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Fuites urinaires chez les femmes : et si on brisait le tabou ?

Si un grand nombre de femmes sont concernées par les fuites urinaires, peu osent pousser la porte d’un professionnel de santé pour en parler. Pourtant, ce ne sont pas les solutions qui manquent pour « rester au sec ».

Temps de lecture : 5 minutes

En partenariat avec Asept InMed.

Selon l’Association Française d’Urologie (AFU), 3 millions de femmes de tous âges seraient concernées par les fuites urinaires et les problèmes d’incontinence. Une étude norvégienne, dont les résultats peuvent être généralisés à la France, révèle que 12% des femmes de 20 à 29 ans seraient touchées, et cette proportion augmente avec l’âge.

Pourtant, malgré ces estimations élevées, peu de personnes consultent pour leurs problèmes de fuites urinaires et le sujet reste relativement tabou. Dans cet article réalisé en partenariat avec Asept InMed, je te propose d’en apprendre plus sur ces fameuses « fuites » ainsi que sur les différents traitements et aides qui existent.

Les fuites urinaires chez les femmes, à quoi sont-elles dues ?

Afin de comprendre les causes de l’incontinence urinaire chez les femmes, il faut faire un peu d’anatomie et se replonger dans ses cours de SVT.

« Le maintien de la continence dépend du bon fonctionnement de nombreux éléments. Le plancher pelvien, ce « hamac » qui soutient tous les organes dont la vessie, doit être tonique afin de pouvoir empêcher la fuite des urines », explique Anne-Marie Curat, présidente du Conseil national de l’Ordre des sages-femmes.

En effet, « si le périnée est trop distendu, comme ça peut être le cas pendant la grossesse ou après un accouchement par voie basse, il va avoir du mal à se contracter et donc à verrouiller le sphincter, ce muscle qui permet d’empêcher les urines de s’échapper de la vessie. »

On parle alors d’incontinence « d’effort » car ces fuites involontaires et non liées à une envie d’aller aux toilettes surviennent la plupart du temps lors d’un effort physique (séance de sport, port de charge lourde, fou rire devant les récap rigolos de Game of Thrones, etc.)

Les fuite urinaires, un trouble multifactoriel

Il n’y a pas que les femmes enceintes et celles qui viennent d’accoucher qui peuvent être concernées par les fuites urinaires : un surpoids, une descente d’organes et les changements hormonaux de la ménopause jouent aussi sur la tonicité du plancher pelvien, ce qui explique pourquoi beaucoup de femmes de plus de 50 ans constatent l’apparition de fuites.

« D’autre part, l’incontinence peut parfois être expliquée par des causes anatomiques : certaines femmes ont un urètre (NDLR : le canal qui conduit l’urine de la vessie vers l’air libre) plus court que d’autres, ce qui favorise les problèmes urinaires », ajoute Anne-Marie Curat.

L’hyperactivité vésicale, une cause d’incontinence chez les femmes

Si la tonicité du périnée est importante pour assurer une continence urinaire normale, les fuites peuvent aussi être causées par une hyperactivité vésicale (voire par les deux en même temps dans le cas de l’incontinence mixte). Celle-ci se caractérise par un besoin soudain et irrépressible d’uriner. (Et qui n’aurait rien à voir avec l’absorption trop rapide de bière.)

Les origines de ce syndrome sont variées : il peut apparaître lors d’une infection comme une cystite, ou encore être la conséquence d’un rétrécissement de l’urètre. Dans le cas d’une jeune femme qui n’aurait jamais été enceinte, une consultation avec un médecin pourra permettre d’éliminer les causes neurologiques pour expliquer l’incontinence. En effet, certaines maladies du système nerveux peuvent être à l’origine de ce dysfonctionnement.

Peut-on prévenir l’apparition des fuites urinaires ?

Pour Anne-Marie Curat, « la meilleure façon d’éviter les fuites urinaires, avant comme après la grossesse, c’est d’entretenir son périnée. C’est sur lui que repose tout le bon usage du plancher pelvien, il mérite donc qu’on en prenne soin. »

Afin de tonifier ce muscle clé, il est conseillé de pratiquer une activité physique régulière tout en évitant les sports provoquant des à-coups (RIP la corde à sauter). Le yoga et la méthode Pilates sont d’ailleurs particulièrement recommandés pour prendre conscience de son périnée et apprendre à le préserver jour après jour.

Tu peux aussi faire gaffe à ton hygiène de vie pour ménager ta vessie : la fumée de cigarette et l’alcool ont tendance à l’irriter, tandis que le thé et le café incitent les reins à produire davantage d’urine. Pour éviter tout problème de miction (l’action d’uriner), il vaut donc mieux faire preuve de modération.

Enfin, (ré)apprendre à correctement éliminer ses selles et ses urines est toujours bénéfique sur le long terme. On ménage à la fois son périnée et sa vessie en ne forçant pas et en ne se retenant pas trop souvent (ni trop longtemps) d’aller aux toilettes.

Quelles sont les solutions en cas d’incontinence ?

Malgré son impact sur la qualité de vie, 10 à 15% seulement des incontinences urinaires sont prises en charge. Pourtant, des solutions existent pour en réduire considérablement les symptômes, il ne faut donc pas hésiter à en parler à un médecin (généraliste, urologue, gynécologue…) ou à une sage-femme pendant une grossesse ou après un accouchement.

La rééducation du périnée est généralement proposée en première intention. Réalisée par un kinésithérapeute ou une sage-femme après un accouchement, elle permet de renforcer la tonicité des muscles qui constituent le plancher pelvien. « Pendant la grossesse, il est inutile de chercher à régler ses problèmes de fuites urinaires : le poids du bébé et les hormones ne permettront pas d’obtenir un résultat intéressant, surtout si on accouche ensuite par voie basse », indique Anne-Marie Curat.

« En revanche, environ six semaines après l’accouchement, on peut commencer la rééducation. En général, on recommande au moins 10 séances, mais ça peut aller jusqu’à 30. Si on ne constate aucune amélioration au bout de ces 30 séances, il est préférable de rencontrer un urologue afin d’étudier d’autres solutions. »

Différents traitements plus ou moins invasifs selon les cas

Le traitement d’une incontinence sévère est essentiellement chirurgical : « Dans le cas d’une incontinence d’effort, la technique la plus courante consiste à poser une bandelette sous-urétrale pour renforcer les tissus de soutien de l’urètre », explique le professeur Xavier Gamé, secrétaire général de l’Association Française d’Urologie.

Si jamais cette intervention ne peut pas être réalisée ou est jugée insuffisante, il existe d’autres solutions comme la pose d’un sphincter artificiel et, en dernier recours, l’installation de ballonnets de chaque côté de l’urètre pour ajuster la continence.

« Pour lutter contre l’hyperactivité vésicale, l’urologue peut aussi conseiller certains médicaments pour relaxer la vessie, la stimulation du nerf tibial par électrodes afin de contrôler l’envie d’uriner au niveau cérébral, ou encore l’injection de toxine botulique A (NDLR : oui, comme le botox !) pour calmer l’hyperactivité de la vessie », complète le professeur.

Si les fuites sont légères, le port d’un dispositif intravaginal peut être recommandé pour bloquer l’écoulement des urines lors d’activités « à risque » comme un cours de sport ou une séance de running. Pour le professeur Gamé, « ce type de dispositif médical est très intéressant pour diminuer les fuites urinaires dues à une incontinence d’effort. Ils permettent aux personnes de rester actives sans être gênées par leur incontinence. »

Uresta, le soutien vésical pour lutter contre l’incontinence d’effort

Uresta, distribué en France par Asept InMed et développé au Canada par Résilia, est justement un dispositif médical pensé pour permettre aux femmes souffrant d’incontinence d’effort de pouvoir rester au sec pendant toutes les activités du quotidien. Avec sa forme de cloche, il travaille en synergie avec le corps pour soutenir l’urètre afin d’arrêter ou de diminuer considérablement les fuites d’urine.

Uresta s’insère dans le vagin, de la même façon qu’un tampon ou une coupe menstruelle et peut être utilisé pendant un an. Pour Stéphanie, une des cinq lectrices de Rockie qui ont pu tester le soutien vésical, « l’installation n’a posé aucun problème ». Même constat chez une autre lectrice : « ça fait longtemps que je ne porte plus de tampon, mais la technique est vite revenue ! ». Une fois inséré, le dispositif s’est fait totalement oublier et les testeuses ont pu vaquer à leurs occupations sans gêne particulière. Elles ont également pu aller aux toilettes sans avoir à retirer Uresta.

Le retrait du dispositif a en revanche été un peu plus complexe à gérer pour certaines d’entre elles. En cas de difficultés pour cette étape, l’entreprise conseille de saisir le dispositif par la poignée et de le faire pivoter d’un quart de tour tout en tirant délicatement dessus pour « relâcher la succion ».

Qu’elles aient porté le dispositif une journée entière ou quelques heures, les lectrices ont toutes souligné son efficacité. Malgré « le rhume des foins et les centaines d’éternuements », les dessous de Stéphanie « sont restés secs toute la journée ». Aline, qui s’est retrouvée dans plusieurs situations propices aux fuites, a aussi remarqué que « rien ne s’était produit ». Une bonne nouvelle pour celles qui n’osaient plus pratiquer leurs activités préférées par peur de se retrouver incommodées.

Et toi, tu trouves aussi qu’on ne parle pas assez des fuites urinaires ? Tu as été ou tu es confrontée au problème ? Viens en parler dans les commentaires !

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Le dernier commentaire

6 Juin 2019, à 01:25
Je vois que ça a pas été abordé alors je place au cas où ça puisse aider certaines : les boules de geisha c’est fait pour la rééducation du périnée. Ca peut être je pense un moyen de régler ce soucis d’incontinence de façon plus solitaire/intime et aussi moins chronophage si c’est ce que vous cherchez. Mais c’est pas suffisant pour tout le monde.
 
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