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J’ai été en couple pendant très longtemps. On s’est séparés et j’ai survécu !

Chloé, 36 ans, a passé 14 années en couple avec le même homme avant de se séparer. Une période douloureuse qui lui a permis de renouer avec sa vraie personnalité.

Temps de lecture : 6 minutes


À 17 ans, j’ai commencé à sortir avec un jeune homme de 23 ans, que je connaissais depuis mon adolescence. Les premières années de notre histoire se déroulent comme dans un rêve : une complicité exceptionnelle, jamais une dispute car on parle hyper facilement de tout, beaucoup de rire, une sexualité au top, toujours dans l’échange et le dialogue.

Au bout de cinq ans, on s’installe ensemble. La vie quotidienne se passe nickel, hyper équilibrée à tous les points de vue. Et puis, quelques trucs qui grincent commencent à émerger.

Par exemple, il bosse énormément et prendre des vacances pour lui c’est la fin du monde, alors que moi je suis une voyageuse et je ne suis bien que si j’ai un billet réservé pour une échappée future. Résultat des courses : je vadrouille quand même, mais rarement avec lui.

Un cercle vicieux s’installe

Je commence à ne plus avoir de libido et j’ai de moins en moins envie de lui. J’ai aussi pris beaucoup de poids (environ 15 kg) et il me fait quelques remarques, rares mais qui restent gravées dans le marbre de mon manque d’estime de moi. Et un cercle vicieux s’installe : je me sens moche donc je n’ai pas envie de sexe, et vice-versa. Lui, par contre, est toujours au garde à vous, s’il pouvait ce serait “3 services par jour, ma bonne dame”, alors que moi je suis plutôt sur “1 service par mois” parce qu’il faut lui “faire plaisir” (sic)…

Il est du genre à transformer tout ce qu’il touche en or et à réussir tout ce qu’il entreprend. Il bosse dans une branche très compliquée (genre artiste tu vois), BIM il cartonne et gagne très bien sa vie. Ah, et aussi, il a un physique d’Apollon, il ne prend jamais un gramme mais s’il décide qu’il a besoin, hop hop hop, 4 pompes et 3 abdos plus tard, il peut faire la couverture de Têtu.

Si on commence un nouveau sport ensemble, lui y arrive direct et moi je galère (et du coup, je me sens nulle, grosse, moche, etc). Pourtant, attention, il ne m’a jamais rabaissée, au contraire : il m’encourageait, m’attendait. Mais bon, fait chier d’être toujours celle qui est le boulet et lui héros grec !

« Je ne suis pas sûr de vouloir continuer ma vie avec toi »

En 2011, un peu ras-le-bol de la France, où on était pour nos études et premiers jobs, on décide qu’il est temps de retourner sur notre petit paradis tropical où vivent toujours nos familles. Déménagement, installation, boulot… A priori, ça devrait être le bonheur à tous les étages, il fait beau, on est bien. Oui, mais je sens qu’il n’est pas au top, qu’un truc déconne, on rit toujours beaucoup, mais y’a du sable dans l’engrenage.

Et patatras, un matin – six mois après notre retour sous les cocotiers – entre le café et les tartines, j’ai droit à “je ne suis pas sûr de vouloir continuer ma vie avec toi”. Gloups !

Je pars une semaine réfléchir seule au calme. Émerge alors l’idée qu’à 29 ans, mon boulot me fait chier, ma relation se barre en cacahuète et qu’au fond de moi, j’ai toujours voulu passer du temps dans un pays anglophone. OK, c’est décidé, l’année 2012 se fera sur les routes australiennes. Comme on peut obtenir un Working Holiday Visa (PVT) jusqu’à 30 ans, (à l’époque – maintenant c’est 35), c’est NOW !

Je rentre avec mon plan en tête, nous sommes en juillet 2011, j’ai un CDD à terminer jusqu’en décembre, des sous à mettre de côté et je partirai ensuite. L’homme est super enthousiaste, il valide complètement mon idée, mon projet, il trouve que c’est exactement MOI, c’est ÇA qu’il me faut ! (Et je suis sûre qu’il était totalement sincère et convaincu).

Un voyage en Australie et une lettre d’amour

Reste que bon, on est quand même toujours dans le même appart et lui est toujours paumé dans son rapport à moi… Bref, matériellement, économiquement, on décide qu’on reste ensemble jusqu’à mon départ. Moi évidemment, je suis toujours amoureuse, alors ça m’arrange bien.

En 2012, je pars chez les Wombats, et je commence petit à petit à prendre de la distance avec lui. Notamment en passant deux mois au fin fond du bush australien, sans internet ni téléphone. Je cicatrise doucement mais j’avance.

Oui, mais…. C’était sans compter sur LA lettre d’amour, la Déclaration ENFLAMMÉE, huit pages d’introspection, d’analyse et une conclusion : “Tu es la femme de ma vie, je ne peux pas vivre sans toi” BOUM ! Cicatrisé en surface oui, mais pas guéri, mon pauvre petit cœur… donc j’ai replongé, et à fond !

Une fois rentrée à la maison, je propose qu’on s’oriente vers un nouveau projet à deux : l’achat d’une maison (et éventuellement un bébé – sauf qu’en vrai je ne suis pas hyper motivée). La réponse est indiscutable : NON, ce n’est pas le bon moment pour acheter, je ne peux pas emprunter, blablabla, l’homme dresse une montagnes d’obstacles. Les semaines passent, et ressemblent à ce que j’avais quitté un an auparavant, mais encore une fois, je fais l’autruche, et je continue d’y croire.

Ben en fait, heuuu comment dire… finalement, Monsieur s’est trompé ! Il ne m’aime plus. Il pensait qu’il m’aimait, mais en fait non… Et il me quitte comme ça, à 23h un samedi soir, en m’annonçant qu’il s’est trouvé un appart et qu’il part le lendemain. Fin du Game, adieu.

Une longue traversée du désert après la rupture

C’était il y a 5 ans. Sur le moment, j’ai l’impression qu’il m’a broyé les deux jambes, je suis à terre psychologiquement. S’ensuit une longue traversée du désert : je n’ai plus de vie sociale, je suis seule, je me jette à corps perdu dans le boulot, je m’épuise mais ça me permet de garder la tête hors de l’eau.

Mon printemps, mon renouveau arrive 6 mois plus tard quand je pars seule au Népal et que j’assiste au “Réveil des Dieux”, c’est-à-dire au lever du soleil sur la chaîne des Annapurnas.

À partir de là, je relève la tête, comme si je réapprenais à marcher seule. J’achète un appartement, je me reconstruis une vie sociale, je me fais des amis, je sors beaucoup et je me redécouvre. Je comprends que je suis une fille qui aime les gens, les rencontres, qui aime sortir, qui aime voir le monde, qui pétille.

Par contre, niveau mecs, c’est mission impossible. La confiance en moi, déjà pas bien vive au départ, est anéantie par la rupture. Je suis incapable de croire que je peux plaire, incapable d’imaginer qu’un homme ait envie de moi, incapable de me dénuder devant un inconnu, incapable de m’abandonner dans les bras de quelqu’un.

Mes amies font un très long travail de reconstruction et me boostent pour que je baisse la garde et je finis par avoir quelques amants.

Je suis beaucoup plus heureuse et épanouie sans lui

Cinq ans après, je ne suis pas encore 100% réparée, mais je vais beaucoup mieux et j’ai compris beaucoup de choses.

Je suis beaucoup plus heureuse et épanouie sans lui : je suis moi-même, j’aime ce que je vis et ce que je fais. Je voyage énormément, je rencontre plein de monde. Bref, je vis ma vie comme je n’aurais jamais pu la vivre si j’étais restée en couple avec lui.

J’ai aussi réalisé que pendant toutes ces années, même si j’étais déjà bien féministe et indépendante, je me suis laissée aller à me placer insidieusement dans son ombre. Lui captait toute la lumière et moi, je ne m’épanouissais pas ou peu. Je l’avais placé sur un piédestal (probablement lié au fait que je l’ai rencontré très jeune et qu’il réussit tout aisément).

Du point de vue “amour” et “confiance en moi”, j’ai encore beaucoup de boulot ! Je n’arrive plus à me projeter en couple, je suis devenue assez méfiante, un peu désabusée. J’ai toujours l’estime de moi ratatinée, je ne me sens pas capable de séduire ou d’aller vers l’autre, genre “chatte échaudée craint l’eau froide”.

Une autre partie de moi a quand même envie d’y croire. J’ai eu récemment des larves de papillons qui ont commencé à me pousser dans le ventre quand un mec qui me plaisait vraiment (le premier depuis la rupture) a montré des signes d’intérêts à mon égard.

La rencontre avec moi-même grâce à la séparation

Quant à Monsieur, il a vite remis le couvert. Il a retrouvé les bras d’un ancien flirt. Ironiquement, il a acheté une maison avec sa nouvelle compagne à peine un an après notre rupture et il est père depuis 2 ans. Est-ce que ça m’a blessée ? Jusqu’à l’an dernier, oui. Parce que j’avais vraiment eu l’impression d’un gros foutage de gueule et parce que lui vivait la petite vie parfaite qu’on nous inculque comme LE modèle de réussite.

Aujourd’hui, non. Je sais que mon modèle de vie est celui qui me convient, que pouvoir être une nomade, c’est ce que je kiffe et que je n’ai pas envie d’avoir un enfant.

Voilà, j’en suis là à 36 ans, encore pleine de questions, de doutes, avec quelques réminiscences de cette histoire qui remontent parfois les jours gris (mais de moins en moins) et surtout une vraie joie de cette rencontre avec moi-même.

Tu as aussi traversé une rupture difficile ? Viens en parler dans les commentaires.

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Le dernier commentaire

16 Fev 2019, à 02:49
Le commentaire de @SucréeSalée , m'a interpellée
Dans mon premier couple, c'est ce qu'il s'est passé, nous nous sommes connus à 19 ans, nous nous sommes mis ensemble à 21 et nous avons bercé notre premier bébé, à 23. Nous nous sommes construits ensemble, sauf qu'au bout de quelques années on n'avait plus grand chose à partager, nous nous épanouissions différemment, et ça n'a pas tenu, nous n'étions plus capables de nous écouter, encore moins de nous entendre, et nos projets n'étaient plus conciliables. Je suis partie, parce qu'il était dans le déni.
J'espère sincèrement que ça sera différent pour les Rockies qui démarrent des parcours dans les mêmes conditions.
Mais on a de la chance, la société a évolué, une femme qui doit refaire sa vie, peut le faire plus facilement, maintenant. (ce qui ne veut pas dire que c'est toujours facile, mais c'est permis et accepté)
 
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