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Comment réagir face aux violences sexistes ou sexuelles au travail ?

Plusieurs grandes entreprises ont été dénoncées ou poursuivies pour violences sexuelles ou sexisme à grande échelle. L'occasion de te rappeler quels sont tes recours si tu en es toi-même victime.

Temps de lecture : 3 minutes

Ces derniers jours, j’ai vu pleuvoir dans plusieurs grands médias les dénonciations de sexisme ou de harcèlement sexuel au travail.

Le harcèlement sexuel et les inégalités sexistes de plusieurs grandes entreprises dénoncées

Le 18 mai, Mediapart a publié une enquête sur les violences sexuelles subies par les hôtesses chez Air France, et largement tolérées par l’entreprise. Mediapart a recueilli de nombreux témoignages dénonçant des « propos déplacés, baisers forcés, mains aux fesses »

Le même jour, Le Monde annonçait que le groupe McDonald’s était poursuivi devant l’OCDE pour « harcèlement sexuel systématique » par une coalition internationale de syndicats. Selon l’article :

« Les syndicats ont rassemblé des témoignages, avec des allégations allant de « commentaires vulgaires à des agressions physiques » à l’encontre de salariés en Australie, au Brésil, au Chili, en Colombie, en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. »

Le lendemain, Elise Lucet révélait dans l’émission Cash Investigation les inégalités salariales et les faits de sexisme existant au sein de la filiale du groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d’Epargne) Natixis.

L’occasion de rappeler que le harcèlement et le sexisme en entreprise existent (malheureusement) toujours en 2020, qu’ils sont condamnés par la loi, et de t’aider à y faire face.

Les violences sexistes et sexuelles au travail, c’est interdit !

Pour t’aider à mieux distinguer ce qui relève du sexisme, du harcèlement sexuel ou de l’agression sexuelle au travail, voici quelques éléments de définition. J’espère qu’ils t’aideront à y voir plus clair !

Le harcèlement sexuel est défini dans l’article L.1153-1 du code du travail comme une pression grave dans le but d’obtenir un acte de nature sexuelle, ou bien comme des propos ou comportements à connotation sexuelle non désirés et répétés.

Il est puni pénalement : les auteurs encourent 2 ans d’emprisonnement et 30 000€ d’amende.

Le harcèlement sexuel diffère d’une agression sexuelle, qui constitue une atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise, et est plus sévèrement punie : l’auteur risque 5 ans de prison et 75 000€ d’amende.

Le sexisme ordinaire au boulot est quant à lui défini par l’article L.1142-2-1 code du travail comme :

« Tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. »

Il est lui aussi illégal, et l’auteur de tels agissements peut être sanctionné par des avertissements, blâmes, voire son licenciement.

Si tu penses avoir subi une violence sexiste ou sexuelle au travail mais que tu n’es pas certaine de ce dont il s’agit, tu peux faire ce test du collectif Nous Toutes qui t’aidera à qualifier ce que tu as vécu.

À lire aussi : Le gouvernement annonce de nouvelles mesures de lutte contre les violences conjugales

Les violences sexistes et sexuelles au travail, tristement communes

Le sexisme, le harcèlement et les agressions sexuelles au travail sont graves, et pourtant encore largement répandues.

Selon une étude IFOP de 2014, 20% des femmes actives disent avoir été confrontées à une situation de harcèlement sexuel au cours de leur vie professionnelle.

Pour ce qui est du sexisme ordinaire, les chiffres sont encore plus alarmants : 80% des femmes salariées considèrent qu’elles sont régulièrement confrontées à des attitudes ou des décisions sexistes dans le monde du travail, selon une étude du Conseil Supérieur de l’Égalité Professionnelle.

Que faire si j’ai été victime de sexisme, de harcèlement ou d’agression sexuelle au travail ?

Si je te dis tout ça, ça n’est pas dans le but de te déprimer, mais de t’aider si tu es victime ou témoin de tels agissements.

Reste avec moi, je t’explique quels sont tes recours !

Si tu évolues dans un entreprise où le sexisme est très présent, je te conseille de lire cet excellent guide de survie écrit par ma collègue Clémence :

À lire aussi : Comment réagir face aux remarques sexistes de ses collègues

Une véritable bible anti-sexisme !

Si tu es harcelée sexuellement au travail, commence par le signaler à ton employeur (s’il n’en est pas lui-même l’auteur). Ce dernier a en effet pour obligation d’agir contre le harcèlement sexuel.

Tu peux aussi le déclarer à un ou une autre supérieure hiérarchique, au service des relations humaines ou au ou à la référente « lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes » de ton entreprise. Cette fonction est normalement obligatoire dans les entreprises d’au moins 250 employés.

Si tu es témoin de harcèlement sexuel au sein de ta boîte, n’hésite pas à le signaler également.

Tu peux également saisir le Conseil de prud’hommes. Tu trouveras comment faire sur le site service-public.fr.

Tu peux enfin porter plainte en commissariat ou gendarmerie. C’est aussi la marche à suivre si tu as été victime d’une agression sexuelles.  Pour plus d’infos sur les démarches, clique ici !

Pour plus d’infos sur le harcèlement sexuel, je te conseille enfin de consulter ce guide pratique et juridique du Ministère du Travail, très complet.

Je t’envoie plein de courage !

À lire aussi : Comment aider une proche victime de violences conjugales

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Le dernier commentaire

3 Juin 2020, à 19:23
Moi je me demande quelle est la marche à suivre quand on est en prestation et que le harcèlement vient d'un interne de la boîte. J'avais voulu le signaler au RHs de la boîte de l'employé (qui n'était donc pas mon entreprise puisque j'étais prestataire) et on m'avait "gentiment" fait comprendre que puisque je n'étais pas une interne, personne ne ferait rien.
 
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