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Comment mon rapport à la masturbation a évolué au fil de ma vie

Cette lectrice de Rockie, âgée de 30 ans, nous parle de son rapport à la masturbation, et de comment il a évolué au fil de sa vie.

Temps de lecture : 3 minutes

Tout a probablement commencé vers l’âge de trois ans. Fun fact : la majorité de mes plus anciens souvenirs concernent la masturbation. Cocasse pour les repas de famille, « tu te souviens mamie ? ».

Mes cinq doigts sur la culotte, il ne s’agissait pas de pénétration mais d’une sorte de petit massage. Un spectacle ouvert au public. Eh oui, pas de pudeur chez l’enfant. Aisément installée sur le fauteuil de papi ou sur la moquette dans le salon, devant la télé, partout où l’orgasme m’appelait, j’étais.

Masturbation enfantine et réactions de l’entourage

J’ai quelques souvenirs de ma famille me faisant gentiment comprendre que cette activité devait cesser. Bizarrement ce sont ma mère et ma grand-mère qui me demandent d’arrêter pendant que mon père et mon grand-père adoptent, dans mes souvenirs, une attitude beaucoup plus détendue vis à vis de cette affaire familiale.

Alors que les femmes se courroucent de me voir me tripoter, les hommes dédramatisent la situation. Je ne peux m’empêcher de me demander quelle aurait été leur réaction si j’avais été un enfant de sexe masculin. Heureusement, enfant et en interprétation libre j’ai décidé de suivre le camp paternel. Si papa me dit que ce n’est pas grave, si papi me fait non du doigt tout en souriant, c’est probablement que je peux continuer.

Forte de ma nouvelle conviction, bien détendue et libre de tout malentendu, l’orgasme et moi avons ainsi commencé notre meilleure vie. En privé. Je peux sans aucun doute affirmer que je me masturbe fréquemment depuis l’âge de mes trois ans, soit depuis 27 ans. Orgasme assuré à chaque prestation. Aucun loupé. L’orgasme est indubitablement mon ami le plus fidèle. On a évolué ensemble.

La masturbation féminine, un tabou à l’adolescence

En revanche, arrivée à l’adolescence, lui et moi avons commencé à remettre notre amitié en question. J’ai ouï dire que notre relation ne devait pas nécessairement rester exclusive, qu’une tierce personne pouvait se joindre à nous. Mais l’orgasme était devenu pour moi quelque chose de très personnel. J’étais très pudique, bien loin des spectacles publics de mon enfance. Très certainement honteuse également. Quand j’étais ado, dans ce temps reculé que sont les années 2000, il n’était pas très courant pour une fille de se masturber. Ou plutôt d’en parler.

L’acte sexuel avec un garçon, s’il devait avoir lieu, ne devait pas nécessairement aboutir à mon plaisir. Je faisais clairement la distinction entre avoir un orgasme et avoir une relation sexuelle. En parallèle, ce que je faisais avec mes dix doigts ne concernait que moi. Quand j’ai commencé à avoir des rapports sexuels à l’âge approximatif de 17 ans, j’étais presque résolue et résignée à rester maître de mes orgasmes jusqu’à la fin de ma vie. Avec éventuellement un coït de temps en temps pour satisfaire le futur homme de la maison, charitable que je suis.

Je ne savais pas à ce moment là qu’il était possible de parler avec sa moitié. De lui expliquer ce que je faisais seule pour me procurer du plaisir. Je n’ai jamais abordé ce sujet avec mes parents. Non pas que ce soit particulièrement tabou mais le sexe était très mécanique tel que je le concevais à cette époque, et je ne ressentais pas le besoin de poser des questions.

La découverte de l’orgasme à deux

Pendant mes études, en 2008, j’ai eu la chance de tomber sur un site dont les articles et la partie forum m’ont détendus le bulbe. Eh oui, madmoiZelle.com, a participé à la révolution de ma vie sexuelle. Internet est un trésor. Grâce à la communication et au lâcher prise j’ai découvert l’orgasme à deux.

Mes différents partenaires sexuels ont apprivoisé cet ami qui m’est cher, chacun à leur manière. Malgré mes différentes relations et autant de plaisir qu’ont pu me donner mes différents mecs, je n’ai jamais arrêté de me masturber. Je ne me masturbe plus forcément de la même manière (qu’à trois ans fort heureusement), et je continue de découvrir mon corps seule en parallèle des différents rapport sexuels que je peux avoir.

Comme si je partais en exploration afin de mieux pouvoir expliquer à l’homme comment s’y prendre ensuite. Ça marche aussi dans l’autre sens. J’ai déjà été très surprise par certains orgasmes. Je pensais me connaître par coeur, mais en laissant le champ libre à mon partenaire d’œuvrer à son aise, je me suis découvert quelques zones stratégiques insoupçonnées !

J’ai longtemps pensé que me masturber était signe de luxure et de vice. Que je serais jugée sévèrement pour être l’incarnation d’un péché capital. Un secret que je devrais taire à tout jamais pour avoir commencé si jeune. Jugement dernier ou pas, j’ai fréquemment des orgasmes depuis presque 30 ans, ce que je souhaite à toutes et tous car jouir c’est qu’en même très très cool.

Et toi, tu te masturbes ? Viens raconter ton rapport à la masturbation dans les commentaires !

 

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Le dernier commentaire

1 Mar 2019, à 22:48
Je ne me souviens pas quand j'ai découvert le plaisir de la masturbation mais j'ai découvert l'orgasme aux alentours de heu... 13 ans si je dis pas de bêtise. Mes souvenirs sont assez vagues. J'avais compris que c'était "pas bien" alors je faisais tout pour ne pas être prise la main dans le... bah dans la culotte. :} C'était quand même arrivé que l'on arrive au mauvais moment pis quand j'y repense, ça me fait marrer ces situations ridicules où je trouvais une excuse à ce que je faisais... "en fait je suis tombée du canapé" Et au final ça passait... :yawn:

Avec l'expérience j'ai commencé à apprivoiser mon corps et je savais rapidement comment me donner un orgasme avec stimulation du clitoris. Pour ce qui est des pénétrations vaginales je m'y suis prise assez tardivement (genre heu.. pas avant mes 18 ans) parce que je ne ressentais pas de plaisir. Je me suis éduquée aussi là dessus à force de persévérer toute seule et avec les expériences à deux (Et là encore c'est une longue histoire, sachant que pendant plusieurs années les pénétrations vaginales étaient douloureuses).

La masturbation solo, je l'ai toujours vu comme un moment important de détente. Encore aujourd'hui en fait, même si je suis capable d'avoir un orgasme avec mon chéri pendant l'acte, j'ai parfois envie de me faire plaisir toute seule en cachette parce que c'est mon petit jardin secret. :)

Après je n'arrive pas à savoir si c'est plus tabou que pour les mecs. Moi en tout cas, ce n'est pas un sujet qui me dérange. Mais je me souviens que pendant longtemps je pensais avoir le métabolisme d'un mec (loul) parce que je trouvais l'orgasme assez facile à atteindre avec mes pitits doigts, alors qu'en parallèle je lisais des articles sur des femmes qui ne connaissaient pas l'orgasme. Je me faisais même des challenges perso, genre je comptais jusqu'à combien d'orgasmes je pouvais arriver.

Mais bref, je suis super contente qu'on essaye de changer l'image qu'on donne à la masturbation féminine.
 
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