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Ce qu’il faut savoir avant de se lancer en tant qu’auto-entrepreneuse 

Tu as envie de te lancer dans la grande aventure de l’auto-entrepreneuriat ? Tu souhaites compléter tes revenus ou être ta propre boss ? Voici quelques infos à connaitre avant de te jeter à l'eau.

Temps de lecture : 6 minutes

Le statut d’auto-entrepreneur ( ou de micro-entrepreneur, qui veut dire la même chose) existe depuis 2009 et il permet, comme son nom l’indique, d’être à la tête de son entreprise.

Comme c’est un régime simplifié, il est globalement accessible à tous, même si tu n’es pas une experte des démarches administratives et fiscales, qui peuvent clairement refroidir les personnes n’ayant pas fait une école de commerce ou n’étant pas passionnées par ces sujets. Ce statut est facile à obtenir, il te permet d’être indépendante et de créer une entreprise qui te ressemble.

Comment savoir si le statut d’auto-entrepreneur est fait pour moi ?

Avant de commencer ce projet, tu dois te poser quelques questions et passer par une phase dite « d’introspection » afin de savoir si tu es prête et ce que tu es capable de faire. Est-ce que tu sais travailler seule ? Est-ce que tu arrives à travailler de chez toi ? As-tu le sens des responsabilités ?

Car même si le statut est « simplifié » d’un point de vue administratif, que tu ne devras pas rendre de comptes à un patron ou que tu pourras gérer tes horaires de travail comme bon te semble, il te faudra tout de même avoir une certaine discipline et régularité dans ton boulot si tu veux que ton entreprise fonctionne.

Une auto-entreprise reste une entreprise, ce qui veut dire qu’elle a besoin de ton énergie et de ton courage pour fonctionner, mais aussi d’une véritable étude de sa pertinence sur son marché, si tu souhaites la faire grandir.

Les avantages financiers du statut d’auto-entrepreneur

Le premier avantage de l’auto-entreprise est financier : tu n’as pas à investir de capital pour la créer, et si elle ne te rapporte pas de revenus, tu n’as pas de charges à payer.

L’aspect financier étant le premier frein pour celles et ceux qui voudraient créer une entreprise sans être certains de ce que ça pourrait rapporter, le fait de ne pas avoir à payer quoi que ce soit tant que des revenus ne sont pas générés est un réel avantage.

De plus, tu peux aussi bénéficier d’aides financières intéressantes comme l’ACRE, qui te permet d’alléger tes charges pendant les premières années de vie de ton AE, ou bien l’ARCE, une aide de la part de Pole Emploi qui peut te verser jusqu’à 45% de tes droits d’allocations chômage pour t’aider à avoir un capital et une aide à l’investissement pour la création de ton auto-entreprise.

Créer son auto-entreprise : simplicité administrative et agilité

Ce qui est très pratique aussi, c’est sa facilité de création : un seul formulaire à remplir (le CerfaP0), les pièces justificatives qui vont avec à fournir et c’est bon, c’est lancé. Ce seul formulaire permet de se déclarer d’un seul coup à l’URSSAF, au Trésor Public, à la CIPAV, à l’INSEE, bref auprès de tous ces sigles dont tu pouvais peut-être ignorer la signification avant de te lancer dans la douce joie de l’entrepreneuriat.

De plus, en étant auto-entrepreneuse, tu n’as pas besoin d’avoir des locaux pour travailler, puisque ce régime te dispense administrativement de ce coût supplémentaire, et le canapé de ton salon peut devenir ton siège social tout à fait légalement.

Tu domicilies ton entreprise chez toi, et tu peux bosser de n’importe où, depuis un café, un espace de coworking, ou même sous ta couette selon ton activité.

Enfin, être auto-entrepreneuse ne veut pas forcément dire que tu ne dois faire que ça : si tu as déjà une activité salariée, tu peux très bien te créer un statut pour compléter tes revenus, mais tu peux également être au chômage et continuer à percevoir tes indemnités tout en étant AE, tant que les revenus que tu perçois de ton auto-entreprise et de tes allocations n’excèdent pas le montant de ton salaire journalier de référence.

Pour connaitre ce dernier, il faudra que tu fasses un point avec ton ou ta conseillère Pole Emploi.

Tu n’as pas à tout plaquer pour devenir ton propre patron, tu peux aussi y aller petit à petit, en ayant la sécurité financière d’un emploi à côté, ou le RSA, ou bien tes allocations chômage. Ça peut rendre la création de ton entreprise un peu moins vertigineuse.

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Les inconvénients du statut de micro-entrepreneur

Ça a l’air bien sympa sur le papier, mais l’auto-entreprise n’a pas que des avantages, sinon ça serait trop beau. En étant auto-entrepreneuse, tu auras un plafond de chiffre d’affaires à ne pas dépasser, qui est, par exemple, de 70.000 euros par an pour les prestations de services ou de 170.000 euros annuels pour la vente de marchandises.

Si tu dépasses ce plafond, tu seras basculée sur un autre statut, comme celui de l’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée par exemple, avec un régime réel d’imposition et une TVA différente. C’est pour ça qu’il est important de faire une vraie étude de marché ainsi qu’un business plan avant de te lancer, pour être sûre que l’auto-entreprise est bien le statut qui te correspond.

Ça, c’est pour la partie business dirons-nous. Un autre inconvénient quand tu te lances en solo, c’est justement que tu es seule. Pour certaines, ça peut être un vrai plus, de ne pas avoir de patron, d’être la seule capitaine à bord, mais pour d’autres ça peut être un peu plus compliqué à gérer, parce que les responsabilités t’incombent à toi seule et à personne d’autre.

Tu ne peux pas avoir d’associés en tant qu’auto-entrepreneuse et il est très difficile d’avoir des employés. Si tu bosses à plein temps de chez toi, la vie en entreprise peut te manquer, tout comme le fait d’avoir des collègues et des moments à partager autour de la machine à café.

C’est vrai que tu as la chance de pouvoir bosser en pyjama toute la journée, mais au bout d’un moment ça peut être légèrement déprimant, à toi de trouver un rythme et des limites qui te conviennent.

Parlons un peu de la retraite et du chômage

Quand tu es auto-entrepreneuse, tu ne peux tout simplement pas cotiser au chômage, ce qui peut être un peu flippant quand tu fais ça à plein temps, parce que si ton entreprise ne marche pas, tu n’as pas de filet de sécurité, pas de protection.

Ne partons pas défaitiste non plus, mais il est important d’être consciente de ce point avant de se lancer, et d’avoir toujours une porte de sortie pour rebondir si jamais ton entreprise ne fonctionne pas autant que tu le souhaiterais. C’est notamment pour cette raison qu’il peut être judicieux, en fonction de ce que tu crées, d’avoir une activité à côté pour subvenir à tes besoins.

Quant à la retraite, en dehors de l’actualité qui n’est pas très rassurante pour les plus précaires, sache qu’en tant qu’auto-entrepreneuse tu dois valider des trimestres de retraite en déclarant certains montants minimums de chiffre d’affaires. Concrètement, si tes montants de CA ne sont pas suffisants, tu ne cotises pas.

C’est pour cela qu’il est fortement recommandé de souscrire à un plan de retraite complémentaire, histoire d’avoir droit à une retraite plus tard.

Tu devras avoir un compte bancaire dédié à ton auto-entreprise

Même si la comptabilité de l’auto-entreprise est grandement simplifiée, il est désormais obligatoire d’avoir un compte bancaire uniquement dédié à ton auto-entreprise, pour que toutes les transactions puissent être lues et retrouvées facilement, uniquement sur un compte qui ne doit pas être personnel.

Tu n’es pas obligée d’avoir un compte qui te coûte de l’argent, tu peux très bien avoir seulement un compte chèque, postal ou bancaire, mais les transactions doivent être les plus transparentes possibles en cas de contrôle.

Se lancer en tant qu’auto-entrepreneuse, et ne pas hésiter à se faire aider

Il y a presque autant d’avantages que d’inconvénients à créer son auto-entreprise. Pour certaines, ce statut n’est pas du tout ce qu’il leur faut en raison de leur personnalité ou de leur mode de vie. Pour d’autre, c’est un choix presque évident, tant il leur correspond.

Mais il est impératif, avant de se lancer, de se poser les bonnes questions, d’arriver à savoir si on pense être capable d’assumer ce rôle d’indépendante, et de savoir où sont ses propres limites, pour avoir peut-être envie de les dépasser.

De plus, les auto-entrepreneuses qui le souhaitent ont la possibilité d’être aiguillées dans leurs démarches et conseillées grâce à des structures comme Bpifrance Création, les Chambres des Métiers et de l’Artisanat ou les Chambres de Commerce et d’Industrie, selon leur activité.

Il ne faut pas hésiter à s’inscrire à des ateliers, à demander des formations et des conseils auprès de ces structures référentes, personne n’a la science infuse et n’est supposé tout connaitre. Demander de l’aide n’est pas une faiblesse, c’est plutôt la preuve que tu souhaites assumer ton nouveau bébé et que tu veux tout faire pour qu’il grandisse au mieux.

Fermer son auto-entreprise, c’est aussi très simple !

Si tu ne souhaites pas faire de formation pour créer ton entreprise, il y a de nombreux sites internet qui peuvent t’aiguiller et répondre aux questions que tu pourrais éventuellement te poser, comme Auto-entrepreneur.fr,  qui est une référence sur le sujet, et qui possède une page Facebook très active, pouvant répondre par messages privés à toutes tes interrogations.

Voici ce que tu dois retenir avant de débuter ton auto-entreprise: organisation, autonomie, courage et persévérance, et si jamais ça ne marche pas ou que tu as envie de passer à autre chose : tu peux arrêter ton activité d’auto-entrepreneuse aussi facilement qu’en la créant, ça marche dans les deux sens.

Facile à commencer, facile à stopper, et l’arrêt n’est jamais un échec, tout ce que tu auras fait sera toujours une expérience supplémentaire, pour ta vie professionnelle comme personnelle.

Tu veux te lancer comme auto-entrepreneuse ? Viens en parler en commentaires !

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Le dernier commentaire

3 Avr 2020, à 13:48
@Sophie5 Je ne sais pas où tu en es dans ton projet mais il faut que tu connaisses déjà ton fournisseur et ses tarifs, que tu aies le prix de ton site, de sa gestion et de sa publicité et que tu sois allée voir ton banquier pour savoir combien te coûteront les paiements en ligne et si tu as suffisamment d'apport ou s'il faut faire un prêt pour lancer les premiers mois (et sûrement plein d'autres trucs que j'oublie). Ensuite une fois que tu as tous ces devis sur tout ce qu'il te faudra avoir pour lancer ton site il faudra que tu prennes rendez-vous avec l'URSSAF pour qu'ils t'expliquent tout ce qui t'incombera comme charges. A la fin avec toutes ces charges approximatives tu pourras aller prendre rendez-vous avec un comptable pour voir quel type de société te correspondra le mieux.

@Cactus Tu as raison, les IJ pour arrêt maladie pour les professions libérales ne sont pas versées par la CPAM mais, pour certaines professions libérales, par nos caisses de retraite (à partir du 91ème jour d'arrêt) et par notre prévoyance si on en a (pour moi c'est à partir de 15 jours d'arrêt)
 
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