Close

« J’en ai marre d’être écolo » : Coline questionne le lien entre féminisme et écologie sur YouTube

Dans sa dernière vidéo sur YouTube, Coline livre une réflexion très intéressante sur la charge mentale liée à l'écologie, la culpabilité qui en découle et le féminisme.

Temps de lecture : 3 minutes

Il y a onze mois, la créatrice de la chaîne YouTube et du blog « Et pourquoi pas Coline » a eu un bébé. Et suite à cette naissance, elle a commencé à ressentir un gros ras-le-bol lié à l’écologie.

Du genre à préférer acheter des pizzas surgelées plutôt que de cuisiner ses habituels petits plats maison, ou à laisser au fond du placard les couches lavables dûment acquises. Bon, jusque là, rien d’étonnant : c’est normal d’être en mode survie pendant les premiers mois avec un nourrisson.

La culpabilité écologique

Mais le problème, comme l’explique très bien Coline dans sa chouette vidéo « J’en ai marre d’être écolo », c’est que ces renoncements se sont accompagnés d’un fort sentiment de culpabilité.

« J’avais l’impression d’être une mauvaise personne mais aussi d’empoisonner ma famille en la nourrissant de choses qui ne soient pas bio, qui soient transformées… »

J’ai tout de suite eu envie de te parler de la vidéo de Coline sur Rockie, parce que je pense qu’elle n’est certainement pas la seule à ressentir régulièrement ce sentiment de culpabilité.

Je l’ai éprouvé personnellement pas plus tard qu’hier quand j’ai commandé (bouh !) des sushis dans des emballages en plastique (re-bouh !) pour cause de frigo vide au retour des vacances (et de flemme intersidérale, soyons honnête).

La « charge morale » des femmes liée à l’écologie

La blogueuse et youtubeuse met ensuite le doigt sur un point très intéressant : le lien étroit qui existe entre féminisme et écologie.

« J’ai été à l’initiative de toutes les prises de décisions liées à l’écologie, à l’éthique, à la façon de consommer ».

Son compagnon la suit volontiers (et sans râler) dans ces changements d’habitudes de consommation, mais il n’est pas moteur sur le sujet.

Coline a donc le sentiment d’être seule à porter cette « charge morale » liée à l’écologie. Un terme qui fait bien sûr référence à la « charge mentale » des femmes, plus souvent responsables de la gestion du foyer et de la planification.

Coline cite ensuite quelques chiffres et études pour appuyer son propos et montrer que les femmes sont plus sensibles aux questions environnementales. Une préoccupation liée, selon elle, à un stéréotype de genre tenace : le « care », c’est-à-dire le fait de s’occuper des autres, serait traditionnellement une prérogative féminine.

Prendre soin de la planète — et donc des générations futures — est ainsi une extension de ce domaine du « care » pris en charge par les femmes.

À lire aussi : L’écologie « du quotidien » est une charge mentale pour les femmes, selon Emma

Comment combiner féminisme et écologie au quotidien ?

Coline n’envisage pas pour autant de laisser tomber ses convictions écologiques au nom du féminisme. Mais elle termine sa vidéo avec quelques pistes pour mieux combiner féminisme et écologie.

La première résolution qu’elle a prise, c’est d’essayer d’arrêter de culpabiliser, et je ne peux que l’appuyer.

Oui, moi aussi je veux continuer à mettre des trucs en place pour essayer de mieux consommer (Coucou le lombricomposteur qui me fait de l’œil depuis des mois !). Mais si un dimanche matin je préfère faire la grasse mat’ plutôt que d’aller acheter des légumes pour la semaine auprès du producteur bio sur le marché, eh bien ce n’est pas grave. Je ferai mieux le week-end prochain.

La deuxième piste envisagée par Coline, c’est d’éduquer nos enfants aux questions environnementales, et surtout nos fils, pour que la charge morale (et mentale) soit mieux répartie chez les générations futures.

Enfin, Coline a un message simple pour les mecs qui regardent sa vidéo et réalisent peut-être qu’ils ne sont pas très investis chez eux en matière d’écologie du quotidien : « Sortez-vous les doigts du cul ! ».

Et toi, tu as déjà ressenti ce ras-le-bol autour des questions écologiques ? Tu as l’impression d’être seule à porter la charge morale ? Viens on en discute dans les commentaires !

Rubrique
Mots-clés

Le dernier commentaire

18 Fev 2020, à 10:26
Franchement... J'ai du mal avec le fait de parler de charge morale écologique pour les femmes. Parce que j'ai l'impression qu'on risquerai de s'enfermer dans un stéréotype de femme féministe écologique parfaite à atteindre, et que donc ça nous mettrait une grosse pression (supplémentaire) pour rien.

Mon compagnon n'est pas écolo de façon consciente. Pourtant, il fait certaines choses qui le sont : garder ses vêtements (il n'en jette que très rarement, quand le-dit vêtement est trop abîmé ; il porte encore des t-shirts qu'il avait adolescent !), il se déplace à pied, en trottinette ou en transports en commun, il gaspille le moins de nourriture possible (il râle pendant des heures si ça arrive...), il trie les déchets, il ne laisse pas l'eau couler trop longtemps et encore moins "pour rien"...
De mon côté, je ne prends plus de fruits et légumes qui ne soient pas de saison, tout d'abord parce que sinon bien souvent ça n'a pas de goût, ensuite parce que c'est cher, et enfin parce que souvent c'est blindé de produits chimiques. De plus, je n'achète que très peu de vêtements (seulement quand j'en ai VRAIMENT besoin), mes bouquins proviennent des boîtes à livres ou d'occasions en librairie, je ne fais pas tourner de machine si elle n'est pas remplie (team "à moitié vide" pour le lave-linge, plutôt que "à moitié rempli"), je me déplace aussi à pied...
Globalement, il s'agit plus de réflexes inculqués dans notre éducation plus que de préoccupations écolos. C'est souvent d'abord pour des raisons économiques qu'on fait certaines choses (légumes de saison, fringues qui durent, économie d'eau et de lumière...). Comme ça fait partie de notre quotidien depuis de longues années, on n'y pense pas : ce sont des réflexes.

Dernièrement, quand on parle d'écologie chez nous, on parle surtout d'éviter le plus possible les produits chimiques concernant le ménage (bonjour le vinaigre blanc et le bicarbonate, hyper efficaces et... très économiques !), de modifier notre alimentation en mangeant moins de viande et de poisson... Cela dit, on n'en parle pas beaucoup. On est plus inquiets par l'inaction des gouvernements. On a l'impression qu'on nous fait foncer dans le mur, que la collision va être brutale (et on a même l'impression de s'éclater la tronche en ce moment, quand on voit ce qui se passe au niveau climatique et au niveau de la production, coucou le Brésil) et qu'au lieu de freiner, on accélère. Certes, on a du pouvoir en tant que consommateur. Mais le changement doit surtout venir des entreprises et des gouvernements.
Concernant la charge morale, j'ai l'impression que les femmes sont, de façon générale, représentées comme étant plus sensibles à l'environnement que les hommes. Je vois plus de femmes parler écologie dans les séries, films, jeux, médias etc que les hommes. Ça joue peut-être un rôle, non ? Les hommes vont moins y réfléchir s'ils ne sentent pas concernés, ça peut leur donner la sensation que c'est "un truc de bonne femme". Bon, en disant ça, on pourrait croire que les hommes sont fragiles, qu'il faut absolument les brosser dans le sens du poil pour qu'ils réagissent comme on le voudrait (m'enfin ça c'est comme ça pour tout le monde globalement). Je pense que c'est l'éducation qui va changer la donne (nos parents sont de la génération qui a vu l'usage du plastique exploser pour tout et n'importe quoi... le côté responsable à laissé la place à la facilité et au côté pratique), ainsi que les puissants qui nous dirigent. La charge morale, c'est eux qui devraient l'avoir... puis nous tous, par ricochet.
C'est brouillon ce que j'écris, non ?
 
Voir les réactions sur le forum (35 réponses)
Close