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Les violences économiques, la face cachée des violences conjugales

Contrôler chaque dépense de sa partenaire, l'empêcher d'accéder au compte joint, refuser de participer aux dépenses pour les enfants, autant de violences économiques faites aux femmes... Une réalité dont on ne parle pas assez.

Temps de lecture : 2 minutes

Depuis quelques années, le grand public est de plus en plus sensibilisé au sujet des féminicides et des violences faites aux femmes, qu’elles soient physiques, sexuelles ou même psychologiques. La tolérance à leur encontre a diminué (disparu ?) et c’est tant mieux !

Mais les violences économiques restent encore méconnues, alors qu’elles sont une composante importante des violences commises dans le cadre du couple.

À l’occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes, et alors que la délégation aux droits des femmes à l’Assemblée nationale organise un colloque sur le sujet, nous vous proposons de (re)découvrir ce phénomène.

Les violences économiques : qu’est-ce que c’est ?

Selon la définition donnée par l’association Solidarité femmes, les violences économiques peuvent prendre de multiples formes selon la situation des victimes et des agresseurs, mais leur point commun c’est qu’elles ont toutes le même objectif : empêcher l’autonomie financière de sa partenaire pour mieux la contrôler.

« La violence économique [est] exercée différemment selon les milieux (allocations familiales jouées ou dépensées au bar ; revenus déposés sur un compte joint dont lui seul détient signature, carnets de chèques et carte bancaire ; biens immobiliers de madame qui disparaissent sous la gestion bienveillante de monsieur…), cette violence aura pour objet de déposséder la victime de toute possibilité d’autonomie financière. »

La liste des formes que prend cette violence économique est presque infinie et le fait d’être mariés, d’avoir du patrimoine en commun ou des enfants compliquent encore plus les choses.

  • Prendre un crédit avec le compte joint à l’insu de la victime
  • Empêcher ou dissuader sa compagne de (re)travailler
  • La forcer à quémander de l’argent pour chaque dépense pour le ménage
  • Changer les codes d’accès aux services en ligne de la CAF ou de la banque
  • Exiger des comptes au centime près pour chaque dépense
  • Etc.

Non seulement ces violences économiques créent de la souffrance chez les femmes qui les subissent, mais en plus, elles rendent la rupture avec le conjoint très compliquée. Comment partir si on n’a aucune autonomie financière ?

À lire aussi : Comment aider une proche victime de violences conjugales

Les violences économiques continuent après la rupture

Et même si les victimes parviennent à quitter leur conjoint, les violences économiques perdurent pendant longtemps.

D’abord, parce qu’il faut réussir à fermer les comptes joints et à récupérer son autonomie administrative auprès des banques et des services publics comme la CAF.

Ensuite, parce qu’il faut aller au bout de la procédure de dissolution du PACS ou de divorce en cas de mariage. Et que cela peut prendre du temps et être source de nombreux conflits autour de la répartition du patrimoine, notamment dans le cas d’un mariage sous le régime de la communauté des biens.

Enfin, parce que la présence d’enfants placent souvent les mères dans une situation de dépendance financière vis-à-vis de leur ex-conjoint. En refusant de  verser la contribution à l’éducation et à l’entretien de l’enfant (communément appelée pension alimentaire) ou en menaçant de le faire, le père exerce toujours une forme de violence économique sur son ex-compagne, même des années après leur séparation.

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Le dernier commentaire

29 Nov 2020, à 13:01
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