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Le burn-out parental : qu’est-ce que c’est et comment en sortir ?

Le burn-out parental, tu connais ? Justine, psychologue et contributrice régulière de Rockie et madmoiZelle, t'en dit plus sur cet épuisement intense qui touche certains parents.

Temps de lecture : 3 minutes

L’arrivée d’un enfant est toujours pleine de chamboulements et de surprises qui vont perdurer tout au long de nos vies. Souvent, les parents ressentent un stress particulier lié à leur parentalité : est-ce que je fais bien ? Comment tout concilier ? Pourquoi tous les autres semblent-ils parfaitement y arriver, alors que moi, je galère ?

Pour certaines personnes, ce stress devient chronique et peut mener au « burn-out parental », quel que soit l’âge des enfants.

Qu’est-ce que le burn-out parental ?

Le terme de burn-out – associé au monde du travail – t’est sans doute familier… On parle de burn-out parental lorsqu’un parent éprouve un épuisement intense lié à sa parentalité (épuisement à la fois physique et émotionnel), qu’il apparaît une distanciation émotionnelle avec les enfants (c’est-à-dire un sentiment de détachement) et une insécurité vis-à-vis des « compétences parentales ».

À lire aussi : Comment savoir si je risque de faire un burn-out ?

Selon une étude menée par les chercheuses Roskam, Raes et Mikolajczak en 2017, 5% des parents seraient en burn-out parental (et 8% seraient à risque élevé).

L’apparition de l’épuisement parental est liée à tout un tas de facteurs et est propre à chacun·e : pour faire simple, disons qu’il apparaît lorsque le parent n’a pas les ressources pour faire face aux facteurs de stress lié à sa parentalité.

Les conséquences du burn-out parental

Une nouvelle recherche, menée par MoÏra Mikolajczak, James J. Gross et Isabelle Roskam et dont les résultats ont été partagés dans la revue Clinical Psychological Science, se penche sur les conséquences du burn-out parental.

Les scientifiques ont mené deux études proposant à des parents, recrutés via les réseaux sociaux, des écoles ou encore des pédiatres, de participer à une recherche sur le « bien-être parental et l’épuisement » et de répondre à des questionnaires à trois reprises – espacées de 5 mois et demi.

Ces questionnaires permettaient de mesurer le burn-out parental (en évaluant le degré d’épuisement, la distance émotionnelle et le sentiment d’inefficacité), le degré auquel les besoins physiques, éducatifs et émotionnels des enfants étaient pris en compte ou au contraire négligés, ainsi que la tendance à faire preuve de violence verbale, physique et psychologique.

Les résultats de la première étude, réalisée auprès de participant·es francophones, suggèrent une association forte entre le burn-out parental et trois conséquences sérieuses : l’apparition d’idées de fuite de la part des parents, des négligences à l’égard des enfants et de la violence. Le phénomène fonctionne comme un cercle vicieux : le burn-out mène à la négligence et la négligence renforce le burn-out…

Les résultats de la seconde étude, réalisée cette fois auprès de participant·es non-francophones, semblent similaires.

Ensemble, toutes ces données suggèrent que le burn-out parental aurait des conséquences sérieuses – à la fois sur les parents et les enfants. Les chercheurs et chercheuses soulignent la difficulté de la situation : les parents concernés sont attachés à être de « bons » parents et tentent de faire le mieux possible… et leur épuisement les mènent à se comporter comme l’opposé de ce qu’ils essayent d’être.

Les scientifiques notent que cette recherche est l’une des rares menées sur les conséquences du burn-out parental – des recherches complémentaires devront être engagées pour confirmer ces résultats et augmenter l’échantillon.

Face à l’épuisement parental, que faire ?

La première piste de réponse apportée par MoÏra Mikolajczak et son équipe est peut-être l’une des plus importantes : tout ce qui permet aux parents de recharger leurs batteries et d’éviter l’épuisement est bon pour leurs enfants.

Autrement dit, face à toute la pression que peuvent ressentir les parents (jeunes ou moins jeunes), la première des étapes serait de prendre soin de soi – parce que nous en avons besoin ET que c’est bon pour les enfants.

Pour pouvoir prendre soin de soi, un « état des lieux » sera nécessaire afin d’identifier ce que l’on ressent et tous les facteurs qui ont pu nous amener ici. Cette étape peut être initiée seule – mais une aide professionnelle serait précieuse : en alertant votre médecin traitant, un·e psychiatre ou psychologue, un accompagnement adapté pourra être construit avec vous.

Du côté des professionnel·les de santé et des pouvoirs publics, il y a également un enjeu fort : parler de la fatigue et de l’épuisement parental, sensibiliser les parents et les non-parents au sujet pourrait permettre de libérer la parole des celles et ceux qui se sentent en difficulté et de les encourager à solliciter une aide.

Pour aller plus loin sur le burn-out parental :

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Le dernier commentaire

13 Déc 2019, à 17:57
Je rejoins plusieurs témoignages de Rockies sur ces points précis, en y ajoutant mes commentaires personnels :
1. Le monde du travail est ainsi fait que sois les deux parents doivent travailler et se retrouvent pressurisés de partout sans pouvoir être au top nulle part, sois l'un des deux s'arrête ou prend un congé parental et y perd professionnellement et financièrement (devinez lequel essentiellement ??). Donc sois tu as du temps en moins pour ta vie de famille, sois tu as de l'argent en moins.
2. Les injonctions contradictoires pour élever un enfant heureux et en bonne santé : allaiter exclusivement pendant au moins six mois, mais la fin du congé maternité est aux 2,5 mois de l'enfant (zut), être souple mais ferme avec son enfant, le laisser pleurer pour pas qu'il abuse de toi mais ne surtout pas le laisser pleurer (wtf ?!), répondre à ses besoins mais prendre du temps pour soi (quand ?), passer aux couches lavables et à l'hygiène infantile (lol), et bien sûr reprendre le travail en tant que super working-girl qui gère tout à la fois, tout en gardant la ligne bien sûr (on se relâche pas, chipies !)...
Vous n'y comprenez rien ? Moi non plus.

F*** la société de consommation et du travail.
Je suis tout à fait d'accord avec la première partie de ton commentaire. Concernant les injonctions contradictoires, elles sont toutes le fruit d'une culture que je qualifierais de "à la con" et qui pourrait se résumer ainsi : les adultes d'abord, les enfants ensuite (s'ils sont sages).
C'est horrible en fait : on ne se place plus du tout du point de vue de l'enfant, alors que c'est tout le contraire qu'il faudrait faire :
- inclure les enfants dans le monde des adultes (généraliser les crèches DANS les entreprisesou tout près par exemple),
- beaucoup plus de télétravail. Vraiment plus.
- pouvoir facilement être coaché sur la psychologie de l'enfant, à tous les ages. Et je parle pas de celle de Marcel Rufos qui dit que le sein c'est un jouet pour papa, mais de Catherine Guegen, Isabelle Filliozat, Marshall Rosenberg, Laurence Dudek, le principe du continuum, etc. Ca serait via des intervenants, un peu comme les consultant(e)s en lactation.
- Que les pros de la santé qui peuvent être amenés à cotoyer des enfants soient obligatoirement TOUS remis à niveau sur les dernières découvertes en psychologie de l'enfant (pas que les pédiatres : les infirmièr(e)s, etc.).
- A l'école : jouer pour apprendre, être impliquer, et non pas être assis sur une chaise à écouter la messe 100% du temps. Et inclure les personnes atypiques (handicap, TSA, etc.).
- Généraliser et sensibiliser le fait que c'est normal de demander de l'aide quand on est parent (spots télé, radio, témoignages, etc.)
- ...

Bref, c'est mon utopie xD. Mais j'y crois. Je pense que le monde est dur, mais que c'est pas une raison pour éduquer les enfants à la dur pour les "préparer" car c'est justement la meilleur façon pour que le monde reste dur ! Donc au contraire, je pense que des enfants éduqués dans la douceur feront des adultes plus doux et donc un monde plus doux. [insérez des fleurs, des coeurs et des oiseux Disney qui chantent ici].
 
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