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Des utilisatrices du dispositif contraceptif Essure envisagent de porter plainte contre l’État

Essure est un dispositif de contraception définitive qui fait débat. Quatre femmes envisagent de porter plainte contre l'Etat français à cause des effets secondaires graves qu'elles estiment avoir subis.

Temps de lecture : 3 minutes

Pilule, implant, stérilet, anneau vaginal… Si tu as choisi d’adopter une contraception féminine, tu as peut-être eu du mal à trouver celle qui te correspond !

Et si on t’a déjà parlé de la vasectomie, le contraception définitive pour les hommes, on n’a pas encore évoqué sur le magazine les différentes options de contraception définitives pour les femmes.

Il existe deux types de contraception féminine définitive, selon le Planning Familial. Et l’une d’elles est au cœur d’une polémique.

La première, c’est la ligature des trompes. La deuxième, et celle qui fait débat, c’est le dispositif contraceptif Essure, commercialisé par Bayer en France entre 2002 et 2017.

Lundi 10 janvier 2020, quatre Françaises ont annoncé à la presse qu’elles envisageaient de porter plainte contre l’Etat. Elles accusent le dispositif contraceptif Essure d’être toxique, et de leur avoir causé de graves problèmes de santé.

La contraception féminine définitive Essure, comment ça marche ?

La méthode de contraception définitive Essure consiste à placer de micro-implants en forme de spirales dans les trompes de Fallope. Ils sont composés, entre autres, de métaux. Un tissu cicatriciel se forme alors autour des spirales et obstrue les trompes jusqu’à former une barrière qui empêche la fécondation.

Cette méthode de contraception était utilisée par 200.000 femmes en France et 1 million dans le monde en 2017, selon un article du Parisien.

En France, elle concerne plus d’une femme sur 10 après 40 ans selon un rapport de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) de 2017. Selon le même rapport, la méthode Essure avait pris une place dominante par rapport à la méthode par ligature depuis 2009.

Contraception féminine définitive Essure : pourquoi des femmes veulent porter plainte contre l’Etat ?

Quatre femmes ont demandé une indemnisation à l’État pour les pathologies qu’elles ont développées, selon elles, à cause du dispositif contraceptif Essure. Autrement, elles porteront plainte contre l’État d’ici deux mois pour « manquement à l’exercice de sa mission de police sanitaire ».

Françoise Vanmuysen est l’une d’entre elles. Interviewée par France Info, elle raconte avoir vécu un enfer pendant 8 ans.

« C’est très insidieux, ça évolue un petit peu comme un poison à bas bruit. »

L’ancienne chirurgienne de 50 ans ne peut plus exercer à cause de douleurs « qui ne sont pas expliquées et qui s’aggravent ». Elle décrit aussi des céphalées et une diminution de ses capacités cognitives et physiques.

Le docteur Michel Vincent, du laboratoire indépendant Minipath, a réalisé des analyses qui pourraient expliquer les problèmes de santé de Françoise.

Le docteur a identifié des particules toxiques dans le corps de Françoise, dues selon lui à un défaut de soudure du dispositif contraceptif. À cause d’une érosion du micro-implant, des particules d’étain se seraient propagées jusque dans le tissu de la trompe utérine.

Essure, une contraception féminine définitive qui fait débat depuis plusieurs années

Ce n’est pas la première fois que le dispositif Essure se retrouve dans la tourmente.

Une enquête américaine publiée en 2015 dans le British Medical journal avait semé le doute. Les chercheurs avaient cherché à comparer les deux méthodes de contraception définitive existantes : la ligature des trompes et le dispositif Essure.

Ils en avaient conclu que les femmes ayant choisi la méthode Essure étaient dix fois plus à risque de complications conduisant à une réintervention un an après.

Selon Le Parisien, de nombreuses femmes ont par le passé signalé des effets indésirables graves. Parmi eux, des saignements, des douleurs, de fortes fatigues, des réactions allergiques, des dépressions…

En septembre 2017, Bayer a annoncé arrêter la commercialisation du dispositif de contraception définitive « dans tous les pays sauf aux Etats-Unis », toujours selon Le Parisien. Une décision qui « n’est pas liée à un problème de sécurité ou de qualité du produit », précisait toutefois le groupe.

Enfin, en avril 2019, une trentaine de victimes ont déposé plainte contre X pour « blessures involontaires ».

Le dernier rapport de l’ANSM concernant Essure et datant de 2017, a quant à lui considéré que « de nouvelles conditions en termes de réglementation n’étaient pas nécessaires au regard des connaissances scientifiques actuelles ». Selon le rapport, la balance bénéfice-risque du dispositif reste favorable.

Et toi, quel moyen de contraception utilises-tu ? As-tu déjà envisagé une contraception définitive, que ce soit maintenant ou pour plus tard ? Viens m’en parler en commentaire !

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Le dernier commentaire

12 Fev 2020, à 14:12
Je comprends pas trop pourquoi elles veulent attaquer l'Etat en justice pour un problème qui vient soit du labo (dysfonctionnements du dispositif) soit des médecins qui leur ont posé les implants (défaut d'information). Qu'est-ce que l'état vient faire dans l'histoire ?

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Je pense que c est parce que c est l'ANSM ( Agence Nationale de Sécurité du Médicament) qui autorise tout produit médicamenteux a être mis sur le marché.
Et c'est un établissement public placé sous l'égide du ministère de la santé.
 
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