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Congé maternité : préparer le terrain au boulot pour bien partir (et revenir)

Pour de nombreuses femmes enceintes, annoncer sa grossesse au boulot est un moment redouté. Voici quelques conseils pour que tout se passe bien avant le départ et au retour du congé maternité.

Temps de lecture : 5 minutes

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Dans un monde idéal, les pères et les mères partageraient à égalité les responsabilités éducatives, ils et elles s’arrêteraient successivement pour passer du temps avec leur bébé et les entreprises seraient totalement détendues du slip sur le sujet. D’ailleurs, dans ce monde-là, les discriminations liées au genre ne seraient plus qu’un mauvais souvenir. (Laissez-moi rêver)

Dans la réalité, avoir un enfant et partir en congé maternité est encore une source d’inquiétude pour de nombreuses salariées (et indépendantes – mais pour des raisons différentes que j’évoquerai dans un futur article).

“Il y a une réalité statistique – en moyenne, les femmes s’occupent plus des enfants que les hommes – et une présomption de culpabilité de la part des entreprises : elle va avoir un bébé donc elle va être moins disponible”, explique Pauline Chabbert, directrice associée chez le groupe Egaé, une entreprise de conseil et de formation spécialisée sur les questions d’égalité femmes-hommes.

Vous avez prévu d’avoir des enfants dans les trois prochains siècles ?

Résultat des courses : les employeurs mettent la pression aux jeunes femmes dès l’entretien d’embauche. Si toi aussi tu as déjà passé un entretien où on t’a demandé – dans l’illégalité la plus totale- si tu pensais te reproduire prochainement, tu dois voir de quoi je parle…

Et ça continue une fois embauchée, de manière plus ou moins insidieuse. Pensée émue (non) pour une de mes anciennes cheffes qui passait son temps à me dire sur le ton de la blague “c’est pas le moment d’avoir un bébé, Clémence”.

Normal que, dans ces conditions, certaines femmes se posent la question du “bon moment” dans une carrière pour faire un enfant. Spoiler : il n’y en a pas. Ou plutôt : c’est toujours le bon moment (si vous en avez envie).

C’est en tout cas l’avis de Sophie Muffang, executive coach et autrice de Femmes, osons pour réussir. “Ça ne sert à rien de vouloir tout planifier ou anticiper car rien ne se passe comme prévu : on peut mettre du temps à tomber enceinte, ou attendre des années une promotion”.

Une femme avertie en vaut deux

Alors, comment préparer le terrain quand on est enceinte et salariée pour que le départ en congé mat’ (et surtout le retour) se passe bien ?

Premier conseil de Pauline Chabbert : bien s’informer sur ses droits. “Il faut collecter de l’information sur tes droits en tant que femme enceinte dans le code du travail, dans la convention collective de l’entreprise ou auprès des représentants du personnel. C’est ce qui va te permettre de vérifier ensuite si l’entreprise respecte tes droits, car malheureusement c’est loin d’être toujours le cas”.

Rien ne t’oblige légalement à prévenir ton employeur (ou un recruteur) que tu es enceinte, mais plus tu le fais tôt, plus vite tu pourras bénéficier de certains droits (réduction du temps de travail prévue dans certaines conventions collectives, autorisation d’absence pour les examens médicaux, interdiction de licencier une femme enceinte sauf rares exceptions, etc). Tu peux te contenter d’informer ton entreprise à l’oral, mais le mieux pour être tranquille (surtout si tu es en période d’essai), c’est d’envoyer un courrier recommandé aux RH avec accusé de réception.

Ne pas attendre la dernière minute pour annoncer sa grossesse au travail

Reste qu’il vaut mieux ne pas attendre la dernière minute pour prévenir ton ou ta N+1, afin de lui laisser le temps de s’organiser pour te remplacer pendant ton absence. Donner bien en amont ta date de départ et de retour prévu, lui permet d’anticiper. En général, l’usage est de l’annoncer autour des trois mois de grossesse.

Sophie Muffang conseille également de “ne pas annoncer sa grossesse en culpabilisant” mais d’en faire un moment heureux, voire festif. Ce qui n’empêchera pas, hélas, certains collègues de réagir complètement à côté de la plaque, mais hé, ce n’est pas ton problème s’il y a des schtroumpfs grognons dans la boîte.

Festif comme ça par exemple… Et pourquoi pas ?

“Ensuite, je conseille de continuer à montrer sa motivation et son ambition pour l’avenir. Attention à ne pas “partir avant de partir”, même si c’est bien sûr beaucoup plus facile si on a la chance d’avoir une grossesse qui se passe bien”, ajoute la coach.

De quoi ai-je vraiment envie ?

La grossesse est aussi un bon moment pour réfléchir à ce dont on a vraiment envie professionnellement et personnellement. “Il faut redéfinir ses priorités seule et en couple, penser à son investissement professionnel futur, en termes d’horaires, de déplacements, etc”, complète Sophie Muffang.

Pauline Chabbert conseille, elle, de préparer le terrain avant son départ en congé maternité en organisant un rendez-vous avec son ou sa manager et les RH. “C’est l’occasion de faire le point sur là où l’on en est aujourd’hui : niveau de responsabilité, dossiers en cours, etc. Mais aussi de parler de ses ambitions pour la suite”.

Cet entretien (enfin, surtout son compte-rendu écrit), te permettra de faire à nouveau le point quelques semaines après ton retour de congé maternité pour vérifier si tu as toujours le même niveau de responsabilités et de perspectives pour la suite.

Autre conseil : ne pas perdre totalement le contact avec le bureau pendant ton congé maternité. Il ne s’agit pas de travailler (tu es en CONGÉ rappelons-le), mais juste d’envoyer un ou deux mails à tes collègues pour les tenir au courant (et prendre des nouvelles de la vie de l’équipe) ou de passer leur présenter ton bébé (et te renseigner sur de potentielles ouvertures de poste… tu vois l’idée).

Back to business

Une fois rentrée, tu dois retrouver le même poste – ou un poste équivalent – avec le même niveau de rémunération, c’est la loi qui le dit ! Et tu es protégée du licenciement pendant dix semaines.

Au-delà de ces considérations légales, sache qu’il est normal d’avoir besoin d’un peu de temps pour (re)prendre ses marques. N’hésite pas à communiquer avec tes managers sur ta nouvelle organisation et à rendre visible ton travail et tes résultats. Genre : je ne peux plus faire de réunion après 17h30 parce que je dois partir à la crèche, par contre j’arrive désormais à 8h tous les matins.

Encore mieux : tu peux mettre ce point à l’ordre du jour d’une réunion d’équipe. Si ça se trouve, d’autres mères et même des pères seront heureux d’avoir un espace pour exprimer leurs besoins en termes d’organisation.

Vous pourrez notamment en profiter pour parler des possibilités de télétravail, une solution qui permet d’avoir plus de flexibilité pour articuler sa vie perso et pro. Surtout qu’il est maintenant encouragé légalement. Tout·e salarié·e peut le demander à son entreprise et si elle refuse, elle doit justifier sa décision.

Le risque du passage à 4/5ème

Si Pauline Chabbert plébiscite le télétravail, elle est plus sceptique sur le passage à 4/5ème après une naissance. “On perd du salaire mais on a souvent la même charge de travail. Si c’est possible, il vaut mieux privilégier un aménagement des horaires dans la semaine : rester aux 35 heures, mais prendre son mercredi après-midi par exemple, en faisant de plus gros horaires les autres jours de la semaine”.

Enfin, si malgré tout on se sent discriminée à l’issue de son congé maternité, elle conseille d’en parler à son ou sa N+1 et aux RH. “Parfois, ils ne s’en rendent pas compte mais pensent être sympas en vous retirant des dossiers stressants (mais intéressants), par exemple”. Et si tu as l’impression de parler dans le vide, tu peux ensuite te tourner vers les représentants du personnel ou les syndicats pour tenter de régler le problème en interne.

Enfin, si vraiment rien ne bouge, il te reste la solution des Prud’hommes, en te faisant accompagner par le Défenseur des droits par exemple. “Les employeurs savent que s’ils discriminent pour maternité, ils risquent d’avoir de grosses indemnités à verser, ils ont donc plutôt intérêt à chercher une solution à l’amiable”, explique Pauline Chabbert.

Pour aller plus loin :

  • Renseigne-toi sur tes droits en lisant la convention collective dont dépend ton entreprise ou le site service-public (si tu bosses en France).

Tu as d’autres conseils à donner ? Tu as mal (ou bien) vécu ton retour de congé mat’ ? Viens m’en parler dans les commentaires !

 

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Le dernier commentaire

4 Avr 2019, à 13:27
Après presqu’un an à attendre une évolution au poste de directrice adjointe qui n’arrivait pas, avec mon conjoint on a décidé de prendre du temps pour nous et de laisser la vie pro de côté quelques temps. Le projet bébé s’est lancé et c’est bien évidemment à ce moment là que j’ai été convoqué par ma hiérarchie pour signer ma promotion ! Et comme tout s’est enchaîné 3 semaines après ma prise de poste, j’étais enceinte !

J’ai eu un peu la frousse de l’annoncer au travail, j’avais travaillé dur pour ma promotion et j’avais appréhendais un peu la réaction de mes supérieurs (que des hommes et malheureusement les nombreuses réactions clichées que vivent de nombreuses femmes dans notre société) et finalement tout s’est très bien passé ! On s’est posé autour d’un café avec mon directeur pour redéfinir l'organisation durant mon absence, les projets qui allaient m’attendre à mon retour. J’ai pu former mes collègues sereinement à mon remplacement, mon directeur m’a laissée adapter mon planning (la seule règle était les 35h mais sur 4 ou 5 jours, jusqu’a 18 ou jusqu’a 20h... Il m’a laissé faire suivant mon état, mes douleurs...).
Et même pour mon conjoint, quand il a prévenu sa hiérarchie, lui aussi son planning a été adapté durant mon dernier mois de grossesse pour être un maximum de temps à la maison.

J’ai été arrêté un mois et demi avant mon congé maternité, je suis restée joignable en cas de besoin urgent mais ils s’en sortent très bien et je suis confiante sur mon retour, même en revenant pendant la période la plus compliquée au travail et 3 mois avant l’échéance d’un très gros projet !!
 
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