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J’ai 30 ans et pour l’instant, je ne veux pas d’enfant

Victoria a plusieurs fois changé d’avis sur la maternité. Et elle s’est rendu compte que la vie avait plus d’imagination que prévu.

Temps de lecture : 3 minutes

J’ai 30 ans et a priori je ne veux pas d’enfant. L’a priori est une soupape de sécurité car il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et je préfère me laisser une petite marge de manoeuvre.

Je suis sur le point d’avoir 31 ans et mon envie de procréer a évolué depuis mes 6 ans. Enfant, je dessinais ma future maison dans laquelle je plaçais mon mari et mes enfants. J’en voulais trois. Trois filles. Trois copines j’imagine. Ah, quelle naïveté.

Adolescente, j’ai successivement arrêté de croire en Dieu et de vouloir des enfants. Sans corrélation entre les deux. En ce qui me concerne, le désir d’enfant ça s’en va et ça revient (Cloclo, elle est pour toi). Donc, très logiquement, j’ai eu l’impression d’en avoir envie de nouveau vers mes 25 ans. Je précise également que j’ai fait la paix avec ma foi quand je suis sortie de cette douce période de la puberté.

Puis, j’ai découvert le monde du travail. Et mon envie d’enfant s’est envolée avec une telle légèreté que je ne m’en suis pas aperçue tout de suite. J’avais approximativement 28 ans quand je l’ai réalisé. J’étais en couple depuis deux ans avec mon compagnon. J’ai eu une épiphanie.

Il était fort probable que je ne désire pas avoir d’enfant. Pour de vrai. Pas à la manière d’une adolescente qui se rebelle contre tout (NB : je parle en mon nom évidemment. J’imagine qu’il est possible de le réaliser sincèrement très jeune, mais je faisais partie de ces adolescents bêtes et légèrement insupportables. Que voulez vous, chacun sa croix).

« C’est pour quand le bébé ? »

Et puis, ça a commencé autour de moi. Des amis, collègues, mon frère, même les youtubeuses. Oui, parfaitement. Des annonces de grossesses. PARTOUT.

Quand LA question a commencé à m’être posée, j’ai senti le piège se refermer. J’allais sur mes 30 ans, j’étais en couple depuis plus de trois ans, et j’avais sans arrêt le droit à : « C’est pour quand le bébé? ». Est-ce que je te demande si ton périnée est bien tonique ?! Laisse mes ovaires ovuler en paix je te remercie.

À lire aussi : Et toi, tu t’y mets quand ? Plaidoyer pour qu’on nous lâche l’utérus

Le problème est le suivant : si tu as la trentaine, que tu es une femme et que tu ne veux pas d’enfant, soit tu es douteuse soit tu vas “forcément changer d’avis”. Comme si la finalité de toute existence était de vouloir, que dis-je, de devoir procréer. Mais je ne vais pas faire d’enfants pour me tenir compagnie quand j’aurai 70 ans.

Pourquoi mon horloge biologique ne s’active pas ?

Je mentirais si je disais que cela ne m’a pas inquiétée. Je me suis posé des questions sur moi, j’ai failli commencer une thérapie. Ou deux pour être sûre. Pourquoi je ne suis pas comme les autres ? Pourquoi mon horloge biologique ne s’active pas ? Je ne vais vraiment pas avoir d’enfants alors ?

J’ai essayé de m’auto-convaincre : oh, regarde comme c’est mignon, tu es sûre que tu n’en veux pas ? En général, à ce moment précis, l’enfant se met à pleurer et me conforte dans ma décision.

Les pleurs ne sont pas le seul problème. L’engagement que cela représente de se reproduire est si important que je ne m’en sens ni les épaules, ni la motivation. Il s’agit littéralement d’accompagner un autre être humain aussi loin que notre vie nous le permet, et de s’assurer qu’il devienne quelqu’un de bien sinon ce serait trop simple.

Quand je lis tous les jours que l’avenir de la Terre est incertain, faire un enfant ne me semble pas non plus l’idée du siècle. Comme si l’engagement de ma vie était ailleurs.

« Ce n’était pas le bon »… Vraiment ?

Mon mec de l’époque – on s’est séparés depuis – n’en voulait pas non plus, du moins, “pas tout de suite”. Aujourd’hui, et malgré toutes mes convictions, une petite voix me murmure quand même : “c’est pour ça que tu n’en avais pas envie, ce n’était pas le bon”. Comme si la société s’était tranquillement installée dans mon cerveau pour influencer mes réflexions : je vais finir par changer d’avis, “quand j’aurai rencontré la bonne personne”.

Sauf que l’ironie de la vie n’a aucune limite. J’ai rencontré quelqu’un. Il a 40 ans, il a une fille. Elle va sur ses deux ans. Avoir l’enfant d’un autre ! J’en tricote des scénarios pendant mon temps libre mais alors celui là, je ne l’avais pas vu venir ! Elle est adorable et elle me fait fondre. Quel merveilleux compromis. C’est un peu comme devenir grand-mère à 30 ans.

Si j’ai toujours pensé que je serai une piètre mère, j’étais convaincue que je ferai une mamie exceptionnelle. L’un étant compliqué sans l’autre je m’étais résignée. Erreur.

J’ai les avantages sans les inconvénients. Un week-end sur deux. Et c’est très bien comme ça, pour l’instant.

Tu es sûre de ne pas vouloir d’enfant ? Tu te poses encore des questions ? Viens en parler dans les commentaires sur le forum ! 

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Le dernier commentaire

8 Mai 2019, à 14:31
Je n'ai jamais voulu d'enfant non plus, mais genre vraiment jamais : quand j'étais petite "jouer à la maman" me soûlait et m'ennuyait au bout de quelques minutes et mes poupées vivaient toujours de folles vies mais sans enfant. Mes proches me mettent souvent la pression sur ce sujet (parfois de manière inconsciente), justement avec la question "Mais toi tu t'y mets quand ?" ("jamais" n'est pas la bonne réponse pour avoir la paix), d'autant plus qu'une de mes cousines qui affirmait depuis trèèèèèèèès longtemps qu'elle n'aurait jamais d'enfants est enceinte donc moi aussi je vais forcément changer d'avis, c'est la Natûûûûûre ! Je me suis même pris méchamment la tête avec ma soeur il y a deux ans parce que je lui ai avoué que j'ai cru être enceinte (retard de règles de plus de 8 jours avec nausées et tout) et que je m'étais renseignée sur l'IVG, sauf que ça la dérangeait que moi j'avorte parce qu'elle voudrait devenir tata et que j'ai des enfants.
En fait, ce sujet m'agace tellement que je vais voir avec ma gynéco pour une stérilisation volontaire, comme ça plus de pression à la contraception, plus de pression sociale, et au pire je regretterai mais ce regret ne concernera que moi et pas un autre être que j'aurais mis au monde pour de mauvaises raisons.
 
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