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Avoir un enfant ou non, cette question met mon couple en péril

Ne pas être d'accord sur le projet d'avoir ou non des enfants... Un obstacle majeur pour de nombreux couples.

Temps de lecture : 4 minutes

Décider d’avoir un enfant, ou de ne pas en avoir, fait sans doute partie des choix les plus importants que l’on puisse faire dans sa vie. Sauf que cette décision doit se faire à deux (du moins, en attendant l’ouverture de la PMA aux femmes célibataires).

Avoir des enfants ou non, une question que se pose beaucoup de couples

Et lorsque les deux membres du couple ne sont pas alignés, c’est un vrai sujet de tension. Je n’ai pas réussi à trouver de statistiques sur le sujet, mais si j’en crois plusieurs messages lus sur le forum de Rockie, c’est une problématique à laquelle pas mal de couples se confrontent un jour ou l’autre.

Que faire quand l’un des deux est persuadé·e de vouloir un enfant et que l’autre n’en veut pas ou ne sait pas si elle ou il en voudra un jour ? Ajoute à ça la pression de la baisse de la fertilité (chez les femmes principalement, mais pas que…) et tu as un beau paquet de nœuds potentiels à démêler.

C’est la situation dans laquelle se retrouve un utilisateur français de Reddit. Il a partagé ses interrogations sur la plateforme pour récolter des avis d’internautes, et cela donne un fil de discussion très intéressant repéré par Mymy de madmoiZelle (merci !).

Il ne veut pas d’enfants, mais elle oui

Voici comment cet homme âgé de 31 ans décrit sa situation :

Pour faire simple : mon épouse désire un enfant. De mon côté, je ne sais pas si je n’en veux pas, ou si je fais mine de ne pas savoir par lâcheté car si c’est non, alors ma femme et moi devrons faire route séparée.

Une rupture que le trentenaire a beaucoup de mal à envisager, car il considère que leur couple fonctionne très bien et qu’elle est « la femme de [sa] vie ». Il liste ensuite les raisons qui lui font penser qu’il ne voudra jamais d’enfants.

J’ai eu différents contacts avec des enfants qui se sont bien passés. Mais jamais je ne me suis dit par la suite : « c’est évident, je veux vivre ça au jour le jour ». Des amis avec qui j’ai déjà discuté m’ont parlé de « le voir grandir, évoluer selon son éducation »etc. Rien, c’est vide en moi, ça ne fait rien vibrer.

Je ne pense pas vouloir sacrifier mon temps et ma vie pour un des « retours » cités au-dessus, car je n’y suis pas sensibles. Oui c’est plus simple financièrement, et de manière générale, la logistique est plus simple sans enfant.

Que faire quand le désir d’enfant diverge au sein du couple ?

Dans son long message, l’utilisateur de Reddit envisage ensuite plusieurs options. La première étant de faire un enfant pour ne pas perdre son épouse, en se disant qu’il aimera peut-être être père.

Il reconnaît toutefois qu’il s’agit là d’un pari risqué qu’il ne se sent pas prêt à faire. Il ne veut pas faire subir à un futur enfant le fait d’avoir un père qui ne veut pas de lui. Et il n’imagine pas non plus avoir un enfant et laisser sa femme tout gérer.

L’autre option est donc de ne pas faire d’enfants. Mais il semble croire que cela les mènera directement à la séparation, car sa femme n’envisage pas sa vie sans enfant. Et cette perspective lui brise le cœur, car il pense qu’il ne retrouvera jamais la symbiose qu’il a avec elle.

Le trentenaire conclut son message en disant qu’ils vont essayer de voir un psychologue ensemble pour en parler et qu’il est preneur d’avis/retours sur la question.

Faire un enfant sans conviction et finir par le reprocher à l’autre

Il a été exaucé, puisqu’il a reçu plus de 300 commentaires sur la discussion qu’il a créée. Voici celles qui m’ont semblé être les plus intéressantes.

Comme cet utilisateur (ou utilisatrice ?) qui estime que s’il accepte de faire un enfant pour faire plaisir à sa femme, il pourrait ensuite le lui reprocher dans le futur.

Le risque ici est même d’en vouloir à ta femme pour t’avoir « privé » de la vie que tu souhaitais mener, et de t’en séparer.

La solution est bien dans la discussion, pour déterminer si pour elle il est plus important d’avoir un enfant que d’être avec toi, ou pour toi de ne pas avoir d’enfant ou d’être avec elle. Et si vous n’êtes pas sur la même longueur d’onde à ce sujet alors en effet il faudra penser à la séparation.

Faire un enfant sans conviction et en être finalement très heureux

Un père lui a également répondu pour lui expliquer qu’il était exactement dans la même situation il y a dix ans, et qu’il avait fini par accepter d’avoir un enfant. Et qu’il en était très heureux aujourd’hui.

Le fait d’avoir des enfants vous fait complètement changer de perspective sur la vie, et donne un sens à la vôtre que vous ne pouviez pas soupçonner auparavant. C’est un sacré paradoxe, les enfants comblent un manque que vous ne saviez même pas que vous aviez. Ma vie d’avant était infiniment plus facile et confortable. Ma vie d’aujourd’hui me parait infiniment plus « importante », essentielle, vraie.

La majorité des pères qui interviennent sur le fil ont le même discours. Il faut dire que le regret de la parentalité est un sujet encore extrêmement tabou en France.

À lire aussi : J’aime ma fille mais je regrette d’être devenue mère

Être honnête avec l’autre sur son (absence de) désir d’enfant

Plusieurs personnes ont également soulevé dans le fil de discussion la nécessité d’avoir cette discussion rapidement au début d’une relation pour éviter de se retrouver dans cette situation (même si, on est d’accord, il est possible que l’on puisse changer d’avis au fil des années).

Si j’ai trouvé cette discussion passionnante, je n’ai pas de solution personnelle à apporter sur le sujet. Je conseillerai juste d’être honnête avec l’autre et de le ou la laisser prendre une décision.  

« Je ne sais pas si je veux un enfant et je ne peux pas te promettre que j’en voudrais un jour. Es-tu prêt·e à potentiellement faire ce sacrifice là pour moi ? Ou préfères-tu que l’on se sépare ? »

Je pense que cela vaut aussi le coup de se poser la question (dans les couples hétéros) de ce que l’on fera si une grossesse démarre (eh oui, les accidents arrivent, même avec une bonne contraception).

Enfin, je pense qu’il est important – même dans les couples où les deux membres veulent un enfant – de se demander quel investissement chacun est prêt à faire en matière d’éducation.

Pour éviter les désillusions et les frustrations, même si la nullipare que je suis se voile peut-être un peu la face sur la possibilité de déblayer complètement le terrain avant l’arrivée d’un bébé.

Et toi, qu’en penses-tu ? As-tu des éléments de réponses ou une expérience à partager ? Viens en parler dans les commentaires.

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Le dernier commentaire

17 Août 2019, à 09:12
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