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La France est le pays où il y a le plus de méfiance envers les vaccins

33% de la population française se méfie de la vaccination... Une exception culturelle qui pose question.

Temps de lecture : 3 minutes

Un tiers des Français·es pensent que les vaccins ne sont pas sûrs. Un pourcentage qui place la France en tête des pays où il y a le plus de méfiance envers la vaccination, selon le sondage Wellcome Global Monitor publié ce mercredi 19 juin.

L’ONG britannique a interrogé 140.000 personnes dans plus de 140 pays pour en savoir plus sur leur rapport à la science et à la médecine. Wellcome leur a notamment posé trois questions sur le sujet de la vaccination : pensez-vous que les vaccins sont 1) sans danger 2) efficaces 3) importants pour les enfants ?

La méfiance envers les vaccins est plus forte dans les pays riches

En moyenne dans le monde, 79% des gens sont d’accord ou plutôt d’accord avec l’affirmation « les vaccins sont sans danger ». 11 % ne sont ni d’accord ni pas d’accord. 3% ne savent pas et seulement 7% ne sont pas d’accord.

C’est dans les pays riches, et notamment en Europe de l’Ouest que la méfiance envers les vaccins est la plus importante. Et la France est (de très loin) le pays du monde où la défiance est la plus importante avec 33% des Français·es qui pensent que les vaccins ne sont pas sûrs (contre 7% dans le monde donc).

Nous sommes aussi l’un des pays où il y a le plus de personnes qui doutent de l’efficacité des vaccins (une opinion partagée par 19% des Français·es) et qui pensent qu’il n’est pas nécessaire de vacciner les enfants (10% des Français·es sont dans ce cas). Il y a donc des parents qui souhaitent vacciner leurs enfants tout en ayant des doutes sur l’efficacité des vaccins et/ou leur innocuité.

Les racines du sentiment anti-vaccins

Selon le rapport, cette méfiance envers les vaccins est présente dans les mêmes proportions dans tous les milieux sociaux. L’âge, le genre, le lieu d’habitation (ville/campagne), le niveau d’études ou le fait d’être parents, n’ont que peu d’impact sur la défiance envers la vaccination.

Cette méfiance envers les vaccins n’est pas nouvelle en France selon le rapport, mais des chercheurs et chercheuses ont observé une hausse du sentiment anti-vaccins après la campagne de vaccination controversée contre la grippe A (H1N1) de 2009.

Lutter contre les antivax

Cette augmentation de la défiance envers les vaccins a créé une baisse de la couverture vaccinale de la population française, entraînant une explosion du nombre de cas de rougeoles et de méningites, selon l’ONG.

À lire aussi : Pourquoi se vacciner est un geste citoyen

Pour lutter contre ce problème, le gouvernement a décidé en 2018 d’étendre le nombre de vaccins obligatoires de 3 à 11 pour les enfants de moins de 2 ans. L’accès aux structures collectives (crèches, écoles, etc) est également interdit à ceux qui ne seraient pas vaccinés.

Une stratégie qui semble payante, puisque la couverture vaccinale a augmenté en France depuis la mise en place de cette obligation. Le nombre de bébés ayant reçu un vaccin contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’haemophilus influenzae de type b et l’hépatite B est passé de 93,1 % à 98,6 % entre 2017 et 2018, selon les chiffres de Santé publique France.

Mise à jour du jeudi 20 juin : Dans les commentaires de cet article, plusieurs personnes ont soulevé un point intéressant que j’ai décidé de partager directement dans l’article. Peut-être aurait-il été plus pertinent de la part de Wellcome de demander « pensez-vous que les bénéfices des vaccins sont supérieurs aux risques ? », plutôt que d’interroger séparément les gens sur le risque des vaccins et sur leur efficacité. Et toi, qu’est-ce que tu en penses ? N’hésite pas à venir poursuivre la discussion dans les commentaires.

Pour aller plus loin :

Ce résultat t’étonne ? Tu as des réflexions à partager sur le sujet ? Viens en parler dans les commentaires…

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Le dernier commentaire

18 Juil 2019, à 14:44
Article très intéressant sur Slate invitant à prendre du recul sur la corrélation nombre de cas de maladie//visibilité des anti-vaccins sur internet et éviter de leur concéder un pouvoir qu'ils n'ont pas :
http://www.slate.fr/story/179553/sante-publique-vaccination-mouvement-antivax-epidemies-rougeole

Daniel Engber a dit:
Compte tenu de tous ces progrès récents, la crise de la rougeole qui secoue actuellement le globe peut sembler quelque peu paradoxale. Regardez ce qu'il se passe en Europe.
En 2017, le continent enregistrait son meilleur taux d'immunisation: un record historique, avec 90% des Européen·nes ayant reçu leurs deux doses et 95% ayant reçu au moins une dose. Puis, presque immédiatement après, la rougeole a balayé le continent, infectant plus de 80.000 personnes rien qu'en 2018 et faisant soixante-douze victimes –un bilan trois fois plus sévère que ce qu'avait connu la région dans l'histoire récente.
[...]
Si la couverture vaccinale est de plus en plus importante, comment expliquer un tel retour de la maladie? Beaucoup de facteurs différents entrent en jeu.
[...]
Pourtant, le scénario sur les antivax persiste –en dépit des chiffres, ou parfois même en s'appuyant dessus. La raison est simple: cette vue de l'esprit se fonde moins sur les faits que sur les réflexes et sur l'idée instinctive qu'une résurgence soudaine de la rougeole doit forcément être le résultat de quelque chose de tout aussi soudain –un mépris grandissant pour les expert·es, peut-être, la propagation d'idées marginales via les réseaux sociaux ou encore le pouvoir irrésistible des fausses informations. Cela semble aller tellement de soi en principe (c'est à la fois tellement exaspérant et rassurant) que les statistiques importent peu.
Approche très intéressante, très holistique au sens non galvaudé du terme. (Même si c'est plus une approche systémique si on est puriste)
 
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