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Quand mon corps m’a envoyé un message à base de mycoses

À l'approche de la trentaine, cette lectrice de Rockie a enchaîné les mycoses pendant plusieurs mois et elle a mis du temps à capter que son corps tentait de lui faire passer un message...

Temps de lecture : 4 minutes

Après un début de vie sexuelle rythmé par beaucoup de plaisir mais aussi par son lot de traumatismes, je suis avec mon amoureux depuis 3 ans quand je décide de monter ma boite. On vit ensemble, on s’aime et il m’encourage professionnellement. Bref, globalement, tout va bien dans ma vie.

Étude de marché, mini business plan, je bosse dur sur la création de mon entreprise, et au moment où je dépose mes statuts, bim, je me paye une mycose. Ce n’est pas la première, chaque année j’ai une petite « mycose estivale »… Mais là, malgré les traitements, les probiotiques, ça dure… J’enchaîne mycose sur mycose et je ne parviens plus du tout à avoir des relations sexuelles avec pénétration.

Ma gynéco me fait comprendre avec beaucoup de délicatesse et de tact qu’en gros à ce stade c’est psychologique, et que je ferais bien de suivre une thérapie…

Beaucoup de pression et une thérapie pour essayer d’aller mieux

C’est vrai que je me mets pas mal la pression ces derniers temps pour gagner ma vie et être indépendante financièrement. À bientôt 30 ans, je commence aussi à me dire que je ne devrais pas trop tarder à essayer d’avoir des enfants, d’autant plus que j’ai le syndrome des ovaires polykystiques (une maladie hormonale qui peut avoir un impact sur la fertilité) et donc que potentiellement ça risque de mettre un peu plus de temps pour moi.

Je démarre donc une thérapie qui me permet de me rendre compte de toute cette pression que je me mets, mais me fait aussi réfléchir sur ma relation avec ma mère.

Au cours de la thérapie, je comprends que mon entreprise est en quelque sorte devenue mon enfant et que mon corps refuse de prendre le risque « d’enfanter » un vrai bébé humain, puisque je ne parviens pas à développer mon entreprise, et que je suis donc une « mauvaise mère » pour ma « boîte-enfant ». Bref, mon corps fait barrage à coups de mycoses.

Petit à petit, j’ai la dérangeante impression que ma psy me prend pour une machine à fric, comme si j’étais sa « cliente de l’année ». Chaque séance se termine sur « on se revoit la semaine prochaine à la même heure » et ce n’est plus une question, mais une affirmation.

À chaque fois que j’ai le sentiment d’aller mieux, elle remue le couteau dans la plaie, notamment en évoquant des trucs sur mon enfance et ça me fait plus de mal que de bien.

Quand je lui annonce que je ne souhaite plus venir, elle me répond que je risque de transmettre mes émotions négatives au bébé quand je serai enceinte et, après l’accouchement, de développer une dépression post-partum. Sidérée par sa remarque, au lieu de lui claquer la porte au nez, je la remercie de m’avoir aidée… Moi, trop polie ? Noooooooon.

Je ne suis pas faite pour l’entrepreneuriat

Finalement, je ne suis pas trop avancée à l’issue de cette thérapie… Les mycoses continuent et c’est un vrai cercle vicieux. Comme j’angoisse d’avoir mal, mon désir et ma libido se font la malle.

En parallèle, mon entreprise ne décolle pas et je n’ai pas trop de perspectives professionnelles, et mon moral, lui, est toujours incertain.

À lire aussi : La vraie vie des femmes entrepreneures

Sur les conseils d’une amie, je décide donc après quelques mois de me faire aider professionnellement par une coach professionnelle-psychologue. La relation avec elle est beaucoup plus saine (et c’est moi qui prends les rendez-vous quand j’en ressens le besoin). Grâce à elle, je me pose enfin les bonnes questions.

Je me rends compte aussi en parlant avec d’autres entrepreneurs que je ne suis pas faite pour ça, pour supporter le stress lié à l’entrepreneuriat, même si ma boîte commençait à marcher.

Je décide alors d’arrêter mon entreprise. Ce n’est pas une décision facile à prendre, car c’est toujours « mon bébé », mais c’est le mieux pour moi. Et à partir du moment où la décision est prise, les mycoses se font plus rares.

J’ai appris à écouter mon corps

Je réalise alors que mon corps me parle et que j’ai pris la bonne décision. Il est magique en fait, il savait depuis le début ce dont j’avais besoin. À ce moment là, je me sens réconciliée avec moi-même.

Après deux ans sans pénétration, j’y reprends goût ! Et puisqu’on parle de sexe, c’est peut-être bien de rappeler qu’il n’y a pas que le pénis dans la vagin en matière de sexualité hétéro. Deux ans sans pénétration ne signifient pas deux ans sans sexe… Alors, certes, on ne peut pas non plus recevoir de sexe oral quand on a des mycoses, mais on peut en donner… et rien que quelques doigts sur un clitoris peuvent faire des merveilles.

Assez pessimiste sur l’amour et même les hommes en général, cette histoire m’aura rapprochée de mon compagnon, qui n’a été qu’amour et support pendant cette période.

Mon souci n’est pas encore totalement réglé. Je suis dans les démarches de liquidation de mon entreprise, et au moindre stress une nouvelle mycose fait son apparition.

Je ne supporte plus qu’on me dise quoi que ce soit sur mon entreprise et le plus petit « ah c’est dommage » ou « c’était super pourtant » m’agace. Et ne parlons pas du mot « persévérer » que je ne peux plus encadrer… Mais globalement, je me sens beaucoup mieux aujourd’hui, j’ai confiance en l’avenir et j’ai même retrouvé un nouveau boulot !

Et toi, ton corps t’a déjà « parlé » ? Tu as déjà été confrontée aux affres des mycoses ou de l’entrepreneuriat ? Rendez-vous dans les commentaires pour en parler !

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Le dernier commentaire

3 Fev 2020, à 18:54
@Capychan
Les fractures de fatigue portent bien leur nom.
Si ce qu'on m'a dit est juste, le stress met le corps en mode survie immédiate. Au dépend du long terme. Un stress prolongé ça bousille.
 
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