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4 idées reçues que j’avais sur Paris avant d’y vivre

La vie à Paris fait l'objet de nombreuses idées reçues et autres clichés pas forcément véridiques. Mymy vient te détricoter quelques fausses vérités !

Temps de lecture : 6 minutes

Aujourd’hui, ça fait 4 ans et des poussières que je vis à Paris.

Emménager à la capitale, ça n’a jamais été un rêve pour moi : je n’ai pas d’affect particulier avec la « ville Lumière » (plutôt grisâtre, d’ailleurs, cette lumière).

Comme beaucoup de Parisiens et Parisiennes d’adoption, j’y suis venue par nécessité et non par choix. La France reste un pays centralisé même quand on bosse sur Internet, et mon rôle de manager n’est pas gérable en télétravail ; j’ai donc fini par prendre mes cliques, mes claques, et « monter à Paris » quand madmoiZelle s’y est installée.

Paris et moi, une histoire ambivalente

Pour être honnête, j’ai repoussé l’échéance le plus longtemps possible : je n’avais pas envie de vivre à Paris.

L’aspect tentaculaire, étouffante de cette grande ville qui m’intimidait toujours, ses transports en commun vétustes par rapport à mon cher métro lyonnais, le coût élevé de la vie, le fait que je n’avais pas de proches à la capitale… autant de raisons de traîner des pieds.

Mais au final, je me suis faite à Paris, et je me rends compte que j’étais pleine d’idées reçues sur cette ville. Voici quelques-uns des clichés qui ne collent pas à ma réalité !

Idée reçue n°1 : à Paris, tout est cher

C’est probablement le truc qu’on entend le plus sur la capitale : tout coûte UNE BLINDE. Je ne compte plus le nombre de vannes sur les bières à 12€ et les bols de quinoa à 20€ prisés par ces pigeons de bobos parisiens.

Ma solution est simple : il suffit de ne pas être un pigeon de bobo parisien !

Ce qui est vrai, c’est qu’à Paris, le logement est cher. Ça, on n’y coupe pas. C’est hors de prix, je paie pareil pour 25m² que pour 80m² à Lyon. J’avais une BUANDERIE, putain ! Une pièce qui sert à foutre ma machine à laver et C’EST TOUT ! Maintenant, j’ai une chambre-salon-cuisine… la seule porte de mon appart, c’est celle de la salle de bains.

Le coût des loyers et de l’accès à la propriété est un vrai problème à Paris, et la gentrification repousse les populations moins aisées vers la banlieue en rendant « hype » des quartiers populaires, je ne le nie pas. Même si je note quand même qu’il existe des HLM un peu partout en ville, ce qui est cool, seulement la liste d’attente est longue une fois qu’on a fait la demande.

Cependant, il est possible de ne pas se faire siphonner l’intégralité de son livret A juste pour passer 1h en terrasse à Paris.

Mes bars préférés (même au centre-ville !) font la pinte à 3 ou 4€, de quoi grignoter pour moins de 5€, mes restau favoris proposent entrée-plat ou plat-dessert à 12€…

Pour mes courses, je ne suis pas cantonnée aux petites surfaces hors de prix : j’ai la chance d’habiter à côté d’un des Lidl situés intra-muros, et j’ai aussi accès à un marché plusieurs jours par semaine.

Pour me saper, je peux aller dans des enseignes classiques pas trop chères (C&A ma passion), fouiller les friperies ou prendre un métro jusqu’à un centre commercial en proche banlieue.

Pour me meubler, j’ai le choix entre diverses brocantes, et les Recycleries ou autres boutiques Emmaüs qui proposent de la récup et de l’occasion très abordables.

Pour aller au ciné, je ne suis pas obligée de me taper les multiplexes à 12€ la place : il existe encore de petites salles fort agréables.

Bien sûr qu’il y a des bars, restaurants, boutiques où tout coûte plus cher, mais c’est le cas dans toutes les villes. Je pense que l’important, à Paris comme ailleurs, c’est de bien choisir où on vit, de regarder les prix AVANT de s’installer en terrasse (j’ai fait la connerie une fois de pas vérifier, j’ai payé une pauvre bière 11€, ça m’aura appris la vie) et de faire marcher le bouche-à-oreille pour trouver les bons plans !

Idée reçue n°2 : à Paris, tout le monde est snob

Cette idée reçue me fait penser à toute généralisation sur un grand groupe de personnes : elle me donne juste envie de dire « change de potes » !

Évidemment qu’il existe une forme de snobisme parisien, évidemment que certains et certaines retroussent le nez à l’idée de vivre « en province » et considèrent qu’au-delà du périph, c’est la campagne des bouseux. Mais ces gens ne sont tout simplement… pas très intéressants. Et ne représentent pas la majorité des personnes qui vivent à la capitale.

Qu’ils soient Parisiens de souche ou d’adoption, mes proches sont lucides sur les qualités mais aussi les défauts de la capitale et n’ont aucun cliché malvenu sur « la province ».

Il peut être difficile de s’intégrer dans un groupe qui s’identifie par son parisianisme, mais ce n’est pas si différent d’être la seule non-alsacienne d’une bande à Strasbourg ou de ne pas avoir l’accent du Sud à Marseille. C’est une forme de chauvinisme qui, j’ai l’impression, existe un peu partout. (Ne me lance pas sur les Bretons je vais encore avoir des problèmes.)

Et puis, est-ce plus snob de dire « les provinciaux sont arriérés » que de dire « les Parisiens sont tous des cons » ? Vous avez quatre heures…

Idée reçue n°3 : à Paris, on se cultive chaque jour

Alors. Là ça va être juste mon expérience personnelle, hein.

Je sais que c’est un argument qu’on m’avait pas mal donné pour me rassurer sur la vie à Paris : l’idée reçue selon laquelle la ville est un bouillon de culture dans lequel il suffit de se plonger.

Bon. C’est pas faux, hein ! Vu la taille de la capitale, il y a vraiment plein plein d’activités culturelles à dispo, de la grosse expo au Louvre jusqu’à la petite galerie d’art en passant par des évènements associatifs et autres concerts en plein air.

Mais ce n’est pas parce qu’on a accès à tout qu’on a automatiquement le réflexe d’en profiter…

À Paris, comme à Lyon, comme à Grenoble, comme à Lille, je n’écume pas les musées et je ne fais « du tourisme » que quand quelqu’un vient me rendre visite.

Je vis ma petite vie de quartier, entre mon boulot et mon chez-moi. Je ne vais au cinéma quasiment que pour le taf et j’ai raté 100% des expos qui me faisaient me dire « Ah tiens ça a l’air cool ». Flemme quant tu me tiens…

Aux yeux de certains et certaines, c’est peut-être du gâchis mais… c’est comme ça que j’aime vivre !

Idée reçue n°4 : Paris, c’est sale, ça pue et les gens sont désagréables

Paris, c’est pas Amélie Poulain, ni les films américains : tous les apparts ne sont pas d’immenses lofts haussmaniens avec vue sur la Tour Eiffel, et il y a des rats qui courent devant Notre-Dame la nuit. C’est vrai.

Le métro, comme je l’ai dit, vieillit pas mal, ça sent souvent le pipi entre deux couloirs et il est vrai que les habitués n’ont pas toujours beaucoup de patience avec les touristes égarés.

Mais enfin… Paris, c’est plus de 100km² et 2 millions d’habitants ! Impossible de généraliser autant !

Bien sûr il y a des coins qui craignent, et des endroits moins propres que d’autres, mais ça reste hyper agréable de flâner aux Tuileries ou de se perdre dans les petites rues pavées du Marais.

On peut demander conseil si on est perdue sans se faire mordre par un Parisien enragé à l’idée de perdre 1 minute de son précieux temps, et on peut même marcher dans la rue sans avoir à esquiver les crottes de chien, vu le gros boulot effectué par les maires ces dernières décennies à ce sujet.

Il n’y a pas de raison d’avoir peur de Paris ; bien sûr, la ville est impressionnante quand on est habitué à des endroits plus petits, mais en tant que jeune meuf, je m’autorise à vivre ma vie de façon toute à fait normale, et sans regarder par-dessus mon épaule sans cesse !

Paris, ce n’est ni l’Enfer ni le Paradis

Le but de cet article n’est pas de chanter les louanges de Paris : comme je te l’ai dit, je ne suis pas spécialement tombée amoureuse de cette ville, et si demain toute la rédac se délocalisait à Lyon ça ne me dérangerait pas (enfin, sauf que maintenant mes potes et mon mec sont ici).

Mais je me dis que ça pourra peut-être rassurer celles et ceux qui, comme moi, vont venir à la capitale sans trop avoir le choix, et s’inquiètent parfois à force d’entendre tout et son contraire.

Mis à part quelques défauts inévitables comme le coût des loyers ou l’enfer de la recherche d’appart, Paris c’est comme partout, finalement : c’est surtout ce qu’on en fait.

Tu pourras y trouver des gens qui te ressemblent et partagent ton mode de vie, qu’il consiste à glander en slip sur Animal Crossing ou à écumer tous les musées d’Île-de-France !

Est-ce que toi aussi, tu as fait mentir des clichés sur Paris ? Lesquels ? Dis-moi tout dans les commentaires !

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Le dernier commentaire

7 Juin 2020, à 11:24
Je n'ai jamais compris le débat sur l'emploi du terme "province" pour ma part. Je l'utilise de façon neutre et descriptive, pas du tout péjorative. Par contre, quand on me qualifie de "parisienne", c'est rarement pour me faire un compliment ! Quand j'ai passé quelques jours chez des amis à la campagne, dès que je faisais un truc qui appelait un commentaire, c'était tout de suite :"Ah ! la parisienne !" et c'était bien saoulant. D'autant que je leur venais de leur dire que je ne me sentais pas tellement intégrée et que j'étais malheureuse de ne pas trouver de travail dans une autre région.
Une idée reçue que j'avais avant de m'y installer, c'est que c'était une ville moderne. La capitale, quoi. Et paf, niveau logement, retour aux années cinquante. Des chambres de bonnes misérables, des courettes ringardes, des vide-ordures dont les gens se servent soigneusement avant 7h du matin et après 23h en faisant bien clang clang pendant trente secondes. Franchement, je n'avais jamais connu ça dans les grandes ou moyennes villes "ailleurs en France".
Je pensais aussi que c'était plus facile de rencontrer des gens, vu qu'il y avait plus de monde, des concerts, tout ça. Mais j'ai vite constaté que les parisiens d'origine ont déjà leur réseau. Au travail, il y a un turn over important, on sait que ça ne sert à rien de s'attacher à un-e collègue qui va rester un an ou deux. Au niveau sentimental, mon expérience (et je ne cherche pas à généraliser), c'est d'avoir été souvent courtisée de manière superficielle, sans que ça n'aboutisse à rien, par des mecs déjà en couple ou réfractaire à toute idée de relation, qui en fait ne voulaient rien d'autre que de l'attention. Je trouve qu'il y a beaucoup de problèmes mentaux, et pas que dans le métro.
Quant au snobisme parisien, je l'ai senti à plusieurs reprises. Il y a un certain snobisme du quartier, et c'est dingue quand on voit les difficultés pour se loger ! J'ai connu des gens qui avaient honte d'habiter dans un arrondissement et qui préféraient mentir. Certaines parisiennes qui se prenaient pour la fashion police et qui commentaient vertement la déco à peine entrées chez quelqu'un, évaluaient le style de leurs collègues... Bon après c'est pas des gens que je cherche à fréquenter, alors je ne peux pas dire si c'est très répandu.
 
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