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Une 1ère grossesse en plein confinement : une expérience en demi-teinte

Justine est enceinte de 3 mois et elle trouve quelques avantages au confinement, même si d'autres conséquences sont plus gênantes.

Temps de lecture : 5 minutes

Au début, je me suis plutôt réjouie de rester bien au chaud chez moi : quelle belle occasion de prendre du repos à la maison pour couver tranquillement !

Je ne vais pas te mentir, je vis plutôt bien ma grossesse et j’ai vécu un premier trimestre relativement tranquille : quelques nausées, une grosse fatigue, mais rien d’insurmontable

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Malgré tout, je voyais le télétravail comme l’occasion de faire une pause, le moyen de ne plus courir partout à longueur de semaine (je travaille dans le médico-social, avec des enfants et des ados qui demandent beaucoup de disponibilité, et je passe beaucoup de temps en voiture).

J’allais pouvoir me reposer quelques jours et reprendre le travail au top de ma forme pour tenir le coup jusqu’à mon congé mat’ !

Le confinement, une pause bienvenue pendant la grossesse

Et j’avais raison ! Du moins… en partie. Le confinement me permet effectivement de me reposer (ne pas mettre de réveil, quel pied !) mais passer toute la journée devant l’ordinateur me donne mal à la tête et a tendance à favoriser les nausées.

Autre problème : travailler en face de son frigo incite franchement à grignoter (quel vicieux ce frigo !). Moi qui ai faim toutes les deux heures, je me retrouve à terminer le risotto de la veille à 10h30 du matin…

Disons-le franchement, la grossesse, c’est une belle excuse pour manger ce qu’on veut à l’heure qu’on veut sans trop culpabiliser !

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Une première échographie en solo pendant le confinement

Et puis, première semaine de confinement, premier coup dur : j’apprends que l’échographie du premier trimestre est bien maintenue mais que mon amoureux n’aura pas le droit de m’accompagner.

D’accord, c’est pas la fin du monde, mais qui n’a pas rêvé de ce moment tant idéalisé dans les films ? Un couple transi, main dans la main, ému à la découverte de la silhouette du petit être qui, une fois né, les empêchera de dormir pendant de longues semaines.

À la place, je me suis retrouvée en tête à tête avec ma gynéco, dont je ne voyais que les yeux du fait de sa tenue de cosmonaute anti-coronavirus.

Elle semblait vraiment désolée de devoir mettre le papa de côté et a évoqué mon conjoint à de nombreuses reprises ce qui, d’une certaine manière, a aidé à le rendre présent. Elle a également pris 142 clichés différents du bébé à son attention.

Vers la fin du rendez-vous, elle m’a quand même complètement prise au dépourvu : « Est-ce que vous voulez savoir mon pressentiment pour le sexe? » HEIN DEJA ! Je n’étais absolument pas préparée à ce que ce soit possible de savoir aussi tôt !

Mon amoureux et moi nous savons depuis bien longtemps que nous voulons connaître le sexe du bébé, mais me retrouver seule face à cette question m’a fait complètement paniquer !

Alors j’ai dit non et je ne le regrette pas car je préfère que la gynécologue soit sûre de ce qu’elle annonce, et surtout je trouve hyper important que le futur papa le découvre en même temps que moi.

Vivre sa grossesse pendant le confinement

Les jours passant, le repos aidant (et le risotto aussi !), mon ventre s’est rapidement arrondi. Aujourd’hui, je ne rentre plus dans aucun de mes pantalons et mes soutiens-gorges sont devenus très inconfortables.

Dans ma vie d’avant, je serais allée essayer des brassières de grossesse à Kiabi et j’aurais acheté quelques vêtements sur Vinted, mais le confinement fait que je vais devoir attendre un peu.

De nombreux magasins laissent la possibilité de commander ce type de produit sur internet, mais commander des soutiens-gorges sans les essayer me paraît une tâche acrobatique. Et pour ce qui est des vêtements, quitte à les tâcher avec des montées de lait et du vomi de bébé, je préfère autant que ce soit de la seconde main.

Alors en attendant, je me balade en survêt et slip chez moi, en essayant de ne pas oublier de bien rester assise quand je suis en visio-réunion avec mes collègues !

L’annonce de la grossesse pendant le confinement

Mais le plus pénible pour moi dans ce confinement, c’est surtout de ne pas voir les membres de ma famille, car la quasi totalité de mes proches ne sait rien de ma grossesse, mes parents compris !

J’avais fantasmé un grand repas de famille, où il ne manquerait personne et où j’aurais été au centre de toutes les attentions au moment d’annoncer, la larme à l’œil, que cette tablée allait encore s’agrandir.

Ma cousine aurait hurlé/pleuré/rigolé, la grand mère, émue, serait restée bouchée-bée, ma mère aurait eu tout le loisir de dire qu’elle « le savait bien, que tu serais la prochaine » !

Nous avions coordonné tous les agendas, en fonction des stages, des astreintes des infirmières, des épreuves de bac blanc, des voyages d’affaires… Tout était parfait ! Mais tu t’en doutes, ce merveilleux repas a été annulé. Et rien ne permet aujourd’hui d’en projeter un nouveau.

La visioconférence comme faire-part de grossesse

Au bout de quelques jours, mon amoureux a décidé de l’annoncer à sa famille via une conversation visio de groupe. Même si c’était très chouette et que nous sommes ravis de l’avoir fait, je ne sais pas encore ce que je vais faire de mon côté.

C’est important pour moi de pouvoir partager ce moment avec ma famille en direct et de vive-voix, alors je crois que je vais attendre encore un peu.

Le confinement terminé, je descendrai de la voiture avec un ventre énorme en lançant « Eh papa, tu es grand-père dans 2 mois » !

Non je blague, je n’attendrai pas jusque-là non plus, alors je croise les doigts pour que je puisse revoir ma famille rapidement. Et si ça dure… et bien j’aviserai !

Le retour au travail à la fin du confinement

Ma grande interrogation pour l’avenir, c’est le potentiel retour au travail. Mon job fait que je me déplace dans de nombreux établissements scolaires et parfois même à domicile.

En une journée, je croise la route de nombreuses personnes, et même s’il n’y a aujourd’hui aucune preuve avérée concernant de possibles risques pour le foetus, je doute que ma gynécologue me laisse m’exposer autant.

Je dois avouer que cela m’arrange de la laisser prendre cette décision, ça me permet de ne pas trop culpabiliser de ne pas retourner travailler. Car aujourd’hui, ma conscience professionnelle est encore plus forte que mes inquiétudes de future maman. Et ça aussi, ça me fait culpabiliser !

Une grossesse sereine malgré quelques inquiétudes

C’est étrange, mais je ne suis pas inquiète de l’impact de la pandémie sur ma santé et sur celle du futur bébé.

Bien évidemment, je suis prudente autant que possible, et je mesure bien la gravité de tout ce bazar, pour autant je me sens plutôt sereine.

C’est peut-être l’effet campagne… Ou alors, comme dirait ma tante, c’est peut-être parce que « quand on est enceinte, on se sent invincible ». Ou simplement parce que je suis de nature plutôt optimiste.

Il y a pourtant bien une chose qui m’inquiète, c’est d’imaginer les mamans qui doivent accoucher seules. Quelle angoisse! Une échographie seule c’est déjà quelque chose, alors un accouchement…

D’ici à ce que mon terme arrive, j’ose espérer que ce ne sera pas mon cas. Non, ça n’arrivera pas, j’ai le temps, ça ne m’arrivera pas (ceci était une tentative d’auto-persuasion).

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Le dernier commentaire

11 Mai 2020, à 12:05
Idem ici, bon, j'avoue que très égoïstement je bénis le fait de pouvoir vivre avec passion mon état de larve nauséeuse et avoir le loisir de vomir dans la jolie bassine que mon amoureux m'a nettoyée pour l'occasion - entre deux vidéoconf pro.

Grossesse découverte une semaine après le début du confinement ici, on a fait le choix de l'annoncer en visio de notre coté avec quelques ratés des fois.

D'autres futures mamans sont à des stades plus avancés de leur grossesse et vivent cependant très mal de ne pas pouvoir la "vivre" socialement et normalement. C'est vrai que pour le moment, c'est assez confortable (toujours égoïstement) de mon coté, mais je crois les doigts pour qu'on puisse retrouver une vie un peu plus normale le plus vite possible (j'ai raisonnablement peu d'espoirs, vivant à Paris intramuros...).
 
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