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Suivi de grossesse et accouchement pendant le coronavirus, on fait le point !

Tu es enceinte et tu te demandes comment l'épidémie de coronavirus va influer sur ton suivi de grossesse et ton accouchement ? C'est par ici que ça se passe !

Temps de lecture : 6 minutes
Cet article concerne le suivi de grossesse et l’accouchement des femmes enceintes non-contaminées par le coronavirus. Dans le cas d’une contamination, les recommandations officielles diffèrent et peuvent être consultées sur le site de la Haute Autorité de Santé.

La grossesse, lorsqu’elle est désirée, est un long chemin semé d’émerveillements, de craintes et de questionnements existentiels (« Vraiment ? Mon corps peut créer un être humain miniature ? »).

Ces 9 mois sont une parenthèse plus ou moins enchantée dans la vie d’une femme, et chacune se fait sa propre idée, construit ses propres rêves autour de cet heureux événement.

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Seulement, toutes celles qui sont tombées enceintes entre juillet 2019 et aujourd’hui n’avaient certainement pas imaginé qu’elles devraient porter et donner la vie en pleine pandémie mondiale de coronavirus.

À la rédac, nous avons reçu beaucoup de témoignages de femmes enceintes asymptomatiques inquiètes pour leur suivi de grossesse, pour le déroulement de leur accouchement ainsi que pour les conditions de leur séjour en maternité pendant le confinement. Voici quelques éléments de réponses à leurs questions parfaitement légitimes.

Le suivi des femmes enceintes pendant le confinement

Lorsqu’elle tombe enceinte, les rendez-vous médicaux de suivi et de dépistage rythment la vie d’une femme. Ces consultations, effectuées en ville comme à l’hôpital, permettent de suivre la bonne évolution de la grossesse et de dépister les facteurs de risques éventuels.

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Certaines échéances, comme l’échographie du 1er trimestre, sont même attendues avec impatience par les futurs parents avides de voir leur « bébé » pour la première fois !

Mais avec l’épidémie de Covid-19 qui sévit actuellement en France, le suivi médical de la grossesse a dû être repensé afin d’assurer la sécurité de tous, soignants, patientes et bébés.

Une nouvelle qui ne manque pas de stresser de nombreuses lectrices de Rockie comme Juliette, enceinte de son premier enfant :

J’ai la chance d’avoir eu une première échographie classique, juste avant l’annonce du confinement, mais je suis un peu perdue concernant le suivi de mes 6 prochains mois de grossesse. Est-ce que mon conjoint pourra être présent pour les prochains rendez-vous ? Et comment vont se dérouler mes séances de préparation à l’accouchement ?

Afin d’apporter une réponse à ces interrogations légitimes, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié une liste de recommandations destinées à assurer la continuité de prise en charge des femmes enceintes en période de forte sollicitation des professionnels de santé et de limitation des déplacements.

Evidemment, ces mesures doivent être adaptées de façon individuelle, en fonction de l’état de santé de chaque patiente.

Les recommandations de la HAS sur le suivi de grossesse
  • Maintenir en présentiel les 3 échographies du premier, deuxième et troisième trimestre, ainsi que la consultation du 9e mois.
  • Pour les femmes à bas risque obstétrical, privilégier la téléconsultation pour les rendez-vous du 4e et du 6e mois.
  • En fonction du risque obstétrical, regrouper les consultations du 7e et du 8e mois, associées à l’échographie du 3e trimestre.
  • Réaliser la consultation d’anesthésie par téléphone avec l’envoi préalable d’un questionnaire.
  • Pour les grossesses gémellaires, les recommandations habituelles sont maintenues, soit un examen échographique toutes les 4 semaines pour les grossesses bichoriales et toutes les 2 semaines pour les grossesses monochoriales.

Concernant la présence d’une ou d’un accompagnant pendant les échographies, les recommandations du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) sont claires : « aucun accompagnant avec la femme enceinte, aussi bien dans le cabinet de consultation que dans la salle d’attente ». Un coup dur pour les couples, mais une nécessité pour la protection de tous.

Enfin, au sujet des séances de préparation à la naissance et à la parentalité réalisées par des sages-femmes, la HAS préconise qu’elles soient faites à distance au moyen de téléconsultations.

Travail et accouchement pendant l’épidémie de coronavirus

Les 9 mois de gestation se terminent en apothéose par l’accouchement, précédé de la parfois très longue période de « travail ».

Pour ces dernières heures avant de rencontrer son bébé, la femme enceinte est la plupart du temps accompagnée par son conjoint ou par un proche de son choix.

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Mais à cause de l’épidémie de coronavirus, la présence d’un accompagnant est parfois remise en cause, ce qui inquiète un grand nombre de lectrices de Rockie dont Julie, qui doit accoucher fin mai :

Tous les jours je lis que, dans de plus en plus de maternités, les papas ne sont plus admis en salle de naissance, et même si j’ai encore un peu de temps devant moi, ça ne me rassure pas du tout !

Afin de permettre à l’accouchement de garder sa composante humaine et familiale, le CNGOF a publié une note le 27 mars dernier recommandant d’accepter l’accompagnant·e en salle de naissance à partir de la phase active de travail, sans possibilité de va-et-vient.

Bon, il est quand même possible d’aller aux toilettes, mais il faudra attendre 2 heures après l’expulsion du nouveau né pour aller manger un sandwich ou fumer une cigarette.

En revanche, si une césarienne est nécessaire, personne ne sera accepté dans la salle.

Certaines lectrices, comme Joanna, qui devrait accoucher dans les semaines qui viennent de son deuxième enfant, ont aussi peur de ne pas pouvoir avoir accès à la péridurale :

Pour mon premier accouchement, j’avais demandé une péridurale et je comptais bien en demander une autre pour le second, mais j’entends de plus en plus autour de moi que je vais devoir faire sans car il n’y aurait plus de médecins anesthésistes dans les maternités ! C’est très stressant pour moi car je ne me suis pas du tout préparée à un accouchement dans la douleur.

Afin de rassurer toutes celles qui comptent sur cette anesthésie pour soulager leurs contractions, le Club Anesthésie-Réanimation en Obstétrique (CARO) a publié un message pour confirmer la «disponibilité d’un anesthésiste-réanimateur 7j/7 et 24 h sur 24 à la maternité afin de prendre en charge les césariennes et les soins d’urgence ».

Concernant l’accès à la péridurale pour l’accouchement, celui-ci « sera préservé au maximum durant toute la période de la pandémie et ce tant que la disponibilité des anesthésistes-réanimateurs sera suffisante. »

Le séjour à la maternité et le retour à la maison pendant le confinement

Après le moment de l’accouchement et de la première rencontre vient celui du repos et de l’apprentissage des gestes de soin. En moyenne, les mères restent entre 3 et 5 jours à la maternité pour un accouchement par voie basse, et jusqu’à 6 jours pour une césarienne.

Ces quelques jours sont aussi l’occasion pour la famille et les proches des jeunes parents de venir s’extasier devant le berceau du nouveau-né et de lui trouver de nombreuses ressemblances physiques avec grand-mère Simone et Bernard Tapie.

Malheureusement, épidémie oblige, les conditions de ce séjour en maternité ainsi que sa durée ont dû être modifiées afin de préserver la santé du duo mère-enfant. Et c’est une annonce qui stresse et chagrine plus d’une lectrice de Rockie !

Selma, qui devrait accoucher autour du 20 avril, est attristée par cette situation :

J’ai appris que mon mari ne pourrait pas m’accompagner dans ma chambre après la naissance de notre fils, ni revenir nous voir pendant mon séjour à la maternité. Même si je comprends pourquoi ces mesures sont prises, je suis triste qu’on ne puisse pas vivre ces premiers jours à trois.

Effectivement, si le père ou le proche peut rester avec la mère et le bébé les deux heures qui suivent la délivrance, il ne pourra pas accéder à la maternité et ne reverra sa famille qu’à sa sortie de l’hôpital ou de la clinique, soit 48h plus tard si tout le monde va bien.

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En effet, l’hôpital étant considéré comme un cluster Covid-19, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande d’organiser, pour les couples mère-enfant à bas risque médical, psychique et social, une sortie précoce de la maternité :

  • à 48 heures de vie du nouveau-né pour une femme ayant accouché par voie basse
  • dans les 96 premières heures de vie du nouveau-né pour une femme ayant accouché par césarienne.

Le suivi de la mère et de l’enfant devra ensuite être effectué en ville par des sages-femmes, pédiatres et médecins généralistes.

Pour en savoir plus sur l’organisation du retour à domicile des mères et des bébés durant la pandémie, tu peux consulter cet article de la HAS.

Dans ces conditions, les frères et sœurs du nouveau-né devront aussi attendre la sortie de la maternité pour le rencontrer.

L’accueil des bébés en néonatalogie en période de Covid-19

Si le tout petit malade ou prématuré doit être accueilli en service de néonatalogie, les conditions d’accès des parents à leur nouveau-né ont aussi dû être révisées à cause de la situation épidémique actuelle.

Marion, qui attend des jumeaux, sait qu’elle a un risque d’accoucher prématurément, et elle a peur de ne pas pouvoir profiter de ses enfants dès leur naissance :

Mes enfants ont un risque de naître prématurément et d’être accueillis en néonat. Avec les règles de sécurité qui vont être imposées, j’ai peur de ne pas réussir à créer un lien fort avec mes filles, et que ce soit encore plus difficile pour leur papa.

Dans un document publié fin mars 2020, le pôle pédiatrique du CHU de Strasbourg assure que « l’accès des parents à leur nouveau-né hospitalisé fait partie intégrante des soins en néonatologie et en particulier des soins centrés sur l’enfant et sa famille », même si « des mesures visant à protéger les nouveau-nés hospitalisés et l’ensemble des adultes présents dans les services de néonatalogie doivent être mises en place ».

Modalité d'accueil des parents en néonatalogie
  • L’entrée classique dans le service ne sera possible que si le parent est asymptomatique, c’est-à-dire qu’il ne présente ni fièvre, ni toux, ni rhinite, ni difficulté respiratoire. Les frères et sœurs ne peuvent pas accompagner leurs parents.
  • L’accès aux nouveau-nés en chambre standard est limité à un seul parent à la fois (portant un masque) sauf dans le cadre de jumeaux ou plus où les deux parents peuvent venir.
  • Pour les parents en chambre d’accompagnement, la chambre reste double (accueil des 2 parents dans la chambre) mais la présence auprès de l’enfant est également limitée à un seul parent à la fois.
  • Pour les parents en chambre mère(père)-enfant en médecine néonatale, un seul parent peut être accompagnant. Le deuxième parent peut venir 1 fois par jour.

Evidemment, toutes ces recommandations officielles sont vouées à évoluer en fonction de l’évolution de l’épidémie.

Que tu sois en début de grossesse comme sur le point d’accoucher, on te souhaite beaucoup de bonheur, corona ou pas !

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Le dernier commentaire

19 Avr 2020, à 10:40
Quelques jours avant notre entrée à la maternité le 29 mars, l'annonce tombait que le papa ne pourrait pas être présent pendant le séjour à la maternité.
J'ai vécu 4 jours très longs confinée avec ma fille dans la chambre à ne croiser que des sages femmes, puéricultrices, aide soignantes... avec un masque.. Beaucoup de visio avec le papa et les familles pour combler le vide. Un retour à la maison très attendu et, depuis 3 semaines de bonheur à 2 avec un peu de tristesse de ne pouvoir présenter notre fille au reste de la famille même si on comprend bien pourquoi

Une nouvelle vient de tomber cette semaine : les papas sont de nouveau accepté à la maternité où j'ai accouché en confinement dans la chambre avec maman + bébé. Un peu d'espoir pour les futurs parents, un peu de regrets pour nous qui sommes passés dans les "mauvaises" semaines.

Courage aux futurs parents gardons en tête que l'objectif c'est que tout le monde se porte bien !
 
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