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« Petite fille » le documentaire à voir sur Arte pour comprendre la transidentité

Pendant un an, le réalisateur Sébastien Lifshitz a filmé Sacha, une fille de 8 ans née dans un corps de garçon. Il raconte son combat et celui de sa famille.

Temps de lecture : 2 minutes

« Quand je serai grand, je serais une fille. » Devant la caméra, Karine sa mère raconte sa réaction lorsque que Sasha lui dit à trois ans qu’elle « déteste son zizi ».

Au départ, elle répond non mais très vite elle change d’avis en lisant la souffrance sur le visage de son enfant.

Désormais c’est « elle » à la maison. Sasha 8 ans dans « sa chambre de fille » joue à la poupée et porte des robes. En revanche, à l’école c’est un garçon qui porte des pantalons. L’équipe pédagogique ne lui laisse pas le choix.

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La bataille d’une mère pour sa fille

Face à cette situation, Karine évoque devant son médecin son sentiment de culpabilité. Elle se sent responsable car au cours de sa grossesse, elle a désiré une fille. Elle se sent coupable d’avoir été déçu d’apprendre que c’était un garçon mais aussi coupable de lui avoir donné un prénom mixte.

Très vite, elle va délaisser ce sentiment pour se battre pour sa fille. Un combat afin que Sasha ne soit pas « privée d’une enfance normale ».

Tout au long de ce documentaire sans commentaire, on est bouleversé par l’amour inconditionnel d’une mère pour son enfant, mais aussi par la tendresse d’un père présent au côté de sa fille. Pour lui, « la question se pose pas. C’est mon enfant. Point ».

Un documentaire plein d’amour

À travers ce film, Sébastien Lifshitz délivre des séquences déchirantes et des moments attachants. Difficile de ne pas pleurer devant la tristesse et la détermination de Karine face à une bureaucratie qui nie l’existence de sa fille.

Une bataille familiale qui les conduit à Paris. Au sein de l’établissement hospitalier de l’assistance publique où ils font la rencontre d’une pédopsychiatre spécialisée. L’objectif est d’accompagner Sasha et obtenir le « papier » qui lui permet d’être une fille comme les autres à école.

Un documentaire bouleversant à voir absolument sur Arte ce mercredi soir à 20H55 pour mieux comprendre la dysphorie de genre et les combats de ses parents souvent isolés.

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Le dernier commentaire

19 Déc 2020, à 16:48
Je rejoins la discussion tardivement et je voudrai juste donner mon avis sur qques trucs.

Déjà, je crois comprendre pourquoi le documentaire a été critiqué par une partie (plus ou moins grande je ne sais pas) de la communauté trans. Et c'est bien que la communauté dont le documentaire se veut faire l'objet réagisse et explique ce qui ne va pas dedans. On en apprend plus.(y)

Pour ma part, en tant que cis, ça a répondu à certaines de mes interrogations, ça en a soulevé d'autres, c'est le but d'un (bon) documentaire. Le réa a forcément transposé son point de vue et gênera toujours qqun•e pour une raison ou une autre. Et à voir vos réponses, aucun•e•s d'entre vous n'est ressorti neutre du visionnage :lunette: ya forcement eu une réaction, positive ou négative, qui a peut-être fait écho (ou l'inverse) à votre vécu personnel, ça ouvre le débat et je trouve ça pas mal (après si on pouvait éviter de blesser certain•e•s au passage ce serait mieux mais bon...:dunno:).

Un des points auquel je voudrais réagir, c'est le témoignage de la culpabilisation de la mère. Malheureusement, la réalité sociétale à l'heure actuelle en est encore là. Même si on sait que ce n'est pas vrai, on reste sur ces préjugés (coucou Freud) que si ya un "problème" (du point de vue de la société donc pas forcément vrai), c'est la faute de la mère, par la force de son inconscient (balaise!) ou par l'éducation qu'elle a apporté (parce que du coup si tu crois ça, tu crois aussi qu'il n'y a que la mère qui s'occupe des gosses). Donc c'est bon de l'entendre, "non ça n'a rien a voir".
Sur l'infantilisation que sa mère exercerait sur Sacha, perso j'en ai pas vu (à part le bib' de lait le jour de la rentrée qui m'a fais sourire mais hé! qui suis-je pour juger, on verra quand j'y serai!;)).

Pour Sacha, j'ai juste été surprise par l'avalanche de rose qu'elle voulait en me disant "mais la féminité, c'est tellement plus divers que ce stéréotype!" mais je me suis dis qu'elle essayait peut-être de se conformer aux petites de son âge pour être dans la "norme". Et sa mère le lui fait bien remarquer que les filles s'habillent aussi en bleu, sa mère et sa soeur ont les cheveux courts et portent des pantalons... elle aura d'autres modèles que celui de la princesse stéréotypée donc elle choisira ce qu'elle veut, on ne lui a pas dit "ok tu est une fille mais alors tu porte une jupe rose" donc finalement, c'est ok pour moi. Et c'est là aussi qu'on voit qu'elle fait ses choix, que ce n'est pas juste "je veux faire comme Maman" comme pourrait craindre certain•e•s.

Pour le fait qu'elle voit une psy, je pense simplement qu'elle est en souffrance à l'instant T, non pas de sa transidentité, mais du rejet des autres. Le fait de voir une psy spécialisée sur la transidentité permet justement que ce soit un entretien safe (normalement, désolée pour tou•te•s celles•ceux dont ça n'a pas été le cas). On ne la voit pas beaucoup parler à la psy, mais perso à son âge, je laissais toujours ma mère parler pour moi, et ce dans des contextes bien moins impressionnants!

Après, je suis d'accord que le terme "dysphorie de genre" (en plus d'être moche et étymologiquement limité : dysphorie ="instabilité de l'humeur" dans un dico médic de 2007 :facepalm: ) médicalise complétement l'approche. La société a encore (malheureusement selon moi) besoin de cases et d'étiquettes... Pour moi, on pourrait juste parler de transidentité sans se vautrer dans la consonnance "grec ancien" qui fait teeeellement plus sérieux (non).
Quant au fait qu'on le pose en "diagnostic", c'est le fait de pointer ce qui déplaît à la norme sociétale actuelle et qui du coup fait souffrir la personne concernée par ça. Le français, comme beaucoup de langues, est en retard sur les avancées sociétales (qui elles même sont en retard :sneaky:).
Je me permets un parallèle (en espérant être comprise) mais c'est comme certain•e•s Sourd•e•s qui ne se considèrent pas comme handicapé•e•s car pour eux ils sont autonomes, c'est la société qui bug face à eux. Leur particularité, qui peut être vue sous le prisme médical, devient une culture, avec ses propres codes. À partir du moment où le médical peut intervenir pour proposer une solution satisfaisant certain•e•s (implant chez les sourds, hormones/mastectomie/etc... chez les trans), une case "médicale" est créée, avec toutes les dérives qui peuvent en découler... On n'arrive pas encore à dissocier la pathologie du soin, donc le raccourci fait que s'il y a acte médical, il y a pathologie.:hesite: Alors qu'il y a juste geste technique pour un besoin personnel.
 
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