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6 astuces pour changer de métier

Tu ne trouves plus de sens dans ton travail quotidien et tu envisages de changer d'environnement professionnel ? Marie te donne quelques pistes pour entamer ta réflexion sans trop te mettre la pression.

Temps de lecture : 8 minutes

Article publié initialement en mai 2020

Cet article commence comme bon nombre de ceux que nous lisons en ce moment et inéluctablement le marronnier s’installe : alors que la crise du covid-19 frappe toutes les couches de la population, nous sommes nombreuses à réinterroger le sens de notre travail quotidien.

Autour de moi, ces chamboulements amènent certaines de mes proches à envisager des changements de vie professionnelle : se reconvertir, se consacrer à un projet longtemps mûri mais jamais poursuivi, retrouver un poste à la campagne plutôt qu’en ville… Si ces envies et ces questionnements sont parfaitement légitimes en cette période où les repères sont éclatés, il n’est pas forcément évident de se raccrocher à des éléments concrets pour à approfondir sa réflexion.

Peut-être n’as-tu même pas le luxe de tergiverser car ton poste est mis en péril par la crise.

Comment mener une introspection efficace ? Où trouver de l’aide pour être accompagnée et obtenir des réponses ? Dans quelle temporalité envisager ces changements ? Voici quelques pistes pour avancer (à peu près) sereinement dans ton cheminement professionnel en cette période très particulière. Attention, cet article vient te donner des idées pour nourrir le début de tes réflexions. La recherche d’emploi est un long chemin spirituel qui passe par de nombreuses autres stades !

Ne prends pas de décision précipitée

La première étape de ton introspection peut te demander simplement une petite heure, que tu feras fructifier dans un coin de ta tête par la suite. Pose-toi avec une feuille blanche et lance-toi dans un brainstorming créatif sans te mettre de limite « réaliste ».

Écris ce que tu aimes ou pas dans ton poste actuel et ce que tu recherches dans la suite de ton parcours. Note les noms des métiers, mots-clés, entreprises ou organisations ou des personnes qui te viennent en tête. Fais le tour des critères qui, selon toi, rendraient tes journées épanouissantes. As-tu envie d’être ta propre patronne ou préfères-tu être guidée ? Veux-tu encadrer une équipe ? Quel salaire vises-tu ? Où souhaites-tu travailler ? Auprès de quel public ? Même si tes réponses semblent larges ou contradictoires, elles nourriront la suite de ta méthode.

Ensuite, évalue les risques immédiats. Un changement de poste s’opère rarement du jour au lendemain. En cas de démission de ton poste par exemple, tu devras sans doute assumer un préavis de trois mois auprès de ton employeur, tu n’auras pas forcément droit à une indemnité chômage et il faut pouvoir anticiper un éventuel temps de formation si tu envisages une reconversion. Mais sauter le pas te permettra très possiblement de te sentir mieux dans ta vie quotidienne !

Pour commencer sur des bases réalistes, tu peux vérifier l’état de ton Compte personnel Formation (CPF) car tu auras sans doute des droits que tu pourras allouer à ton futur projet professionnel. Ton CPF est automatiquement calculé depuis 2015 (et la transformation des Droits individuels à la Formation) en fonction de ton temps travaillé. Par exemple, depuis que j’ai commencé à travailler en 2012, j’ai cotisé pour 2000€ de droits, ce qui pourrait me permettre de suivre une formation de plusieurs dizaines d’heures dans un organisme agréé. La plateforme Mon compte formation te permet ainsi d’évaluer la faisabilité d’une reconversion dans un domaine qui attise ta curiosité.

Trouve-toi des botteurs de cul

Ce qui a fait la différence dans mes périodes de découragement, c’était de pouvoir m’appuyer sur deux ou trois personnes de confiance qui n’avaient pas peur de me dire les choses en face et avec qui je pouvais parler régulièrement de mes avancées ou blocages. Un conseiller en recherche d’emploi ne pourra pas forcément te secouer aussi efficacement que lorsque ta meilleure pote te donnera un coup de pied au cul pour que tu avances.

Parler de ton introspection autour de toi t’apportera plusieurs avantages :

  • cela te débloquera des opportunités et des contacts auxquels tu n’avais peut-être pas pensé et à qui tu pourrais passer un coup de fil pour échanger sur tes questionnements
  • tu découvriras sans doute que d’autres personnes cherchent en même temps que toi et vous pourrez créer un groupe de discussion pour vous stimuler
  • alors que l’introspection peut t’amener à douter de tes compétences, échanger avec des personnes qui te veulent du bien donnera de la perspective à ce que tu vaux personnellement et sur le marché du travail

Si tu as besoin de deadlines pour être productive dans ta recherche, fixer des rendez-vous avec les gens qui t’accompagnent dans ta recherche peut être stimulant. Pourquoi ne pas envoyer tous les dimanches un récap de ta recherche de la semaine à ta meilleure pote ou caler un rendez-vous téléphonique régulier avec un conseiller de l’APEC ? Fais les choses à ton rythme, mais avec un agenda, tu seras moins confrontée à l’impression de stagner.

Sois indulgente avec toi-même

Parce que mon métier de cheffe de projet ne peut pas vraiment être mis dans une case, j’ai été confrontée à plusieurs reprises dans ma carrière à des questionnements sur mon « après ». Ces périodes sont parfois assez difficiles à traverser car la recherche d’un emploi dans certains secteurs en tension est fastidieuse, frustrante et décourageante. Qui n’a jamais été démotivée à l’idée de devoir personnaliser pour chaque offre son CV et sa lettre de motivation ? Combien seront envoyés sans qu’un simple accusé de réception ne te parvienne ? Le mood dans lequel tu débuteras ta recherche est un facteur à prendre en compte.

Avant de te lancer dans quoi que ce soit, si tu le peux, prends du temps pour toi. Il est complètement normal que tu n’y vois pas clair si tes journées s’enchainent sans que tu aies des instants de répit. Entre ton boulot, tes obligations personnelles et la pression à rester productive et les éventuels moments de détente pour décompresser, quel temps te reste-t-il pour te plonger en toi ?

L’introspection et le développement personnel sont un privilège que tout le monde n’a pas en période de crise. Si tu es en proie à des galères financières ou à des soucis de santé, ton temps de cerveau est nécessairement moins disponible pour réfléchir à ton avenir et à ta carrière. C’est pourtant une stratégie recommandée si tu ne veux pas te retrouver à rechercher une autre opportunité au bout de trois mois… Voilà pourquoi structurer ta méthode pourra te soulager et te guider.

Le moment pour un bilan de compétences ?

Tu as partagé tes questionnements à tes proches et ceux-ci n’ont qu’un mot à la bouche, le « bilan de compétences » ? C’est effectivement une solution que beaucoup de personnes choisissent pour entamer un changement professionnel.

Le bilan de compétences est un dispositif mené avec un cabinet pendant plusieurs semaines pour analyser ses compétences professionnelles et personnelles, mais aussi ses motivations et leur alignement avec un poste ou une formation en cours.

L’accompagnement par un ou une consultante lors d’un bilan de compétences est payant (entre 1500 et 2500€ en moyenne) mais il peut être pris en charge par l’entreprise dans laquelle la personne est salariée ou via les crédits obtenus dans son Compte Personnel de Formation (CPF), cumulé au fil des années travaillés. À titre d’exemple, une personne salariée pendant 7 ans aura cumulé environ 2500€ de crédit de formation.

Le choix du cabinet pour effectuer le bilan de compétences n’est pas anodin, il est conseillé de prendre garde à plusieurs points pour s’assurer une vraie qualité d’accompagnement :

  • le bilan de compétences doit contenir au maximum 24h de formation étalées sur plusieurs mois (3 en moyenne)
  • il doit être composé d’étapes essentielles pour entamer un changement (ou une confirmation) professionnelle : une phase préliminaire permettant d’évaluer les besoins et les objectifs de la personne, une phase d’investigation pour construire son projet professionnel et une phase de conclusion qui entraine un passage à l’action
  • le ou la consultante doit être choisie personnellement : le bilan de compétences est un travail introspectif qui peut remuer des histoires professionnelles et personnelles, on conseille donc de vérifier les affinités avec la personne qui l’accompagnera, comme avec un ou une psy
  • si le bilan de compétences est mené en dehors de la structure qui salarie, il est recommandé de demander un pré-entretien avec 3 cabinets pour choisir celui dont l’accompagnement est le plus adapté

L’avantage du bilan de compétences repose sur son caractère « clé en mains » : à la fin du bilan, les personnes accompagnées y voient en général bien plus clair sur leurs suites professionnelles.

Des ressources pour avancer dans ta réflexion

Bien, maintenant que les bases sont posées, tu vas pouvoir commencer à affiner ton projet et s’il peut prendre plein de directions différentes, voici des idées pour les deux principales : pour un changement de poste ou pour lancer un projet.

Tu envisages un changement de poste ou une reconversion

Pas évident de savoir par où commencer face à la propension d’offres d’emploi et aux spécificités de chacun des domaines. Une boulangère ne cherche pas un emploi comme un chargé de communication et tout le monde ne peut pas s’improviser conseiller Pôle Emploi ! Avant de ressortir ton vieux CV sans savoir par quel bout le prendre, sache que tu peux te faire aider dès cette étape. 

Ton premier réflexe sera peut-être de te diriger vers Pôle Emploi pour obtenir des réponses à tes questions. Mais l’agence (qui croule souvent sous les demandes et peine à accompagner certains profils), n’est pas la seule option gratuite à ta disposition pour t’accompagner.

Avant de quitter mon boulot précédent de responsable de la communication chez Animafac, une connaissance m’avait recommandée de consulter l’APEC (l’Association pour l’Emploi des Cadres), qui est spécialisée dans l’accompagnement vers l’emploi des cadres et qui est une ressource précieuse pour les jeunes diplômés que Pôle Emploi a bien du mal à orienter.

Les services et conseils de l’APEC sont gratuits : les cadres y cotisent tous les mois automatiquement. Si tu doutes d’avoir droit à cet accompagnement, je te rassure : on ne m’a jamais demandée de justifier que j’ai le statut de cadre. Les emplois référencés sur la plateforme démontrent bien que le « statut de cadre » dépasse aujourd’hui bien les limites des contrats que nous signons.

Je te recommande très chaudement de jeter un œil aux services de l’APEC et à faire appel à leur expertise sur le marché de l’emploi car les conseillers savent s’adapter à une grande variété de situations. Ils peuvent te filer des conseils pour :

  • optimiser tes candidatures
  • être accompagnée dans tes recherches d’emploi
  • faire le point et changer de voie

Dans beaucoup de secteurs, il existe aujourd’hui des programmes de reconversion ou de retour vers l’emploi qui peuvent être financés par des droits à la formation.

Pour ne prendre que deux domaines, le secteur numérique est en ce moment particulièrement attractif et manque cruellement de femmes, aussi de multiples structures nous aident à y pénétrer plus aisément. Social Builder entretient par exemple un programme de formation de 5 jours sans condition de diplôme ni de connaissances de base. Dans une autre vibe, une de mes amies vient tout juste d’intégrer un programme de reconversion pour devenir prof en collège : Le choix de l’école. 

Google est donc ton ami ! À partir des mots-clés que tu as noté lors de ton brainstorming avec toi-même, tu peux rechercher des programmes qui te feraient entrer en douceur dans l’univers professionnel qui t’intéresse.

Tu aimerais lancer ton propre projet

Depuis quelques années, les incubateurs de projets fleurissent sur tout le territoire. Certaines de ces structures qui accompagnent les entrepreneurs sont parfois spécialisées dans un type de projets : projet d’intérêt général, service commercial, numérique, initiative environnementale, portée par une ou des femmes, etc.

Ces organisations proposent souvent des programmes d’incubation assez complets, qui vont du bootcamp en mode « brainsto » pour affiner son projet à l’accompagnement personnalisé plus poussé (bureau, aide sur la levée de fonds, mécénat de compétences, carnet de contacts…).

Si tu n’en es qu’au début de ta réflexion, pourquoi ne pas mettre à l’épreuve ton idée en suivant un bootcamp créatif, comme celui de Gold Up ou de Voxe, qui s’adressent spécifiquement aux femmes ? Ces programmes sont souvent payants mais ils sont particulièrement pertinents pour entretenir ta motivation, te guider dans ta réflexion et te rassurer en confrontant ton cheminement à celui d’autres personnes en pleine introspection.

À lire aussi : Ce qu’il faut savoir avant de se lancer en tant qu’auto-entrepreneuse 

N’attends pas le « bon moment » pour changer de vie professionnelle

La crise, le confinement et les incertitudes liées à l’avenir rebattent les cartes pour beaucoup de professionnels. Ce qui est rassurant, c’est que tu es loin d’être la seule à t’interroger sur le sens de ton travail et à entamer cette démarche de changement ! Mais tu es peut-être retenue par l’idée que ce n’est pas la bonne période pour changer de boulot ?

Il me semble que comme lorsque nous hésitons à entamer certaines discussions difficiles, il n’y a pas de bon moment. Il est probable que la crise amène avec elle son lot de licenciements et de fermetures d’entreprises, c’est donc peut-être la meilleure période pour réfléchir et construire ton « après ».

À lire aussi : Comment faire le deuil du monde d’avant ?

Malgré les difficultés que va connaitre notre économie, beaucoup d’entreprises continuent à recruter et de nombreuses ressources existent si tu envisages de lancer ton propre projet. Les prises de contact préliminaires ne te coûteront rien, si ce n’est du temps et de l’énergie et elles te permettront, au long terme, d’y voir plus clair sur ta situation.

Maintenant, c’est à toi, dis-moi tout : envisages-tu de quitter ton emploi ? Quelles sont tes envies ? Parlons-en dans les commentaires !

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Le dernier commentaire

13 Sept 2020, à 10:06
Pour ma part, j'ai eu un cancer et donc mon métier de base (serveur) n'est plus faisable car je n'ai plus suffisamment la forme. J'ai eu de la chance car j'ai sollicité Pôle emploi pour être suivi en insistant bien que je me sentais perdu. J'ai eu 3 rendez vous avant le confinement.

Le premier c'est une liste de métier où on peut trouver du boulot facilement (truc prioritaire pour moi, j'ai pas envie de galérer 1 an pour un boulot de rêve, je considère le travail comme un moyen de m'épanouir à côté)
Le second pour faire une Mise en Situation en Milieu Professionnel et pour parfaire mon CV avec des termes technico RH que je mets en pièce jointe qui regroupe parfois plusieurs skill humains ou technique en un seul mot
Le 3ème téléphonique avec une MAJ de mon CV/lettre de motivation et quelques conseils pour me former dedans

Malheureusement, je n'ai pas pu trop chercher car en plus du confinement, j'ai eu une récidive. Comme je savais pas combien de temps ça dure (première fois ils m'ont annoncé 6 mois, j'en ai eu pour 11) Donc là on est en début septembre pour faire une formation en alternance, recherche d'entreprise... c'est un peu mort.
Je mets sur le côté et je me remets à chercher en avril pour rentrer de septembre.

Je pense, au delà du METIER DE REVE, il faut souvent se concentrer sur les quelques éléments important pour soit pour ne pas être trop décalé par rapport à ces aspirations personnelles. Je suis serveur, j'aime surtout le contact client mais maintenant je ne peux pas rester 2H debout en continue. Ben j'ai vu que les opticiens étaient demandé, c'est là que j'ai fais mon stage. Il y a du relationnel client, un peu de bricolage et du papier administratif, mais l'essentiel c'est du relationnel client. Bon ben BINGO pour moi et ça accepte mes contraintes physiques, pas besoin d'un poste "adapté"
 
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