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La moitié des femmes préfèrent confier leur suivi gynéco à une autre femme

La moitié des femmes préfèrent confier leur suivi gynéco à une autre femme

Tu préfères aller voir un homme ou une femme gynéco ? Ou peut-être que cela t'est complètement égal ? Voici les résultats de notre enquête sur les préférences des femmes en matière de suivi gynéco.

Temps de lecture : 4 minutes

La semaine dernière, nous avons lancé avec Mymy, la rédactrice en chef adjointe de madmoiZelle une enquête autour du suivi gynécologique. C’est une discussion sur Twitter entre médecins et patientes qui nous a fait cogiter sur nos préférences en matière de suivi gynéco.

Je n’y avais jamais vraiment réfléchi de façon consciente, mais j’ai naturellement tendance à aller voir des soignantes femmes quand j’ai le choix. Et apparemment, je ne suis pas la seule dans ce cas.

53% des répondantes préfèrent aller voir une femme

Plus de 2.100 lectrices de Rockie ont répondu à mon questionnaire, et les résultats sont clairs : 53% des femmes préfèrent confier leur suivi gynéco à une femme. 39% n’ont pas de préférences et 8% préfèrent être examinées par un homme.

Interrogées sur les raisons de leurs préférences, elles avancent plusieurs explications. Ainsi, 62% déclarent ne pas être à l’aise avec un homme. 31% pensent qu’une femme comprend mieux le corps des femmes et 8,5% déclarent avoir été victime par le passé de violences perpétrées par un ou des hommes.

D’autres raisons ont aussi été avancées spontanément par les lectrices. Certaines m’ont ainsi expliqué qu’elles se sentaient plus à l’aise pour se déshabiller devant une femme et lui parler ouvertement de leurs soucis.

À l’inverse, certaines femmes préfèrent aller voir un gynéco masculin car elles trouvent les hommes « plus doux » que les femmes. Selon elles, les femmes seraient plus enclines à minimiser les douleurs de leurs patientes puisqu’elles ont le même corps qu’elles.

Des préférences liées aux expériences passées

Plusieurs lectrices m’expliquent aussi qu’elles ont été voir des soignant·es des deux genres, et que ces expériences, positives ou négatives, ont influencé leurs préférences actuelles.

 

 

Dans mon cas, je pense que mes expériences passées ont en effet eu un impact. J’ai démarré mon suivi gynéco avec ma médecin généraliste (oui, c’est possible : un·e généraliste peut prescrire une contraception et faire des frottis). C’est une femme géniale, très à l’écoute et sans une once de jugement. Donc quand j’ai déménagé, j’ai à nouveau cherché une femme médecin, puis une gynécologue.

Les expériences négatives ont aussi des répercussions, comme l’explique cette répondante qui préfère aujourd’hui confier son suivi gynéco à des femmes : « je suis tombée sur un médecin homme infantilisant (« elle enlève sa culotte et elle s’assoit la demoiselle »), ce qui ne m’est jamais arrivé avec une femme ».

À l’inverse, cette lectrice préfère se tourner vers les hommes : « J’ai déjà consulté une gynéco femme et elle a été très froide et non compatissante face à mes soucis, une possible infection de mon bébé en début de grossesse. Elle m’a dit qu’au pire j’étais jeune et que je pourrais faire un autre bébé ! »

Représentations sexistes

Au-delà de l’influence des expériences passées, je pense que plusieurs femmes ont sans doute comme moi intégré des représentations stéréotypées. Si je choisis d’aller voir des médecins femmes c’est peut-être parce que je me dis inconsciemment qu’elles seront plus empathiques ou à l’écoute, tandis que les hommes risqueraient d’être plus paternalistes ou condescendants.

Et cela dépasse le simple cadre du suivi gynéco, puisque lorsque j’ai dû trouver un·e dentiste sur Paris, j’ai scanné la liste des dentistes des environs pour repérer les prénoms féminins.

Nous avons ensuite demandé aux lectrices comment elles avaient choisi la personne à qui confier leur suivi gynéco. Deux cas de figure se dégagent, sachant que les répondantes pouvaient sélectionner plusieurs réponses.

Le bouche-à-oreille (cité par 58% des lectrices) arrive en première position : de nombreuses femmes préfèrent se baser sur les recommandations de leur entourage pour choisir leur soignant·e. Ensuite, 42% d’entre elles précisent qu’elles l’ont choisi·e pour des raisons pratiques (proximité géographique, disponible rapidement, etc). Seules 9% précisent qu’elles n’ont pas vraiment eu le choix.

Sage-femme ou gynéco ?

Suite au sondage, plusieurs femmes m’ont écrit pour me préciser qu’elles n’avaient pas de préférence en matière de genre mais qu’elles avaient par contre décidé de confier leur suivi à un·e sage-femme plutôt qu’à un·e gynéco. Les sages-femmes peuvent en effet sans problème accompagner les femmes sans pathologie particulière dans leur vie sexuelle et reproductive (prescrire une contraception, faire des frottis, poser un stérilet, etc).

Or les sages-femmes sont dans leur immense majorité des femmes (plus de 97 % des effectifs en 2017 selon le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes) . Du côté des gynécologues, c’est mieux réparti, avec 61% de femmes (gynécologie obstétrique et médicale confondues), selon les derniers chiffres du Conseil national de l’Ordre des médecins. Néanmoins, les femmes vont être de plus en plus représentées dans la profession, puisque les dernières promotions sont féminines à plus de 80%.

Le sondage s’intéressait aussi à la qualité du suivi gynéco et obstétrical. Dans l’ensemble, les lectrices semblent plutôt satisfaites : elles attribuent la note moyenne de 7/10 à leur suivi gynéco. Les mères donnent même la note moyenne de 7,7/10 pour l’accompagnement qu’elles ont reçu lors de leur accouchement.

Ne pas hésiter à changer si ça se passe mal

Si je me réjouis de ces bons résultats, un autre chiffre dans le sondage m’inquiète : 27% des répondantes estiment avoir déjà été victimes de violences gynécologiques ou obstétricales au cours de leur vie.  Plus d’1 femme sur 4 serait ainsi concernée par ce problème, étudié par le Haut Conseil à l’Égalité dans un rapport paru en 2018.

Je profite donc de cet article pour rappeler que tu as le droit de choisir les professionnel·les de santé qui vont te suivre. Même si dans certains cas d’urgences, notamment à l’hôpital, ce n’est pas toujours possible. Sans compter bien sûr les déserts médicaux qui peuvent aussi sérieusement compliquer l’accès aux soignant·es.

Nous avons toutes le droit d’avoir un suivi gynéco de qualité, avec un·e professionnel·le de santé à l’écoute, qui nous met à l’aise, sans jugement et sans nous faire mal. Et ce, peu importe son genre. Si tu as l’impression que ce n’est pas le cas avec la personne qui fait ton suivi gynéco actuellement, n’hésite pas à en changer.

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Le dernier commentaire

9 Fev 2019, à 18:22
Je fais partie des gens qui préfèrent une femme... La première fois parce que j'étais jeune et vierge (16 ans) et c'était juste pour la pilule donc touché des seins avec mon consentement et questionnaire lié à mon mode de vie pour la pilule pour évaluer les risque d'oubli et savoir si je fumais.

Ensuite quand j'ai changé de médecin généraliste j'ai choisi une femme qui travaillait dans mon village parce que je savais qu'elle pourrait faire à la fois mon suivi gynéco' (contraception, frottis).

J'ai pas eu besoin de changer mais c'est vrai que si j'ai le choix je me tournerai vers une femme gynécologue sans pour autant exclure les hommes mais clairement je serais beaucoup moins à l'aise et j'aurai tendance me renseigner sur les échos que les gens en ont... Autant j'ai pas trop de soucis à me faire examiner les seins par un médecin ou une médecin, dès que je dois mettre à nu le bas en plus dans la position des étriers c'est clairement pas devant un homme que je serais à l'aise.

C'est assez paradoxal, parce qu'autant je pense que quand je desirerai avoir un enfant, lors de l'accouchement je pense que j'aurai tellement de stress lié a l'arrivé du bebe que je m'en ficherai complètement de ma nudite... ou alors C'est peut-être parce que lors de l'accouchement on est rarement seule avec le praticien...

Je suis ravie par contre d'avoir appris il y a quelques mois que dans mon cas je pouvais tout à fait consulter une sage-femme plutôt qu'un gynéco... La ou je suis c'est plus difficile de trouver un gynéco...
 
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