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Mon sexting à moi : écrire des Google Doc de cul (oui oui)

Le sexting, c'est so 2019 ! Mymy est passée à la vitesse supérieure avec de véritables Google Doc de cul, longs de plusieurs pages. Et elle ne reviendrait en arrière pour rien au monde.

Temps de lecture : 6 minutes

Je ne sais pas si c’est parce que je suis une vieille conne ou parce que c’est juste pas mon truc, mais j’ai totalement raté le virage « tout-image, tout-vidéo » qu’a pris le Web, et le monde tout entier.

J’ai raté YouTube, j’ai raté Instagram, j’ai raté TikTok, je m’y suis mise pour le boulot mais dans mes pratiques personnelles, Internet c’est un truc qui se lit, qui s’écrit.

Tu ne seras donc pas surprise d’apprendre que je ne suis pas adepte des nudes, je préfère le sexting qui se tape avec les doigts !

Le sexting et moi

Prends une louche de couples à distance, une pincée de honte au moment de parler de mes fantasmes, saupoudre généreusement d’une grande aisance à l’écrit et tu comprendras le tournant que ma vie sexuelle a pris.

J’ai toujours énormément communiqué par écrit avec mes crush ou mes mecs, depuis la tendre époque où je chopais sur MSN jusqu’à cette année 2020 avec mon smartphone vissé à ma paume.

Il y a des couples qui ne se parlent presque pas tant qu’ils ne se voient pas ; moi c’est l’inverse, j’ai toujours une conversation ouverte avec le garçon qui me fait vibrer.

Je papote toute la journée, et forcément, parfois, quand la sieste crapuleuse ou l’heure du coucher arrive, les discussions deviennent plus intimes.

Mais le sexting classique, je m’en suis lassée. Échanger des messages décrivant « Je te fais ci », « Tu me fais ça », « J’ai envie de ci », avec la coupure nécessaire pour que l’autre réponde, ce n’est plus tellement mon truc.

Sans compter que, socialisation genrée ou hasard des rencontres (j’en reparle plus bas), je suis assez peu tombée sur des hommes qui aimaient ça, qui étaient doués pour ça, du coup je me retrouvais souvent un peu frustrée ou gênée par l’interaction.

Mais je n’ai pas pour autant abandonné le cul par écrit, j’ai juste changé de méthode !

Le Google Doc de cul, mon sexting original

« Google Doc de cul », ça sonne environ aussi sexy que « Excel érotique » : on associe plutôt l’outil au monde pro qu’à la branlette en ligne. Et pourtant !

Ça reste le moyen le plus simple que j’ai trouvé pour centraliser mon drôle de sexting. Mais attends, je t’explique comment je m’y prends.

En gros, je fais du sexting en différé, à deux vitesses : j’écris en entier, de mon côté, tout un scénario de cul qui m’excite.

On est dans telle ambiance, on commence de telle façon, on se chauffe comme ceci, comme cela, tu me fais ci, je te fais ça, bref, je raconte un moment de sexe avec la personne à qui je pense.

Ce n’est pas vraiment de la fiction, c’est un ébat qui ressemble aux nôtres, et qui correspond à ce qui me fait fantasmer pendant la masturbation, aux souvenirs de cul que je chéris avec ce mec en particulier.

Une fois que j’ai fini (et que je me suis branlée, on va pas se mentir), je colle tout dans mon fameux Google Doc secret et je préviens l’homme en question qu’il a de la lecture.

De son côté, mon mec n’a qu’à attendre le moment opportun (généralement à 2h du mat, quand je dors, ce qui ne tombe pas plus mal) pour lire toutes les cochonneries qui me sont passées par la tête, et en profiter autant qu’il veut !

Moi, je suis satisfaite : j’ai raconté ce qui me plaît, de la façon qui me plaît, sans être dépendante de la disponibilité, de l’inspiration ou de la plume d’une tierce personne. Je me suis auto-excitée et j’ai pris du plaisir. Lui a le plus long sexto du monde à lire, rédigé spécialement pour lui, avec son corps, son sexe, ses pratiques dans ma tête.

Pas mal comme deal, hein ?

Et je mets tous les écrits à la suite sur le même document, comme une collection de fantasmes qui ne demande qu’à être explorée à nouveau.

Le sexting pour explorer ses fantasmes en couple

Au début, j’écrivais ce qui me passait par la tête selon mon humeur du moment ; mon mec s’amuse maintenant à choisir des mots-clefs, comme des exercices d’écriture.

Là on serait en vacances, là tu garderais tes vêtements, là ce serait plutôt toi qui domine, cette fois-ci c’est moi qui gère… Tu vois le topo.

Cet « exercice » a beau être un support de masturbation à la base, il m’a permis de libérer mes fantasmes et de communiquer exactement ce qui me plaît. Par les moments sur lesquels je m’attarde, par les détails que j’inclus, mon partenaire peut apprendre ce qui me reste en tête, et donc ce qui me fera décoller !

Au fond, c’est plus intime que du sexting classique « Je te fais ci, tu me fais ça », car c’est une plongée directe dans mes pensées, dans ce que je me représente quand je pense au sexe avec lui.

D’ailleurs, si je parle ici principalement de couple c’est parce que j’ai relativement peu écrit des Google Doc de ce type à mes plans cul. L’intimité était moins présente, la proximité aussi.

Le sexe était bien, mais niveau échanges de fantasmes, ça se faisait plutôt sur le moment.

Le sexting réciproque, la meilleure chose

Je ne trie pas mes partenaires sexuels, et encore moins mes amoureux, sur leur amour ou désamour du sexting. Comme je te l’expliquais, j’ai donc souvent fini avec des gars dont ce n’était pas trop le truc.

En soi, ce n’est pas grave ; la plupart étaient quand même OK pour recevoir mes Google Doc de cul, ils ne se sentaient simplement pas trop à l’aise pour « débriefer » leur lecture et encore moins pour s’essayer à l’exercice.

Alors tu imagines ma joie le jour où mon mec actuel m’a demandé : « Et… si je t’écrivais moi aussi, ça te tenterait ? ».

OUI ! Oui oui oui, mille fois OUI ! Enfin une plongée dans l’insondable psyché sexuelle d’un partenaire ! Enfin des récits inédits, que je n’aurai pas écrits, donc qui me surprendront ! Enfin de la réciprocité !

On n’est pas encore à du 50/50 parce que j’aime beaucoup trop rédiger des Google Doc de cul et que j’ai une productivité débile, boostée par mes années d’expériences, mais j’ai quelques écrits de mon copain pour les jours de diète (alias : la distance du confifi séparés tu connais).

Et c’est trop bien. Bien sûr, ça m’excite, et ça me frustre un peu aussi car j’ai très envie que ses mots deviennent réalité, mais en plus… ça me touche.

Ça me touche d’avoir un mec « qui fait ça pour moi », qui a eu envie d’explorer cet aspect un peu chelou de ma vie sexuelle dont j’ai parfois eu honte, parce que j’avais l’impression d’être la seule à faire ça.

Bon, je ne connais toujours personne qui fait ça « spontanément » (je connais les récits érotiques de fiction, le porno écrit ou audio, le sexting classique… mais pas « ma méthode »), sauf que maintenant je n’en ai pas honte pour un sou.

Le sexting, porte d’entrée vers la sexualité masculine

Laisse-moi maintenant dézoomer un peu et sortir de mon simple cas particulier : j’ai l’impression que pour plein de mecs, c’est compliqué de parler de leur sexualité.

Je ne parle pas de blagues potaches ici, mais bien de parler de sexe pour de vrai : de ce qu’on aime, de ce qui nous excite, de ce qui nous plaît, même si c’est « bizarre », même si c’est tabou.

J’en ai d’ailleurs longuement causé avec la fabuleuse Anne-Laure Parmentier, créatrice du non moins fabuleux podcast On the Verge, le seul à ouvrir autant la parole des hommes au sujet de leur sexualité.

Son podcast a été, pour moi, un mix entre une bouffée de fraîcheur et une révélation : j’entendais des paroles que je n’avais jamais entendues, moi qui ne suis pourtant jamais la dernière à parler de sexe avec les hommes comme les femmes.

La sexualité féminine a si longtemps été un sujet tabou que les barrières tombent à grands coups de masse, que les contenus à ce sujet commencent à foisonner. Et c’est tant mieux !

Mais en tant que meuf hétéro, j’ai toujours ressenti un manque, un vide, une incompréhension de la sexualité profonde de mes partenaires, qui ne savaient pas trop en causer autrement qu’en me confiant du bout des lèvres leurs tags préférés sur les sites porno, ou en avouant, après une pinte de trop, qu’ils ne seraient pas contre se faire attacher au lit un jour, pour voir.

Femme élevée dans un monde patriarcal qui jugeait négativement ma sexualité, j’ai logiquement passé du temps à y réfléchir, à m’interroger sur la « normalité » de mes pratiques, de mes fantasmes, jusqu’à découvrir le féminisme sex positive qui m’a entre autres appris qu’on s’en fout tant que tout le monde est adulte, consentant et qu’on se protège contre les maladies.

Je ne suis pas sûre que les hommes en général, dont la sexualité, méconnue, est considérée comme « simple » et automatique, fassent ce cheminement intérieur au sujet de ce qui les fait bander et jouir.

Par mes Google Doc de cul, au départ simple support de masturbation, je commence à lever le voile sur ce qui plaît à l’homme que j’aime, et je trouve que c’est une belle surprise inattendue, de lire par ses mots comment il considère nos ébats, d’effleurer ce qui se passe dans son cerveau quand il pense à me faire l’amour, de découvrir jusqu’aux mots qu’il utilise, parfois les mêmes que moi, parfois différents (je dis facilement « queue » mais très peu « chatte » et encore moins « vagin », c’est grave docteur ?).

Et c’est bien pour ça que je t’en parle sur Rockie ; déjà parce que, peut-être, ça te permettra de prendre ton pied, mais parce que ça peut aussi être une chouette exercice pour explorer la sexualité des gens qui te font frémir !

Bon, je te laisse, j’ai une commande qui m’attend pour mon Google Doc du soir. J’ai hâte de m’y mettre !

À lire aussi : 20 ans de lettres érotiques échangées avec un homme… qui n’est pas mon mec

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Le dernier commentaire

27 Juil 2020, à 17:42
Merci pour ton article Mymy. On a commencé hier un récit à 4 mains.... Trop bien!
 
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