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Une mère porteuse raconte son expérience positive de la GPA

Une mère porteuse, qui a été enceinte dans le cadre d'une GPA (Gestation Pour Autrui), livre un témoignage passionnant sur son expérience.

Temps de lecture : 6 minutes

Puisque je suis nullipare et que je ne veux pas d’enfants, on pourrait croire que je me fous des récits de grossesse.

C’est bien le contraire, ils me passionnent souvent : j’ai épluché le topic des (futures) mamans sur madmoiZelle avant que Rockie ne voie le jour, par exemple !

Ces expériences que je ne vivrai a priori jamais me fascinent.

Alors j’ai doublement sauté sur ce témoignage pas comme les autres : celui d’une mère porteuse, qui a porté un enfant dans le cadre d’une GPA (Gestation Pour Autrui).

Un témoignage de mère porteuse qui a bien vécu la GPA

C’est sur Reddit qu’une certaine Rigabamboo (un pseudo, j’imagine) (ou alors elle avait des parents très imaginatifs) a choisi de raconter son histoire.

Bon, comme tout sur Internet, c’est à prendre avec des pincettes : ce n’est qu’un témoignage anonyme isolé, qui ne prétend pas représenter une réalité bien plus complexe, ni généraliser !

Mais comme vous aviez été plusieurs à regretter l’absence de paroles de mères porteuses après l’épisode d’Histoires de Darons sur deux papas ayant eu recours à la GPA, je me suis dit que cela devrait quand même vous intéresser.

Vous pouvez donc lire toutes les questions posées à Rigabamboo, et ses réponses, sur Reddit (en anglais), sinon je vous fais un résumé ici.

Le témoignage d’une mère porteuse : les aspects pratiques

Rigabamboo propose aux membres de Reddit de répondre à leurs questions de la manière suivante :

« Il y a un an, on a implanté dans ma muqueuse utérine un embryon appartenant à un couple avec lequel mon agence de GPA m’a mise en relation, et il y a 3 mois, j’ai donné naissance à un bébé qui n’a aucun lien génétique avec moi.

C’était une expérience formidable, et étonnamment bien payée ! »

Une mère porteuse témoigne : combien a-t-elle été payée ?

La question la plus plébiscitée est donc, logiquement… c’était payé combien ?

Rigabamboo a gagné 50 000$, en plus de voir toutes ses dépenses médicales couvertes (elle vit aux États-Unis, il n’y a pas la Sécu comme en France) et les éventuels frais (voyage, logement…) remboursés.

L’argent était principalement versé par mensualités. À une question délicate qui demande si elle aurait été payée en cas de fausse couche, elle répond honnêtement :

« Si j’avais fait une fausse couche, j’aurais pu garder les mensualités reçues jusqu’à ce moment, mais il n’y aurait pas eu d’autres versements ensuite. »

Une femme lui explique être tentée par le fait de devenir mère porteuse, mais explique que là où elle vit, au Canada, c’est illégal d’être payée pour ça, au-delà du remboursement des frais médicaux.

Est-ce que Rigabamboo l’aurait fait s’il n’y avait pas 50 000$ à la clef ?

« Honnêtement… non, je ne crois pas.

L’argent n’était pas ma seule motivation, mais ça pesait quand même lourd au moment de décider de traverser la fécondation in vitro, la grossesse, l’accouchement, et le post-partum. »

Une mère porteuse témoigne : quid de la légalité ?

Dans certains États des États-Unis, la Gestation Pour Autrui est légale.

Rigabamboo renvoie vers cette carte qui classe les États, des plus permissifs (en vert clair) aux plus restrictifs (en rouge) sur la question.

Ça lui a d’ailleurs posé quelques soucis dans sa vie personnelle :

« Après 30 semaines de grossesse, mon contrat stipulait que je devais rester dans l’État où je vivais, à 75km maximum de l’hôpital où j’étais censée accoucher.

C’était contraignant car j’étais en relation longue distance avec mon compagnon, donc pendant mes deux derniers mois de grossesse je ne pouvais plus aller le voir, il fallait que ce soit lui qui se déplace.

Il y a un mois, j’ai emménagé dans le même État que lui, on vit ensemble, mais j’aurais déménagé plus tôt si je n’avais pas été mère porteuse.

Sauf que l’État où il habite n’a pas légalisé la Gestation Pour Autrui, donc mon contrat ne m’aurait pas permis d’y vivre. »

Pour rappel, en France, la Gestation Pour Autrui n’est pas légale. Du tout. Et la filiation des enfants nés par GPA à l’étranger reste un sujet complexe.

Le témoignage d’une mère porteuse : et si je m’attachais au bébé ?

Rigabamboo a déjà un enfant à elle, une fille de 4 ans.

Ce n’était donc pas sa première grossesse (c’est d’ailleurs l’une des conditions requises par l’agence à laquelle elle s’est adressée).

Beaucoup de personnes lui demandent si elle s’est attachée à ce bébé qui a grandi en elle pendant 9 mois, si l’accouchement était dur, si elle n’a pas douté…

Mais elle semble sûre d’elle !

« Je ne me suis pas vraiment attachée. Même quand j’ai eu mon propre bébé il y a 4 ans, ça a pris quelques semaines avant que je sente un lien fort.

Donc en choisissant de devenir mère porteuse, j’étais plutôt sûre que ça ne me rendrait pas triste de « donner » le bébé.

Le couple pour lequel j’ai accouché, ce sont des gens formidables, et ça me rend heureuse de savoir que le bébé que j’ai porté va recevoir de l’affection et de l’amour à leurs côtés. »

Le témoignage d’une mère porteuse : l’accouchement

Le couple pour lequel Rigabamboo a porté un bébé est venu à l’hôpital pour l’accouchement, qui s’est tout à fait bien passé, sans complications.

Quant aux « rituels » post-naissance, ils ont été un peu différents de ce qui se fait habituellement :

« La mère du bébé (pas moi) a fait le peau-à-peau. J’ai pu m’allonger et me reposer !

La première fois que j’ai tenu le bébé, c’était le lendemain matin. J’ai senti un lien plus fort que si c’était n’importe quel bébé, mais pas fort au point d’avoir du mal à le confier à ses parents.

Ils vont lui donner tant d’amour, à ce bébé ! »

Certaines mères porteuses tirent leur lait pour le confier aux parents, mais Rigabamboo n’aime pas ça et a donc choisi de ne pas le faire : le bébé est nourri au lait en poudre.

Elle a néanmoins tiré du colostrum, ce « premier lait maternel » riche en anticorps et protéines, quand elle était à l’hôpital, après l’accouchement.

Rigabamboo explique avoir vécu deux mois de dépression post-partum après l’accouchement, comme ça avait déjà été le cas pour son bébé à elle.

Les antidépresseurs prescrits par son médecin ont aussi été couverts par son contrat.

Le témoignage d’une mère porteuse : le regard des autres

Logiquement, cette femme a passé 9 mois à « avoir l’air d’attendre un bébé »… qu’elle n’allait pas garder pour elle-même.

Comment a-t-elle géré la situation, et les gens qui pensaient avoir affaire à une femme enceinte « comme une autre » ? Rigambamboo raconte :

« Généralement, je souriais et je disais merci pour les félicitations, ou je répondais à la question posée, sans m’embêter à corriger l’idée comme quoi c’était mon bébé.

Je n’allais pas entrer dans les détails avec tous les caissiers qui me demandent si c’est mon premier, si c’est un garçon ou une fille, etc.

Ça faisait toujours marrer mon copain d’être félicité par les gens qui pensaient qu’il était le père ! »

Le témoignage d’une mère porteuse : la vie de couple

Son copain, parlons-en !

Je pense que tous les partenaires ne seraient pas forcément à l’aise avec le fait d’avoir une compagne qui devient mère porteuse pour un autre couple.

Mais il n’y a pas eu de problème ici, et pour cause :

« Il a été incroyable, il m’a soutenue à fond. Il a vécu la GPA côté parent (sa fille est née par GPA aussi), donc il comprenait ce que je traversais. […]

J’avais déjà commencé le processus quand je l’ai rencontré. Après notre premier rendez-vous, ça se voyait que c’était du sérieux entre nous, donc je l’en ai informé pour qu’il décide s’il voulait sortir avec une femme qui s’apprêtait à être enceinte du bébé d’un autre couple.

Il est resté ! »

Quant à sa fille, Rigabamboo lui a simplement expliqué : « que je connaissais une personne qui voulait vraiment être maman, et que je lui fabriquais un bébé pour qu’elle puisse devenir maman ».

Le témoignage d’une mère porteuse : les parents du bébé

Rigabamboo ne tarit pas d’éloges au sujet du couple pour lequel elle a porté un enfant, et tant mieux : c’est rassurant, j’imagine, de savoir que le bébé auquel on a donné naissance grandira dans une famille aimante.

Cependant, ces parents font partie d’une minorité… car ils ne comptent pas dire à leur enfant qu’il est né par GPA.

« Leur plan, actuellement, est de ne dire ni à l’enfant ni à personne d’autre qu’ils ont eu recours à une mère porteuse, mais c’est plutôt rare.

La plupart parlent librement de la GPA.

Je me demande s’ils vont changer d’avis ou le dire à l’enfant dans quelques années. J’espère que oui ! »

(Je suis obligée de le mentionner : une personne imagine qu’il s’agit d’un couple de superstars ne voulant pas admettre qu’ils ont eu recours à une mère porteuse) (précisément Kim Kardashian et Kanye West) (je vote pour cette théorie car j’adore les théories.)

Le couple envoie régulièrement à Rigabamboo des photos du bébé, mais puisqu’ils ne comptent pas dire la vérité à leur enfant, elle ne pourra a priori jamais lui rendre visite, sauf s’ils changent d’avis.

Voilà, c’est l’essentiel de ce témoignage que j’ai trouvé fascinant. Qu’en as-tu pensé, toi ? Comment te positionnes-tu par rapport à la GPA ? Viens m’en parler dans les commentaires !

À lire aussi : La loterie de la grossesse, entre corps qui change et hormones en folie

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Le dernier commentaire

5 Nov 2019, à 18:57
Je vois qu'on est très loin du consensus au sujet de la GPA :yawn: Je me place dans la catégorie des indécis "oui-enfin-peut-être-enfin-ça-dépend-des-cas" et comme il est bien sûr impossible de légiférer au cas par cas... je change d'avis un peu tous les jours :shifty:

En fait je viens plutôt pour réagir à cette histoire de rémunération.

Je vous mets ça en spoiler parce que je parle plutôt du don d'ovocyte (pour comparer) et je suis peut-être un peu HS.

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