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Un rapport déconseille l’utilisation de tampons et de coupes menstruelles la nuit

Pour limiter les risques de développer le syndrome du choc toxique, l'agence de sécurité sanitaire recommande l'utilisation de protections périodiques externes la nuit, et plaide pour une meilleure information des femmes et professionnels de santé.

Temps de lecture : 3 minutes

L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient de publier un nouveau document qui résume l’état des connaissances en matière de risques posés par les protections menstruelles (serviettes, tampons, coupes menstruelles…).

Un sujet d’actualité puisque plusieurs cas de syndrome du choc toxique (SCT) ont récemment été médiatisé. Notamment celui de Maëlle, 17 ans, décédée en Belgique d’un choc toxique à cause d’un tampon, ou de Sandrine, 36 ans, amputée après un choc toxique lié à une coupe menstruelle.

Ce syndrome reste très rare (environ 20 cas de SCT déclaré par an en France — un nombre peut-être sous-estimé car il n’y a pas d’obligation de déclaration du SCT pour les professionnels de santé) mais ses conséquences peuvent être très graves.

Le syndrome du choc toxique, c’est quoi ?

Le syndrome du choc toxique (SCT) est causé par une toxine, la TSST-1, produite par une bactérie, le staphylocoque doré. Trois conditions doivent être réunies pour qu’un SCT se développe : une colonisation vaginale par une souche de staphylocoque dorée productrice de la TSST-1, le passage d’une quantité suffisante de toxine à travers la muqueuse vaginale et l’absence ou l’insuffisance d’anticorps anti-TSST-1.

S’il n’est pas soigné à temps par des antibiotiques, le SCT peut créer des dysfonctionnements en série au niveau du système digestif, des reins ou des muscles. Comme les premiers symptômes du SCT (fièvre, vomissement, baisse de la tension, éruptions cutanées…) peuvent être confondus avec d’autres maladies, le diagnostic peut être difficile à établir.

Si ces informations font souffler un petit vent de panique dans ton cerveau (c’est mon cas), le récent rapport de l’Anses fournit quelques recommandations intéressantes pour limiter le risque de développer un syndrome du choc toxique en portant des protections périodiques.

Changer régulièrement son tampon ou rincer sa cup

L’agence de sécurité sanitaire rappelle d’abord que les protections sanitaires externes (serviettes, protège-slips, culottes de règles) ne déclenchent pas de SCT. C’est bien le port de protections internes (tampons, coupes menstruelles) qui est à risque, le sang retenu dans le vagin faisant comme un petit bouillon de culture pour la bactérie.

Plus on garde son tampon ou sa cup longtemps, plus ce risque augmente.

L’Anses ne se prononce pas sur la fréquence optimale du changement de tampon ou du vidage de la coupe menstruelle, mais conseille de se fier aux indications données par les fabricants. L’organisme rappelle d’ailleurs aux entreprises du secteur qu’elles doivent indiquer précisément les consignes d’utilisation de leur produit sur l’emballage.

Si les marques de tampons jouent plutôt bien le jeu, ce n’est pas forcément le cas des fabricants de coupe menstruelle (d’usage plus récent en France).

En moyenne, l’Anses note que les fabricants indiquent une durée maximale de port des protections internes de 4 à 8h. Sauf que selon l’Anses, « ces recommandations semblent peu ou mal suivies par la majorité des femmes ».

Arrêter d’utiliser des protections internes la nuit

Dans le cadre d’une enquête menée par OpinionWay en 2017 pour l’agence de sécurité sanitaire, 79% des femmes déclarent en effet garder leur tampon toute la nuit sans le changer, et près de 30% d’entre elles ne vident pas leur coupe menstruelle durant toute une journée (2% pour les tampons).

D’où la recommandation très claire de l’Anses dans son dernier rapport qui conseille « l’utilisation, la nuit, d’une protection externe afin de diminuer le risque de développer un SCT menstruel compte tenu de la durée de port ». Adieu donc tampon et coupe menstruelle la nuit, au bénéfice des serviettes hygiéniques et culottes menstruelles. 

À lire aussi : Et si tu testais la culotte de règles après ton accouchement (ou n’importe quand) ?

Respecter les mesures d’hygiène de base

L’autre point sur lequel l’agence de sécurité sanitaire revient, c’est sur la nécessité de respecter des mesures d’hygiène pour changer ses protections périodiques. Selon les résultats de l’enquête OpinonWay, 39% des femmes ne se lavent en effet pas du tout les mains avant de changer leur protection.

Se laver les mains au savon avant de changer son tampon ou de vider sa cup est donc une bonne pratique selon l’Anses. L’agence de sécurité sanitaire ne donne pas plus de précisions sur les autres mesures d’hygiène nécessaires, mais recommande aux fabricants de les indiquer précisément sur la notice d’utilisation, en particulier pour les coupes menstruelles.

Mieux informer les professionnels de santé

Enfin, l’Anses recommande de développer l’information des professionnels de santé, en particulier dans les services d’urgence et de réanimation afin d’améliorer le diagnostic du syndrome du choc toxique menstruel. L’idée étant de pouvoir le traiter suffisamment tôt avec des antibiotiques avant qu’il ne cause des dégâts irréparables chez les patientes.

Pour aller plus loin : Tu peux aller consulter le rapport complet de l’Anses sur les coupes menstruelles et les tampons.

Et toi, quelles protections périodiques utilises-tu la nuit ? Te sens-tu suffisamment informée sur le syndrome du choc toxique ?

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Le dernier commentaire

25 Jan 2020, à 08:58
Arte avait sorti un documentaire sur les tampons il y a quelques années, c'était intéressant (pas vérifié si c'est bien tout le documentaire original) :
De mémoire la recommandation c'était 8h grand max
 
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