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Et si tu te mettais à la communication non violente ?

Tu aimerais apaiser tes relations avec ton entourage ? Lauranne Chavel, life coach et thérapeute, te parle de la communication non violente, une technique pour apprendre à mieux communiquer avec les autres.

Temps de lecture : 4 minutes

J’aimerais partager avec toi un principe qui a littéralement bouleversé ma vie. Colère, incompréhensions, disputes, reproches à foison, grandes périodes de questionnements (« Mais qu’a-t-il/elle voulu me dire avec cet emoji burger?? ») sont désormais derrière moi.

Mes relations familiales, amicales, professionnelles et ma vie de couple se sont apaisées. Chaque problème ne m’apparaît plus que comme un tas de solutions qui n’attendent que d’être mises en place. C’est trop beau pour être vrai ? Et pourtant, la pratique de la Communication Non Violente (CNV) m’a vraiment aidée à changer ma manière de communiquer avec les autres. 

La communication non violente, c’est quoi ?

Comme son nom l’indique avec beaucoup de clarté, il s’agit d’une manière de communiquer… sans violence. Bon ok, j’explique.

Mise au point par Marshall Rosenberg, un psychologue américain, la CNV a pour but de communiquer sans nuire à la personne en face (à la poubelle, les reproches !).

Elle est développée autour de trois valeurs essentielles : l’empathie, l’authenticité et la responsabilité (on va y revenir). Si l’envie vous prend d’en savoir plus, sachez que ce cher Marshall a écrit plusieurs livres sur le sujet, dont le best-seller : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs).

OK, c’est bien joli, mais en pratique ça donne quoi, la CNV ? Elle se déroule en 4 étapes que je m’en vais te détailler de ce pas. 

Les 4 clés de la communication non violente

Voici les étapes essentielles pour pratiquer une communication non violente, telles que décrites par Marshall Rosenberg : 

Étape 1 : Observer la situation et partager ses observations avec l’autre

En gros, on dit à l’autre ce qui est en train de se passer pour nous. Je vais par exemple éviter un accusateur « tu es vraiment une personne horrible et égoïste ! » et lui préférer un « quand tu dis/fais cela je…» 

Étape 2 : Dire comment on se sent 

On partage son ressenti. Oui, ça veut dire être sincère, authentique, vulnérable, être prêt·e à se mettre à nu et à avouer ses faiblesses. Je sais, ça peut faire peur au départ. On peut facilement avoir l’impression de donner à l’autre une arme de destruction massive de notre estime de nous.

Pourtant, promis, les bénéfices sont bien plus grands que le risque. Si l’idée t’inquiète, commence par pratiquer avec des personnes qui te sont proches et que tu sais bienveillantes. La clé ici, c’est de ne pas s’arrêter à « ça me blesse », qui reste accusateur. On ajoute l’explication : « quand tu dis cela, je me sens blessée parce que je ne me sens pas aimée ». 

Étape 3 : Faire part de ses besoins 

Alors là, attention ! Le piège classique à cette étape, c’est de se retrouver à donner des ordres à l’autre. Tu te rappelles quand on parlait de responsabilité plus haut ? On y est ! Nous sommes tous responsables de nous-même, de nos choix, de notre vie, de nos émotions. On ne peut pas forcer les autres à faire ou ressentir quoi que ce soit, et la réciproque est vraie.

Je dois trouver les solutions pour moi-même. Si je n’y arrive pas, je peux bien sûr demander de l’aide, en respectant les limites de chacun et en n’hésitant pas à demander à l’autre d’expliquer sa réaction si j’en ressens le besoin.

Si je garde l’exemple si dessus, ça donne, au choix : « quand tu dis cela, je me sens blessée parce que je ne me sens pas aimée. J’ai besoin de faire un travail sur moi pour apprendre à m’aimer avant de pouvoir me détacher de ce type de parole » OU « quand tu dis cela, je me sens blessée parce que je ne me sens pas aimée. J’ai besoin que tu évites de me parler de cette manière. ». 

Étape 4 : Exprimer une demande 

Je trouve le titre de cette étape un peu mal choisi, car, encore une fois, il peut facilement donner l’impression qu’il s’agit de donner un ordre à notre interlocuteur. Que nenni ! Au contraire, on va lui demander son ressenti sur ce qu’on vient d’exprimer : « qu’en penses-tu ? », « est-ce que tu es d’accord ? », « et toi, pourquoi est-ce que tu m’as dit ça au départ ? », « qu’est-ce que ça te fait de m’entendre te dire cela ? »… 

À lire aussi : Et si vous profitiez du confinement pour changer vos habitudes ?

Les apports et les limites de la communication non violente

Si elle requiert un peu d’entraînement et beaucoup de remise en question, cette pratique finit par devenir automatique et n’apporter que du positif !

En couple, en famille, avec ses amis, on discute au lieu de se prendre la tête, on partage sa réalité et on appréhende mieux celles des autres. Mes relations professionnelles sont aussi bien plus zen ! En cas de remarque sur mon travail, je ne me dis plus « mon dieu je suis si nulle !! » mais « ok, ce que j’ai proposé ne convenait pas à cette personne. Je vais en parler avec elle pour mieux comprendre ses attentes ». 

Que du positif ? Oui, mais… Nous ne sommes pas seul·e dans une discussion, et la CNV fonctionne tout de même mieux si on est plusieurs à la pratiquer. Si la sincérité est souvent désarmante et suffit dans bien des cas à désamorcer les conflits – en encourageant la personne en face à se livrer elle aussi – parfois, ça ne fonctionne pas.

Oui, on peut tomber sur quelqu’un qui est dans l’incapacité totale de faire preuve d’écoute et de remise en question. Dans ce cas, on peut décider d’accepter que l’autre est comme cela, et/ou l’interroger pour essayer de comprendre sa réaction.

Et si rien ne fonctionne, que toute prise de recul est impossible, que cette relation ne nous apporte que prises de tête, reproches et tristesse… Il faudra peut-être prendre des routes séparées. 

Enfin, si cet article t’a laissé sur ta faim sache qu’un deuxième est en préparation pour te donner des conseils très pratiques pour mettre en place efficacement le communication non violente avec ton entourage dans diverses situations.

Pour aller plus loin :

Tu peux aller visiter le site web de Lauranne Chavel Life Coach et thérapeute ou consulter son compte instagram @lochavel

Et toi, tu pratiques déjà la CNV ? Tu as remarqué des changements dans ta vie ? Viens en parler dans les commentaires !

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Le dernier commentaire

9 Oct 2019, à 01:50
Comment tu formules ça, hors CNV ? J’ai souvenir d’avoir pris de belles engueulades parce qu’on s’était salis avec mon frangin, à base de « J’en ai marre de passer mon temps à faire des lessives / Tu me prends vraiment pour ta bonniche » ou « Ce tee-shirt est tâché maintenant, tu ne pouvais pas faire attention ?!! ».
Oui, alors, justement, quand tu craques et que tu dis à ton gamin : hey, ton t-shirt est sale, tu pouvais pas faire attention? T'es pas en train d'invalider l'intégralité de son comportement. En vrai, tu constates que son t-shirt est crade, que çà t'irrite, et après? Tu vas pas frapper ton gamin pour çà, il va assez vite intégrer que tu râles, mais que c'est pas grave et entre-temps personne ne lui aura expliqué de manière persuasive qu'il ne doit pas se salir sous peine de provoquer la mort cérébrale de sa mère. En gros, il s'en tire toujours mieux avec un cri du cœur aussi violent que momentané qu'avec une cnv bien chargée en ondes émotionnelles culpabilisantes.

La CNV pour moi, c’est simplement une démarche qui permet d’exprimer de manière constructive ce qui de toute façon sortira à un moment (souvent de manière épidermique), ou me bouffera de l’intérieur. Elle me permet de réfléchir objectivement à ce qui me remue / dérange réellement dans la situation, de le partager (parce qu’on n’a pas tous la même échelle de ressenti) et de chercher une solution.
Un enfant, mais aussi pas de mal gens, ont des comportements, des réactions non rationnelles. La cnv me fait juste l'effet d'être une forme anormale de distanciation. Qu'on s'entende, je suis totalement pour la bienveillance. Mais la non violence comme expliquée dans cet article invite à tout légitimer avec des phrases, et franchement, y'a un moment, t'as pas besoin de réfléchir au fait que ton gosse a brûlé le t-shirt que tu viens d'acheter, faut simplement réagir. Gueuler que çà te saoule ne va traumatiser personne à part toi. Alors que si tu te mets à expliquer à quel point çà t'a personnellement martyrisée, ben oué, là, tu peux choquer et paralyser un enfant.

Hurler à Roger « Vas-tu fermer ta gueule » un jour où je ne supporte plus le son de sa voix, c’est pas constructif (même si parfois c’est efficace). Aboyer sur ses autres collègues ou ne pas se concentrer tellement on est en colère, c’est pas terrible non plus. La solution ensuite, ce sera pas forcément que Roger arrive à parler moins fort, mais peut-être qu’il bossera un peu plus de chez lui, qu’il y aura des endroits pour téléphoner, ou au contraire des bureaux « 0 bruit ».
Ben je ne sais pas, mais si je dis à Roger : "Putain, parle moins fort! Tu me saoules, tu me déconcentres, tu agaces tout le monde", c'est peut-être pas constructif de prime abord, mais c'est sincère, direct et surtout çà me demande un effort, un certain courage. Si çà se trouve, Roger va monter sur ses grands chevaux, mais il aura entendu, et s'il veut s'améliorer, la balle est dans son camp. En attendant, je suis l’agresseuse, c'est moi qui ne le supporte pas, et je l'assume. C'est un mode de communication qui ne l'oblige pas à passer pour un absolu connard. Si çà se trouve, Roger est un mec très bien, qui gueule au téléphone parce que çà le rassure de parler fort -ou c'est un authentique timide qui se fait violence, et gueule au téléphone parce que c'est la seule façon pour lui de survivre à la confrontation- ou c'est un arrogant connard qui ne pense qu'à lui- mais çà je ne le sais pas!
Dans cet exemple, c'est moi le problème, vu que c'est moi qui le regarde en râlant, c'est moi qui ne le supporte pas. Il peut se révolter sans passer pour un infâme bourreau si je l'engueule violemment. Si c'est un connard, il va m'ignorer, si c'est un grand timide, il s'en sortira mieux avec une accusation franche qu'avec des insinuations vaseuses sur le fait qu'il est globalement malaisant, et s'il n'y peut rien, ben au moins il aura réalisé que son comportement me nuit et il pourra en tirer la conclusion que je suis une connasse.

Si j'use de CNV, c'est moi la victime absolue de son comportement, et en disant devant témoins "Je suis dérangée par ton comportement, çà m'empêche de travailler, ouin, ouin", je poserais Roger en situation d'être de base le méchant de l'histoire.

La cnv, c'est , à mon avis, peu partagé, le parent pauvre de la pensée autour de la communication. C'est le degré zéro de la réflexion autour d'une communication équilibrée et efficace.

On ferait mieux de parler de bienveillance, plutôt que de non-violence. La bienveillance possède sa propre violence, et c'est très bien comme çà, mais au moins çà pose une vision du monde où l'autre existe autrement que comme bourreau.
 
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