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Comment annoncer à ses proches qu’on ne viendra pas à Noël

Épidémie oblige, ces fêtes de fin d'année auront une saveur particulière. Mais comment explique-t-on à ses proches qu'on ne va pas débarquer dans la maison familiale avec les 23 cousins habituels, le tout sans passer pour la reloue de la bande ?

Temps de lecture : 4 minutes

Cette année n’a pas fini d’être chelou, même jusqu’au bout du bout. Et pour les fêtes de fin d’année, on ne va pas changer une équipe qui gagne et on restera sous le signe de l’année 2020 bien pourrave. Comment ? En limitant les grandes réunions de famille.

Pour certaines d’entre vous, peut-être que les annonces gouvernementales ont un petit goût de soulagement : vous avez l’excuse parfaite pour ne pas vous taper toute votre famille pendant plusieurs jours. Ah bah oui mamie, je ne vais pas risquer de t’envoyer en service de réanimation juste parce que c’est Noël et qu’on doit être tous sous le même toit.

Pour d’autres, ce Noël un peu particulier peut vraiment démoraliser, surtout si vous n’avez pas vu vos proches depuis un bout de temps et que vous vous faisiez une joie de retrouver toute votre tribu.

Mais alors, comment on annonce à sa famille que cette année, on ne va pas faire partie des six personnes préconisées à table ?

Communiquer, et trouver des alternatives

Alors oui je sais, on va me dire « merci captain obvious » ! Évidemment que la façon la plus simple pour dire qu’on ne vient pas à Noël est de justement « le dire ». Oui mais parfois, expliquer simplement les choses, ça n’est pas si facile.

En disant simplement la phrase « cette année, je ne viendrai pas  » vous pouvez craindre de déclencher une vague d’indignation pour certains, de la tristesse pour d’autres, voire carrément de la colère chez les moins à même de garder leur sang froid.

Pour que votre famille ne prenne pas votre refus de venir à Noël comme un désamour de votre part, vous pouvez utiliser la communication non violente. L’idée est parler de vos ressentis en utilisant le « je », en disant par exemple « non, mamie, je ne veux pas venir cette année parce que je vis dans une zone rouge et que je ne veux pas prendre la responsabilité de te transmettre le virus« , ou « non Jean-Roger, je n’ai pas les moyens de venir cette année à Noël parce qu’avec la pandémie je suis au chômage partiel et fauchée, je ne peux pas me le permettre« .

Parlez en votre nom, donnez les réelles raisons de votre non-venue, quitte à passer pour la « sensible » de la famille.

Vos proches vous répondront peut-être que la famille au complet ne s’est pas réunie depuis un bail, ou que l’année a été dure…  Dans ce cas, pourquoi ne pas leur proposer de s’organiser un weekend ou des vacances tous ensemble dans quelques mois, quand le vaccin aura été commercialisé et que les risques seront moindres ?

C’est une solution que vous pouvez suggérer si vous voyez que votre refus de venir vous enfiler de la dinde provoque des drames familiaux.

Et en cas d’incompréhension profonde, n’hésitez pas à balancer un peu quelques chiffres, comme le nombre de morts depuis le début de la pandémie, ou la moyenne d’âge des personnes les plus touchées. Ça peut calmer.

Utilisez vos enfants comme prétexte

Les mômes ne sont pas là que pour ponctionner le PEL et vous refiler des gastros, ils sont aussi là pour vous servir d’excuses quand vous n’avez pas envie de faire quelque chose.

Ça marche déjà pour les soirées où vous n’avez pas envie d’aller, en disant que vous n’avez pas trouvé de baby-sitter alors qu’en vrai vous aviez juste envie de rester sur le canap’ avec un plaid devant Netflix plutôt que d’écouter Jean-Hubert parler pendant trois heures de son nouveau boulot avec trois grammes dans le sang.

Alors pourquoi ça ne pourrait pas marcher aussi pour les fêtes de Noël où vous n’avez pas envie d’aller ? Vous n’avez qu’à dire que, les enfants étant à l’école, lieu parfait pour les échanges de microbes, vous préférez ne pas prendre le risque de les asseoir à côté de mamie Suzanne et de son déambulateur toute une soirée, on ne sait jamais.

Bon vous pouvez aussi dire qu’ils ont une gastro histoire d’en rajouter une couche et être sûre de ne pas être invitée, mais c’est à éviter si vous êtes un peu superstitieuse et que vous avez peur que ça ne se produise pour de vrai. Personne n’a envie de vomir des huîtres le 24 au soir.

Pallier rapidement les attaques complotistes

On a tous (ou presque) un tonton, une tata, un père, une mère, des grands-parents ou des cousins qui sont persuadés que le Covid-19 est un complot, un moyen de contrôler la population en injectant la 5G dans le vaccin qui sera fabriqué par Bill Gates, le tout contrôlé par un compteur Linky. Je ratisse large, vous l’aurez compris.

Que ce soit les anti-vaccins, les anti-masques, les anti-test Covid, on peut trouver de tout chez les complotistes, bien qu’ils ne soient pas tous à mettre dans le même panier. Mais se foutre de leur gueule n’est pas du tout la solution en vrai : ces personnes sont anxieuses, angoissées, et se réfugient dans la théorie d’un complot qui pourrait les aider à accepter ce qu’elles ne peuvent contrôler.

Comme si le fait de savoir que toute cette merde qu’on vit actuellement est réellement « organisée » pouvait leur donner matière à lutter, contre quelque chose qui nous dépasse. Ça serait tellement plus simple si c’était le cas, c’est vrai.

Si un membre de votre famille vous engueule parce que vous refusez de venir à Noël alors que le Covid n’existe même pas selon lui, vous pouvez calmement lui envoyer les liens de toutes les sources fiables que vous avez trouvées (en seulement deux clics sur internet) et lui démontrer par A+B qu’il a tort, ou bien, si vous n’en avez pas l’énergie et que vous sentez qu’il n’est pas prêt à débattre, lui expliquer que vous avez votre avis sur la question, et que vous préférez vous en tenir à votre décision.

Pour aller plus loin, je vous invite à regarder les stories sur Instagram du génial Baptiste Beaulieu, médecin, romancier, et chroniqueur sur France Inter qui arrive à expliquer, de manière bien plus sympa et diplomatique que moi, le fonctionnement des complotistes. Il donne également de manière intelligente et drôle des informations concrète sur la pandémie, et apporte un bon nombre de conseils utiles face à cette situation.

Vous pouvez également lire l’article d’Hassiba Hadj, journaliste société chez madmoiZelle.com, qui a écrit un petit manuel de survie pour gérer un oncle complotiste durant les repas de famille. 

Ne pas faire dans la dentelle

Dernière solution si vous n’arrivez pas à faire comprendre en douceur à vos proches que vous ne venez pas cette année à Noël, c’est d’y aller franco et sans tourner autour du pot. Un texto, un mail, et paf c’est réglé.

À lire aussi : Passer un Noël sans tensions familiales, c’est possible !

Alors oui, on ne garantit pas que vous continuerez à être invitée aux prochaines fêtes familiales hein, mais en même temps s’ils avaient bien voulu piger dès le début que vous ne vous vouliez pas venir pas pour éviter que la troisième vague n’envoie la moitié de la famille au cimetière, on n’en serait pas là.

Faut qu’ils fassent un effort aussi, y en a marre d’être la plus mature de la famille, merde à la fin.

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Le dernier commentaire

15 Déc 2020, à 22:01
@Carlawn Pareil, je suis expat mais moi j'ai décidé de rentrer parce que pas en zone à risque (et comme disent certain.e.s, c'est devenu nécessaire pour moi pour tenir jusqu'à la fin de l'année scolaire. Ma grand-mère a décidé de ne pas se joindre à nous parce que ça la stresse trop de faire le voyage, et on l'a accepté. On l'appellera un peu plus que d'habitude et je vais passer chez elle (c'est sur ma route) pour lui apporter des cadeaux et des douceurs, et qu'elle m'en donne pour les autres.
Aussi, on n'est que trois à Noël (ma mère, mon frère, moi) + un peu la copine de mon frère. Donc franchement, ça va, on est hyper respectueux du règlement. Et je reste très peu, juste pour faire ma rentrée en tant et en heure malgré la quarantaine.
 
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