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J’ai mis du temps à réapprendre à aimer après une relation toxique

Après une relation amoureuse qui n'était pas très saine, Laurie a rencontré Romain. Et grâce à lui, elle a réussi petit à petit à laisser tomber ses barrières et à réapprendre à aimer.

Temps de lecture : 6 minutes

Après avoir passé presque 8 ans avec mon premier copain, j’ai rencontré Romain à 25 ans, juste après ma rupture. Lui avait 23 ans, et j’allais être sa première copine, mais à l’époque, je ne le savais pas encore.

Après ma rupture, j’avais envie de m’amuser

Lors de notre rencontre, je n’attendais rien, je voulais seulement me sentir femme dans les bras d’un inconnu. Mon ex avait 7 ans de plus que moi, mais n’avait pas intégré mon évolution entre mes 17 et 25 ans. Sexuellement, il m’a toujours vue comme l’adolescente du début, sauf que mes besoins n’étaient plus les mêmes.

À côté de ça, la communication entre nous n’était pas très bonne et j’avais à la fois le sentiment de devoir gérer des trucs à sa place (démarches administratives, rendez-vous médicaux…) et d’être dépendante de lui affectivement.  J’avais peu de relations sociales en-dehors de notre couple et organisais pas mal ma vie en fonction de lui, sans que la réciproque soit vraie.

Rajoutons à ça la cause ultime de notre rupture : l’infidélité de monsieur et j’ai fini par décider d’arrêter les frais, même si j’ai mis plusieurs mois à réussir à vraiment le quitter. J’avais maintenant envie d’être libre, de m’amuser et de connaître des histoires sans lendemain.

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Alors après la première soirée, quand Romain a fini chez moi, et que rien n’a marché, je suis restée un peu sur ma faim. Pourtant, on a décidé de se revoir, sans rien attendre, et ce n’est qu’au bout de la troisième nuit qu’il m’a avoué n’avoir jamais connu de fille.

Nos besoins à l’époque ne pouvaient pas être plus éloignés l’un de l’autre. Je sortais détruite d’une relation devenue toxique, je voulais m’amuser, et je suis tombée sur Romain, qui n’avait jamais réussi à faire le premier pas avec une fille, et qui avait soif d’un amour qu’il n’avait jamais connu.

Pas question de faire des concessions sur ma liberté

Trois ans plus tard, je peux dire que je vis la plus belle période de ma vie et que Romain m’a aidée à devenir adulte et épanouie, mais pour cela, il a fallu énormément bosser.

Depuis mon adolescence, je me traîne des boulets : une scolarité difficile socialement parlant, un père vivant à 6000 km et une mère intrusive et trop exigeante.

Romain au contraire a vécu dans une grande famille aimante et sincère, il a beaucoup d’amis, et un sens inné de la communication. Je ne comprends toujours pas comment il a pu rester célibataire jusqu’à la fin de ses études – j’ai fini par me dire que c’était sûrement la destinée.

Après nos premières nuits ensemble, on a continué à se fréquenter sans se faire de promesses. J’aimais bien ce garçon mais je ne voulais pas m’attacher, je terminais mon doctorat dans 9 mois, lui son école, et il avait postulé pour des jobs à l’étranger, bref rien qui puisse être pérenne.

Et puis j’avais vécu bien trop longtemps en couple en me sentant emprisonnée pour pouvoir faire la moindre concession sur ma liberté pour un début de relation.

Pourtant, dès le début, il s’est mis à casser mes barrières, à essayer de me comprendre, de me faire parler, de faire en sorte que je m’ouvre… Bref, à communiquer, chose que je n’avais jamais faite.

Accepter de vivre à nouveau avec quelqu’un

D’un autre côté, je sentais bien qu’il s’attachait très vite, comme n’importe quelle personne qui découvre un premier amour. Et je pense que s’il m’avait dit « Je t’aime » trop vite, je serais partie en courant. Un jour, il m’a demandé s’il pouvait laisser sa brosse à dents chez moi et quand il a vu ma tête, il s’est dit qu’il n’avait pas fini de ramer pour atteindre le bout de la berge…

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Le déclic a eu lieu au bout de 7 mois, quand on m’a proposé un job en Angleterre après mon doctorat. C’est ce jour-là que j’ai compris que je ne voulais pas partir loin de lui et que je l’aimais. J’ai eu énormément de mal à lui dire, au point que j’ai fini par lui lâcher le morceau en pleurant.

Finalement, j’aurais été la première à prononcer ces mots que je voyais bien dans son regard tous les jours depuis des mois. Et ne pas les dire, c’est certainement la meilleure décision qu’il ait pu prendre pour notre couple.

Ensuite, tout s’est enchaîné super vite. Deux mois plus tard il emménageait chez moi car sa mère (avec qui il vivait) vendait son appartement pour rejoindre son beau-père dans le sud. Et vu que j’allais sûrement partir ailleurs pour le travail, on ne voyait pas l’intérêt à ce qu’il cherche un appartement pour 6 mois.

Cette étape me faisait très peur, j’avais vécu de 19 à 24 ans dans un appartement avec quelqu’un et ça avait été loin d’être rose tous les jours, surtout au début. Et puis c’était trop rapide !

Pourtant, avec Romain tout a été simple et naturel. On n’a jamais eu besoin de s’accorder sur le partage des tâches, les courses, les trucs enquiquinants du quotidien. Aujourd’hui encore, ça se passe de façon presque idéale, même s’il y a évidemment des périodes plus déséquilibrées que d’autres.

Partir vivre ensemble au Canada

Et finalement, moins d’un an après notre rencontre, j’ai décroché un contrat de deux ans au Québec. Il a alors décidé de quitter son CDI, et de venir avec moi au Canada. Lors de mon ancienne relation, j’étais toujours passée après le travail de mon ex.

Aujourd’hui, notre couple fonctionne sur la base du « nous », à partir du moment où on est ensemble, tout le reste passe après. C’est une vision des choses qui a été nouvelle pour moi, et tellement libératrice.

Nous sommes partis au Canada quelques mois plus tard, nous avons recommencé notre vie à deux là-bas, et j’ai continué à évoluer grâce à lui.

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Romain utilise l’expression « faire ma bulle » pour décrire ces moments où je peux rapidement me renfermer, verrouiller à clé et ne laisser personne s’approcher pendant des jours. Maintenant, quand il me demande si je fais ma bulle, cela me fait sourire, car elle a une porte spéciale Romain qui fait qu’il ne reste jamais plus de 10 minutes dehors.

Au Canada, on a rencontré un groupe d’amis formidables, avec qui on a tissé des liens très fort. C’est l’avantage de l’expatriation, on recrée souvent une nouvelle famille, sauf qu’elle est choisie. J’ai d’avantage appris à m’ouvrir, j’ai commencé à m’intéresser à la communication non violente et à identifier mes sentiments.

J’arrive désormais à identifier et expliquer mes émotions

Nous sommes restés là-bas pendant un an et demi environ. Les quelques derniers mois, j’ai également été malade et il a été d’un grand soutien pour m’aider à traverser cette épreuve. On m’a ensuite offert un super job en France (toujours sur Lyon), et nous avons pris la difficile décision de rentrer.

La décision a été prise à deux mais encore une fois, c’est Romain qui a dû casser son contrat pour me suivre dans le sens inverse. Enfin, on a eu de la chance car finalement sa boîte québécoise a décidé de le garder à distance.

Encore aujourd’hui, quand je rentre le soir et que je le vois chez nous j’ai mon petit cœur qui bat. J’étais auparavant incapable de faire des câlins, de montrer de la tendresse et je passais mes nuits à grogner quand il se collait trop à moi.

Maintenant, je peux passer des soirées dans ses bras de ma propre initiative et c’est même moi qui vais me coller à lui la nuit. Je ne grogne presque plus et je peux même accepter les câlins le matin au réveil, ce qui tient du miracle. Alors il a fallu s’ajuster, que j’apprenne ces gestes et qu’il me laisse la place pour les faire, et du temps… beaucoup de temps.

J’ai encore du boulot, bien sûr. Il y a toujours des moments où je me renferme, où je fais ma bulle. Mais ce n’est jamais quand on est seuls tous les deux, car la bulle n’existe presque plus avec Romain. C’est souvent dans un cadre extérieur, et la bulle disparaît lorsqu’on est à nouveau seuls et que j’arrive à identifier et expliquer mes émotions.

Tout ce travail, je l’ai accompli grâce à son aide. Et aujourd’hui ça me permet de voir la vie de façon plus sereine et même d’améliorer les relations avec ma mère, qui sont mauvaises depuis presque 15 ans.

Avec lui j’imagine me marier, peut-être avoir des enfants. Il a toujours voulu en avoir et moi jamais, mais avec lui c’est un scénario que je commence à imaginer. J’ai toujours rêvé d’être libre et je pensais que je ne pourrais l’être qu’en étant seule. Pourtant, avec lui, je ne me suis jamais sentie aussi libre, à deux.

Ce témoignage t’a touché·e ? Tu as aussi évolué grâce à une relation amoureuse ? Viens on en parle dans les commentaires…

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Le dernier commentaire

8 Nov 2019, à 07:26
Pareil que vous les Rockie: après plusieurs histoires (courtes) somme toute assez décevantes (imprégnées du bon vieux sexisme de mes années d'étudiante- il n'y a "que" 6 ou 7 ans), et une réellement toxique, j'ai rencontré mon conjoint.
Et ça n'avait plus rien à voir.
Donc oui, les belles relations hétéro peuvent arriver.
Mais on peut être très épanoui.e seul.e aussi.
 
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