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Pourquoi se vacciner est un geste citoyen

Tu donnes ton sang et tu ne conduis pas après avoir bu ? Bien joué ! Mais es-tu sûr·e d'être à jour côté vaccins pour continuer à sauver des vies ?

Temps de lecture : 3 minutes

Cette semaine, l’agence Santé publique France a annoncé qu’une femme était morte récemment à cause de la rougeole. C’est le premier décès de l’année 2019 dû à cette maladie infectieuse très contagieuse (dix fois plus que la grippe !). Pourtant, il existe un moyen simple de se protéger contre la rougeole : un vaccin, qui existe depuis les années 1960.

Selon cet article, la patiente décédée n’était pas vaccinée contre la rougeole. Pas parce qu’elle ne le souhaitait pas, mais parce qu’elle ne le pouvait pas. En effet, elle était immuno-déprimée. Alors non, ça n’a rien à voir avec la dépression, ça veut simplement dire que son système immunitaire est déficient. Plusieurs raisons peuvent l’expliquer : des anomalies génétiques, le SIDA, la prise de médicaments immunosuppresseurs au quotidien comme la cortisone, etc.

Protéger ceux qui ne peuvent PAS se vacciner

Les personnes immuno-déprimées ne peuvent pas avoir recours à certains vaccins, notamment celui contre la rougeole, car leur système immunitaire ne le supporterait pas. C’est donc clairement la double peine pour elles, puisqu’elles sont aussi plus fragiles, et donc plus susceptibles de développer des complications sévères dans le cadre de la rougeole.

Contrairement à ce que l’on croit parfois, la rougeole n’est pas juste une maladie qui file des petits boutons. Dans certains cas, en particulier chez les adultes, elle peut entraîner une cécité, une pneumonie ou une encéphalite, avec des conséquences parfois mortelles. Depuis 2008, 24 personnes sont mortes à cause de la rougeole en France.

Les personnes immuno-déprimées ne sont pas les seules qui ne peuvent pas être vaccinées : les nourrissons sont dans le même cas. Onze vaccins sont désormais obligatoires pour les bébés nés après le 1er janvier 2018 (sinon, ils ne peuvent pas être admis en collectivité : crèche, école, etc). Seulement, les bébés ne peuvent être vaccinés qu’à partir d’un certain âge. Et ils ne sont pleinement protégés qu’à 12 mois.

Le danger de la coqueluche pour les nourrissons

En ce moment, les pouvoirs publics s’inquiètent notamment de la résurgence de la coqueluche, une maladie qui peut avoir des conséquences très graves sur les nourrissons (hospitalisations, détresses respiratoires, défaillances cardiaques, pneumonie, etc). En France, la coqueluche reste la première cause de décès par infection bactérienne, entre dix jours et deux mois de vie, selon l’Inserm.

Pour protéger les nourrissons, on recommande de vacciner les personnes qui s’occupent régulièrement d’un bébé, mais tout le monde ne le sait pas forcément, ou ne joue pas le jeu. Le vaccin contre la coqueluche n’est valable que 5 à 10 ans, cela vaut donc le coup de le refaire régulièrement si tu as des bébés dans ton entourage.

N’hésite d’ailleurs pas à faire le point avec ton médecin avant de te lancer dans des essais bébé pour savoir si tu es à jour dans tes vaccins (certains ne peuvent pas être faits quand on est enceinte).

Jouer collectif

En se vaccinant, on se protège donc soi-même, mais on préserve aussi les autres : ses proches et des inconnus. En particulier dans le cas de la rougeole, très contagieuse. Si ça se trouve, cette personne sur laquelle tu as éternué dans le bus, est peut-être immuno-déprimée. Ça serait dommage de lui refiler une maladie potentiellement mortelle parce que tu n’es pas vacciné·e.

C’est le principe de la couverture vaccinale : plus il y a de gens vaccinés moins il y a de risques de contracter la maladie, même pour les personnes qui ne sont pas vaccinées. C’est donc un jeu collectif à réussir ensemble : si tout le monde compte sur les autres pour se faire vacciner, on perd tous.

Et pour l’instant, « la France est mauvaise élève en matière de vaccination », explique à France 24, le professeur Christian Perronne, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital universitaire Raymond-Poincaré de Garches. « Il y a un manque de confiance de la part de la population, car il y a beaucoup d’agitation médiatique autour des vaccins et beaucoup de bruits négatifs qui courent. Cela revient de manière récurrente sans qu’il y ait jamais d’études qui indiquent une quelconque dangerosité des vaccins ».

Pour aller plus loin :

Et toi, tu es vacciné·e contre la rougeole ? Et dans ton entourage ? 

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Le dernier commentaire

19 Mar 2019, à 21:10
Merci @Merlu :)
On n'a pas pour ambition de convertir le monde à la raison. Juste de faire de notre mieux pour aider les gens à ouvrir les yeux. Chaque parents qui nous remercie est une victoire :)
 
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