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Et si les fausses couches à répétition étaient liées à une mauvaise qualité du sperme ?

Pour la première fois, une étude scientifique se penche sur l’autre moitié du “problème”.

Temps de lecture : 2 minutes

Des scientifiques de l’Imperial College à Londres se sont penchés sur le lien entre les fausses couches à répétition et la qualité du sperme.

Dans une étude publiée au sein de la revue Clinical Chemistry, le Dr Jayasena et ses collègues expliquent que le sperme du partenaire était jusqu’ici peu analysé dans le cas des fausses couches à répétition. (Alors que bon, il apporte quand même 50% des gamètes il me semble…).

De l’ADN endommagé dans les spermatozoïdes

Lorsqu’une femme subit plus de trois fausses couches consécutives, les médecins ont en effet plutôt tendance à se concentrer sur son état de santé, en recherchant par exemple une éventuelle infection.

Cette étude suggère que la santé du géniteur joue également un rôle. Les scientifiques ont analysé les spermatozoïdes de 50 hommes dont la partenaire avaient fait des fausses couches à répétition. Ils ont ensuite fait la même chose avec 60 autres hommes dont la partenaire n’avaient pas fait de fausse couche.

En comparant les deux groupes, ils ont remarqué qu’il y avait deux fois plus de dommages au niveau de l’ADN dans les spermatozoïdes du premier ensemble.

L’équipe pense que cette altération de l’ADN dans les spermatozoïdes est liée aux dérivés réactifs de l’oxygène (“reactive oxygen species” en anglais). Ces molécules présentes dans le liquide séminal sont censées protéger les spermatozoïdes des infections et des bactéries, mais leur trop forte concentration peut endommager l’ADN.

Des bactéries, l’âge ou le surpoids ?

Pour l’instant, les scientifiques ne savent pas exactement pourquoi le sperme de ces hommes contenait plus de dérivés réactifs de l’oxygène.

“Aucun des participants de l’étude n’était infecté par la Chlamydia, qui est connue pour dégrader la qualité du sperme”, précise le Dr Jayasena. “Mais d’autres bactéries provenant d’infections passées peuvent se nicher dans la glande prostatique qui produit le liquide séminal. Leur présence entraînerait alors un niveau élevé permanent de dérivés réactifs de l’oxygène”.

Selon le chercheur, deux autres facteurs peuvent peut-être expliquer cette moindre qualité du sperme : l’âge et le surpoids. Les 50 participants à l’étude étaient en effet plus âgés (37 ans en moyenne au lieu de 30 ans) et légèrement plus en surpoids que les hommes du groupe test.

L’équipe doit maintenant poursuivre ses recherches pour savoir si ces deux éléments sont réellement déterminants dans le cas des fausses couches à répétition.

“Bien qu’il s’agisse d’un échantillon restreint, cette étude nous donne des pistes à suivre », se réjouit le Dr Jayasena. « Si nous confirmons avec d’autres recherches qu’une concentration élevée de dérivés réactifs de l’oxygène dans le sperme augmente le risque de fausse couche, alors nous pourrons essayer de développer des traitements pour faire baisser cette concentration et ainsi augmenter les chances de mener une grossesse à terme”.

Si toi aussi, cette étude te fait penser fortement à The Handmaid’s Tale, viens me le dire dans les commentaires.

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Le dernier commentaire

22 Jan 2019, à 10:23
Pour celles et ceux que ça intéresse, je suis tombée sur cet article (bien sourcé) :
http://www.slate.fr/story/138194/silence-sexiste-age-pere

Le lien est clairement démontré entre fausses couches (et anomalies génétiques, et difficultés à concevoir) et âge du père.

Les femmes ne seraient pas les seules à être responsables de la fertilité du couple, c'est fou non ?! :eek::eek:

:troll:
 
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