Close

4 conseils que j’aurais aimé donner à la moi d’il y a dix ans

Clémence a réfléchi à ce qu'elle avait appris en dix ans, et à ce qui aurait pu lui être utile, à 18 ans, en démarrant sa vie adulte.

Temps de lecture : 4 minutes

Il y a dix ans, j’avais 18 ans. Je démarrais mes études et je quittais le nid familial pour la première fois. Je venais aussi de me séparer de mon premier vrai copain, et j’avais l’impression d’être la seule à ressentir aussi violemment un chagrin d’amour (oui, bon, je sais maintenant que non…)

Surtout, je me posais plein de questions sur mon avenir et ça générait pas mal d’angoisses existentielles. Dix ans plus tard, j’ai appris deux-trois trucs qui, je pense, auraient pu me rendre la vie plus douce si j’en avais pris conscience à 18 ans. Voici lesquels.

1 – N’aie pas peur de te tromper

Je n’ai jamais aimé faire des choix, puisque choisir cela voulait dire renoncer à quelque chose. Pendant longtemps, j’ai donc été paralysée par la peur de me tromper ou de prendre de mauvaises décisions.

À 18 ans, je pensais qu’une vie réussie était une ligne droite, avec des étapes qui s’enchaînent logiquement et sans heurts. Je paniquais donc de ne pas avoir de projet professionnel bien tracé, et de ne pas savoir vers quoi je me dirigeais. J’aurais aimé comprendre plus vite que la route avait des virages, des embranchements, des impasses et des demi-tours.

J’ai testé des trucs pendant mes études et le début de ma vie professionnelle. Je me suis parfois plantée et je me planterai encore, mais ce n’est pas grave du tout !

Pendant mes années en école de commerce ou certains stages, je me suis souvent demandé ce que je faisais là : je n’arrivais pas à m’imaginer exercer l’un de ces métiers pendant longtemps.

Avec du recul, je sais aujourd’hui que je n’ai pas perdu mon temps pour autant. Chacune de ces expériences m’a appris quelque chose. Même ces deux mois d’été atroces passés dans un open-space de Boulogne-Billancourt à faire des Powerpoint et à comparer les prix dans les supermarchés (oui, j’ai fait un stage dans le marketing de la grande distribution, et c’était clairement une erreur).

On peut longtemps passer à côté de sa vie si on ne tente rien parce qu’on a peur de se planter. Ce qui est important, c’est de se rendre compte qu’on s’est trompé·e, et de ne pas s’enferrer dans des situations qui rendent malheureuse. Et ça, c’est encore un truc sur lequel je bosse à 28 ans.

2 – Sois plus indulgente avec toi-même

C’est vraiment LE conseil que j’aurais aimé avoir à 18 ans, à une époque de ma vie où j’avais l’impression de ne jamais être à la hauteur. Où chaque mauvaise note m’enfonçait pour la journée, où chaque message envoyé à des amis et laissé sans réponse me poussait à l’introspection (qu’est-ce que j’ai fait de mal ?), où chaque bouton me faisait éviter les miroirs.

Je ne me trouvais jamais assez intelligente, jamais assez belle, jamais assez drôle, jamais assez présente pour mes proches. À 18 ans déjà, j’avais l’impression de galérer pour tout mener de front : mes études, mes ami·es, ma famille, mes amours. Je culpabilisais dès que je passais une aprèm à glander ou que je faisais passer mes propres besoins avant ceux des autres.

C’est normal de prendre du temps pour soi. Tu ne peux pas bien faire les choses, si tu ne te sens pas bien.

C’était un poids énorme à trimballer sur les épaules d’une jeune femme. Et je mentirais en déclarant que j’ai complètement réglé le problème. Je me dis encore régulièrement que je pourrais être une meilleure journaliste, une meilleure amoureuse, une meilleure sœur, une meilleure fille et petite-fille, une meilleure amie, une meilleure féministe, une meilleure écolo…

À lire aussi : Tout ce que mes grands-mères m’ont transmis

Aujourd’hui, j’ai compris que ce genre de pensées m’enfoncent plus qu’elles ne me poussent à me dépasser. Mais je dois encore trouver comment sortir de cette logique de culpabilité pour apprécier celle que je suis aujourd’hui.

3 – Apprends à célébrer le moment présent et tes réussites

À 18 ans, j’étais sans cesse dans l’anticipation des bons moments à venir. Je me disais que je serais vraiment heureuse quand je serai en vacances, quand j’aurai terminé mes examens, quand j’aurai mon diplôme, quand j’aurai un salaire, etc. Et une fois que j’y étais, au lieu d’en profiter et de fêter ça dignement, je pensais déjà à l’étape d’après.

À cause de ce mode de fonctionnement, j’ai longtemps eu du mal à profiter de l’instant présent, et à me réjouir des petites victoires du quotidien. Heureusement, mon entourage m’a souvent remis les pendules à l’heure, en me disant : hé, tu peux être fière de toi, savoure ton bonheur maintenant !

Grâce à eux, j’ai commencé à me concentrer sur le présent, au lieu d’être dans la nostalgie du passé ou dans l’anticipation du futur. Je pense aussi que la pratique de l’improvisation théâtrale, à partir de mes 20 ans, m’a pas mal aidée sur ce plan-là. Rien de tel qu’une scène de théâtre pour te confronter à tes émotions et t’aider à être présente à ce qui est en train de se passer ici et maintenant.

Je me demande aussi si le fait d’avoir des enfants un jour m’aidera à encore plus me recentrer sur le présent. Ou si, au contraire, j’aurais sans arrêt la nostalgie de quand ils étaient plus petits, ou hâte de les voir grandir.

4 –  Le bonheur, ça dépend beaucoup de toi

Le dernier conseil que j’aurais aimé donner à la Clémence de 18 ans, est en lien avec le bonheur. J’ai longtemps cru que celui-ci dépendait de facteurs externes. Je me disais que je serais heureuse quand je rencontrerai l’amour de ma vie, quand je décrocherai un super job ou que je ferai un voyage extraordinaire.

J’ai mis du temps à comprendre que ma capacité à être heureuse reposait entre mes mains. Et j’écris ça en ayant bien conscience que je suis dans une situation idéale : je suis en bonne santé mentale et physique, avec un réseau affectif solide, un métier que j’aime et suffisamment d’argent pour vivre. Évidemment, c’est plus dur d’accéder au bonheur quand la vie ou la société te mettent des bâtons dans les roues.

Dans mon cas, comprendre que je pouvais aller chercher mon bonheur, au lieu d’attendre qu’il arrive à moi a été une révélation. Et aussi que le bonheur se nichait parfois dans des petites choses de rien du tout. Un fou rire, un rayon de soleil au creux de l’hiver, une musique qui gonfle mon cœur de joie, un baiser sur la paupière, le bruit du vent dans les feuilles ou de la pluie sur le toit…

Pour aller plus loin :Je te recommande d’aller lire le chouette ouvrage collectif Lettres à l’ado que j’ai été, avec les textes de plusieurs vidéastes, autrices, humoristes, dessinateurs et comédiennes, sous la direction de Jack Parker.

Et toi, quelles sont les leçons que tu as tirées des dix années précédentes ? Qu’est-ce que tu aurais aimé savoir à 18 ans ? Viens en parler dans les commentaires !

Rubrique
Mots-clés

Le dernier commentaire

12 Juin 2019, à 14:24
-Arrête de fumer autant de clopes, dans 10 ans ce sera encore plus dur d'arrêter.
-Regarde qui est au bout de cette grosse bite qui t'a ensorcelée.
-Fais confiance à tes intuitions.
-Ne remet pas à demain la confrontation mère-fille car tu as le droit de penser ce que tu penses.
 
Voir les réactions sur le forum (14 réponses)
Close