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Je suis partie en van faire le tour de l’Europe sans être une aventurière

Clémence est une lectrice de Rockie qui est partie faire un tour d'Europe en van à la fin de ses études. Voici son aventure de non-aventurière...

Temps de lecture : 4 minutes


J’ai toujours beaucoup aimé les récits d’aventure et les livres qui parlent de voyage mais je pensais que c’était uniquement de jolies histoires. De belles expériences pour les autres… mais pas pour moi qui ne suis pas une aventurière dans l’âme.

Chercher un emploi après le diplôme ou suivre un rêve ?

Il y a quatre ans, mon meilleur ami et moi avons décidé de transformer notre amitié en une relation amoureuse. Nous nous connaissions par coeur, et avec les années, sont apparus des sentiments l’un envers l’autre.

Nous aimons beaucoup partir en vacances, rêver ensemble sur des projets que nous menons individuellement ou en couple. Et quelques mois après avoir commencé notre relation amoureuse, il a commencé à me parler de l’idée de faire un voyage en van. Nous étions encore en études l’un comme l’autre, et il nous restait trois ans à passer sur les bancs de l’université.

Ce projet un peu fou ne me semblait pas du tout réel, car très éloigné de notre vie… Nous regardions des vidéos, suivions des comptes Instagram, en discutions de temps en temps, mais dans un coin de ma tête, je savais que je ne me projetais pas dans ce rêve.

Les années passant, mon amoureux a continué à en parler. Nous avions d’autres projets, mais celui-ci restait en ligne de mire dans sa tête. Et peu à peu, j’ai réalisé à quel point c’était important pour lui.

Partir voyager en van : la peur et les obstacles

C’est là que j’ai commencé à avoir peur : je voyais très clairement toutes les contraintes qui rendaient ce projet irréalisable. Comment allions-nous trouver l’argent pour partir ? Ne devrions-nous pas suivre le modèle : Bac + 5, premier job, ? Étions-nous capable de partir en van tous les deux pendant plusieurs mois ?

Je continuais à m’accrocher aux faits, et pour me rassurer, je me disais que sans exprimer clairement mes doutes, les barrières naîtraient à un moment ou un autre, et que ce projet tomberait naturellement aux oubliettes.

Et puis un jour, j’ai lâché prise. J’ai réalisé que j’avais passé les deux dernières années à travailler très dur. Mon compte SNCF me montrait les milliers de kilomètres que j’avais parcouru entre Paris, Tours et Nantes, pour travailler en alternance dans une très grande entreprise, suivre mes cours, et voir ma famille, mes amis et mon amoureux le week-end.

J’ai également constaté sur ma supérieure hiérarchique les conséquences médicales d’une carrière menée non-stop, sans prendre du temps pour soi ou pour ce qui compte à ses yeux. Et j’ai décidé de souffler.

Oui, j’avais le droit de voyager, d’avoir une parenthèse dans ma vie, de ne pas suivre le parcours tout tracé qui était devant moi. J’avais le droit d’aller voir ce qu’il y avait ailleurs. Et surtout, pour me lancer dans ce projet, je n’avais pas besoin de répondre au cliché de l’aventurière, qui peut chasser pour survivre avec deux bâtons et trois bouts de ficelles.

Alors, j’ai dit oui à mon amoureux. Oui, pour le van. Oui pour le voyage.

Préparer notre tour d’Europe en van

Nous avons alors beaucoup réfléchi à deux. Nous avons décidé de partir durant trois mois pour faire le tour de l’Europe. Et toutes les contraintes que j’avais énumérées seule auparavant semblaient disparaître.

L’argent ? Nous allions faire un prêt étudiant.

Le travail ? J’ai décidé de faire un deuxième Master 2, en alternance, qui me permettrait d’avoir un profil complet pour notre retour, et de pouvoir trouver un travail sans difficulté (du moins je l’espère !). De son côté, il a refusé un CDI qu’on lui proposait, et a demandé à le transformer en CDD.

Nous avions un an devant nous pour acheter le van, faire les réparations dedans qui seraient nécessaires, et nous préparer au grand départ. Et puis, comme ce n’était pas un programme suffisamment chargé, nous avons également décidé de nous marier !

Nous avons trouvé notre van sur Le Bon Coin, un T3 Volkswagen de 1986 vert clair que nous avons appelé Gulliver. Il était déjà aménagé, mais non isolé. Comme nous devions passer par les pays scandinaves, nous avons décidé de tout enlever à l’intérieur et de faire tous les travaux par nous-même.

Je ne vais pas te mentir, ça a été une année sportive. J’ai fini mes cours le 28 mai, nous nous sommes mariés le 1er juin, mon contrat s’est terminé le 6 septembre. Le 15 août, nous avons débuté les travaux du van (un peu en retard, certes !). Le 14 septembre, nous sommes partis en week-end pour le tester, et éventuellement repérer les améliorations à effectuer. Et finalement, le 17 septembre, nous avons pris la route pour de bon.

Notre tour d’Europe en van : le bilan

Aujourd’hui, je ne regrette rien. Certes, ce n’était pas la meilleure saison pour partir : les petits réveils à -3 degrés dans le van (l’isolation a moins bien marché que prévu !) sont compliqués. Mais chaque matin, nous avons ouvert les yeux devant un paysage différent. Nous avons découvert des cultures, des histoires, des personnes, des gastronomies totalement différentes.

Et surtout, nous nous sommes sentis libres. Libres d’aller où nous voulons et de faire ce qui nous chante. Comme passer une journée entière à lire et écrire pour moi, tandis que lui va se balader avec son appareil photo.

Nous avons enfin eu du temps pour nous, pour réaliser tout ce que nous avons toujours rêvé de faire. Écrire, dessiner, appeler les gens qu’on aime, écouter des podcasts sur des sujets tous plus différents les uns que les autres…

J’ai même profité de cette période pour lancer mon propre podcast (Le fil d’Ariane) sur un sujet qui me tenait à cœur depuis longtemps : les femmes peu connues, voire inconnues qui ont participé à l’Histoire.

Ce que je retire de cette expérience, c’est qu’on n’a pas besoin d’être un baroudeur de l’extrême pour voyager, ni d’aller au bout de la Terre pour être dépaysé. Tout ce qu’il faut pour se lancer, c’est un peu de volonté, un peu d’inconscience et un beau projet !

À lire aussi : Comment j’ai changé de vie en partant m’installer en Suède

Cette expérience a changé mon regard et je ne retournerai pas dans la vie professionnelle tête baissée. Je sais où sont mes priorités et comment je veux mettre du sens dans ma vie professionnelle et personnelle. Et surtout, je sais que si nous souhaitons repartir, ce sera toujours possible !

Ce témoignage t’a interpellé ? Tu as des questions à poser à Clémence ? Rendez-vous dans les commentaires !

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Le dernier commentaire

2 Fev 2020, à 12:54
Pour la question du camping car, pour moi la différence c'est d'abord sa taille : c'est plus compliqué à manœuvrer, ils ne peuvent pas circuler ou stationner partout. Ca reste la meilleure solution cependant pour partir en famille. Concernant son prix, neuf en effet c'est hyper cher, on peut en trouver d'occasion des pas mal, le problème restera les réparations et surtout l'entretien de la cellule s'il est un peu trop vieux.
C'est aussi pour ça qu'on a pris un fourgon aménagé : c'est le confort du camping-car dans un petit véhicule.
Après, moi aussi j'étais complétement contre les camping-cars et les vieux qui sont stationnés dans des camps comme des sardines à regarder la télé toute la soirée. Mais en fait, des campings-cars j'en ai vu aussi dans des endroits complétements sauvages, loin de tout, conduits par des jeunes ... Les vieux propriétaires de camping-car stationnés en bord de mer ne sont que des vanlifers âgés :cretin: ma perception a totalement changé.

@Lol'ô Pas de souci, je sais qu'il n'y a pas de jugement ici :giggle:. Concernant l'aménagement à faire soi-même : oui on peut tout adapter selon nos besoins. Mais déjà nos besoins on ne les connait vraiment qu'une fois qu'on "pratique" (et ça peut donner des surprises, par exemple je n'aurais jamais cru mon copain maniaque de l'hygiène faire une toilette de chat plusieurs jours d'affilés :yawn:), et le plus souvent, les aménagements correspondent à ce que font les constructeurs (je pense qu'il y a des influences des deux côtés, par exemple les Threevanlifers qui vont au salon du bourget pour trouver des idées d'aménagement). Et pour l'isolation, c'est pareil qu'on le fasse soi-même ou pas : on ne peut pas mettre d'isolant trop épais, et puis comme je l'ai dit ça reste un véhicule, pas une maison, donc il y aura toujours des points d'air notamment au niveau des portières. En regardant des vidéos de van aménagés soi-même un peu plus "roots", j'ai vu beaucoup de retours disant que l'isolation finalement n'était pas top. C'est un problème que nous n'avons pas par exemple (bon aussi on a un chauffage diesel). Après, quand on fait tout soi-même, on entre dans la "communauté des gens qui retapent un van", c'est aussi quelque chose qu'on peut rechercher.

Et @Myrtille Desbois tu as bien résumé ce que j'ai essayé d'expliquer sans succès :yawn: donc un BU ne suffisait pas. Vraiment, la mécanique c'est hyper important.
 
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