque fois que je fais quelque chose que j’avais l’habitude de faire en fumant, je suis à « ça » de me précipiter chez le buraliste.

Je m’installe à mon bureau pour écrire ? J’ai envie de poser mon coude sur la table, une cigarette à la main. Je prépare mon déjeuner ? J’ai envie de remuer mes coquillettes d’une main et de tenir une clope de l’autre.

Je téléphone à une copine ? J’ai envie de sortir sur mon mini balcon, mon paquet de garos dans la poche. Et ainsi de suite jusqu’au coucher.

Alors plutôt que de craquer (ou faire trop d’efforts pour résister, je l’avoue), j’ai préféré acheter une cigarette électronique pour tous ces moments où la tentation serait trop forte.

Je ne dis pas que c’est la meilleure des solutions pour me défaire définitivement de toutes mes vilaines manies, mais pour le moment ça me convient.

Je la sors quand j’en ressens le besoin ou l’envie, et le reste du temps elle reste bien au chaud dans un tiroir ou dans une poche de mon sac à main.

Les bénéfices-risques de la cigarette électroniqueLe 25 avril 2014, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a émis un avis relatif aux bénéfices-risques de la cigarette électronique. Cet avis a été réactualisé en février 2016 et il en ressort que « la cigarette électronique peut être considérée comme une aide pour arrêter ou réduire la consommation de tabac des fumeurs », même s’il n’est pas prouvé qu’elle soit plus efficace que les patchs dans la lutte contre le tabagisme.

En revanche, le HCSP insiste sur le fait que la cigarette électronique « pourrait constituer une porte d’entrée dans le tabagisme » et qu’elle « induit un risque de renormalisation de la consommation de tabac compte tenu de l’image positive véhiculée par son marketing et sa visibilité dans les espaces publics ». Il est donc important qu’elle ne soit pas mise entre les mains de n’importe qui et encore moins des adolescents et jeunes adultes non-fumeurs.

1 mois sans tabac, les premiers effets sur mon corps

Dès les premiers jours d’arrêt de la clope, j’ai pu ressentir quelques effets positifs sur mon bien-être physique : mes doigts et mes cheveux ne sentaient plus la mort et je donnais moins envie à mon mari de se désintégrer en lui roulant une grosse galoche au réveil.

Mais c’est vraiment maintenant, au bout d’un mois sans tabac, que je ressens des effets plus profonds.

Il y a quelques jours, je suis allée faire une longue balade dans le bois de Boulogne et, miracle, je n’ai ressenti aucune sensation d’essoufflement.

Si je me suis arrêtée quelques fois, c’est uniquement pour pouvoir resserrer mes lacets, et non pour reprendre ma respiration.

Une vraie victoire pour moi qui, il y a quelques semaines encore, mettais plusieurs minutes à me remettre d’avoir monté 3 étages à pied !

D’après certaines applications mobiles que j’utilise, je devrais bientôt commencer à ressentir un changement au niveau de ma peau et de mes papilles gustatives.

J’ai hâte ! Peut-être qu’arrêter la cigarette va aider mon acné de l’adulte à s’atténuer. Peut-être aussi que maintenant que je ne fume plus, je vais apprécier encore plus le poulet basquaise de mon mari  !

L’arrêt de la cigarette et les relations sociales

Je ne vais pas te mentir, depuis la fin du confinement, c’est nettement plus difficile de rester concentrée sur mon objectif d’arrêter le tabac.

Je n’ai pas fumé une seule cigarette depuis 30 jours, mais même si je ne passe pas mes soirées en terrasse à siroter du rosé avec mes amis (les restaurants et les bars sont fermés, ça aide), j’ai quand même eu un grand nombre de tentations ces deux dernières semaines.

C’est simple, le moindre petit contact social avec une personne que je n’ai pas vue depuis longtemps suffit pour réveiller l’envie d’une clope.

Cette tentation était facile à gérer lorsque je ne devais croiser que le minimum de personnes par jour, mais maintenant que les restrictions sont levées, même en restant vigilante, je trouve ça plus compliqué.

C’est la seule raison pour laquelle je n’ai pas hâte de retrouver mes bandes de copains et de copines : j’ai peur de passer toute la soirée à loucher sur leurs cigarettes, de me laisser hypnotiser par la fumée des mégots et d’en piquer une dans un paquet au hasard pour la fumer plus tard, en cachette.

Toi aussi tu as arrêté de fumer ? Viens me raconter ton parcours dans les commentaires !

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Le dernier commentaire

1 Déc 2020, à 09:58
Quand j'ai arrêté de fumer, un des trucs qui m'a beaucoup aidée c'est de mettre à plat les raisons de mon arrêt, et de relier ca à des intentions suffisamment "grandes" pour pouvoir me soutenir dans les moments de manque. Et dès que j'avais envie de flancher, je prenais un moment pour me rappeler les raisons de mon arrêt, et pour les laisser dominer mon envie.
Par exemple je voulais arrêter pour ma santé, et la raison derrière c'est : je refuse de m'empoisonner car je m'aime.
Un autre aspect qui était important pour moi, c'était la liberté que j'y gagnerai (ne plus être à la merci de mon addiction). Et donc liberté et amour, pour moi c'était plus "grand" que, je sais pas, arrêter de puer la mort.

(Et ce sont mes valeurs personnelles, je sais que pour quelqu'un d'autre, des raisons qui me semblent mois importantes dans ma démarche vont être très motivantes)

Après c'est sûr que ca demande un effort cognitif pendant longtemps avant de devenir automatique. J'ai mis un an pour arrêter complètement, avec quelques cigarettes "sociales" au cours de cette année, mais par contre depuis (ca fait quatre ans) je n'ai plus du tout envie de fumer, dans la moindre situation. Rien ne me tente moins.

Il y a un autre truc, que je ne connaissais pas en arrêtant de fumer, mais qui m'aide beaucoup à réguler mes envies de sucre (oui parce que j'ai déplacé mon addiction, et que ca ne me convient pas puisque je voulais me libérer), c'est de chercher l'émotion que j'essaie d'éviter, et le besoin non rempli qu'il y a derrière. Souvent chez moi c'est la fatigue ou la colère.
Donc dans le cas de Virgine, ca serait "qu'est-ce qui me fait si peur dans le fait de remuer mes coquillettes ou de m'installer pour écrire sans le support de la cigarette ?"
 
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