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Devenir mères quand on est un couple de femmes

La websérie Polichinelles raconte l'histoire d'un couple de femmes ayant le projet de devenir mères. Un sujet d'actualité, alors que l'on attend toujours l'ouverture de la PMA à toutes les femmes en France.

Temps de lecture : 4 minutes

Salomé et Marion s’aiment, et elles aimeraient bien avoir un enfant. C’est comme ça que démarre la websérie Polichinelles, dont la première saison est disponible sur YouTube depuis le 17 mai.

Une série française sur l’homoparentalité

Créée par Sandra Parra et Armand Robin, à qui ont doit déjà le court-métrage Toi et/ou moi, Polichinelles traite donc d’un thème encore peu abordé dans la fiction (et pourtant terriblement d’actualité) : l’homoparentalité. En France, selon l’association des familles homoparentales (ADFH), 250.000 enfants vivent avec au moins l’un des parents homosexuel.

Légalement, un couple de femmes peut se marier à la mairie depuis le 17 mai 2013, mais l’accès à la PMA leur est toujours refusé. Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, l’ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes n’a toujours pas été réalisée.

Plusieurs fois repoussé, le projet de révision de la loi de bioéthique doit être examiné au parlement cet été, mais il faudra encore plusieurs mois avant que le décret officiel paraisse et que les couples de femmes et les célibataires puissent légalement se rendre dans un centre de PMA.

Pour les couples lesbiens désirant avoir un enfant, il n’existe donc pour le moment que deux solutions : l’insémination artisanale, qui implique d’avoir trouvé un donneur de sperme, ou la PMA à l’étranger.

À lire aussi : Émilie & Karell et leur parcours PMA pour devenir mères

Donner de la visibilité aux lesbiennes et aux familles homoparentales

Il existe peu d’œuvres de fiction francophones mettant en scène des lesbiennes, et encore moins des lesbiennes souhaitant devenir mères. Polichinelles, en montrant le parcours de Marion et Salomé (respectivement jouées par Magali Genoud et Sandra Parra), offre donc une visibilité nécessaire à ces femmes qui se battent pour que leur envie légitime de fonder une famille soit respectée. Et rien que pour ça, ce projet mérite qu’on parle de lui.

Sans plus attendre, je te propose donc de découvrir le premier épisode de la série (la suite est disponible sur la chaîne Youtube de Polichinelles).

Spoiler AlertAttention, à partir d’ici, tu risques de te faire spoiler la série, alors je te conseille d’arrêter de lire maintenant si tu veux garder un petit effet de surprise. Ce qui est toujours plus sympa, disons-le.

L’homoparentalité, un long fleuve tranquille ?

Pour tout t’avouer, j’ai dévoré la première saison d’une seule traite. Bon, le fait que chaque épisode dure entre 3 et 4 minutes a sûrement aidé, mais quand même, ça mérite d’être précisé !

Dès le premier épisode, je me suis prise d’affection pour ces deux femmes et pour leur envie de maternité. J’étais prête à les suivre sur ce long et beau chemin que j’imaginais semé d’embûches, de doutes, de remises en question, d’échecs et aussi de souffrances. N’y vois aucune once de sadisme de ma part : quand on sait à quel point concevoir un bébé pour un couple hétéro peut être compliqué, on ne peut qu’envisager le désarroi dans lequel les couples homosexuels ayant un désir d’enfant peuvent se trouver.

Au fil des épisodes, j’ai donc attendu les péripéties, les claques, les difficultés, mais tout semble facile pour Salomé et Marion, presque trop facile même… Décider de faire un enfant, trouver un donneur de sperme en un claquement de doigt, tomber enceinte dès la première insémination. On a l’impression que rien ne peut venir contrecarrer leurs plans de fonder une famille.

La seule vraie péripétie de la première saison, le coming-out de Salomé à ses parents (au passage très clichés, il ne manque plus qu’un serre-tête pour que la panoplie « tradi » de la mère soit complète), passe presque comme une lettre à la poste.

Ça fait rêver, c’est sûr, mais cela manque un peu de réalisme à mon goût, et je me dis que les couples de femmes auront peut-être un peu de mal à se reconnaître dans ce parcours sans obstacles vers la parentalité.

De grandes attentes pour la saison 2

Même si je suis un peu restée sur ma faim, j’ai beaucoup aimé les personnages (le père de Marion, j’ai tellement envie de lui faire des câlins !), la mise en scène et l’ambiance générale de Polichinelles. J’ai donc bien envie de voir la suite de la série, surtout que des indices laissent penser que l’aventure des deux amoureuses va peut-être se complexifier dans la deuxième saison…

  • Le donneur de sperme, un ami du couple, semble se poser pas mal de questions suite à l’insémination artisanale des deux filles : a-t-il bien réfléchi aux conséquences de son don ? La question de sa place en tant que géniteur a-t-elle été abordée par le trio ?
  • Marion, à l’origine de la décision du couple de faire un bébé, a l’air déçue que ce soit Salomé qui soit tombée enceinte. Quelles en seront les conséquences sur leur relation ? Comment va-t-elle vivre la grossesse de sa conjointe ?
  • Quels rôles le père de Marion, très (trop?) enthousiaste, et la famille de Salomé, qui vient d’apprendre les envies de maternité de leur fille en même temps que son homosexualité, vont-ils jouer ?

Malheureusement, ce n’est pas demain que j’aurai la réponse à mes questions : la deuxième saison ne verra le jour qu’en fonction du succès de la première. Si tu as envie de connaître la suite des aventures de Salomé et Marion, je t’invite donc à t’abonner à la chaîne Youtube de la série et à en parler autour de toi.

Tu as regardé Polichinelles ? Qu’est-ce que tu en as pensé ? Viens en parler dans les commentaires !

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Le dernier commentaire

13 Juin 2019, à 14:43
Je viens de regarder la série suite à cet article ! Comme @Virginie et les autres commentaires j'ai trouvé que ça manquait sans doute de réalisme, mais que les personnages étaient attachants. Étant donné le format court on peut s'imaginer qu'il y a eu des discussions et des doutes avant les prises de décisions, mais c'est vrai que ça aurait peut-être pu être abordé un peu plus. En tout cas j'ai bien envie de voir la suite !
 
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