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De vierge à gang bangueuse, mon épopée culottée

Dépucelée « sur le tard » et peu expérimentée, cette Rockie de 29 ans te raconte l'histoire de son éveil sexuel et comment elle a fait tomber les barrières dans sa sexualité en se permettant tout ce dont elle avait envie... y compris les plans à trois et les gang bangs.

Temps de lecture : 7 minutes

En matière de sexe, il existe en nous cette envie irrépressible de ranger bien consciencieusement les femmes dans des petites boites qui vont de la coincée du cul à la débauchée.

On fait nos petits tris en fonction de données analytiques hautement spirituelles : âge du premier rapport sexuel, nombre de partenaires, nombre de rapports hors couple…

Autant de curseurs qui te placeront sur l’échelle du dévergondage. Avant que tout cela ne commence, disons que mon curseur était bien bas.

Ma vie de fiancée et monogame

Avant toute cette histoire, il m’est arrivé de penser que certaines pratiques sexuelles étaient réservées à des personnes très expérimentées fréquentant des milieux plus libérés.

Avec le recul, rien que le fait d’utiliser un terme comme « milieu » me fait m’esclaffer joyeusement, comme si on parlait ici d’une sorte de mafia du sexe dont l’entrée nécessitait d’être présentée à un Padrino volage.

Lui seul possédant le droit de t’estimer apte ou non à pratiquer tel ou tel acte sexuel…

Quoiqu’il en soit, ces pratiques-là, je les trouvais rigolotes et intrigantes, mais elles ne me concernaient pas. Fondamentalement, je pense être une personne très ouverte en matière de sexualité.

Seulement voilà, je suis restée vierge jusqu’à mes 21 ans et jusqu’à la fin de l’année dernière ma sexualité s’est résumée à de la monogamie somme toute classique avec l’homme qui a bien failli devenir mon mari.

Certes, j’avais testé quelques positions originales et j’avais pratiqué la chose dans des endroits parfois comiques (sur une barque en mer ou sur le bord de l’autoroute) mais la sexualité un peu fofolle et sans attaches, ce n’était pas du tout au programme.

Qu’on se le dise, je n’avais même jamais eu de plan cul et jamais couché avec un mec avec qui je ne sortais pas. J’étais une serial-monogame.

Et il n’y a aucun mal à ça.

Si j’étais restée avec mon fiancé, je serais restée cette serial-monogame toute ma vie. Ça ne m’aurait d’ailleurs jamais dérangée et j’aurais été parfaitement épanouie sexuellement. Mais voilà…

La vie a fait que, je me suis retrouvée célibataire à 26 ans, sans aucune envie de recommencer une relation sérieuse mais avec la dalle et un corps au top de sa forme.

J’avais envie de devenir le meilleur dresseur, de tout faire pour être vainqueur et gagner les défis. En quelques mois de temps, je me suis retrouvé propulsée dans ce fameux « milieu ».

Mes premiers plans cul et la nique de mes complexes

Pour la première fois de ma vie, j’ai eu des plans culs.

Le plus important c’est que cette première étape m’aura vraiment donné confiance en moi. C’est un processus qui a été plus lent que tout ce que j’aurais pu imaginer.

Je croyais assumer plutôt bien mon corps mais au final pas tellement. Et c’est peut être pour ça aussi que je ne couchais qu’avec des mecs « qui m’aimeraient malgré mes défauts » et « qui accepteraient malgré cela de coucher avec moi » (avec le recul, OMG *yeux au ciel*).

madmoiZelle a d’ailleurs joué un rôle assez charnière dans mon évolution.

Pile au moment où je commençais mes explorations, la chaîne YouTube du site a sorti une vidéo questionnant le pourquoi du comment les femmes parlaient peu de leur vulve entre elles.

J’ai donc pris l’initiative de parler « vulves » avec mes copines et j’ai eu une révélation qui a tout changé pour moi : ma vulve est normale. Avant ça, le plus grand complexe de ma vie, c’était mes lèvres.

En discutant avec mes amies, j’ai réalisé que non seulement beaucoup plus de filles que je croyais avait le même physique que moi (à savoir de longues petites lèvres très visibles) et qu’en plus, leurs partenaires n’avaient jamais été gênés par cette anatomie que je pensais étrange.

Ô libération !

Je pouvais coucher avec des inconnus, je n’allais pas les effrayer avec ma vulve non porno-friendly ! Et en effet, c’est ce qui s’est passé. Les mecs me trouvaient bandante et n’avaient rien à redire.

Mon premier plan à trois

Ensuite, j’ai rencontré J., c’était mon premier mec « photoshopé ».

Je les appelle comme ça parce que quand tu vois leurs photos de profil, tu ris et tu te dis que c’est un fake et puis tu les rencontres et en fait, non, ça existe vraiment.

Je n’en avais aucune idée, moi, que je pouvais coucher avec des mecs comme ça en vrai dans la vraie vie. On peut dire que ça aussi, ça donne confiance en soi.

L’avantage des mecs photoshopés, c’est qu’ils connaissent d’autres mecs photoshopés…. et par dessus le marché, notre ami J. était particulièrement fervent du sexe à plusieurs.

Autant dire que j’ai eu — non pas des étoiles — mais des emojis aubergines scintillants et clignotants dans les yeux. La proposition d’un plan à trois s’est faite assez rapidement :

« Je propose juste, c’est comme tu le sens. On va y aller mollo, en douceur, si à n’importe quel moment tu changes d’avis, on arrête tout. »

Voilà en quelques mots ce que J. me dit à ce moment-là. Je me rends vite compte que je suis face à quelqu’un qui a de l’expérience, qui est bienveillant et qui est zéro (mais alors zéro) prise de tête.

Je réfléchis quelques jours et je finis par accepter.

Je n’avais jamais rencontré le deuxième garçon et j’avais vu J. quelques fois seulement et pourtant on s’est tous immédiatement sentis à notre aise.

Je n’avais pas l’impression de vivre une expérience particulièrement « olé olé ». C’était juste… normal. Excitant et innovant, certes, mais normal.

On en avait envie, on était consentant et consentante, il y avait une bonne ambiance, aucune gêne.

On a parlé plusieurs heures, de tout et de rien, on a un peu abordé ce qu’on aimait ou pas, l’un des deux était chanteur, il nous a fait écouter sa démo, et puis en quelques secondes je me suis retrouvée à poil sur le canapé.

L’expérience fut une réussite. Techniquement parlant, je n’ai pas pris le pied d’une vie mais je me suis sentie à l’aise. Ce que j’ai préféré ce fut la communication entre mes partenaires.

Comme j’étais avec deux potes, figurez-vous qu’ils partageaient leur ressenti IRL devant moi ! Alors des « Wow, mec, elle fait des pipes de dingue » ça ne s’entend pas tous les jours et je peux vous dire que ça vous explose la barre de self-estime.

C’était deux chouettes gars en tout cas et je remercie le dieu Eros de m’avoir offert cette première expérience du plan à trois détente et sans complexe.

Du plan à trois aux gang bangs

Très vite,  J. me propose de rencontrer « sa team » et il rajoute que je n’aurai qu’à faire mon choix, sélectionner ceux qui me plaisent pour aller plus loin, autant que j’en voulais.

C’est un peu l’explosion dans ma tête, je me demande dans quoi je m’embarque. Je me rappelle avoir été plus amusée que concernée par cette proposition, comme si ça dépassait mes limites.

Et puis, une nouvelle fois, j’ai fini par accepter.

J’ai eu une sorte de déclic : à partir de là, c’est comme si je n’avais plus aucun frein. La différence entre deux ou trois mecs (ou quatre, cinq…. enfin bon au bout d’un moment ça risque de faire mal merci bien) était quasi inexistante.

J’étais littéralement devenue ouverte à tout. Je me souviens quand même m’être dit :

« Je viens de poser un pied dans la cour des grands. »

C’était un samedi, J. m’avait invitée dans les locaux de son entreprise. Ils étaient cinq. Au final, ils ne furent plus que trois.

Ce fut assez incroyable de me retrouver là ; ces hommes possédaient tous un physique surréaliste, ils étaient tous des sportifs professionnels qui soignaient leur apparence à l’excès, ils étaient tous incroyablement beaux.

Être l’objet de leur désir, leur provoquer la jouissance, je le ressentais comme un privilège.

Ce qui me fascinait, c’est que cette expérience qui me semblait interdite, improbable et surtout inaccessible était à présent à portée de main pour moi.

J’avais dans mon téléphone le numéro de différents garçons qui étaient prêts à coucher à plusieurs si j’en avais l’envie. Pour eux, bien plus encore que pour moi, c’était une banalité.

C’était une pratique sexuelle parmi tant d’autres, et je n’avais qu’à appeler pour m’en organiser une.

La mécanique décevante du gang bang

La dernière fois avec la team de J. fut cependant assez mitigée. C’était assez bordélique à vrai dire. Comme si je n’étais pas prévue au programme.

De plus, j’ai été filmée, les partenaires étaient assez égoïstes et j’ai reçu quelques commentaires qui ne m’ont pas forcément plu… Beaucoup de choses ne m’ont pas convenu cette fois là, et ce fut donc la dernière.

Si je devais exprimer mon ressenti par rapport à tout cela, je dirais que je suis contente d’être passée par le plan à trois avant d’avoir tenté le gang bang.

Ce fut une première expérience à plusieurs vraiment bien amenée, pendant laquelle on a appris à se connaître avant, à rire, à flirter, à sympathiser.

Ils se sont bien occupés de moi et je suis contente d’avoir vécu ça avant le côté très mécanique de ce que j’ai vécu par la suite.

En effet, pendant les gang bangs, j’ai réalisé que même si je suis très loin de sacraliser l’acte sexuel, ces mecs là le banalisaient probablement trop à mon goût.

La personne qu’ils baisent n’est plus une personne à part entière, elle ou une autre ce n’est pas important. Et moi, j’ai appris que cet aspect de l’acte sexuel m’importait, que le fait d’avoir un autre être humain en face de moi comptait beaucoup.

J’aime bien qu’il y ait une sorte de connexion, de bonne entente, d’alchimie…

Et que même si on ne connait pas très bien, la ou les personnes aient conscience que chaque participant ou participante est une personne entière avec ses talents et ses ambitions, avec son humour et ses particularités.

Les gang bangs furent une chouette expérience mais il semblerait que ce soit probablement quelque chose qui me corresponde moins.

Je suis contente de l’avoir fait, je ne regrette rien, et j’aurai toujours ce souvenir d’avoir eu des expériences sexuelles un peu audacieuses.
Et puis qui sait, je ne ferme la porte à rien !

Vivre ma vie sexuelle comme bon me semble

Voici mon histoire et j’espère qu’elle aidera les filles qui ne se sentent pas légitimes et qui pensent que ce genre d’expériences ne leur seront jamais accessibles.

Je vous encourage vraiment à tester tout ce que votre corps désire. Je sais que pour beaucoup de femmes l’image que l’on risque de renvoyer en ayant une vie sexuelle active est problématique.

J’ai moi-même beaucoup réfléchi au fait que, depuis que j’ai vécu ces expériences, et surtout que j’en ai parlé ouvertement, j’ai pris le risque de n’être plus que « la fille qui a participé à des gang bangs » alors qu’il y a 2 mois j’étais « la fille drôle et sympa qui sort d’une longue relation ».

J’y ai réfléchi et puis je me suis très vite dit que j’avais une juste valeur de qui j’étais, que si quelqu’un voulait me limiter à ma vie sexuelle, grand bien lui fasse, cela n’avait pas trop d’importance pour moi.

J’ai cependant bien conscience que cette manière de penser n’est pas évidente pour toutes mais je vous encourage à vivre votre vie sexuelle comme vous l’entendez.

Mon rêve ce serait d’entendre tellement de femmes parler de sexe que les gens en deviennent habitués et trouvent ça anodin.

Aujourd’hui, je me sens l’envie de me concentrer sur d’autres aspects de ma vie que mon épanouissement sexuel.

Je ne regrette rien et j’aurai appris pléthore de choses sur mon corps, sur moi, sur le corps masculin et sur le fait que, si ça se fait entre adultes consentants et dans le respect, on n’a aucun jugement à avoir sur la sexualité d’autrui.

Comme je l’ai un jour déclaré, bière à la main, dans un vieux bar sans histoire :

« Derrière chaque bite, il y a un cœur ! »

À lire aussi : En matière de sexe, je ne me mentirai plus jamais

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Le dernier commentaire

16 Juin 2020, à 13:17
Ne ressortir "que du positif" d'une expérience, c'est aussi mettre une sorte de voile sur le négatif. Un biais cognitif. C'est une façon de se protéger Donc en ce qui me concerne, je garderais toujours une certaine méfiance à la lecture de témoignages.
 
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