Close

M’imaginer avec un autre a réveillé notre libido

Cette lectrice de Rockie est en couple avec le même homme depuis onze ans. Confrontée à une baisse de libido, elle a commencé à parler avec son conjoint de la possibilité “d’ouvrir” leur couple à d’autres partenaires sexuels.

Temps de lecture : 2 minutes

J’ai 35 ans et je suis en couple depuis onze ans avec celui qui est devenu le père de mes enfants. Celui-là même avec lequel je me découvrais il y a onze ans une certaine tendance à l’addiction sexuelle, une maladie que l’on s’était transmise, sans parvenir à se mettre d’accord sur qui l’avait attrapé le premier. Et puis ça nous est passé, avec l’âge, les années, les grossesses, les journées trop chargées, les enfants, l’abonnement Netflix…

Baisse de libido et tensions

C’est sûrement d’une banalité affligeante, mais ça m’est passé plus vite à moi qu’à lui, de quoi faire rapidement naître des tensions autour de cette question. Et qu’est-ce que c’est pénible ces discussions : comment se forcer à avoir du désir, si le désir est justement hors de la sphère du conscient, du contrôle, de la décision ?

On en a beaucoup parlé, et déjà, ça a fait baisser la tension dans la relation. Mais ça ne règle pas forcément le problème… Et puis une idée est venue de l’extérieur : « ouvrir » le couple.

On a reçu l’année dernière des copains à la maison quelques jours, et au cours d’une de ces longues discussions franches et intimes qu’on peut avoir entre meufs, elle m’explique que pour eux, le contrat de départ c’est un couple libre : chacun peut aller voir ailleurs, la seule condition étant de ne pas le dire à l’autre pour ne pas le faire souffrir. Leur idée c’est de se dire que « aimer l’autre c’est vouloir son bonheur, qu’il le trouve avec moi ou ailleurs ». Ils sont en couple depuis plus longtemps que nous, et ça a l’air de leur réussir.

Ouvrir son couple, ou en faire un fantasme ?

Ça m’a travaillé un moment et puis j’ai fini par en parler à mon homme. Il m’a tout de suite dit qu’il trouvait ça intelligent, et qu’il n’avait rien contre l’idée de m’imaginer avec un autre. Au fur et à mesure c’est devenu plus que ça, il fantasmait souvent sur cette idée, moi avec un autre homme, et je dois dire que ça a eu un effet assez bluffant sur moi. À chaque fois qu’il commence à aborder l’idée de me voir avec un autre (toute sorte de scènes fantasmées, mais en gros avec à chaque fois un autre homme et moi), ça réveille illico ma libido.

C’est souvent dans ce sens, mais ça nous est déjà arrivé d’imaginer l’inverse (lui avec une autre), et ça marche aussi ! Il suffit de commencer à évoquer l’idée pour nous sortir de la torpeur… Je suis passée au présent parce que c’est toujours le cas un an après. Je dois dire qu’on n’est encore jamais passé à l’acte, et que peut-être que ce ne sera même jamais le cas. On n’en sait rien. Mais ça nous va bien de nous imaginer chacun libre, avec cette possibilité de glisser un jour dans d’autres draps, sans culpabilité. Je crois que ça a mis de l’oxygène dans la relation.

Aujourd’hui, on n’a évidemment pas retrouvé notre rythme des premiers mois, nos ébats sont irréguliers (et heureusement, quelle monotonie sinon…) Mais de mon côté, ça reste un recours : quand je sens que le moteur ne démarre pas, je mets la machine à fantasmes en marche et hop, c’est parti !

Tu as déjà abordé la question du couple libre dans ton couple ? Vous êtes déjà passé·es à l’acte ? Viens en parler dans les commentaires !

 

Rubrique
Mots-clés

Le dernier commentaire

20 Mar 2019, à 15:38
@P.Mey Je ne suis pas certaine que c'était réellement ce que voulait dire la rockie ;)

Sur l'intérêt d'en parler autant, si je suis la logique de ta phrase suivante, je ne suis pas bien certaine qu'on parlera de grand chose. L'idée d'échanger sur la question est bien de découvrir d'autres modes de fonctionnement, de satisfaire sa curiosité, de pouvoir réfléchir à de multiples échelles. Pour les célibataires qui voient plusieurs personnes en même temps, j'ai pas connu cette ouverture d'esprit et Marie-Gertrude n'était clairement pas la seule à commenter, j'avais donc décidé de garder ça pour moi pour satisfaire l'étroitesse d'esprit de beaucoup, mais doit-on se contenter de ça justement ?

Sur le nombre d'articles, Clémence a répondu que c'était une question en soit, et qu'elle souhaitait idéalement autant traiter du couple que toutes ses formes plurielles. Mais les témoignages reçus semblent être majoritairement tournés vers le polyamour ou d'autres formes.

C'est marrant parce que moi j'ai l'impression que la société RE-découvre justement. Tu as pas mal de témoignages poly-amoureux dans la culture début du précédent siècle et dans certaines partie de l'histoire plus ancienne (Sand / Beauvoire, les Woolfs, beaucoup de poètes, certains Films de truffaut, des critiques marxistes...), mais c'est comme si on s'était ensuite enfermés dans une sorte de carcan et d'image bien douce et sage. La faute a la télé des années 60 j'imagine ?
 
Voir les réactions sur le forum (22 réponses)
Close