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L’écologie « du quotidien » est une charge mentale pour les femmes, selon Emma

En matière d'écologie, les "petits gestes" ne suffisent pas pour sauver la planète et représentent une nouvelle charge mentale qui pèse en majeure partie sur les femmes, selon la dessinatrice et militante Emma.

Temps de lecture : 2 minutes

Tu connais sûrement déjà le travail d’Emma, autrice de BD, qui a contribué à populariser le concept de charge mentale en France. La dessinatrice et militante a publié le mois dernier un nouveau tome de sa série Un autre regard, consacré cette fois-ci au climat.

Dans une interview donnée à France inter cette semaine, la trentenaire livre son analyse sur l’urgence climatique et sur les façons d’y répondre, et je l’ai trouvée passionnante !

La charge mentale des « petits gestes » pour l’écologie

Elle explique que l’urgence climatique nécessite un changement radical, et que nous n’avons plus le temps de faire une transition écologique en douceur. Or, selon elle, ce changement radical (notamment la sortie des énergies fossiles), est de la responsabilité des gouvernements. Elle regrette donc que ces derniers se défaussent en demandant aux individus d’être responsables, de faire attention à leur consommation d’énergie, de trier leurs déchets, et de faire attention au gaspillage alimentaire.

Elle alerte également sur le fait que ces « petits gestes » du quotidien en faveur de l’écologie reposent souvent sur les épaules des femmes, « plus ouvertes à la remise en cause et au discours culpabilisateur ». L’inégale répartition des tâches ménagères entre les femmes et les hommes fait, qu’au global, se sont plus souvent les femmes qui font les courses, les lessives, la cuisine, etc.

C’est donc sur les femmes que repose la charge mentale d’aller chercher des options alternatives, zéro déchets ou faites maison. Repérer où aller faire ses courses en vrac, penser aux bocaux et aux sacs en tissus,  chercher des recettes pour faire ses propres produits d’entretien, etc.

Une division genrée de la lutte face à l’urgence climatique

Cet investissement chronophage, laisse alors moins de temps aux femmes pour s’engager sur le terrain et mener des actions politiques, regrette Emma.

« Cela donne une division très genrée de la lutte contre l’urgence climatique. Les hommes vont être sur des actions politique de terrain, organiser des manifestations, et les femmes vont être sur une action dépolitisée, dans la sphère privée. Plus de la moitié de la population (les femmes) se détourne de ce qu’il faudrait vraiment faire, c’est-à-dire s’engager politiquement pour le climat. »

L’autrice de BD précise qu’elle n’est pas contre les « petits gestes » du quotidien, mais que pour elles, ils ne suffiront pas à faire face à l’urgence climatique, et qu’ils ne doivent pas empêcher les femmes de s’investir dans l’action politique.

J’ajouterais personnellement, que face à l’inertie des gouvernements, les petits gestes sont aussi un moyen d’avoir l’impression d’agir concrètement et que cela me permet de gérer mon angoisse face à la crise écologique. Même si j’ai bien conscience qu’il faudrait que je m’engage autrement que par mon vote et l’acquisition d’un lombri-composteur.

Pour aller plus loin :


Et toi, qu’en penses-tu ? Quels sont les moyens d’actions que nous devons employer face à la crise écologique ? 

 

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Le dernier commentaire

10 Juin 2019, à 07:58
J'avais déjà conscience des limites des "petits gestes" (surtout quand c'est les industriels/ le gouvernement qui en font la promo) mais je n'y avait jamais réfléchi à travers le prisme du féminisme.

Dans mon couple c'est moi qui porte la charge mentale, (du coup mon mari fait plus de tâches ménagères pour compenser) et c'est tout à fait vrai pour l'écologie. Je porte aussi beaucoup plus de culpabilité.

Après, écologie du quotidien vs engagement politique: est-ce juste de les opposer ? Je ne suis pas sur qu'on fasse ces gestes au lieu de s'engager. :unsure:
 
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