Close

Vergetures, poils, acné… Comment survivre aux surprises de la grossesse ?

La grossesse, ça travaille à l'intérieur, et ça se voit à l'extérieur ! Si le petit bidon est souvent une fierté, d'autres signes extérieurs comme l'acné et les vergetures sont rarement appréciés.

Temps de lecture : 7 minutes

Pendant la grossesse, les perturbations hormonales que subit l’organisme peuvent causer l’apparition (entre autres) de petits tracas purement esthétiques. Si elles disparaissent la plupart du temps après la naissance du bébé, ces manifestations physiques impromptues comme les vergetures ou le masque de grossesse sont parfois difficiles à accepter.

Mais peut-on vraiment les prévenir, et que peut-on faire pour les vaincre sans mettre la santé de son bébé en danger ?

L’automédication enceinte Comme le rappelle l’ANSM dans sa plaquette « Médicaments et grossesse : les bons réflexes », ne pas pratiquer l’automédication est l’une des règles d’or pour une grossesse et un bébé à naître en bonne santé. L’agence conseille de toujours « demander conseil à un professionnel de santé avant de prendre tout médicament y compris ceux vendus sans ordonnance, ceux à base de plantes ou encore des produits tels que les huiles essentielles. »

En cas de doute sur un médicament, tu peux consulter le site du Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT), qui est une incroyable source d’informations sur les risques tératogènes, fœtotoxiques ou néonatals de divers agents en cours de grossesse et d’allaitement.

Les boutons d’acné pendant la grossesse

Comme tu le sais déjà grâce à ma série d’articles sur l’acné à l’âge adulte, cette maladie inflammatoire de la peau est d’origine hormonale. Il n’y a donc rien d’étonnant à voir apparaître quelques intrus sur son doux visage pendant la grossesse, période de chamboulements hormonaux par excellence.

La recrudescence ou non de boutons va dépendre de chaque individu : certaines femmes qui souffraient d’acné avant de tomber enceintes vont voir leurs problèmes de peau disparaître, tandis que d’autres, qui avait été épargnées jusque là, vont découvrir les joies des imperfections. Il n’y a pas de règles, c’est la fameuse loterie de la grossesse dont je t’ai déjà parlé.

À lire aussi : La loterie de la grossesse, entre corps qui change et hormones en folie

Si tu fais partie de celles qui ont tiré le ticket « acné » et que cela te gêne au quotidien, tu peux mettre en place une routine simple pour tenter de modérer la prolifération de la bactérie responsable de tes imperfections. Tu trouveras toutes les informations nécessaires sur cet article dédié aux gestes beauté à adopter quand on souffre d’acné. Fais juste attention au choix de tes produits : ils ne doivent pas contenir de rétinol, d’acide salicylique ainsi que certaines huiles essentielles (voir encadré ci-dessous). Dans le doute, demande à ton pharmacien de vérifier leur composition.

Dans le cas où tu étais sous traitement avant de tomber enceinte, arrête toutes les crèmes dermatologiques qui contiennent des dérivés de vitamine A comme la trétinoïne (ou acide tout-trans rétinoïque), l’isotrétinoïne, l’alitrétinoïne, le tazarotène et l’adapalène car ils sont hautement tératogènes. Les médicaments oraux comme les génériques du célèbre Roaccutane sont interdits pour la même raison, tout comme les antibiotiques de la famille des cyclines.

Si tu en parles à un médecin ou à un dermatologue, il te prescrira sûrement une crème à base de peroxyde de benzoyle et, à partir du 4e mois de grossesse, un traitement oral de gluconate de zinc antibactérien et anti-inflammatoire, tous les deux approuvés par le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT).

Grossesse et huiles essentiellesLes huiles essentielles comme celles de lavande et d’arbre à thé sont souvent plébiscitées pour le traitement de l’acné grâce à leurs vertus antibactériennes. Seulement, lorsqu’on porte la vie, il vaut mieux ne rien laisser au hasard.

Sur son site internet, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) rappelle que « les substances actives des huiles essentielles peuvent induire un risque d’effets indésirables graves consécutifs à une utilisation non adaptée et non contrôlée. » De ce fait, elle préconise aux femmes enceintes de prendre l’avis de leur médecin ou d’un aromathérapeute avant d’utiliser des huiles essentielles.

En 2018, un comité d’experts a publié une liste de préconisations pour la pratique clinique de l’aromathérapie. Concernant les femmes enceintes, qui font partie des patients « à risque », ces experts préconisent d’éviter l’utilisation d’huiles essentielles pendant les trois premiers mois de la grossesse et de proscrire de façon stricte, pour tout le long de la gestation, les huiles essentielles à phénols (thyms, sarriette, origans), les huiles essentielles à cétones (menthe poivrée) et les huiles essentielles à incidence oestrogénique susceptibles d’influencer le système hormonal (sauge sclarée, niaouli, fenouil, cyprès).

La pilosité exacerbée grâce aux hormones

Les bouleversements hormonaux de la grossesse jouent aussi sur la pilosité. Comme pour l’acné, c’est une vraie loterie ! Certaines femmes vont avoir l’impression que leurs poils poussent moins vite, tandis que d’autres vont trouver qu’ils poussent plus rapidement et à des endroits moins familiers comme sur le menton, dans le cou ou encore autour de l’aréole des seins.

Si tu t’épiles et que tu souhaites continuer, sache que l’épilation au laser et à la lumière pulsée est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement. On ne connaît pas leurs effets sur le foetus et, en plus de ça, les changements hormonaux que subit le corps pendant ces deux périodes peuvent affecter la pigmentation de la peau et la rendre plus réactive aux rayons-laser, ce qui pourrait causer des réactions indésirables. L’épilation à la cire, à la pince à épiler ou au fil, l’épilateur électrique et le rasage sont par contre parfaitement safe.

Concernant les produits qui agissent chimiquement pour décolorer ou détruire la partie visible du poil, ils ne sont pas proscrits pendant la grossesse. En revanche, l’épiderme pouvant être plus sensible pendant les neuf mois de gestation, les risques d’allergie et d’irritation sont plus élevés. Il ne faut donc pas que tu hésites à réaliser un test de tolérance cutanée sur une petite zone de ta peau (comme l’intérieur du poignet ou la face antérieure du coude) avant de badigeonner tes aisselles et tes gambettes de crème dépilatoire ou décolorante.

Les vergetures et la peau qui craque

Contrairement à d’autres petites contrariétés de la grossesse qui s’évanouissent ou s’estompent après la naissance du bébé, les vergetures sont des marques indélébiles. Elles apparaissent souvent lors du 2e trimestre de gestation sur des zones comme le ventre, les hanches, les cuisses et les seins.

Ces marques assimilables à des cicatrices sont dues à plusieurs facteurs étroitements liés : lorsqu’il porte la vie, le corps des femmes produit un volume plus important de cortisol, une hormone qui fragilise les fibres élastiques et en particulier le collagène naturellement présent dans la peau. La prise de poids rapide, qui distend les tissus, facilite l’action de ce cortisol qui crée des fissures dans la structure de la peau. Les vergetures sont d’abord violacées, puis elles éclaircissent jusqu’à devenir blanc nacré.

En plus de faire attention à leur prise de poids, il est souvent recommandé aux femmes enceintes de masser leur corps avec des crèmes ou huiles spécifiques pour assouplir la peau et lui éviter de craquer. Si ces produits sont souvent agréables à utiliser et font la peau toute douce, ils n’auraient aucune efficacité scientifique.

C’est du moins ce qu’a démontré le Dr Frank Wang, dermatologue et professeur à l’université de médecine du Michigan, aux Etats-Unis. Suite à la publication d’une étude à laquelle il a participé dans le British Journal of Dermatology, il a affirmé que la plupart des produits vendus pour prévenir et effacer les vergetures n’ont aucun effet sur le collagène : ils ne le protègent pas et ne le restaurent pas non plus.

En 2005, la Haute Autorité de Santé (HAS) émettait déjà des doutes quant à l’efficacité des soins anti-vergetures dans un document dédié aux professionnels de santé : « L’efficacité des crèmes en prévention des vergetures n’a pas été démontrée. En outre, l’application récente de crème pourrait gêner la réalisation de l’échographie. »

Le masque de grossesse

Au milieu de la grossesse, de petites taches brunes peuvent apparaître sur le visage. Lorsqu’elles sont nombreuses, elles forment comme un masque qui vient recouvrir le front, les joues, le menton et le pourtour de la bouche. C’est le fameux masque de grossesse.

Ces taches, qui s’estompent la plupart du temps après la naissance du bébé, sont dues à une surproduction de mélanine entraînée par l’augmentation du taux d’hormones, et plus particulièrement des œstrogènes, durant la grossesse. C’est ensuite l’exposition aux rayons UV qui fait réagir cette mélanine et cause une hyperpigmentation de la peau.

Pour éviter de ressembler à un dalmatien en pleine gestation, il est donc très important de bien protéger sa peau du soleil en évitant de s’exposer entre 12h et 16h et en appliquant quotidiennement un soin anti-ultraviolets.

Le choix de ce produit ne doit pas être pris à la légère : nombreux sont ceux qui contiennent des ingrédients potentiellement nocifs pour le foetus. Pour être sûre de ne pas te tromper, tu peux opter pour une crème solaire minérale à large spectre, qui te protègera des UVA et des UVB. Pour la plupart, elles contiennent du dioxyde de titane ou de l’oxyde de zinc qui va protéger la peau en reflétant les rayons du soleil.

Quid des nanoparticules ? Dans certaines crèmes solaires, le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc sont utilisés sous forme « nano » afin de permettre au produit de mieux glisser sur la peau et de ne pas laisser de trace blanche. C’est super pour l’application mais ces nanoparticules ont quand même un gros défaut : elles pourraient traverser la peau et, en conséquence, avoir des effets néfastes sur l’organisme. Alors qu’en est-il ?

Selon un rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), « la pénétration cutanée du dioxyde de titane et de l’oxyde de zinc sous forme nanoparticulaire semble limitée aux couches supérieures de la peau saine ». En revanche, « sur peau lésée, il n’est pas possible de conclure sur l’absence de pénétration cutanée bien qu’aucune étude ne montre le contraire non plus ». Dans le doute, l’ANSM déconseille l’application de cosmétiques contenant ces ingrédients sur une peau abîmée.

Concernant la génotoxicité de ces nanoaprticules, l’ANSM ne se prononce pas, les résultats des études issues de la littérature scientifique étant contradictoires : en effet, elles portent principalement sur des nanoparticules non enrobées et/ou non dopées alors que les nanoparticules de dioxyde de titane et d’oxyde de zinc utilisées dans les cosmétiques le sont généralement, ce qui pourrait influer sur leurs conclusions.

En revanche, des études réalisées par voie respiratoire montrent une toxicité pulmonaire chez le rat. Dans l’attente de données permettant de finaliser l’évaluation du risque par voie aérienne, L’ANSM recommande donc d’éviter l’utilisation de produits solaires contenant des nanoparticules sous forme d’aérosol sur le visage, enceinte ou non.

Pour aller plus loin :

État des connaissances relatif aux nanoparticules de dioxyde de titane et d’oxyde de zinc dans les produits cosmétiques.

Et toi, as-tu été touchée par de petits désagréments physiques pendant ta grossesse ?

Rubrique
Mots-clés

Le dernier commentaire

16 Mai 2019, à 11:43
A part les nausées très envahissantes au premiers trimestres pour mes trois premiers...
Le désagrément le plus désagréable pour moi à été un syndrome de Lacomme.
Ce sont des douleurs ligamentaires liés à l'élargissement du bassin . Elles arrivent souvent au deuxième trimestre. Je ne savais plus comment me mettre j'avais mal assise, couchée. Debout ça allait, mais il fallait que je reste immobile. J'ai trouvé le soulagement avec une ceinture de grossesse, elle a servi à quelques une de mes amies...
Les douleurs ont totalement disparues quelques jours après l'accouchement.

Pour éviter le masque de grossesse j'ai utilisé une crème solaire pour bébé.
Pour les vergetures elles ne disparaissent pas mais s'estompes au fil du temps. Faire attention à sa prise de poids lors de la grossesse permet de limiter aussi les dégâts.
Le syndrome de Lacomme c'est vraiment une plaie. Comme tu dis, ceinture de grossesse et trouver la position qui va bien (dormir avec un traversin ou un coussin d'allaitement entre les jambes par exemple) y a que ça... Sinon, si je peux me permettre de ramener ma petite fraise de sage-femme pour prévenir/atténuer un peu les douleurs ligamentaires, c'est pas mal de prendre du magnésium. Mais l'imprégnation se fait sur grosso modo 4 mois alors si la personne qui vous suit vous le prescrit à 6 mois quand vous commencez à avoir mal forcément l'effet n'est pas violent du coup, je conseille à celles qui liront mon post en tout début de grossesse ou en prévision d'une grossesse, commencez le magnésium tôt! En plus la plupart des femmes sont un peu carencées en magnésium donc ça fait toujours du bien et l'autre gros point fort du magnésium, c'est sur la constipation ! Très fréquente pendant la grossesse surtout si vous prenez du fer (bien que chez certaines personnes le fer ait un effet laxatif, le plus souvent quand même il a tendance à constiper ce sal*ud).
Dernier point que j'aurais aimé découvrir plus tôt : le magnésium est mieux absorbé par l'organisme (et donc plus efficace) quand on le prend par petites doses répétées plutôt qu'un gros comprimé tous les jours. Par exemple un sachet le matin dans une bouteille qu'on boit sur la journée.
Bon je tiens quand même à préciser que je ne travaille pas pour aucun labo et que ceci n'est pas un message de publicité :taquin:
 
Voir les réactions sur le forum (16 réponses)
Close