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Déconfinement le 11 mai : ce qu’Édouard Philippe a annoncé

Manon a regardé le discours d'Édouard Philippe. Elle te fait un petit décryptage de ce qui a été dit.

Temps de lecture : 7 minutes

Le premier ministre Édouard Philippe vient tout juste de terminer son discours sur le déconfinement à l’Assemblée nationale.

Lors de son allocution, il a abordé notamment le sujet des masques, de la possible deuxième vague de contamination qui pourrait arriver, de l’économie du pays en cette période de long confinement, mais aussi de ce qui allait pouvoir se faire après le 11 mai, notamment pour les enfants.

Déconfinement : un retour à l’école pour certains enfants à partir du 11 mai

Le premier ministre vient de l’affirmer :

Nous proposons une réouverture progressive des maternelles et de l’école élémentaire à compter du 11 mai, partout sur le territoire et sur la base du volontariat.

Dans un deuxième temps, à compter du 18 mai, mais seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible, nous pourrons envisager d’ouvrir les collèges en commençant par les classes de 6e et de 5e.

Nous déciderons fin mai si nous pouvons réouvrir les lycées, en commençant par les lycées professionnels début juin.

Concernant le port du masque pour les enfants, il explique :

Le port du masque est prohibé pour les enfants en maternelle. Il n’est pas recommandé, compte tenu des risques de mauvais usage, à l’école élémentaire, mais l’éducation nationale mettra des masques pédiatriques à disposition des directeurs d’école pour les cas particuliers, par exemple si un enfant présentait au cours d’une journée des symptômes, le temps que ses parents viennent le récupérer.

Enfin, nous fournirons des masques aux collégiens qui peuvent en porter et qui n’auraient pas réussi à s’en procurer, le port du masque pour les collégiens étant obligatoire. (…) Bien sûr, bien sûr, il n’y aura pas de port du masque pour les enfants de moins de 3 ans.

Édouard Philippe affirme, concernant les professionnels de l’éducation :

L’Etat et les collectivités assureront la protection de leur personnel.

Déconfinement du 11 mai : la réouverture des crèches se fera sous condition

Concernant les enfants plus petits qui ne sont pas encore à l’école mais qui fréquentent les crèches, le premier ministre déclare :

Les crèches seront également rouvertes. L’accueil par groupes de 10 enfants maximum sera possible, avec la possibilité d’accueillir plusieurs groupes de 10 enfants si l’espace le permet, et si les conditions sont réunies pour que les groupes ne se croisent pas.

Concernant les familles prioritaires pour un retour en crèche, Édouard Philippe précise :

L’impossibilité de télétravail pour un couple d’actifs ou les difficultés rencontrées par les familles monoparentales devront être prises en compte dans ces critères.

Les enfants des soignants et des professeurs devraient également, à mon avis, être prioritaires.

Le port du masque grand public sera obligatoire pour les professionnels de la petite enfance, puisque les règles de distanciation physique ne peuvent pas y être appliquées.

Déconfinement à partir du 11 mai : 700 000 tests virologiques seront faits par semaine

Le premier ministre l’explique :

A la sortie du confinement, nous serons en capacité de massifier nos tests. Nous nous sommes fixé l’objectif de réaliser au moins 700 000 tests virologiques par semaine. Pourquoi 700 000 ? Parce que le conseil scientifique nous dit à ce stade que les modèles épidémiologiques prévoient entre 1 000 et 3 000 cas nouveaux chaque jour à partir du 11 mai.

Parce qu’à chaque cas nouveau cas correspondra en moyenne le dépistage d’au moins 20 à 25 personnes l’ayant croisé dans les jours précédents ,3 000 fois 25 fois cela donne 525 000 tests par semaine. 700 000 nous donne la marge qui nous permettra, en plus des tests des chaînes de contamination, de mettre en oeuvre des campagnes de dépistage comme nous l’avons engagé pour les Ehpad, notamment.

Déconfinement à partir du 11 mai : il sera possible de se déplacer sans attestation, mais sous conditions

Dans son discours, le premier ministre le dit :

S’agissant des déplacements interrégionaux ou interdépartementaux, (…) nous voulons réduire ces déplacements aux seuls motifs professionnels ou familiaux impérieux, pour des raisons évidentes de limitation de la circulation du virus.

Le jeudi de l’Ascension sera bien férié, mais je dis clairement aux Français que ce n’est pas le moment de quitter leur département pour partir en week-end.

Mais je demande aux personnes les plus âgées, les plus fragiles, de la patience. Les visites privées, quand elles reprennent, doivent être entourées de précautions, comme les sorties.

Il sera à nouveau possible de circuler librement, sans attestation, sauf, comme je l’ai dit, pour les déplacements à plus de 100 kilomètres du domicile qui ne seront possibles que pour motif impérieux, familiaux ou professionnels.

Mais cela ne sera possible que si les chiffres de circulation du virus n’empêchent pas le début du déconfinement.

Déconfinement : les activités en pleine air seront autorisées

Bonne nouvelle pour ceux qui manquent d’air et d’espace, le premier ministre rajoute :

Il sera possible, les beaux jours aidant, de pratiquer une activité sportive individuelle en plein air, en dépassant évidemment la barrière actuelle du kilomètre et en respectant les règles de distanciation physique. Il ne sera possible ni de pratiquer dans des lieux couverts, ni des sports collectifs, ni des sports de contact.

Les parcs et jardins si essentiels à l’équilibre de vie en ville, ne pourront ouvrir que dans les départements où le virus ne circule pas de façon active, les fameux départements verts. Par mesure de précaution, les plages resteront inaccessibles au public au moins jusqu’au 1er juin.

Déconfinement : les activités culturelles reprendront graduellement

À partir du 11 mai, on pourra se cultiver un petit peu, comme l’explique Édouard Philippe :

S’agissant des activités culturelles, parce qu’ils peuvent fonctionner plus facilement en respectant des règles sanitaires, les médiathèques, les bibliothèques, les petits musées si importants pour la vie culturelle de nos territoires pourront ouvrir leurs portes dès le 11 mai.

Par contre, c’est toujours pas ça pour les plus grands évènements :

A contrario, les grands musées, qui attirent un grand nombre de visiteurs hors de leur bassin de vie, les cinémas, les théâtres et les salles de concert où l’on reste à la même place en milieu fermé, ne pourront pas rouvrir. Les salles des fêtes, les salles polyvalentes resteront également fermées jusqu’à cette date du 2 juin.

Concernant le sport et les festivals, les nouvelles ne sont pas bonnes, mais la décision est justifiée :

Je veux préciser que les grandes manifestations sportives, culturelles, notamment les festivals, les grands salons professionnels, tous les événements qui regroupent plus de 5 000 participants, qui font à ce titre l’objet d’une déclaration en préfecture et qui doivent être organisées longtemps à l’avance, ne pourront se tenir avant le mois de septembre.

La saison 2019-2020 de sport professionnel, notamment celle de football, ne pourra pas non plus reprendre.

Déconfinement : ce qui se fait pour les mariages et les enterrements

La priorité du gouvernement est de protéger les vivants. C’est pourquoi il affirme que :

Les lieux de culte pourront continuer à rester ouverts. Je crois qu’il est légitime de demander de ne pas organiser de cérémonie avant cette barrière du 2 juin. Les cérémonies funéraires resteront évidemment autorisées comme aujourd’hui, dans la limite de 20 personnes.

J’ai parfaitement conscience de la charge et de la difficulté, face à des décès, d’appliquer cette règle, mais elle est formulée en France comme dans d’autres pays comparables afin, là encore, de protéger les vivants. Les cimetières seront à nouveau ouverts au public dès le 11 mai, en attendant des jours meilleurs.

Les mairies continueront à proposer, sauf urgence, le report des mariages. D’une façon générale, il nous faut éviter les rassemblements qui sont autant d’occasions de propagation du virus. Les rassemblements organisés sur la voie publique ou dans des lieux privés seront limités à 10 personnes.

Déconfinement et les transports : priorité et masques obligatoires

Concernant les transports, il dit :

Nous allons prendre deux séries de décisions. D’abord remonter au maximum l’offre de transport urbain : 70% de l’offre de la RATP sera disponible le 11 mai et nous devons remonter rapidement à l’offre nominale. Ensuite, faire baisser la demande, en favorisant le télétravail. Les transports aux heures de pointe doivent être réservés à ceux qui travaillent.

La distanciation sociale se fera aussi dans les transports.

Le port du masque sera rendu obligatoire dans tous les transports, métros comme bus, et les opérateurs devront, au moins pour les trois semaines à venir, s’organiser pour permettre, même dans le métro, de respecter les gestes barrières.

Cela veut dire, par exemple, que la capacité du métro parisien sera réduite, qu’il faudra par exemple condamner un siège sur deux, favoriser par des marquages au sol la bonne répartition sur les quais, se préparer à limiter les flux en cas d’affluence.

Déconfinement et port du masque dans les commerces

Le premier ministre a annoncé:

S’agissant du port du masque, le port du masque grand public sera recommandé pour les personnels et les clients lorsque les mesures de distanciation physique ne peuvent être garanties. Un commerçant pourra subordonner l’accès de son magasin au port du masque.

L’ouverture des commerces comprendra une exception pour les centres commerciaux qui ont une zone de chalandise qui va au-delà du bassin de vie et qui génère des déplacements et des contacts que nous ne voulons pas encourager.

Les préfets pourront décider de ne pas laisser ouvrir, au-delà des fonctions alimentaires déjà ouvertes, les centres commerciaux de plus de 40 000 mètres carrés qui risquent de susciter de tels mouvements de population.

Déconfinement et reprise de l’activité économique : le télétravail privilégié

Pour les trois prochaines semaines, le télétravail doit être favorisé le plus possible :

Le déconfinement doit aussi permettre la reprise de la vie économique. Pour cela, il faut réorganiser la vie au travail. Le télétravail doit être maintenu partout où c’est possible. Au moins dans les trois prochaines semaines.

Pour les personnes qui ne pourront pas télétravailler, la pratique des horaires décalés dans l’entreprise doit être encouragée. Elle permettra l’étalement des flux de salariés dans les transports et diminuera la présence simultanée des salariés dans un même espace de travail.

Le port du masque devrait être mis en œuvre dès lors que les règles de distanciation physique ne peuvent pas être garanties dans l’organisation du travail.

Le dispositif d’activité partielle, qui est un des plus généreux d’Europe, restera en place jusqu’au 1er juin.

Déconfinement : les restaurants et les cafés ne pourront pas réouvrir le 11 mai

Voilà ce qu’a dit le premier ministre concernant les commerces de bouche :

Les commerces rouvriront également à compter du 11 mai. Aujourd’hui, seuls certains commerces essentiels sont ouverts. Tous, sauf les cafés-restaurants, pourront ouvrir à compter du 11 mai.

Le déconfinement se fera le 11 mai si tous les voyants sont au vert uniquement

Édouard Philippe l’a affirmé :

Je le dis aux Français : si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai, ou nous le ferons plus strictement.

Hier, j’ai reçu du directeur général de la santé des modélisations moins favorables. Peut-être parce que les comportements se relâchent un peu, peut-être parce que la baisse des hospitalisations est trop lente, peut-être aussi parce que les hypothèses sur lesquelles sont fondées les modélisations ne vont pas s’avérer exactes.

Je le dis ici devant la représentation nationale, avec solennité. Ces incertitudes doivent inciter tous les Français à la plus grande discipline d’ici au 11 mai et à lutter contre les risques de relâchement que nous sentons parfois monter dans le pays.

Si tout est prêt le 11 mai, alors commencera une phase qui durera jusqu’au 2 juin. Elle permettra de vérifier que les mesures mises en œuvre permettent de maîtriser l’épidémie et d’apprécier, en fonction de ces évolutions, les mesures à prendre pour la phase suivante qui débutera le 2 juin et qui ira jusqu’à l’été.

Et toi, tu as écouté le discours d’Édouard Philippe ? Qu’en as-tu pensé ?

 

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Le dernier commentaire

29 Avr 2020, à 22:57
@P0cket Ah d'accord, j'avais pas compris ton message alors, quand tu disais :

"Je ne crois pas qu'en ce cas précis de la demie le droit de retrait soit possible.
En tous les cas, pour le personne médical c'est pas possible puisque le droit de retrait impliquerait alors un danger pour les patients non soignés.
Pour les professeurs, pas de danger normalement mais vu que la pandémie touche tout le monde, se retirer pour quoi (je me fais l'avocat eu diable)?""

Pour moi tu parlais bien de la possibilité de faire un droit de retrait, du coup j'ai répondu à ce que j'avais compris (j'arrive pas trop à voir comment on peut le lire autrement, mais je suppose que ça doit être une question d'habitude différente de dire les choses :neutral:)

Edit : le sujet est populaire dites, y a Gérard Filoche (ancien inspecteur du travail, donc compétent là dedans) qui a mis en lien un article sur le sujet du droit de retrait par une avocate.

Apparemment le risque c'est "En cas de divergence sur le bien-fondé de ce droit de retrait, l’employeur doit saisir le Comité social économique dans un délai n’excédant pas 24 heures ou à défaut, en cas d’absence de CSE, l’inspection du travail article L41312CT .
Si au final il s’avère que ce droit de retrait est abusif, l’employeur pourra pratiquer une retenue sur salaire voir lui infliger une sanction disciplinaire. (cassation 25 novembre 2008 numéro0787 650)."
 
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