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Ma première Saint-Valentin en solo après 10 ans de couple

Après 10 ans de couple, Kalindi fait ses premiers pas dans le monde du célibat et est en passe d'expérimenter sa première Saint-Valentin toute seule.

Temps de lecture : 4 minutes

Adolescente, je ne plaisais pas du tout aux mecs. Mais alors pas du tout. La faute sans doute à une moustache épaisse et drue ainsi qu’à un mono-sourcil auquel j’avais l’interdiction de toucher.

Enfin ça, c’était les justifications que je trouvais à l’époque. En vérité, j’étais juste très mal dans ma peau, comme beaucoup de meufs de 16 ans, et pensais être la plus laide du lycée.

Sauter de relation sérieuse en relation sérieuse

Les années ont passé et avec elles les doutes et la haine de moi-même. J’ai commencé à m’aimer, ou au moins à m’accepter, et surprise, ça plaisait aux autres, notamment aux mecs.

J’ai donc eu ma première relation amoureuse à 17 ans, juste après avoir empoché mon BAC, et depuis, j’ai sauté de relation sérieuse en relation sérieuse.

Je suis restée 3 ans avec mon premier mec, presque 2 ans avec le second et plus de 5 ans avec le dernier en date, que j’aime encore à la folie mais que j’ai quitté pour m’essayer à une nouvelle vie, plus indépendante et aventureuse.

Le célibat, difficile à vivre ?

Voilà, en tout j’ai passé 10 ans à n’être jamais seule, à former toujours un binôme avec ma moitié. Et j’ai adoré ça ! Les voyages, les étreintes, les dîners, et même le quotidien…

Parce qu’on n’en parle pas assez, mais le quotidien ça n’est pas qu’un enfer. Le quotidien peut même s’avérer très doux, rassurant et moelleux. Le quotidien, ça va à beaucoup de gens, dont je faisais partie car mon dernier mec savait le transcender pour en faire toujours quelque chose d’amusant, de surprenant et de divertissant.

Seulement voilà, à 27 ans, après toutes ces années à vivre pour deux, j’ai eu envie de stopper net. Ça m’est tombé dessus comme ça, un jour où je n’allais pas bien et où j’ai décidé de faire mes valises pour m’installer seule.

À lire aussi : Je suis en couple mais je ne veux pas vivre sous le même toit que mon mec

Ça a sans doute été la décision la plus dure et la plus ingrate de ma vie, car j’ai appris que ce que l’on désire le plus peut aussi être ce qui nous fait le plus de mal.

En effet, mes premières semaines à vivre cette solitude que j’avais tellement fantasmé ont été un pur enfer.

Passé d’un quotidien à s’endormir dans les bras d’une personne qu’on aime à un quotidien à s’endormir seule en écoutant Les Grosses têtes, sans personne à qui raconter ses rêves, sa journée, sans personne contre qui se blottir et s’abandonner, eh ben c’est dur.

Vie de célibataire et Saint-Valentin

Et j’ai été bien malheureuse. Si je suis honnête avec moi-même, je le suis toujours d’ailleurs.

J’ai souvent envie d’appeler mon ex pour lui demander pardon, pour lui dire que je l’aime à mourir, bien plus que j’aime tous les humains réunis, mais je sais qu’il ne le faut pas.

Car j’ai besoin de passer du temps à expérimenter l’indépendance affective. J’ai besoin de me retrouver seule pour faire le point sur ma vie, sur mes projets, sur mes désirs profonds, sans être influencée. Et surtout j’ai besoin de me prouver que je peux vivre seule.

Toute ma vie, j’avais vécu soit chez ma mère, soit en coloc, soit en couple. Jamais je ne m’étais retrouvée seule à gérer un appart et ses contraintes.

Bref, cette période de célibat auto-forcé a ses charmes, et ils sont nombreux. Mais ces charmes semblent disparaître à l’approche de la journée des amoureux : la Saint-Valentin.

En effet, tout me rappelle que je suis désormais seule, à vivre à 5 minutes à pieds de l’homme que j’aime plus que tout au monde.

Être célibataire ne veut pas dire être seule

Les pubs, les réductions dans les restaurants, les articles que l’on écrit sur madmoiZelle et sur Rockie : tout me rappelle que je ne suis plus la somme de 1 + 1 mais bien 1 et c’est tout.

Ce que j’aurais pu vivre comme un drame, j’ai plutôt décidé de le prendre avec philosophie. Certes, cette année, pas de resto hors de prix en tête à tête, mais la possibilité de faire mille autres choses.

J’ai donc décidé de boire des coups comme si de rien n’était avec deux de mes amies, avant de sans doute sortir en club électro danser toute la nuit. J’ai décidé que ce jour serait aussi joyeux que peuvent l’être d’autres jours.

Pourquoi ne le serait-il pas d’ailleurs ? Parce que la société veut nous mettre dans la tête qu’être célibataire c’est être seul ?

Mais on n’est pas vraiment seul, même célibataire ! Et c’est bien ce que m’a appris mon récent et pour l’instant très court célibat : je ne suis pas seule au monde. DU TOUT.

J’ai mes amis, mes potes, ma famille, mes rencontres d’un soir, mes collègues. J’ai le reste de l’humanité avec moi, et ce du 1er janvier au 31 décembre de chaque année.

Alors si toi aussi tu lis ces quelques lignes douce lectrice, n’oublie pas que ne pas avoir de rencard dans un resto trop cher le 14 février au soir ne remet pas en question le fait que tu sois une meuf géniale, et que tu es aimée par tout un tas de gens.

Alors fuck les injonctions à être deux au moins une fois par an, et welcome à l’amour pluriel chaque jour de nos vies.

À lire aussi : La norme du couple est-elle en train de disparaître ?

Et toi, tu es célibataire en ce moment ? Comment vis-tu la période de la Saint-Valentin ? Viens on en parler dans les commentaires !

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Le dernier commentaire

19 Fev 2020, à 15:56
J'ai aussi l'impression que le couple est plus remis en question, soit dans sa configuration (exclusivité ou non, polyamour...), soit carrément dans sa nécessité. A mon avis, on est plus poussés maintenant à réfléchir pourquoi on veut être en couple, et dans quelles conditions, que les générations précédentes. Du coup, ça permet à certain.e.s de réaliser qu'ielles n'ont pas forcément besoin/envie d'être en couple, ou à moins s'obstiner si les choses sont compliquées (car d'autres objectifs, ou pas forcément envie de se battre à ce moment-là de leur vie, etc.)
C'est dans ce sens que je comparais le fait de ne plus être en couple à changer de métier ou de pays (même si je conçois que cette comparaison ne parle pas à tout le monde) : actuellement, on peut plus facilement décider que le couple n'est pas quelque chose que l'on veut dans notre vie. Ca fait partie des paramètres que l'on choisit : avoir des enfants ou non, se marier ou non, être en couple ou non, etc. Sachant que ça peut changer au cours d'une vie !
Moi, je trouve ça plutôt cool, de sortir de cette injonction au couple, que personnellement je trouve très forte. Alors que pour de plus en plus de gens depuis pas mal de temps le mariage n'est plus forcément une suite logique, et que les childfree parviennent de plus en plus à faire entendre qu'avoir des enfants ne va pas de soi pour tout le monde (même si c'est pas encore gagné), j'ai encore beaucoup l'impression que se mettre en couple fait partie de toute vie normale, et qu'une personne qui n'est pas en couple n'a pas de chance/n'a pas trouvé le bon/a des problèmes d'engagement etc.
Moi qui n'ai pas envie d'être en couple, je trouve ça assez dur de subir cette injonction permanente au couple (dans les films, les pubs, les remarques de la famille, les formulaires administratifs et j'en passe), mais alors les gens qui subissent leur célibat, j'imagine que ça doit être encore pire ! Je pense que si on avait moins cette image du couple comme objectif universel et qu'on se lâchait la grappe les uns aux autres, ce serait sûrement plus facile pour certains de vivre leur célibat...
 
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