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C’est la rentrée. On fait quoi en cas de Covid-19 à l’école ?

Mardi 1er septembre est officiellement le jour du retour à l'école des enfants en France, en pleine crise sanitaire. Dans ce contexte particulier, qu'est-ce qui se passe si un enfant présente des symptômes en classe ? Quel est le protocole à suivre ?

Temps de lecture : 3 minutes

Drôle d’époque. Pour les parents qui sont concernés par cette rentrée des classes très particulière, les inquiétudes sont légitimes. Les contours des mesures sanitaires se dévoilent et s’affinent petit à petit, en fonction de l’évolution de la pandémie qui ne fait que s’accroître sur le territoire, jours après jours.

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Mais concrètement, qu’est ce qui se passe si un cas de Covid-19 est déclaré dans une classe ? Est-ce qu’un enfant qui présente des symptômes doit être systématiquement testé médicalement ? Doit-on évincer un enfant qui a le nez qui coule et de la fièvre de sa salle de classe ? Et pour les parents dont l’enfant se retrouve isolé à la maison, qu’est ce qui est prévu ?

Diagnostiquer les enfants au plus vite

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, avait déclaré lors de sa conférence de presse du 26 août :

Notre objectif est d’être capables de réagir dans les 48 heures à chaque fois que des symptômes sont signalés.

Ce qui est demandé en priorité par le gouvernement, c’est que les parents soient particulièrement vigilants sur l’état de santé de leur enfant avant de le confier à l’école. Les consignes sont claires sur ce point. Avant de le déposer à l’école, la température corporelle devra être prise, et si cette dernière est élevée même faiblement (38°C ou plus), l’enfant devra rester à la maison et les parents devront s’en remettre à l’avis du médecin traitant.

Si l’élève présente des symptômes dans l’établissement scolaire, il sera placé à l’isolement sous la surveillance d’un adulte en attentant que ses parents viennent le chercher. Il ne pourra retrouver sa classe qu’après avoir été diagnostiqué (et testé si nécessaire), ou bien placé à l’isolement pendant 14 jours en cas d’absence de diagnostic.

Si un cas de Covid-19 est signalé, qu’est-ce qui se passe ?

Si un enfant présentant des symptômes a été testé et que les résultats sont positifs, l’établissement scolaire qui l’a accueilli les dernières 48 heures doit être désinfecté, tout particulièrement dans les lieux où l’enfant a séjourné. Ensuite, le directeur ou la directrice de l’école doit prévenir les autorités académiques et l’ARS (l’Agence régionale de santé).

Une enquête épidémiologique est lancée, afin d’établir au plus vite la liste des sujets contacts. Concrètement, ça veut dire que toutes les personnes – élèves et adultes – ayant été en contact avec l’enfant malade doivent être en isolement également, si le degré de proximité qu’ils ont pu avoir avec le patient est probant.

Par degré de proximité, sont concernés tous les élèves de la classe de l’enfant positif au Covid, ses professeurs, etc. Les enfants qui ont été simplement croisés dans les couloirs, lors d’un changement de classe par exemple, ne sont pas considérés comme étant des « cas contact ».

Une fois que cette liste de potentiels sujets qui pourraient être contaminés est établie, elle est transmise à l’Assurance maladie qui sera chargée de contacter toutes les personnes concernées pour leur indiquer la marche à suivre, à savoir se mettre en isolement ou réaliser un test de dépistage.

Les parents devront toujours être tenus au courant de la présence d’un cas de Covid-19 dans l’établissement de leur enfant.

Pour les parents qui travaillent, comment ça se passe en cas d’isolement ?

Si un cas de coronavirus est détecté dans la classe de votre enfant, vous devez donc placer toute votre famille à l’isolement, le temps d’effectuer un test prouvant que vous n’êtes pas contaminés. Si vous ne souhaitez pas faire de test, vous devez vous isoler 14 jours minimum.

Mais côté boulot, comment ça se passe ?

C’est compliqué. Aucun dispositif d’aide à la garde d’enfant n’est mis en place actuellement. Le dispositif de chômage partiel qui avait été mis en place le 1er mai, si le télétravail n’était pas possible, n’est plus actif, et il n’est plus possible également d’obtenir un arrêt maladie dérogatoire comme c’était le cas au début du confinement.

Selon le JDD, l’Etat réfléchirait à des moyens moins coûteux qui permettraient aux parents salariés de garder leurs enfants en cas de demande d’isolement, mais pour le moment rien n’est établi.

Les parents sont encouragés à prendre des RTT ou des congés payés pour garder leurs enfants ou à se débrouiller par leurs propres moyens, le tout en évitant de demander de l’aide aux grands-parents, population la plus à risque dans cette pandémie.

Le gouvernement précise que les mesures d’isolement, de fermetures de classes ou d’écoles se feront au cas par cas, en fonction de la géolocalité des établissements –s’ils sont placés dans une zone où le virus circule activement comme l’Ile-de-France ou les Bouches-du-Rhône.

Pour le moment, on ne sait pas combien de cas de Covid-19 justifieraient ces fermetures. Jean-Michel Blanquer avait déclaré au Parisien :

S’il y a une reprise très active, nous déclencherons d’autres mesures que nous avons préparées mais que nous ne diffusons pas […] pour ne pas créer de confusion.

Il n’y a plus qu’à attendre et voir l’évolution de la situation sanitaire en France, et à nous adapter à un quotidien qui, même s’il est profondément bouleversé, risque de durer encore un certain temps.

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Le dernier commentaire

8 Sept 2020, à 17:43
Moi ce qui me fait rire avec ces trucs-là c'est la notion de cas contact, dans le cas des lycéens. Grâce à la glorieuse réforme du lycée, dans la plupart des établissements, la notion de classe n'a plus grand sens : une gamine de 1ère générale, appelons-la Kenza, est avec tels camarades (34 élèves probablement) en tronc commun, plein d'autres (là aussi une bonne 30aine, issus dans certains cas de 4 ou 5 classes différentes) dans sa spécialité n°1, plein d'autres (idem) dans sa spé 2, plein d'autres (ibidem) dans sa spé 3, sans compter ses groupe de langues qui sont sans doute différents, et avec un peu de chance elle fait une option genre latin où elle croise encore d'autres potes (mais là admettons que c'est en petit comité, ils ne sont que 25 :lol:).
Imaginez que la pauvrette chope le covid. Vous imaginez le nombre de "cas contacts" ?

Sachant qu'en plus...
Son camarade Antoine est en tronc commun avec elle, mais il n'a qu'une spé en commun avec elle (mettons la SES).. Il est contaminé par elle. Ben le jeune Antoine va potentiellement colporter le virus à ses copains des autres spés (maths et histoire géo par exemple), qui eux-mêmes peuvent le filer à leurs potes de tronc commun, de spés, etc.
Et ça marche pour tous les autres cas contacts de Kenza.

Si ça peut aider à comprendre pourquoi les profs de lycée sont pas très optimistes sur cette rentrée...
 
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