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Dans une impasse amoureuse, j’envisage le trouple

Anna aime deux hommes à la fois. Dans la tourmente des sentiments, elle veut proposer aux deux hommes qui la fréquentent de la partager.

Temps de lecture : 5 minutes


Mon mec, j’en suis tombée amoureuse à la seconde où il a ouvert sa bouche pour me faire une blague.

Le coup de foudre, ça ne m’était jamais arrivé avant, et je sais que ça ne m’arrivera plus jamais.

Gabriel, l’homme de ma vie

Gabriel est l’homme le plus intègre et loyal que je connaisse.

Il est la justice incarnée et interroge sa morale avant d’envisager toute action.

Je l’aime pour ça, et pour tout le reste : pour sa tendresse, son amour infini, sa beauté, son sens de l’amitié, sa manière de nettoyer la table basse, de rouler une cigarette, de me prendre dans ses bras.

Partager son quotidien n’a jamais été difficile, au contraire, tout est plus simple avec Gabriel.

Depuis 8 ans, nous avons tout fait main dans la main, en cédant toutefois à la colère de temps en temps, qui me semble parfois nécessaire au sein d’un couple.

Une colère saine, dirigée contre les défauts de l’autre et les nôtres aussi, qui encourageait toujours la discussion et les concessions.

Gabriel et moi sommes meilleurs amis, meilleurs alliés et formons une famille au-delà d’une simple et basique notion de couple.

Mais voilà, il y a 1 an, je suis tombée amoureuse d’un autre homme, Zaac, qui faisait partie de mon environnement professionnel.

Un amour à la maison, un amour au travail

Ça m’est tombé sur le coin du museau sans que je voie quoi que ce soit venir.

Mais au lieu de mettre un terme net et immédiat à cette relation, j’ai préféré l’alimenter, heureuse d’avoir un homme qui me courtisait, me regardait avec le feu des débuts.

Tout est parti d’une crise égotique je pense. Un besoin de séduire, comme souvent, et d’être désirée.

Au départ, je n’ai échangé avec cet autre homme que des regards, des rires et des repas à la cantine de notre entreprise.

Mais ce qui était léger s’est vite transformé en un enjeu majeur dans ma vie.

Zaac m’apportait un nouveau souffle dont je n’étais pas consciente d’avoir besoin.

Les déjeuners à la cantine se sont transformés en apéros le soir, en textos toute la journée et en coups de fil le week-end.

Zaac me rendait heureuse, Gabriel me rendait heureuse.

Je pouvais jouir d’un amour à la maison et d’un amour au travail.

Mais Gabriel me connaissait trop bien pour ne pas se rendre compte que quelque chose avait changé.

Rompre pour sauver son couple

Mes attentions envers lui n’étaient plus les mêmes, mes gestes étaient différents, mon envie de sexe plus récurrente, plus animale.

Il a su quasi-immédiatement que j’avais rencontré quelqu’un d’autre.

Alors j’ai dû « régler le problème » en dînant avec Zaac, et en lui précisant que rien n’était possible entre nous, puisque j’avais déjà quelqu’un dans ma vie et entendais bien l’y laisser.

Je lui ai alors proposé de poursuivre notre belle amitié, en s’asseyant sur nos sentiments naissants.

Nous avons continué à nous voir, mais rien de ce que nous échangions, comme paroles et regards n’étaient caractéristiques d’une amitié. C’était bien le désir et l’amour qui régissaient nos corps, dirigeaient ce qui restait de nos neurones ramollis par l’insouciance.

Gabriel s’en est rendu compte, et il a bien fallu prendre une décision. C’est d’un commun accord que Zaac et moi avons cessé de nous voir.

Nos adieux ont été déchirants mais nécessaires.

Toutefois, pendant l’année qui a suivi, j’ai souvent pensé à ce que ma vie aurait pu être avec lui.

Il avait le beau rôle : celui du fruit défendu qui encourage le fantasme. Gabriel avait pour lui le quotidien et l’amour dont on sait qu’il ne mourra pas.

Mais qu’est-ce que l’habitude quand on peut goûter au désordre plein et total ?

Je suis une femme impulsive, qui écoute son ventre, son bas-ventre surtout.

J’ai toujours été dirigée par mes désirs, m’abaissant à les assouvir sans penser aux conséquences.

Mon égoïsme, j’en suis consciente, et j’ai voulu lui trancher la gorge plusieurs fois, l’éviscérer, pour être une femme plus droite, dont j’aurais moins honte.

La nuit qui a tout fait basculer

Mais il y a quelques semaines, j’ai finalement cédé à mes pulsions, après un diner aves des amis, où Zaac était présent.

Ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas vus, mais en dépit de mes certitudes, rien n’avait changé. Entre nous demeurait une connexion intellectuelle inédite, une électricité irrésistible et une entente parfaite.

Zaac me fait rire comme personne, et je ne sais pas résister à son humour.

J’ai donc fini par coucher avec lui.

Ce qui aurait pu mettre un terme définitif à notre désir n’a fait que l’augmenter.

Nos ébats ont été puissants, nos râles profonds et graves.

J’ai su après avoir fait l’amour avec Zaac que ma vie allait prendre un autre tournant.

Je ne pouvais plus ignorer les sentiments qui m’habitaient, mais je n’étais pas prête non plus à mettre un terme à la plus grande histoire d’amour de ma vie, d’autant que celle-ci était parfaite et éternelle.

J’ai finalement avoué à Gabriel ce qu’il s’était passé, et lui ai annoncé qu’il me fallait partir quelques semaines de la maison pour y voir plus clair.

Mais ce laps de temps dont je pensais avoir besoin pour MOI, pour MA GUEULE, je ne l’ai passé qu’à penser à l’amour de ma vie, Gabriel, et à l’autre homme que j’aimais aussi, Zaac.

Dans une impasse, incapable de me séparer de l’un ou de l’autre, j’ai compris que la pluralité amoureuse existait.

Le trouple, la solution miracle ?

Je pense sincèrement, depuis ma nuit d’amour avec Zaac et l’explosion des sentiments, que l’amour n’est pas divisible mais bien multipliable.

Mes sentiments pour Zaac ne diminuent en RIEN ceux que j’éprouve pour Gabriel.

Alors, plutôt que de faire un choix, je me suis posée une question : pourquoi ne pas garder les deux dans ma vie ? Pourquoi choisir ?

J’en ai parlé à Zaac avant d’en parler à Gabriel, car je savais au fond de moi que c’est ce dernier qui s’opposerait à mon idée. Zaac m’a répondu :

« Qu’est-ce que je dirais aux gens ? Voilà, c’est Anna, ma meuf. C’est aussi celle de Gabriel. »

Ce que craignait Zaac c’était le regard des autres, la désapprobation de la société.

Eh oui, ici on nous apprend depuis toujours qu’il n’y a qu’une addition possible : 1 + 1 = 2.

L’ajout d’un autre chiffre à celui-ci est inenvisageable au regard de la société.

Et pourtant, qu’est-ce qu’on s’en tape !

En tout cas, je me moque de ce que peuvent penser les autres de mon amour, de mes envies.

Je n’ai jamais considéré autrui comme un facteur sérieux ou décisif dans mes relations amoureuses, amicales ou parentales.

De mon côté, ce problème n’existe pas.

Un dilemme bientôt résolu

Après m’avoir longuement écoutée lui dire qu’il avait été formaté pour ne penser qu’à deux, Zaac a considéré mon projet.

Aujourd’hui, il me reste à en parler à celui dont je sais qu’il va être l’élément réfractaire : Gabriel qui m’aime, et pourra difficilement me partager.

Je le sais d’autant plus que de mon côté j’aurais toutes les difficultés du monde à accepter de le voir aimer une autre femme.

Est-ce que ça fait de moi une personne égoïste, régie seulement par ses petites envies ? Ou est-ce que cela fait de moi une femme qui veut vivre sa vie pleinement et selon ses conditions à elle ? Et est-ce que ça n’est pas la même chose ?

Je compte en parler dès demain à Gabriel, l’homme que j’aime plus que tout au monde. 

S’il me répondait par un non franc, alors je ferais un choix, et je sais qu’il se dirigera toujours vers Gabriel, celui que j’aime depuis le début à m’en déchirer le bide.

Mais au fond, j’espère pouvoir garder près de moi ces deux hommes merveilleux, capables de tolérance extrême, d’intelligence émotionnelle et d’empathie.

Je rêve de les réunir à un même dîner, qu’ils deviennent amis et que l’on entame une vraie relation à trois, entre amour et amitié.

Je sais que si l’on prend cette voie-là, le parcours sera ardu, puisque la jalousie et la compétition finiront par éclore, si elle n’ont pas déjà éclos.

Le flou est pour l’instant total, mais j’espère y voir plus clair dans les semaines qui arrivent, avec la réponse de Gabriel et le démarrage d’une potentielle nouvelle vie.

En tout cas, je sais que cette situation ne découle que d’amours sincères, alors peu importe l’issue, elle sera la bonne. J’en suis persuadée.

Ce témoignage t’a interpellé ? Viens en parler dans les commentaires.

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Le dernier commentaire

28 Déc 2019, à 13:07
Bizarrement l'article était passée sous mon radar à sa sortie

Je viens de lire les 6 pages de commentaires et j'aurais envie de réagir à pleins de choses et de gens mais comme le thread date d'il y a 3 mois on va faire général :D.

Pour contextualiser je vais préciser que je suis une adepte des amours multiples, actuellement je ne suis pas en couple officiellement ni en trouple mais je n'exclue aucune possibilité de mon champ amoureux.

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Cet article m'a interpelé, au vu du titre je ne m'attendais pas du tout à ce contenu, en effet pour moi (et j'ai l'impression que je suis pas la seule) le trouple c'est de base un couple à trois donc les trois ont une relation entre eux, soit trois personnes vivant sous le même toit avec une personne commune dans les amours et au moins une solide relation amicale pour le reste (je ne sais pas si je suis claire). Pour moi ce qu'envisage la rockie actuellement c'est d'avoir deux relations amoureuses distinctes : c'est une des formes possible du polyamour. (et ydiliquement un jour ils deviendront potes et pourront éventuellement former un trouple. mais ça c'est pas pour tout de suite).

le choix éditorial m'interpelle et j'apprécie les précision apportées après coup dans le forum mais pour moi il manque un encart editorial, quelque chose, je n'ai rien contre les témoignages personnels et je sais que toutes les situations existent et sont possible en relation humaine (big up au coupains qui me lirait) mais là j'ai trouvé que sans articles pour pondérer, si l'on lit ce témoignage sans jamais avoir entendu parler d'autres configuration ça donne le sentiment que le trouple c'est 3 personnes : 2 couples distincts avec une personne en commun. Et que bah être amoureux au pluriel vu que c'est sincère ça nous donne le droit de piétiner l'accord passé entre 2 personnes au préalable... Ce qui est très éloigné se toutes les philosophies d'amour libre que je connais.

De ce que j'en lis (mais qui est forcément partiel vu que c'est un témoignage en un article) c'est typiquement la situation de départ foireuse où l'amoureux officiel peut être tenté d'accepté uniquement pour ne pas perdre son amoureuse.
Vivre des relations multiples c'est complexe déjà de base, y'a beaucoup de choses à deconstruire, un travail sur soi, sur ce qu'est la jalousie etc. Déjà partir du couple juste libre sexuellement pour aboutir à du polyamour c'est compliqué car l'exclusivité sexuelle et l'exclusivité amoureuses sont deux choses complètement différentes. Donc partir d'une exclusivité monogame pour aller vers une situation de couples polyamoureux après tromperie aïe. A la rockie ou à toute personnes dans une situation similaire, prenez le temps avec votre compagnon.e pour parler et soyez empathique, prenez en compte ses sentiments, ses réticences, c'est un chemin difficile et complexes, ce n'est pas impossible mais sois ça passe sois ça risque de casser.

C'est le risque à prendre, personnellement je ne peux pas vivre en couple monogame exclusif, c'est viscéral, et pourtant j'était très bien dans ma dernière relation mono, mon amoureux me convenait, c'était une relation saine, bon on c'était mal compris au début de notre relation, avant de se mettre en couple il me parlait de relation légère moi j'avais compris non exclusive lui il voulait juste dire une relation saine oû on se flic pas et ou chacun fait sa vie (mais sans coucher avec d'autres gens) je me suis autorisée à l'aimer pensant que nous étions sur la même longueur d'onde... Bref tout ça pour dire qu'au bout d'un an, je me suis rendue compte que malgré mon amour; malgré notre relation, je ne peux pas supprimer ce besoin de connecter avec autrui sans générer énormément de frustration et je ne supporte pas qu'autrui puisse décider ce que je fais ou non de mon corps.

On en a parlé beaucoup, mais c'est un monogame exclusif pur jus, il comprend la théorie, il accepte que ça existe, mais ce n'est pas pour lui, un an plus tard nous avons fini par nous séparer d'un commun accord, jamais je n'aurai pu lui imposer mon modèle, surtout après tromperie, la confiance était un pilier total nous sortions chacun de nos côtés, sans douter de l'autre et de sa fidélité au contrat donné, je savais que sa position ne bougerais pas, mais il n'y avait pas plus de raison que j'accepte cette monogamie exclusive forcée que lui accepte une relation plus ouverte, pour respecter les envies de chacun c'était la seule solution. On ne peut pas imposer sa volonté à autrui, pas sans y laisser des plumes, créer un déséquilibre une rancoeur, une frustration, il faut accepter le fait que certaines choses sont impossibles pour certaines personnes, je ne dis pas que ces situations sont impossibles ou irrésolvable mais ça demande une solide assise, un solide amour et une volonté commune que la relation évolue. Je souhaite de tout coeur que ce témoignage incomplet ne nous montrait pas que Gabriel pouvais accepter cela au final, que dans leurs précédentes discution l'ouverture était là mais que nous ne pouvons pas la voir car nous ne sommes pas dans ce couple.

J'aurais d'autres choses à dire, à réagir, mais faire ce post sur mon smartphone m'a pris 2h :eek:
 
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