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Comment bien gâcher la vie de ses collègues en open space

Ton ambition secrète est de te faire détester par l'intégralité de tes collègues ? Tu en as marre de faire attention aux autres au travail ? Voici tous les conseils de Clémence pour polluer l'open space avec talent.

Temps de lecture : 4 minutes

Après t’avoir appris comment bien gâcher un mariage et un voyage en train, j’ai décidé de m’attaquer à un espace dans lequel tu passes peut-être 35 heures par semaine, j’ai nommé le redoutable open space. Censé favoriser la collaboration entre salariés, il permet surtout aux entreprises de faire des économies au niveau des mètres carrés, et aux relous professionnels d’exprimer leur plein potentiel.

Tu pourrais te contenter de ne penser qu’à ton petit confort perso, en écoutant ta musique à plein tube, mais gâcher réellement la vie de ses collègues en open space demande plus de créativité. Heureusement, grâce à ma longue expérience de la vie en open space, je suis là pour te suggérer quelques idées.

1 – Pour être relou, fais la bise à tout l’open space

La politesse l’exige : il faut dire bonjour à tout le monde le matin. Mais pourquoi se contenter d’un signe de la main ou d’un « BONJOUR ! » enjoué quand tu peux envahir l’espace personnel de tes collègues et leur souffler ton haleine café/clope au visage de bon matin ?

Pour un résultat optimal, tu peux même te mettre dans la peau d’un vieil oncle relou, et faire la bise en POSANT TES LÈVRES SUR LA JOUE, au lieu de te contenter de faire un classique joue contre joue. Rien qu’à l’écrire, j’en ai un frisson d’horreur. Brrrr.

2 – 1001 façons de faire du bruit pour énerver tes collègues

Bon, évidemment, dans les open spaces le moindre bruit circule vite et si tu le multiplies par le nombre de personnes qui peuplent ces espaces du démon, tu as vite une cacophonie qui empêche de se concentrer sur son travail. D’ailleurs, 59% des Français·es se déclarent gênés par le bruit sur leur lieu de travail, selon une étude de l’IFOP.

Faire du bruit est donc une excellente piste pour gâcher la vie de tes collègues en open space. Afin de t’aider à varier les sources de bruits et les intensités, je t’ai concocté une petite liste non-exhaustive.

  • Tu peux TAPER TRÈS FORT SUR TON CLAVIER. En plus, ça donne l’air occupé·e et ça défoule.
  • Tu peux évidemment parler très fort au téléphone, surtout si tu passes tes coups de fils non-professionnels à portée d’oreilles de tes collègues.
  • Ne te limite pas au téléphone, les conversations entre collègues, appuyées sur le bureau de ta victime du jour qui n’a rien demandé sont aussi très adaptées.
  • Pourquoi ne pas carrément faire une réunion d’équipe un molky au milieu de l’open space
  • Penser à utiliser les accessoires à ta disposition : faire rouler sa chaise, claquer des portes ou tapoter son stylo sur son bureau sont des musts.
  • Ton corps peut aussi être une ressource incroyable pour produire des sons : reniflements, raclements de gorge et autres rots, sky is the limit, comme dirait l’autre.
  • Enfin, si tu es du genre culotté·e, tu peux écouter de la musique sans casque afin de faire profiter tout le monde de tes goûts musicaux.

3 – La guerre de la clim en open space

On pense souvent que la compétition entre collègues s’exprime au niveau des promotions, des projets ou des responsabilités. C’est faux. La vraie guerre entre collègues est beaucoup plus prosaïque : il s’agit de savoir qui contrôlera le niveau de la clim.

N’hésite donc pas à la régler très fort ou très faible, et à attendre de voir tes collègues congeler ou suer. Évidemment, tu marques des points bonus s’ils tombent malades ou si tu parviens à casser le thermostat à force de le tripoter.

Bon, et puis comme régler la clim trop froide participe au réchauffement climatique, tu gâches aussi la vie de tes collègues (et de leurs enfants) au sens propre. Well done !

À lire aussi : S’intégrer au boulot quand on n’aime pas le café (et qu’on ne fume pas)

4 – QUI a pété dans l’open space ?

Après avoir agi sur l’ouïe, il est temps de se concentrer sur l’odorat. En plus, il n’existe pas de bouchons de narines, donc c’est une nuisance contre laquelle tes collègues ne peuvent pas lutter.

Je te suggère donc de ramener une gamelle de nourriture le midi avec des odeurs fortes (crustacés, poissons, pâté, tout est possible), de la manger dans l’open space et bien sûr de ne pas aérer ensuite.

Si vous avez une cantine, tu peux quand même enlever tes chaussures en fin de journée pour laisser un doux fumet se dégager (encore plus efficace si tu portes des chaussures sans chaussettes, comme des ballerines).

Enfin, il est toujours possible d’ignorer les règles de base de l’hygiène corporelle et de laisser la douche, le lavage de dents et les vêtements propres aux autres.

5 – Marquer son territoire dans l’open space

Pour marquer ton territoire dans l’open space, tu peux bien sûr faire comme les chiens sur les lampadaires, mais c’est une tactique risquée qui te vaudra probablement un licenciement.

Je te conseille plutôt d’étaler tes affaires partout. Sur ton bureau donc, mais aussi sur ceux à proximité. Évidemment, tu peux laisser ta vaisselle sale dans l’évier, et tes fringues sur les chaises. Bref, tout ce qui fonctionne pour gâcher la vie de tes colocs, marche aussi en entreprise. Sauf faire l’amour en criant très fort, quoique…

N’oublie pas également d’abandonner de la nourriture avant de partir en vacances, afin de la laisser moisir gentiment dans ton tiroir ou sur ton bureau. Vie extra-terrestre garantie à ton retour. 

J’espère que ce tuto « pourrir la vie de tes collègues en open space » t’a plu, et j’attends avec impatience tes suggestions ou histoires vécues dans les commentaires !

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Le dernier commentaire

7 Sept 2019, à 09:28
Comme @Cococat j'ai plutôt de la chance dans mon job actuel.
Les services sont organisés en open-space où on est 5-6 mais on a aussi quelques bureaux individuels pour s'isoler si besoin.

Par contre j'ai déjà eu la collègue qui passe des coups de fils personnels en parlant bien fort et bien longtemps... Je connaissais toute sa vie, celle de ses parents, de son mari, de sa tata, de sa voisine, etc. :stare:

En sortant du cadre de l'open-space et en ce concentrant sur les "parties-communes" (salle de détente, sanitaires, réfectoire), j'ai subi:
- Les gars (j'en ai eu deux :gonk: - presqu'à la suite) qui ne se lavent pas et ne lavent pas leurs vêtements. L'odeur était infecte: ça donnait littéralement envie de vomir, on les suivait à la trace, leur odeur persistait là où ils étaient restés "longtemps". Y'a pas eu beaucoup de changement quand la direction les a rencontrés pour ce problème. Quand ils ont démissionné : libération ! :rainbow:
- Les gars qui utilisent le réfectoire mais ne nettoient pas derrière eux: tables dégueulasses, micro-onde crade, machine à café pas nettoyée. J'ai du leur faire 5-6 fois la remarque et je leur ai même montré comment nettoyer :sweatdrop:, d'autres collègues (que des femmes) aussi, avant qu'ils ne se bougent et nettoient "leur bordel".
- Les gens qui ne respectent pas ta pause déjeuner quand tu l'as en décalé par rapport à d'autres et qui insistent pour que tu reçoives M. X, que tu prennes l'appel, que tu viennes bosser avec eux alors que tu leur a bien dit que tu étais en plein dans ta pause: faites comme si j'étais pas là.
- Le gars bien respectueux qui utilise les toilettes hommes/femmes sans distinction en laissant des traces de son passage. Tirer la chasse, utiliser une brosse, passer un coup de lingette (mise à dispo dans chaque WC): c'est si dure que ça ? :slap: Pareil, une fois le collègue identifié on a pu lui demander de nettoyer/de faire attention, ce qui n'a jamais été fait... Encore un qui a rendu tout le monde heureux en quittant la boite. :ROFLMAO:
 
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