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6 ans après notre relation toxique, mon ex m’a recontactée

Mymy a reçu un message de son ex, avec qui elle a vécu une relation toxique pendant 3 ans. Voici comment cette histoire se termine.

Temps de lecture : 5 minutes

C’est une surprise fort inattendue qui m’attendait dans ma boîte mail, un banal mardi matin semblable à tant d’autres.

En expéditeur, un nom que je pensais ne jamais revoir : celui de l’homme avec qui j’ai vécu 3 ans de relation toxique. Et en objet, deux mots, très clairs :

Des excuses.

Ma relation toxique de 3 ans

Un peu de flash-back, pour commencer.

J’ai publié sur madmoiZelle l’histoire de ce couple qui a été plutôt décisif dans ma vie : Ma relation toxique et ses conséquences, 3 ans après.

Cette romance qui avait commencé sur un coup de foudre s’était rapidement délitée. Distance, manque de confiance, hauts et bas émotionnels… la situation a tourné au vinaigre.

Il n’a pas su voir qu’il fallait qu’on se sépare ; je n’ai pas su m’écouter et partir. C’est pour cela que je parle d’une relation et non d’une personne toxique.

Même en prenant en compte la différence d’âge (j’avais 19 piges, lui approchait de la trentaine), j’ai aussi mes torts dans cette histoire, je ne le nie pas.

Bref. Ce n’est pas le sujet.

Après quelques ruptures ratées, on a fini par vraiment se séparer, sans rester en contact. Pour tout te dire, il m’a même bloquée partout sur Internet !

Tu comprends mieux pourquoi ce mail m’a surprise.

Les excuses de mon ex avec qui j’ai vécu une relation toxique

6 ans après, donc, mon ex m’a envoyé un mail.

Chère Myriam,

Tu te dis peut-être que c’est bien tard, mais après tout, mieux vaut tard que jamais. C’est toujours utile de s’excuser et d’assumer ses responsabilités.

Je suis désolé de la façon dont les choses se sont passées entre nous. J’ai été un vrai connard avec toi, et tu méritais mieux, ça ne fait aucun doute. J’aimerais pouvoir revenir en arrière, mais c’est impossible.

J’espère que tu vas bien, et dans l’éventualité où tu acceptes ces excuses, ça me ferait plaisir d’avoir de tes nouvelles.

Je suis quelque peu tombée de ma chaise. Mais dans le bon sens du terme.

Dans mon esprit se mêlaient la surprise, une forme de soulagement, de joie inattendue, et de curiosité.

Qu’est-ce qui, après tant d’années, l’a mené à se poser devant son clavier pour m’écrire ce mail, un lundi, peu avant minuit ? La question m’obsédait.

Je l’ai donc remercié, et je lui ai proposé d’aller boire un verre, histoire de prendre des nouvelles. Il a accepté.

J’ai revu mon ex avec qui j’ai vécu une relation toxique

Je ne vais pas te mentir, j’ai claqué mon meilleur make-up et mon rouge à lèvres le plus mordant. Pas pour qu’il me désire à nouveau, mais pour moi me sentir bien et me donner de l’assurance.

Je ne redoutais pas de le revoir ; je ne savais simplement pas ce que j’allais ressentir.

Petit cafouillage — je me pose en terrasse, je l’attends, il était en fait déjà là, à l’intérieur. Cette normalité est rassurante : la vie, ce n’est pas un film Hollywoodien.

Il me rejoint dehors, lui au Perrier, moi à la bière.

Comme il y a 6 ans.

Il n’a pas vraiment changé, ses pattes d’oie peut-être un peu plus creusées, des fils gris un peu plus nombreux dans ses cheveux.

Moi, j’ai davantage évolué. Je me sens plus épanouie, plus assurée. Je n’ai pas peur, ni de moi ni de lui.

Après quelques bavardages, je pose la question : qu’est-ce qui m’a valu ce mail ?

La réponse est tristement banale. Il y pensait depuis un moment, une connaissance a évoqué madmoiZelle, ça lui a rappelé qu’il avait pensé à m’écrire, et hop.

Je n’ai pas creusé davantage. Je n’ai pas demandé : pour quoi, exactement, était-il désolé ? Avait-il changé ? Appris ? Grandi ?

Ça n’aurait servi à rien : la vulnérabilité, ce n’a jamais été son truc, surtout pas en terrasse sur un boulevard fréquenté.

Alors on a fait le tour de nos petites vies, et puis je suis partie.

Avec un « bonne continuation » qui voulait dire « on ne se reverra probablement jamais ».

Cela faisait longtemps que je n’attendais rien de lui. Ces excuses, c’est bien plus que la vie de silence radio qui se profilait, alors c’était, déjà, une bonne surprise.

De ce rendez-vous, je tire quelques leçons personnelles…

Faut-il s’excuser après une relation toxique ?

Quand j’en ai parlé autour de moi, notamment à Clémence, la rédactrice en chef de Rockie, ce petit évènement de ma vie a donné lieu à de passionnantes conversations.

La première concernait la démarche de mon ex. Faut-il revenir s’excuser des années après avoir été un connard ? Ne risque-t-on pas de rouvrir la plaie ?

Il n’y a pas de réponse universelle à cette question, mais personnellement, je suis contente d’avoir reçu ce mail de mea culpa.

Je pense que selon mes valeurs, il n’est jamais trop tard pour s’excuser. J’aurais pu ne jamais donner suite à ce message, mais rien que savoir qu’il a fait du chemin, et qu’il a réfléchi sur ses actions, ça me fait du bien.

Je me définis comme une « féministe optimiste » ; je crois fondamentalement que les choses avancent dans le bon sens et que mon militantisme n’est pas vain.

Ce mail, c’est une petite pierre dans ma boîte « preuves que le monde change ». Et je prends tout ce qui peut la remplir.

Cette relation toxique fait partie de moi

J’essaie, au maximum, de vivre sans regrets.

Je travaille une forme d’acceptation de mes expériences passées, aussi douloureuses soient-elles — et il y en a eu des bien plus dures que ce couple compliqué.

Ce verre en terrasse m’a rappelé qu’on n’est, au fond, que la somme de ses expériences et de ses décisions.

Sans cette relation, aussi flinguée soit-elle, je ne serais pas celle que je suis. Or, j’aime celle que je suis. Donc, je ne la regrette pas.

Si je n’avais pas vécu ça, je ne serais pas la même. Si je ne l’avais pas quitté, je ne serais pas la même. Si je n’avais pas évolué entourée de gens bienveillants qui m’ont aidée à prendre du recul sur mes relations passées, je n’aurais pas le même regard sur cet ex.

La Mymy d’aujourd’hui est plein de choses, dont une femme qui a vécu ce couple toxique. J’accepte cette mésaventure comme j’accepte les éléments positifs de ma vie.

Être mesquine après une relation toxique

Tu l’as peut-être vue si tu me suis sur Instagram ; après ce rendez-vous, j’ai posté une story disant :

Oui, il y a une petite partie de moi, un peu mesquine, qui a vécu comme une victoire le fait de me sentir plus épanouie, plus libre et plus heureuse que mon ex.

J’ai eu l’impression d’avoir choisi ma vie, et non de l’avoir subie, alors que lui se retrouve empêtré dans des non-choix qui semblent avoir entravé son parcours.

Comme une sale revanche au goût d’amertume.

Cette voix pas très pure, j’essaie d’accepter qu’elle est aussi une facette de moi… mais je tiens à ne pas la nourrir, à ne pas céder aux basses tentations de cet ersatz de vengeance.

Qu’il soit heureux ou non, déjà c’est mon interprétation, et ensuite ça n’a rien à voir avec moi. Je ne veux pas m’appesantir outre-mesure sur cette impression d’avoir « mieux » réussi ma vie d’adulte.

Grandir après une relation toxique

Pendant longtemps, la perspective de croiser mon ex au détour d’une rue parisienne me faisait franchement flipper.

Je n’avais aucune idée de comment je réagirais si je me retrouvais confrontée à son visage, à sa présence ; sentir son parfum dans le métro suffisait à me faire changer de rame.

Ce soir-là, je n’ai pas eu peur. Je n’ai pas paniqué. Je n’ai ressenti, au fond, qu’une curiosité mâtinée d’indifférence.

Et c’est probablement l’une de mes plus belles victoires.

C’est la preuve que je suis guérie de lui, guérie de tout ça, solide sur mes appuis de femme empouvoirée qui a appris à vivre sans rechercher la validation d’hommes qui ne me méritent pas.

Je ne reverrai jamais cet ex, même si d’une certaine manière, il fera toujours partie de ma vie. Mais en soi, ce n’est pas à sa rencontre que je marchais, quand j’arrivais en terrasse ce soir-là.

C’était à la rencontre de la moi du passé, petite chose fragile, si craintive, influençable, éponge émotionnelle prête à être essorée, prête à s’émietter pour l’amour d’un mec médiocre.

Et je suis heureuse de te dire qu’elle n’existe plus.

À lire aussi : La norme du couple est-elle en train de disparaître ?

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Le dernier commentaire

15 Sept 2019, à 20:59
Personnellement je ne crois pas au karma, au destin ou autre, mais j'ai remarqué que les genTes méchant.es, souvent, ça finit tôt ou tard par leur retomber dessus d'une façon ou d'une autre. Et c'est très satisfaisant de savoir ça :giggle:.
J'espère que ça marche aussi pour ceux qui assistent aux situations dramatiques et ne font rien, avec la bienpensance, que ça ne les regarde pas.
 
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