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Précarité menstruelle : voici comment répondre à ceux qui n’y connaissent rien

Lutter contre la précarité menstruelle en rendant les protections hygiéniques gratuites dans les lieux collectifs, c'est la bonne idée du gouvernement. Et pourtant, certaines personnes trouvent ça stupide... Voici des arguments pour les convaincre.

Temps de lecture : 3 minutes

Ce mardi 28 mai, Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’égalité, a réuni plusieurs ministres, parlementaires, responsables associatifs et dirigeants d’entreprises pour réfléchir ensemble à une stratégie de lutte contre la précarité menstruelle.

La précarité menstruelle, un problème d’actualité en France

La précarité menstruelle, c’est le fait que de nombreuses jeunes filles et femmes n’ont pas les moyens de se procurer suffisament de protections périodiques. Et ce, même dans des pays comme la France, où certaines femmes en situation de précarité (personnes sans-abri notamment, mais pas que), sont confrontées à ces difficultés.

Selon un sondage réalisé par la newsletter féministe Les petites Glo, 97% des jeunes filles interrogées (âgées de 12 à 19 ans), trouvent les protections périodiques trop chères, 92% affirment que leurs règles les ont déjà empêchées d’aller à l’école, de faire du sport ou de participer à une activité sociale, et 88% se sont déjà trouvées à court de protections à l’école.

Pour remédier à ce problème, le gouvernement a décidé d’expérimenter la gratuité des protections hygiéniques, dans certains lieux collectifs (écoles, hôpitaux, prison, etc). Une « mission sur l’expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques » a donc été confiée à la sénatrice Patricia Schillinger, qui doit étudier « les objectifs et modalités » de la mise en place d’un tel dispositif, selon un article du Monde.

Lutter contre la précarité menstruelle, une bonne idée souvent mal comprise

J’ai été ravie d’apprendre cette nouvelle en lisant cet article, parce que je suis effarée qu’en 2019, des jeunes filles ratent encore l’école faute de pouvoir s’acheter des serviettes hygiéniques, ou que des prisonnières se fabriquent des coupes menstruelles en utilisant des bouteilles en plastique

J’ai donc été (un peu) surprise et (très) en colère, de voir que de nombreux internautes ne semblaient pas partager mon enthousiasme. J’ai lu certains des commentaires sur la page Facebook du Monde sous l’article (ne faites pas ça chez vous) et ça a suffi pour me remonter comme une pendule.

Heureusement, l’autrice et comédienne Klaire fait Grr, très engagée pour lever le tabou autour des règles avec son spectacle Chattologie, a écrit un thread sur Twitter qui file des arguments pour répondre aux sceptiques. En plus de dresser un bingo très rigolo.

Répondre à celles et ceux qui ne comprennent pas l’utilité des protections hygiéniques gratuites

Certains arguments avancés par celles et ceux qui ne voient pas l’intérêt de la gratuité sont parfois assez risibles, et Klaire fait Grr préfère y répondre par une pirouette. Par exemple, face à un possible « abus de protections hygiéniques gratuites », elle répond en évoquant « toutes celles qui voudraient construire des colliers de tampax ou des étagères en protège-slips ».

Plusieurs hommes évoquent l’injustice de cette mesure qui ne concerne que les femmes et réclament par exemple la gratuité des rasoirs masculins. Sauf que, a priori, la repousse de la barbe n’a jamais empêché personne d’aller au lycée.

Le point « c’est de l’assistanat » et « CIEL MES IMPÔTS » est aussi régulièrement atteint dans les commentaires. Personnellement, permettre à toutes les femmes d’accéder aux protections hygiéniques et donc de mener leur vie sans être gênée par le fonctionnement naturel de leur corps, me paraît être un excellent emploi de mon argent.

Enfin, certain·es se demandent à quand le remboursement du PQ (?!) Sauf que le papier toilette est déjà accessible gratuitement dans les collèges, lycées, prisons ou hôpitaux… Cela me paraît donc assez simple, et même très logique, d’installer juste à côté un distributeur de tampons et serviettes hygiéniques.

Et la cup alors ?

Les autres arguments avancés par Klaire fait Grr intéresseront même celles et ceux qui sont en faveur de la lutte contre la précarité menstruelle.

Face à la proposition de distribuer des protections jetables, on entend en effet souvent les fans de la cup, des culottes de règles ou des serviettes hygiéniques lavables s’insurger. Et c’est vrai que ces solutions sont plus écolos. Mais elles ne sont malheureusement pas adaptées à toutes les situations ou à tous les corps.

Comme l’explique Klaire fait Grr : « oui, à plein de points de vue, les cups et produits lavables sont préférables. Mais ils ne sont pas adaptés à tous les corps, toutes les vies, tous les quotidiens, tous les handicaps, tous les rapports au corps. » Il est par exemple très compliqué de changer et rincer sa cup quand on vit dans la rue.

L’autrice engagée conclut son thread en suggérant aux gens de demander au gouvernement de s’engager pour rendre les compositions des tampons et serviettes jetables plus clean et de bosser sur la recyclabilité des protections mises à disposition gratuitement.

Une précédente mobilisation en 2015, avait déjà permis de lutter contre la précarité menstruelle en s’attaquant à la taxe tampon. Les militant·es avaient obtenu que le taux de TVA sur les protections hygiéniques passe de 20% à 5,5%, comme pour tous les autres produits de première nécessité. Car oui, c’est ce qu’est l’accès aux protections périodiques : une nécessité.

Crédit Photo : Marco Verch / Flickr

Et toi, tu as des arguments en faveur (ou contre) la gratuité des protections hygiéniques dans les lieux collectifs ? Viens en débattre dans les commentaires. 

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Le dernier commentaire

3 Juin 2019, à 21:49
Pour rappel une petite définition de: précarité
nom féminin

Caractère ou état de ce qui est précaire.
synonymes :fragilité, instabilité

En partant de cette définition, il faut se rendre compte que, si certes la précarité menstruelle est liée majoritairement au coût des protections nécessaires lors de règles, ce n'est pas le seul problème, lors de cette période du cycle et même du spm, on peut se retrouver, surtout, à l'adolescence dans une situation de fragilité, de précarité. Ainsi, offrir aux lycéennes et collégiennes une option pour vivre mieux leurs règles, que ce soit une question financière ou non, c'est faire reculer la précarité. Je ne parle pas des prisons et des sans abri ou la question me parait évidente!


Au passage, le 15 juin il y a la mise en place d'un mouvement #çavasaigner, des comptes comme @coupdesang et @28jours en parlent bien mieux que moi sur instagram.
 
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