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J’ai arrêté de me maquiller et j’en ai été la première surprise

Mélody a 26 ans et se maquillait presque tous les jours depuis plus de 12 ans.  Notre super graphiste te raconte comment elle a changé de regard sur le make up et pourquoi elle a arrêté de se maquiller du jour au lendemain.

Temps de lecture : 5 minutes

Lorsque j’écris ces lignes, ça fait un mois et demi que mon visage n’a pas été en contact avec du fond de teint ou du mascara. Il n’y a encore pas si longtemps, je n’aurais pourtant jamais envisagé de sortir de chez moi sans maquillage.

Avant de te raconter comment j’en suis arrivée à arrêter de me maquiller, je vais t’expliquer mon rapport compliqué aux cosmétiques, qui ne date pas d’hier.

Mes débuts avec le maquillage

J’ai commencé à me maquiller au collège vers mes 13 ou 14 ans.

À cet âge, j’étais très mal dans ma peau. Je ne me maquillais que les yeux, mais je mettais une sacrée couche de crayon khôl façon Cléopâtre un peu bourrée.

Évidemment mes muqueuses oculaires, peu enclines à supporter autant de produits cosmétiques, se mettaient à pleurer : je finissais alors mes journées avec un rendu œil au beurre noir avec supplément coulure aux coins internes des yeux. (miam mioum)

Ayant de l’acné (car : l’adolescence) et des cernes très prononcées, l’étape « fond de teint / anti-cernes » est très vite devenue, selon moi, une étape obligatoire.

Plus tard, le mascara et l’eye-liner se sont ajoutés à ma liste quotidienne, et voilà ; j’étais partie pour plus de 10 ans avec la même morning routine, sans jamais la remettre en question.

Et ça aurait pu continuer encore longtemps.

Moi tous les matins en 2075

Me maquiller pour mieux me cacher

En m’aidant à camoufler ce que je considérais comme des défauts, le maquillage est devenu une pratique quotidienne et indispensable.

Petit à petit, l’idée que j’étais beaucoup mieux avec maquillage que sans, s’est installée dans mon crâne.

Au final, il n’était plus envisageable pour moi de sortir sans être maquillée.

Que ce soit pour aller en cours, faire du sport, ou aller chercher du pain, à partir du moment où je mettais un pied dehors et qu’un humain risquait de m’apercevoir, je DEVAIS être maquillée.

Sinon, les gens allaient me trouver sale et repoussante.

Je me souviens d’ailleurs de ce jour où, à 15 ans, malade comme un chien, je me suis sentie obligée de me maquiller avant d’aller chez le médecin.

Moi me préparant pour aller chercher mes anti-diarrhéiques à la pharmacie

Tout comme ma mèche de cheveux devant les yeux ou mes fringues ultra-larges, le maquillage était pour moi avant tout un outil pour m’aider à me cacher.

Fille superficielle ou fille bien : il faut choisir

J’ai eu une période où j’aimais dire à qui voulait bien l’entendre, au moment d’aller me préparer : « Je reviens je vais mettre ma couche de superficialité lol ! ».
Ce cynisme un peu nul était symptomatique d’une misogynie intégrée, dont je n’avais aucune conscience à l’époque.

Je méprisais les femmes qui se maquillaient trop et accordaient trop d’importance à leur apparence. Pourtant, me tartiner le visage de produits cosmétiques tous les matins était le seul moyen que j’avais trouvé pour me sentir moi-même, et à peu près normale.

Pendant longtemps, je me suis sentie partagée entre mon besoin de plaire (= maquillage, selon mes raccourcis douteux) et mon envie d’être plus « naturelle ».

Un changement progressif de mentalité

J’ai donc passé la moitié de ma vie à me maquiller –un peu malgré moi– presque tous les jours, jusqu’à il y a quelques semaines. Mais le déclic ne s’est pas fait du jour au lendemain.

J’ai fini par mettre le doigt sur la base de ma relation avec le maquillage : mon manque de confiance en moi. Quand j’ai réalisé que je faisais le choix de me maquiller pour les mauvaises raisons, j’ai commencé à reconsidérer mes habitudes.

J’ai aussi changé de regard sur les gens qui se maquillent. Pendant longtemps, je pensais que c’était tout noir ou tout blanc :  soit tu étais quelqu’un qui se maquillait tous les jours (ou presque), soit tu n’avais jamais touché un mascara de ta vie.

J’ai compris que j’avais tort en voyant mes collègues parfois très maquillées (et très jolies) un jour, et sans maquillage (mais tout aussi jolies) le lendemain. Elles m’ont fait réaliser que je n’étais pas obligée de choisir entre une vie sans make up et une vie avec.

Il s’avère qu’en fait, chacun fait bien ce qu’il veut, d’un jour (ou d’une semaine) à l’autre.

Et personne n'a pris la peine de me prévenir ??

Je dois aussi ce changement de mentalité aux autres meufs en général, et peut-être à toi qui me lis.

Ces dernières années j’ai vu dans mon entourage de plus en plus de filles et de femmes qui n’avaient pas besoin de maquillage pour se sentir belles.

Que ce soit mes amies, si badass au naturel, les jeunes femmes que j’ai pu croiser dans la rue et qui dégageaient une énergie folle, ou encore l’illustratrice Diglee qui, par militantisme et amour de soi, a fait le choix d’arrêter de se maquiller…

Toutes ont fait pour moi office d’exemple et m’ont permis de me rappeler que j’avais de la valeur en tant qu’être humain même sans ma couche fond de teint quotidienne.

Le jour où j’ai arrêté de me maquiller

Alors ces derniers mois, j’ai progressivement arrêté de me maquiller.  J’arrivais régulièrement démaquillée à la rédac (par manque de temps car je traîne au lit), et j’allais me maquiller sur la pause du déjeuner.

Je me félicitais d’avoir pu passer une demi-journée au naturel sans pour autant me cacher ou avoir honte.

Me maquiller était de moins en moins un besoin, de plus en plus une contrainte.

Surtout que ça voulait dire : se démaquiller une fois rentrée chez moi et, même si je le faisais tous les soirs méticuleusement , j’y allais toujours à reculons.

même si ça peut aussi être rigolo

J’ai vraiment sauté le pas après être passée chez le coiffeur et m’être fait une coupe avec laquelle je me sentais mieux dans ma peau. Ça coïncidait plus ou moins avec l’arrivée de mes vacances, ce qui veut dire pour moi : soleil, plage, et surtout pas besoin de me maquiller.

Quand je suis revenue après 3 semaines, je m’étais habituée à me voir sans maquillage, et je n’avais plus honte de mon visage au naturel. C’était assez fort comme sentiment ; je me suis sentie fière et libérée.

Comment je me sens aujourd’hui après avoir arrêté de me maquiller

Aujourd’hui, après toutes ces années à me maquiller plus par obligation que par plaisir, je suis un peu dans une phase de « rejet ».

En rentrant de mes vacances, j’ai tenté de me maquiller pour mon premier jour de boulot et je me suis sentie mal, comme « sale » d’être maquillée.

J’ai mis tellement de temps à apprécier la couleur de mes cernes, à accepter mon teint pas parfait, à aimer mes yeux sans artifice, que, quand j’ai réessayé de me maquiller,  je ne me sentais plus moi-même.

Je sens bien que cet amour de moi au naturel est encore fragile et que la route vers une confiance en moi véritable est encore longue.

En témoigne cette délicieuse anecdote… Il y a quelques jours, alors que je me baladais dans Paris j’ai croisé un homme, qui, quand il m’a vue, a fait une tête étonnée.

Me sentant toute moite après une chaude journée, et me sachant démaquillée, mon premier réflexe a été de me dire : « le mec me trouve tellement moche qu’il est choqué, SYMPA !! »

moi digérant mon seum

Tandis que j’étais toujours en train de grommeler sur l’indélicatesse du personnage, il m’a rattrapé dans les escalators pour finalement me dire qu’il me trouvait très jolie et qu’il aurait bien aimé qu’on s’échange nos numéros.

Cette histoire, au delà de me faire sentir un peu bête, m’a rappelée que j’étais capable de plaire au naturel, et que même démaquillée j’avais une force de séduction. C’est quelque chose que je n’avais jamais envisagé. 

Le retour au make up

Je sais que je retournerai au maquillage bientôt, mais j’ai changé de regard sur lui, et sur moi-même.

Je me laisse le temps de trouver mon équilibre et d’accepter pleinement mon apparence au naturel, pour que la prochaine fois que je dégaine un eye-liner ou un rouge à lèvres, ça soit parce que j’ai envie de m’amuser et non parce que j’ai honte de moi.

Du haut de mes 26 ans, j’ai fini par voir le maquillage pour ce qu’il est vraiment selon moi : un outil créatif pour se faire plaisir et s’empouvoirer par la même occasion.

Merci de m’avoir lue chère lectrice. Je serais curieuse de connaître ton rapport au maquillage. N’hésite pas à me partager tout ça en commentaire !

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Le dernier commentaire

26 Sept 2019, à 11:21
Pendant mon adolescence, je ne me suis jamais trop maquillée. Comme je suis très blonde, je n'ai ni sourcils ni cils visibles, ce qui donne un regard un peu fade.
Arrivée en Master à la fac, j'ai sorti le pack total : eye liner, mascara, fard à paupière, fond de teint, poudre, rouge à lèvres. C'était finalement pour me cacher et plaire aux autres. En plus, j'étais à cette époque prof pour des L1 et des L3, et je donnais des conférences. Ça me donnait une contenance, un sérieux.
Il y a trois ans, BIM, je fais une dermatite péri-orale. J'ai interdiction pendant des mois de me maquiller... Je fréquentais à l'époque ce qui deviendra mon partenaire de PACS actuel mais j'annule la plupart de nos RDV pour ne pas qu'il me voit au naturel. Je fais passer des oraux aux étudiants, je fais des séances photo pour des enterrements de vie de jeune fille... À ce moment, je me sens moche...
Trois ans plus tard, il ne reste dans ma salle de bains qu'un mascara et un rouge à lèvres, que je ne met pas tous les jours. Je suis à mon compte, je bosse chez moi donc je ne m'ennuie pas à me maquiller. Pour mes sorties officielles (vernissages, rdv), je dégaine le mascara ! Mais j'ai appris à apprécier mon visage au naturel. Surtout que mon homme me préfère aussi comme ça !
 
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