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Féliciter les mères autour de moi, ma nouvelle bonne résolution

Personne ne dit à un jeune père : "tu as de la chance, ta femme est super investie". Et c'est bien dommage.

Temps de lecture : 3 minutes

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La première fois et la dernière fois qu’on félicite une mère, c’est juste après l’accouchement : « félicitations madame, c’est une fille/un garçon ». Ensuite, il est rare qu’on souligne ses qualités de maman ou qu’on valorise son travail parental, pourtant immense et souvent invisible.

Cela fait plusieurs semaines que j’ai envie d’écrire un texte sur le sujet. Depuis la publication de cet article de Fabrice, où il explique comment il a réussi à trouver sa place de daron, et qui a suscité de vifs débats dans les commentaires.

Un « super père » ou une mère lambda ?

Plusieurs lectrices ont souligné, à juste titre, qu’un homme considéré comme un « super papa » par la société, était en réalité une mère très lambda. Et c’est assez injuste, non ?

L’entourage de jeunes parents a plutôt tendance à remarquer et valoriser les efforts faits par les pères, notamment auprès des mères. En leur disant des trucs du style : « tu as de la chance, il t’aide », « waouh, il a pris son mercredi après-midi pour l’emmener chez le pédiatre ?! ».

J’imagine que la logique derrière est de féliciter les pères qui s’investissent plus que les autres (ou que les générations précédentes). C’est sûr que quand on regarde les chiffres de l’Insee sur le travail domestique (qui datent de 2010, il n’y a pas eu d’enquête plus récente), il y a de quoi bader sévèrement.

Les femmes qui vivent en couple avec des enfants consacrent environ 34 heures par semaine aux tâches ménagères et aux soins des enfants, contre seulement 18h pour les hommes dans la même configuration (NB : il n’y a pas eu d’étude dédiée de l’Insee aux familles homoparentales, et c’est bien dommage).

C’est sûr qu’en lisant ces chiffres, les pères qui assurent quasiment 50% des tâches ménagères semblent être des héros, alors que ça devrait être… normal. Personne ne dit à un jeune père : « tu as de la chance, ta femme est super investie ». Ça paraît même incongru, écrit comme ça, noir sur blanc.

Et pourtant, être mère est aussi dur qu’être père. J’ai même tendance à penser que c’est plus dur, au moins au début, vu qu’on se coltine l’accouchement et le post-partum

Être parent : un rôle difficile pour les pères comme pour les mères

Être parent est un rôle difficile, souvent ingrat et qui n’a rien d’inné. Les femmes comme les hommes apprennent sur le tas à prendre soin de leurs enfants. Et si la parentalité peut rendre certaines personnes très heureuses, elle peut aussi les presser comme des citrons jusqu’à l’épuisement.

J’en profite pour redire qu’on a mille fois le droit de ne pas avoir envie de devenir parent, et que cet article n’est pas une nouvelle brique au monument élevé à la gloire de la maternité. Mon idéal de société est un monde où les femmes et les hommes ont la possibilité de devenir la personne qu’ils ou elles veulent être, sans pressions ou injonction à la maternité par exemple.

Je pense toutefois que les parents qui consacrent du temps à l’éducation de leurs enfants contribuent de manière utile à la société, et que le travail des mères comme des pères a besoin d’être reconnu et valorisé. Bref, les parents ont besoin de bienveillance et de soutien.

Il ne s’agit donc pas d’arrêter de féliciter les pères qui consacrent du temps à leurs enfants, mais de commencer à féliciter aussi les mères qui le font. Jusqu’ici, je n’ai jamais pensé à dire aux jeunes mères de mon entourage qu’elles faisaient un super taf. Que j’étais bluffée par leur patience et leur courage. Que leurs enfants avaient l’air heureux, épanouis, confiants et aimés.

Être mère ou père, une situation choisie mais pas toujours facile à vivre

Je sais qu’elles font de leur mieux et qu’elles se lèvent la nuit, consolent, écoutent, nourrissent, lavent, changent, habillent, soignent, jouent, câlinent. Sans que personne ne leur distribue de médailles ou de bons points pour ça.

Bien sûr, c’est une situation qu’elles ont choisi la plupart du temps. Ça ne veut pas dire que c’est facile à vivre tous les jours. Ou qu’elles n’ont pas le droit de craquer, d’avoir des coups de mou ou besoin d’aide. Les parents sont des êtres humains, et des individus à part entière.

En écoutant mes proches me raconter leurs vies de mères et en lisant celles d’autres femmes sur le forum, je comprends mieux ce que cela veut dire d’être mère H24. Et je te propose qu’on commence toutes et tous à féliciter aussi les mères de notre entourage.

Je commence en citant Laurène, Claire, Laura, Virginie, Pia, Fanny, Cécile et toutes les jeunes mères qui lisent ce texte mais que je ne connais pas encore. Vous faites un super taf !

Et toi, qu’est-ce que tu penses de cette idée ? Viens en parler dans les commentaires !

 

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Le dernier commentaire

10 Juin 2019, à 18:57
Merci pour cet article.
Il y a un mois, une amie de longue date m'a asséné un magnifique : "ça va de quoi tu te plains, t'as même pas de travail !" ( Je lui disais que j'étais moi même assez occupée...) Suivit d'un " en plus t'as une nounou, ta fille tu t'en occupes même pas dans la journée" Ouiiiiiiiiii, parce que dans la journée j'ai besoin de temps pour chercher du travail justement:annoyed:. Et je m'occupe de ma fille tout le reste de mon temps dans la journée. Parfois aussi la nuit. Chaque weekend. Je ne peux pas rêver me lever plus tard sous prétexte qu'on est dimanche. Je suis réveillée chaque matin par un bébé qui pleure, et je me retrouve régulièrement à nettoyer du caca de bébé poisseux avant même d'être réveillée complètement.... Et je ne suis pas payée plus à la fin du mois. Donc merci à ceux et à celles qui font ce constat, ça fait chaud au cœur:hugs:
 
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