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Faut-il abandonner ses rêves pour devenir adulte ?

Est-ce que devenir adulte, cela signifie abandonner ses rêves d'enfants, ou au contraire se battre pour les réaliser, peu importe le prix à payer ? C'est la question centrale d'une excellente série norvégienne que tu peux regarder en replay gratuitement sur France TV Slash.

Temps de lecture : 4 minutes

Devenir adulte signifie-t-il abandonner ses rêves ? Cette question me travaille depuis quelques années, et si je n’ai pas encore trouvé de réponses, j’ai adoré la manière dont la série norvégienne Meilleures espoirsUnge Lovende en VO – traite le sujet.

Celle-ci raconte les aventures de trois jeunes femmes d’environ 25 ans à un moment crucial de leurs vies. Elise, Nenne (devenue Ninon en VF) et Alex, ont terminé leurs études et démarrent leur vie active en jonglant avec leurs rêves d’exercer des métiers artistiques et leurs petits boulots alimentaires.

Ninon est employée par un traiteur et tente de faire publier son premier roman. Après avoir tenté sa chance aux États-Unis, Elise reprend son taf étudiant dans une poissonnerie et court les scènes ouvertes. Et Alex garde des enfants, tout en passant des castings.

Meilleures espoirs, une série avec des héroïnes qui tentent de devenir adulte

Un pitch qui m’a donné bien envie de regarder les deux premières saisons de la série, disponibles gratuitement en replay sur France TV Slash. Surtout que le côté « série norvégienne » était pour moi un gage de qualité, après l’inoubliable série Skam.

J’ai bingé tous les épisodes en moins d’une semaine, en me réjouissant d’avoir découvert une nouvelle série avec des héroïnes intéressantes. En plus, je trouve qu’il existe finalement assez peu d’œuvres de fiction qui parle de l’amitié féminine (même s’il existe bien sûr la série Girls – j’y reviendrai- et la saga littéraire L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante).

Meilleures espoirs parle donc de l’histoire d’amitié qui relie Elise, Ninon et Alex, mais aussi de leurs espoirs, de leurs relations amoureuses et familiales, avec une justesse rare.

Les trois jeunes femmes rêvent toutes d’être un jour reconnues dans le métier passion qu’elles ont choisi. Elles se donnent à fond pour y parvenir, quitte à se manger des murs et à galérer financièrement, alors que leur entourage tente de les convaincre de choisir une voie moins difficile et plus réaliste, bref de « grandir ».

Ce qui m’a beaucoup plu également avec cette série, c’est qu’elle fait la part belle au réalisme. On a parfois plus l’impression de regarder un documentaire qu’une fiction. Le rythme est parfois un peu lent, avec des dialogues maladroits, des moments de malaises sociaux qu’on ressent.

Bref, on est loin des montages épileptiques, des punchlines et des dialogues millimétrés d’autres séries comiques, et ça fait du bien en fait, de se laisser porter par l’histoire et de prendre le temps de ressentir vraiment les émotions (et les conflits intérieurs) des personnages.

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Après Girls, une nouvelle série emblématique d’une génération qui tente de devenir adulte

Unge Lovende a été écrite par Siri Seljeseth, une autrice et comédienne norvégienne de 30 ans, en s’inspirant de sa propre vie (et ça se sent !). C’est aussi elle qui joue le rôle d’Elise dans la série.

Autant d’éléments qui permettent de faire un parallèle évident avec la série américaine Girls de Lena Dunham qui racontait aussi les aventures d’un groupes d’amies au tournant de l’âge adulte. Mais pour moi, la ressemblance s’arrête là, et j’ai préféré la série nordique.

Est-ce parce qu’elle se passe en Europe ? Ou parce que j’ai regardé Girls à 22 ans, à un âge où je n’avais pas encore été confrontée au cap fatidique des 25 ans ?

ATTENTION, les paragraphes suivants contiennent quelques petits spoilers. Va regarder la série avant si tu ne veux pas que je te gâche l’effet de surprise.

Devenir adulte, une question qui me concerne tout particulièrement

Je me suis en tout cas reconnue dans un nombre incalculable de situations et j’ai souvent été émue aux larmes en regardant Meilleures espoirs. Notamment lorsque l’on voit se déliter l’histoire d’Alex et de son mec. Ensemble depuis le lycée, ils se rendent compte petit à petit que leurs projets de vie divergent complètement.

Soulignons d’ailleurs le talent des trois actrices, dont le jeu est subtil et toujours juste. Elles m’ont fait rire et m’ont émue.

Globalement, je me suis sentie extrêmement proche des trois héroïnes, des questions qu’elles se posent et des difficultés qu’elles rencontrent, même si l’on ressent un léger décalage culturel, entre la Norvège et la France. Je pense que c’est ce qui fait d’ailleurs en partie le charme de la série.

Je ne comprends pas un traitre mot de norvégien, mais j’ai trouvé la langue douce à l’oreille, étrangement belle et familière. J’ai aussi adoré les plans tournés à Oslo en été (est-ce que cette série m’a convaincue d’aller y passer mes vacances cet été ? Peut-être…).

Je trouve ça très chouette que les trois héroïnes de la série (et même les personnages secondaires) aient de multiples facettes. Elles ne sont ni les meilleures personnes du monde ni les pires casse-pieds de la terre. Juste des humaines imparfaites, agaçantes, parfois égoïstes et toujours très attachantes.

Devenir adulte, c’est aussi savoir s’opposer à ses parents

La série, et en particulier la saison 2,  permet également d’aborder avec subtilité des thématiques importantes : la maladie mentale, les relations toxiques, les conflits familiaux.

Meilleures espoirs racontent aussi, que devenir adulte, c’est faire ses propres choix quitte à s’opposer à ses parents. Devenir adulte c’est aussi savoir régler ses comptes avec eux pour, in fine, réparer la relation et se rapprocher d’eux.

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On comprend aussi grâce à la série, que devenir adulte c’est parfois devoir arbitrer entre ses ambitions professionnelles et une histoire d’amour. C’est apprendre à se relever après un échec, une rupture, une dispute… C’est faire des choix et se planter parfois.

Les deux premières saisons de Meilleures espoirs, sont à regarder gratuitement sur France TV Slash en VOST (Le norvégien c’est tellement beau !) Mais la série est aussi dispo en VF. Une troisième saison a déjà été diffusée en Norvège (mais pas encore en France) et une quatrième est en préparation (youpi !).

Tu as regardé Meilleures espoirs ? Qu’est-ce que tu en as pensé ? Tu en es où côté réalisation de tes rêves d’enfant ? Viens en parler dans les commentaires…

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Le dernier commentaire

17 Juin 2019, à 15:20
Je trouve ça un poil culpabilisant, parce qu'il y a clairement des cas où ton rêve sera irréalisable, par exemple si tu te découvre un handicap te rendant à jamais inaccessible le métier/l'activité de tes rêves, ou si la condition sine qua non pour réaliser ce dernier est de naître avec une cuillère en or dans la bouche.

La plupart du temps, c'est un luxe de pouvoir réaliser ses rêves et ce n'est accessible qu'à quelques privilégiés.
Désolée si tu as ressenti un côté culpabilisant, ce n'était vraiment pas le but ! Nedjma parle d'espoir, c'est plutôt ça que je cherchais à transmettre : de l'espoir, de la motivation, de l'inspiration :)

Je ne dis pas que tous les rêves sont accessibles à toutes les personnes (ceci dit il y a des trucs de fou, par exemple : https://www.francetvinfo.fr/sante/h...ilotes-davion-aveugles-en-france_3240721.html). Mais je pense que quand on croit en soi ou en son rêve assez profondément, on trouve plus facilement des solutions qu'on ne bloque sur des problèmes. A l'inverse, quand on se décourage, je pense que tout simplement ce n'est pas quelque chose qu'on a réellement profondément envie de faire, on aime l'idée en tant que rêve mais pas nécessairement sa concrétisation.
Et pour moi il n'y a pas de culpabilisation à avoir, l'essentiel c'est de se connaître et faire ce qui nous anime vraiment !

Dans ce style, j'avais eu une sacrée leçon de vie pendant un cours de conduite où j'étais totalement désespérée de n'arriver à rien (je suis -très probablement- dyspraxique et rien que tourner le volant de manière efficace m'a pris je ne sais combien de leçons, et on ne parle pas des pédales, j'ai laissé tomber pour apprendre sur une automatique...). Ma monitrice, pour me montrer que moi aussi je pouvais y arriver, m'a dit qu'une de ses élèves n'avait pas de bras et devait apprendre à conduire avec ses pieds. Elle, qui avait un obstacle bien plus important que le mien, ne s'est pas laissée décourager. Avec une voiture adaptée à son handicap et avec sa motivation, elle a appris à conduire. De mon côté, j'ai choisi finalement de laisser tomber. J'ai compris que je m'infligeais un truc par pure obligation alors que je n'avais pas la moindre envie de conduire, et donc ça ne valait pas les efforts qui auraient été nécessaires dans mon cas.
Sur le moment, je m'étais sentie nulle, puis en fait ça a été très enrichissant. La conséquence c'est que maintenant j'essaye de ne plus écouter les excuses que je me donnais souvent et j'apprends petit à petit à sortir de ma zone de confort. En revanche, si je n'ai vraiment pas envie de faire quelque chose, je l'accepte aussi. Je regarde en gros si peurs/obstacles (concrets ou internes) < désir + motivation, ou peurs/obstacles > désir + motivation.

Le problème c'est que le cerveau ne nous aide pas. Il aime son confort et n'aime pas changer ses habitudes, donc il va direct penser aux obstacles, aux difficultés, aux blocages plutôt qu'à ce qui est possible. Et en plus il est conditionné au moindre effort. Pas simple à dépasser !
Si on rêve d'être un grand pianiste il faut commencer par faire des gammes tous les jours, si on rêve d'être champion du monde de pâtisserie, il faut commencer par réaliser des litres de pâte à choux et passer ses journées à garnir des éclairs... Il faut vraiment croire sacrément fort en son rêve pour être prêt à faire le travail que ça requiert dans ce type de cas.

Le mot "rêve" donne une impression glamour du truc, une impression de facilité... La réalité c'est que peu de rêves sont faciles à obtenir. Et c'est OK et normal que tout le monde ne soit pas prêt à faire des efforts pour les mêmes choses. Perso, par exemple, je déteste courir, donc courir un marathon est clairement un rêve qui ne me parle pas. Et c'est très bien ! Aucune culpabilité à avoir :)

Puis après ça dépend des rêves. On peut rêver d'avoir un travail stable dans lequel on se sent en sécurité, rêver d'être mère et de prendre soin de ses enfants, rêver d'habiter au milieu de nulle part... Tous les rêves ne sont pas du style être athlète de haut niveau, vivre de son art ou aller voir le sommet de l'Himalaya.

Bref, je pense que peu de rêves sont réservés à des privilégiés. A chaque obstacle il y a souvent des solutions (financier = aides, bourses, solutions de financement diverses, physique = aménagements, etc) En revanche, ils demandent parfois une motivation et un travail énormes.

Mais la bonne nouvelle, c'est que quand on trouve quelque chose qui nous anime profondément, parfois les efforts n'en sont pas et le travail est un bonheur ! :D
 
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