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En 2019, affronte tes peurs au lieu de te fixer des objectifs

Tu as le sentiment que la peur t'empêche souvent de prendre des décisions ou de passer à l'action ? Cet article devrait t'intéresser.

Temps de lecture : 4 minutes

Depuis la sortie de Rockie, et l’annonce de la mixité du forum — grande nouveauté par rapport au forum non-mixte de madmoiZelle, j’ai vu beaucoup de lectrices exprimer leurs peurs. Il faut dire que c’est un vrai bouleversement, puisque le forum de madmoiZelle est non-mixte depuis sa création en 2005.

D’une manière plus générale, la peur est une émotion que j’observe régulièrement chez les jeunes femmes qui m’entourent depuis 13 ans à diriger madmoiZelle : dépasser sa peur, la peur de l’autre, la peur de l’abandon, la peur d’être jugée, près de 240 articles au total sont répertoriés sous le mot-clé “peur” sur mad.

Entendons-nous bien : je ne suis pas ici pour juger et rajouter une couche de culpabilité. À force de discuter, de questionner, de débattre avec ces mêmes personnes, que je trouve brillantes par tellement d’aspects, j’ai fini par piger d’où leur venait cette peur (spoiler alerte : très souvent, les parents éduquent les filles à la peur, plutôt que les garçons, mais ça sera le sujet d’un éventuel autre article).

Comment faire pour dépasser la peur ?

Mais à chaque fois que ce constat est posé, je leur dis : maintenant que tu en as conscience, comment tu fais pour dépasser cette peur ?

J’ai découvert il y a quelques années cette conférence TED de Tim Ferriss, qui m’a depuis beaucoup aidé à prendre des décisions compliquées. Il suggère de déterminer ses peurs plutôt que de se fixer des objectifs. Ça dure 12 minutes et c’est vraiment du temps bien investi (tu peux mettre les sous-titres en français dans les options de la vidéo, la petite roulette en bas à droite) :

Il y explique notamment qu’il a découvert à travers le stoïcisme une philosophie qui a apaisé ses troubles mentaux au début de sa vie d’adulte. Il cite notamment cette phrase de Sénèque qui a changé sa vision des choses :

« Nous souffrons plus souvent de l’imagination que de la réalité ».

Il y explique ensuite que Sénèque suggère de faire un exercice qu’il intitule Premeditatio Malorum (“Préméditation des fléaux”). Il consiste à visualiser pour chaque peur les pires scénarios, en tout cas ceux qui paralysent ton action.

Il propose, pour chaque peur, de réaliser ce travail sur 3 pages distinctes :

Page 1 : définir, prévenir, réparer tes peurs

Sur la première page, crée un tableau de 3 colonnes, avec en intitulé “Qu’est-ce qui se passerait si je… ?” — prenons un exemple simple : “qu’est-ce qui se passerait si je quittais ce job dans lequel je suis triste chaque matin ?”

Sur la première colonne, définis avec le plus de détails possible (ça incite à creuser dans la peur et à les affronter par la même occasion), ce qui pourrait arriver de pire si on se décidait à rentrer en action. Surtout, n’hésite pas à détailler le plus possible. Plus tu “creuses” au fin fond de tes peurs, plus tu as de chances de finir par l’exorciser.

Pour cet exemple, les peurs pourraient être « me retrouver au chômage », « ne pas retrouver de travail ensuite », « ne pas arriver à payer mon crédit immobilier », « devoir changer de collègues alors que j’adore ceux-ci »…

Sur la deuxième colonne, liste par rapport à chaque peur une possibilité de la “prévenir” : qu’est-ce que tu peux mettre en place pour éviter que cette situation n’arrive ?

Pour cet exemple, ça pourrait être « me mettre en action de faire des recherches sur Pôle Emploi » ou encore « passer de suite à la phase rechercher un job / remettre à jour mon CV / mon compte Linkedin », pour le crédit « vérifier auprès de mes parents s’ils peuvent m’assurer un prêt relais sur quelques mois », quant aux collègues pourquoi pas « créer un groupe Whatsapp ou prévoir un repas tous les 2 mois avec mes anciens collègues » ?

Enfin sur la troisième colonne, trouve un moyen de “réparer” et de gérer les préjudices si jamais la situation initiale se produit. À qui tu peux demander de l’aide ?

Pour cet exemple, ça pourrait être « finir par prendre un job alimentaire si je n’y arrive pas du tout » – en gros, tu as des ressources, pour le prêt « mes parents peuvent-ils finir par me donner cet argent si jamais je ne m’en sors pas ? » ou encore « prendre le temps d’entretenir le lien avec eux même s’il se distend » pour les collègues.

Tim Ferriss y explique qu’avec son monkey mind – son cerveau qui n’arrête pas de réfléchir en boucle, c’est une excellente méthode pour mettre à plat les différents obstacles qu’il se crée quand une décision compliquée survient.

Page 2, lister les bénéfices du mouvement

Sur la deuxième page, Tim Ferriss propose de lister, avec le plus d’exhaustivité possible, les “bénéfices d’une tentative ou d’un succès partiel” — tu noteras les grandes pincettes qu’il prend, il ne mentionne qu’un “succès partiel”.

Note qu’il incite à être très prudent dans l’approche du succès (“succès partiel”), qui t’amène à mesurer les bénéfices a minima. À part ce détail – qui a son importance, l’objectif de cette liste est évident, je t’invite donc à passer à la troisième page.

Pour illustrer notre exemple, ça pourrait aller de « prendre du temps pour faire un bilan perso et professionnel » jusqu’à « retrouver de l’énergie en me levant chaque matin pour un travail qui m’intéresse », en passant par « en profiter pour tenter de trouver un job mieux payé / où je ferais moins de trajets journaliers » etc.

Page 3, évaluer le coût de l’inaction

Pour paraphraser Ferriss, on a tendance à voir ce qu’on pourrait perdre à changer, mais on réfléchit très rarement au coût parfois faramineux du statu quo.

Aussi, il propose sur la troisième page de lister de façon très précise ce que peut engendrer l’inaction et le fait de ne pas se mettre en action. À la fois émotionnellement, physiquement et financièrement, à 6 mois, 1 an et 3 ans.

Pour notre exemple, ça pourrait être un moral en berne, qui pourrait finir par causer des soucis de couple, voire de santé. Ta moitié pourrait ne plus supporter de te voir dans cet état et dans la peur de bouger. Tu pourrais garder un salaire certes assuré mais qui n’évoluera pas ou peu, qui entraînerait à 3 ans le blocage d’un éventuel investissement immobilier ou de faire un enfant…

La liste peut être très longue et surtout, je trouve que cette perspective est très rafraîchissante, parce qu’effectivement, on a tendance à la prendre très peu en compte.

Ferriss annonce qu’il le fait une fois par trimestre, de son côté, et dès qu’il a une décision compliquée à prendre.

Si tu souhaites télécharger un modèle pour faire toi-même cet exercice, tu peux cliquer ici.

Enfin, il cite Jerzy Gregorek, 4 fois champion olympique d’haltérophilie, qu’il considère être son mentor. Il lui a demandé comment il avait tranché devant ses choix, et avait reçu comme réponse de la part du sexagénaire :

Easy choices, hard life.
Hard choices, easy life.

Et toi, tu as des outils ou des méthodes pour prendre des décisions compliquées ou affronter tes peurs ?

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Le dernier commentaire

28 Fev 2019, à 17:23
@Nancy Drew je garde l'idée de plusieurs carnets, fini de culpabiliser ! :worthy:
 
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